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Full text of "Antoine Coyzevox, sa vie, son oeuvre et ses contemporains : précédé d'une étude sur l'école française de sculpture avant le dix-septième siècle"

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in  2010  witii  funding  from 

University  of  Ottawa 


littp://www.arcliive.org/details/antoinecoyzevoxsOOjoui 


ANTOINE  COYZEYOX 


DU   MÊME   AUTEUR 


David  (l'Ansrers,  sa  vie,  son  œuvre,  ses  écrits  et  ses 
contemporaiiis.  Deux  portraits  du  maître  d'après  Ingres 
et  Ernest  Hébert,  de  l'Institut.  28  planches  et  un  fac- 
sirnile  gravés  par  k.T>\ivdindi.  —  Ouvrage  couronné  par 
V Académie  française.  —2  vol. grand  in-8°  vélin.—  Prix: 
50  fr.  —  Exemplaires  sur  papier  de  Hollande.  200  fr. 

Conférences  de  l'Académie  royale  de  Peinture  et  de 
Sculpture,  recueillies,  annotées  et  précédées  d'une  étude 
sur  les  Artistes  écrivains.  —  1  vol.  grand  in-S".     10  fr. 

La  Sculpture  en  Europe,  précédé  d'une  conférence  sur 
le  Génie  de  l'Art  plastique.  —  1  vol.  grand  in-8'.  — 
Prix  :  6  fr. 

La  Sculpture  au  Salon  de  1813,  précédé  d'une  étude  sur 
VŒuvre  sculptée,  grand  in-S".  —  2  fr. 

La  Sculpture  au  Salon  de  1814,  précédé  d'une  étude  sur 
le  Marbre,  grand  in-8°.  —  2  fr. 

La  Sculpture  au  Salon  de  18"35,  précédé  d'une  étude  sur 
le  Procédé,  grand  in-8°.  —  2  fr. 

La  Sculpture  au  Salon  de  f8"36,  précédé  d'une  étude  SUr 
la  Statue,  grand  in-8".  —  2  fr. 

La  Sculpture  au  Salon  de  iSH,  précédé  d'une  étude  sur 
le  Groupe,  grand  in-8°.  —  2  fr. 

La  Sculpture  au  Salon  de  18'38,  précédé  d'une  étude  sur 
le  Buste,  grand  in-8°.  —  2  fr. 

La  Sculpture  au  Salon  de  1819,  précédé  d'une  étude  sur 
le  Bas-relief,  grand  in-8°.  —  2  fr. 

La  Sculpture  au  Salon  de  1880,  précédé  d'une  étude  sur 
les  Pierres  gravées,  gr.  in-8°.  —  2  fr. 

Ilîppolyte  Flandrin.  —  Les  Frises  de  Saint-Vincent- 
de-Paul.  —  Conférences  populaires.  —  Grand  in-8°.  •— 
Prix  :  1  fr.  50. 

Portraits  nationaux.  —  Notice  historique  et  analytique 
des  peintures,  sculptures,  tapisseries,  miniatures,  émaux, 
dessins,  etc.,  exposés  dans  les  galeries  des  Portraits  na- 
tionaux au  palais  du  Trocadéro,  en  1878.  1  vol.  in-80.  3  fr. 

Musée  d'Aniçers.  —  Notice  historique  et  analytique  des 
peintures,  sculptures,  cartons,  miniatures,  gouaches  et 
dessins.  Collection  liodinier.  Collection  Lenepveu.  Legs 
Robin.  Musée  David.  2'  édition,  avec  un  supplément. in-12, 
xvi-804  p.,  orné  d'un  portrait  de  David  d'Angers  :    1  fr.  50. 


ANTOINE 

COYZEVOX 

SA  YIE,    SON    ŒUVRE 
ET    SES    CONTEMPORAINS 

PRÉCÉDÉ   D'UNE  ÉTUDE  SUR  L'ÉCOLE   FRANÇAISE   DE  SCULPTURE 

AVANT  LE   DIX-SEPTIÈME   SIÈCLE 
PAR 

M.     HENRY    JOUIN 

LAURÉAT  DE  L'iN'STITUT 

(Académie  française  et  Académie  des  Beaux-Arts 


PARIS 

LIBRAIRIE     ACADÉMIQUE 

DIDIER   ET    D«    LIBRAIRES-ÉDITEURS 

35,    QUAI    DES   AUGUSTINS,    35 

1SS3 

Tous  droits  réservés. 


Ma  Mère, 

Parmi  ces  'pages  dispersées 
OU  le  nom  d'un  vieux  maître  luit. 
Des  palmes  d'or  s' étant  glissées. 
Présent  des  maîtres  d'aujourdliui. 

Aussitôt,  j'ai  fait  un  volume 
De  cet  Eloge  d'un  Ancien  ; 
Et,  le  livre  achevé,  ma  plume 
A  tracé  ton  nom  près  du  sien, 

—  Pourquoi  ?...  Ce  travail  d'annaliste. 
Ecrit,  tu  le  sais,  sous  ton  toit. 

Eût  flatté  peut-être  un  artiste... 

—  On  le  couronne?...  Il  est  à  toi, 

H.J. 
Paris,  iO  mars  1883. 


mSTITUT  DE  FRANCE 


ACADÉMIE    DES    BEAUX-ARTS 


CONCOURS   BORDIN 


L'Académie  des  Beaux-Arts  avait  proposé,  pour 
l'année  1882,  le-  sujet  suivant  : 

Notice  biographique  et  critique  sur  la  vie  et  les 
Ouvrages  de  Coyzevox, 

Elle  a  décerné  le  prix  à  M.  Henry  JOUIN, 
auteur  du  travail  inscrit  sous  le  numéro  7,  et 
portant  pour  épigraphe  :  Ars  longa,  vita  brevi's. 

(Séance  annuelle  de  l'Académie  des  Beaux- 
Arts,  du  samedi  21  octobre  1382). 


mm  fnaaisi  m  sgdiptie 


AVANT  LE  XVIP  SIÈCLE 


L'ECOLE  DE   SCULPTURE   FRANÇAISE 


AVANT     LE     XVII°    SIÈCLE 


SOMMAIRE 

Nécessité  de  ^parler  des  devanciers  d'un  homme  supérieur.  —  Nul 
n'est  indépendant  de  sa  race  ou  de  son  époque.  —  Services  ren- 
dus à  l'histoire  de  l'art  par  Sauvai,  Martenne,  Duchesne,  Féli- 
bien.  —  Airard,  sculpteur  de  l'Ile  de  France,  au  YIIP  siècle.  — 
Tutilon.Theudon  de  Chartres,  Guillaume  de  Dijon,  Odoranne,  Guil- 
laume de  Sens,  Sigon  de  Fougères,  sculpteurs  fraudais,  du  IX«  au 
XII*  siècle.  —  Ecoles  bourguignonne,  champenoise,  rhénane,  poitevi- 
ne, languedocienne,  provençale,  angevine,  n^^rmande.  et  de  l'Ile  de 
France.  —  Millin.  Émeric  David  et  Alexandre  Lenoir  ont  été  les 
vrais  créateurs  de  l'histoire  de  l'art  en  France.  —  Les  maitres  de 
la  sculpture  au  XII'  siècle:  Jean  de  Ghelles,  Eudes  de  Montreuil, 
Sabine  de  Steinbach,  Ravy,  Le  Bouteiller,  de  Saint-Romain.  — 
L'étude  de  la  nature  caractérise  la  sculpture  française  au  XIII' 
siècle.  —  Floraison  de  la  sculpture  française  avec  Michel  Co- 
lombe et  Texier.  —  Souplesse  du  génie  national.  —  Atteinte 
portée  à  la  sculpture  par  le  groupe  gallo-florentin.  —  Pri- 
matice,  Rosso,  Cellini.  —  L'école  de  Fontainebleau.  —  Sou  style. 
—  Le  suicide  de  Rosso.  —  Les  fontes  de  Primatice  défendues  par 
la  duchesse  d'Etampes.  —  Cellini  et  François  I".  —  Influence  de 
l'art  antique  sur  le  génie  français.  —  Jean  Goujon  —  Germain  Pi- 
lon. —  Nicolas  Bachelier,  Boudon,  Richier,  Gentil.  —  Retour  à  la 
tradition  nationale.  —  Simon  Guillain  et  Jacques  Sarazin.  —  An- 
guier,  élève  de  Guillain,  forme  Girardon.  —  Lerambert,  disciple  de 
Saraain,  est  le  maître  de  Co^zevox.  —  Louis  XIV  et  Versailles.  — 
Golbert.  —  Charles  Le  Brun.  —  Son  talent,  sa  fécondité,  son  in- 
fluence. —  Le  mérite  de  ses  collaborateurs  est  la  preuve  que  la 
postérité  s'est  montrée  trop  sévère  envers  Le  Brun.  —  La  discipline 
n'exclut  pas  l'indépendance  du  génie.  —  Nicolas  Loir,  Noël  Goy- 
pel,  les  frères  Marsy,  Girardon,  Goyzevos.. 

Je  voudrais  raconter  la  vie  d'un  sculpteur 
du  dix-septième  siècle,  Antoine  Goyzevox. 

1 


2  LA    SCULPTURE   FRANÇAISE 

Avant  de  peindre  l'homme  dont  je  vais  par- 
ler, peut-être  n'est-il  pas  sans  intérêt  de  rap- 
peler ce  qu'était  rêcole  de  sculpture  en 
France  au  début  du  règne  de  Louis  XIV.  Nom- 
mer les  devanciers  d'un  homme  illustre  dans 
l'ordre  de  la  pensée,  observer  le  caractère  de 
ses  contemporains,  c'est  établir  la  part  d'in- 
fluence à  laquelle  il  n'a  pu  se  soustraire.  En 
même  temps,  c'est  mettre  en  lumière  la  per- 
sonnalité de  cet  homme.  Tout  portrait  a  besoin 
d'un  cadre.  Nul  n'est  indépendant  de  sa  race 
ou  de  son  époque.  Nous  recevons  du  miheu 
social  dans  lequel  nous  sommes  nés  quelque 
empreinte  du  génie  national.  En  retour,  qui- 
conque porte  une  àme  supérieure  imprime  à 
sa  génération  et  à  celles  qui  le  suivent  le  sceau 
de  son  propre  génie. 

L'histoire  de  Tart  dans  notre  pays  s'est 
éclairée  depuis  quatre-vingts  ans  d'une  lu- 
mière que  n'avaient  pas  connue  les  siècles 
précédents.  A  la  vérité,  Sauvai,  Martenne, 
Duchesne,  Félibien,  avaient  recueilli  les  élé- 
ments des  tableaux  d'ensemble  que  nos 
contemporains  ont  signés.  Mais,  à  ces  der- 
niers revient  l'honneur  d'avoir  réuni  et  mis 
en   œuvre    des    documents    épars,    oubliés, 


AVANT   LE   XVir    SIECLE  3 

perdus,  d'où   la  vérité  se  dégage  sur  l'école 
française. 

Il  y  a  cent  ans,  les  origines  apparaissaient 
confuses.  De  bonne  foi,  personne  ne  se  dou- 
tait guère  que  la  sculpture  sur  le  sol  de  France 
eût  eu  ses  jours  glorieux  au  temps  de  Charle- 
■magne  et  de  Philippe-Auguste.  Airard,  le 
sculpteur  du  portail  septentrional  de  Saint- 
Denis,  au  viii"^  siècle  ;  Tutilon  qui  travaillait  à 
Metz  en  880  ;  Theudou,  de  Chartres  ;  Guil- 
laume, abbé  de  Saint-Benigne  de  Dijon  :  Odo- 
ranne  et  Guillaume,  de  Sens  ;  Sigon,  de  Fou- 
gères, qui  florirent  du  dixième  au  douzième 
siècle,  étaient  ignorés  des  critiques  et  des 
historiens  d'art. 

L'étude  des  styles  n'avait  pas  obtenu  des 
érudits  une  attention  soutenue.  Les  écoles 
bourguignonne,  champenoise,  rhénane,  poite- 
vine, languedocienne,  provençale,  angevine, 
normande  et  de  TIle-de-France  qui,  à  l'aube 
du  douzième  siècle,  luttent  avec  des  aptitudes 
si  diverses  dans  une  égale  activité,  atten- 
daient, il  y  a  cent  ans,  qu'un  savant,  doublé 
d'un  artiste,  relevât  leurs  frontières  et  nommât 
leurs  maîtres. 

Cependant,  plusieurs  monuments  remarqua- 


4  LA   SCULPTURE   FRANÇAISE 

Mes,  élevés  par  les  artistes  que  nous  venons 
de  nommer,  existaient  encore  au  siècle  der- 
nier. Si  Millin,  Emeric  David,  Alexandre  Le- 
noir  avaient  été  devancés  par  des  hommes  de 
leur  savoir  ou  de  leur  patriotisme,  nous  ne 
serions  pas  à  jamais  privés  des  trésors  d'art 
détruits  à  l'époque  de  la  Révolution.  A  défaut 
des  œuvres  de  sculpture  que  le  fanatisme  a 
brisées  ou  fondues,  il  nous  resterait  le  témoi- 
gnage écrit  de  leur  mérite. 

Au  treizième  et  au  quatorzième  siècle,  l'école 
française  élève  des  cathédrales  qu'elle  couvre 
de  sculptures  pendant  que  les  mausolées  des 
grands,  habilement  décorés  par  ses  tailleurs 
d'images,  prennent  place  sous  les  voûtes 
ogivales.  Palais  et  châteaux  se  peuplent 
de  statues.  Bien  que  cette  période  soit  éloi- 
gnée de  nous,  il  reste  encore  néanmoins 
de  nombreux  vestiges  d'un  art  pratiqué  par 
Jean  de  Chelles,  Eudes  de  Montre uil,  Sabine 
de  Steinbach,  Ravy,  le  Bouteiller,  de  Saint- 
Romain. 

Le  siècle  suivant  demeure  éclipsé  par  l'éclat 
du  nom  de  Ghiberti  et  de  Donatello.  Toutefois, 
pour  ne  citer  qu'un  maître,  c'est  l'heure  où 
nous  possédons  Michel  Colombe. 


AVANT  LE  XVII*    SIECLE  5 

Jusqu'alors,  notre  école  de  sculpture  avait 
vécu  avec  son  tempérament,  gardienne  de  sa 
doctrine.  Aucun  sang  étranger  depuis  les  pre- 
miers temps  de  la  monarchie,  ne  s'était  mêlé 
au  sang  de  ses  artistes.  Ils  étaient  Français. 
Cédant  à  la  pente  logique  de  l'esprit  national, 
c'est  la  nature  qu'ils  s'efforçaient  de  traduire. 
Etre  naturel,  imprégner  un  marbre  de  vérité, 
tel  était  le  but  de  leur  étude.  Et  cette  pour- 
suite du  vrai  dans  l'interprétation  naïve  de  la 
nature  fut  la  passion  si  générale  des  maîtres 
d'œuvre  de  notre  pays,  dès  le  début  du  trei- 
zième siècle,  qu'ils  durent  à  cet  effort  conti- 
nué d'atteindre  à  l'unité  de  style. 

Au  temps  de  Louis-ie-Gros  et  de  Philippe- 
Auguste,  des  écoles  rivales  luttaient  d'ardeur 
et  de  puissance.  Leurs  caractères  n'étaient 
pas  exempts  de  contrastes.  Sous  Louis  XII, 
en  face  des  grandes  œuvres  de  Michel  Co- 
lombe, de  Texier,  il  faut  nommer  une  école 
non  plus  provençale,  non  plus  rhénane, 
non  plus  poitevine,  champenoise,  bourgui- 
gnonne, languedocienne  ou  normande,  c'est 
récole  française.  Aux  contrastes  qui,  la  veille, 
distinguaient  chaque  groupe,  chaque  pro- 
vince, ont  succédé  cette  liberté  de  l'esprit  et 


6  LA    SCULPTURE   FRANÇAISE 

de  la  main,  vertus  natives  de  notre  art  natio- 
nal. Aucun  genre,  aucun  mode  d'expression 
ne  seront  étrangers  à  nos  sculpteurs,  parce 
que  la  sève  intellectuelle  dont  ils  vivent  a  des 
sources  nombreuses  et  d'ordre  différents.  Mais 
cette  richesse  d'aptitudes,  cette  universalité 
dans  le  domaine  plastique  qui  portent  notre 
école  à  se  mesurer  avec  la  sculpture  religieuse 
ou  la  sculpture  d'histoire,  l'ahégorie  ou  le 
portrait,  sont  tempérées  par  une  sorte  de  me- 
sure, d'équilibre  qui  est  comme  la  sauve- 
garde de  l'art  français.  Alors  que  d'autres  peu- 
ples cèdent  invinciblement  à  Temphase  ou  à 
l'afféterie,  chez  nous,  la  caractéristique  de  la 
sculpture  est  faite  de  simplicité,  d'élévation, 
de  bon  sens. 

Toutefois,  l'école  française  n'a  pas  suivi  une 
marche  constamment  progressive  et  ascen- 
sionnelle. Elle  a  eu  ses  temps  d'arrêt.  Au  con- 
tact d'une  école  étrangère,  sa  sève  s'est  ap- 
pauvrie, son  courant  a  dévié. 

Pour  elle  le  seizième  siècle  fut  recueil. 

Primatice,  Rosso,  Gellini  appelés  par  Fran- 
çois I",  ont  été  près  de  nos  artistes  de  dange- 
reux précepteurs.  Ils  étaient  venus  à  nous  es- 
cortés par  la  grande  renommée  de  leurs  com- 


AVANT   LE   XVIP    SIECLE  7 

patriotes  les  Florentins.  Comment  ne  pas  subir 
l'ascendant  des  maîtres  qui  avaient  sculpté  la 
Madeleine  ^oénitente  et  les  Portes  du  Baptis- 
tère ?  Par  malheur,  Primatice  et  Rosso  n'é- 
taient eux-mêmes  que  des  disciples.  Ils  n'a- 
vaient ni  l'audace. heureuse  de  Donatello,  ni  la 
puissance  de  Ghiberti.  D'ailleurs,  les  grands 
Florentins  étaient  morts.  Px.aphaël  qui  avait 
déplacé  l'axe  de  toute  gloire  au  profit  de  l'é- 
cole romaine  venait  lui-même  de  disparaître. 
Son  élève,  Jules  Romain,  lui  avait  succédé; 
mais  Jules  Romain  demeuré  sans  tutelle  ne  sut 
pas  grandir.  Doué  de  pensée,  ayant  le  sens  de 
la  richesse  et  de  l'ampleur,  prompt  à  l'exécu- 
tion, original  et  savant,  Jules  Romain,  malgré 
ses  dons,  est  un  maître  fougueux  et  maniéré. 

On  sait  dans  quelles  circonstances  Ptosso 
dût  quitter  Rome  en  1530.  L'année  suivante,  il 
était  en  France,  intendant  des  bâtiments  de 
Fontainebleau.  Epris  du  renom  de  Jules  Ro- 
main, il  appela  près  de  lui  des  ItaUens  qui  tra- 
vaillèrent sous  ses  ordres.  Primatice,  particu- 
lièrement désigné  par  son  maître  au  choix  de 
François  P',  s'était  formé  dans  l'atelier  de  Jules 
Romain.  Il  vint  en  France  en  1531.  A  la  fois" 
peintre,  sculpteur  et  architecte,  c'est  lui  qui 


.«  LA    SCULPTURE   FRANÇAISE 

dota  Fontainebleau,  s'il  faut  en  croire  Vasari, 
des  premiers  stucs  que  notre  pays  ait  connus. 
Mais  l'entente  ne  fut  pas  longue  entre  Rosso 
etPrimatice.  Celui-ci  reçut  Tordre  de  se  ren- 
dre en  Italie  pour  surveiller  la  fonte  ou  le  mou- 
lage des  plus  beaux  antiques.  Ce  travail  l'oc- 
cupera neuf  années.  Pendant  ce  temps,  Rosso 
est  chef  d'école  sur  la  terre  de  France.  Il  est 
vrai,  ses  élèves  sont  de  races  très-diverses  ; 
leur  style  indécis  et  troublé,  comme  une  mu- 
sique balbutiée,  n'a  que  de  rares  accents  qui 
le  rattachent  à  Michel  Colombe.  C'est  un  style 
gallo-florentin.  Leur  groupe  ne  fait  pas  illusion  : 
ils  ne  s'appellent  pas  l'école  française,  mais 
l'école  de  Fontainebleau. 

Ce  qui  sépare  l'école  de  Rosso  de  celle  qui 
avait  prospéré  au  siècle  précédent,  c'est  l'oubli 
de  la  nature.  Les  artistes  de  Fontainebleau 
sauront  atteindre  à  la  beauté  des  lignes, à  l'har- 
monie de  la  couleur,  à  l'entente  du  clair-obscur, 
à  la  science  myologique,  mais  je  ne  sais  quoi 
de  factice  et  de  convenu  dépare  un  très-grand 
nombre  de  leurs  ouvrages.  Je  ne  sais  quoi  de 
précieux,  de  cherché,  d'élégamment  incorrect 
blesse  le  regard  dans  les  pages  qu'ils  ont  lais- 
sées. En  unmot,  leurs  compositions  manquent 


AVANT  LE   XVII°   SIECLE  9 

de  cette  simplicité  lumineuse,  de  cette  droiture 
que  confère  seule  à  Tœuvre  d'art  Tétude  atten- 
tive de  la  vie,  que  nous  appelons  le  naturel. 

En  ce  temps-là,  le  génie  de  la  France  fut 
certainement  en  péril.  Mais  l'art,  et  principa- 
lement l'art  plastique,  reçoit  la  lumière  de 
deux  pôles.  L'antique  ne  lui  est  pas  d'un  moin- 
dre secours  que  la  nature.  Le  livre  du  sculpteur 
n'a  que  deux  mots  :  création  et  tradition.  Sur- 
prendre le  secret  de  toute  vérité  tangible  dans 
le  chef-d'œuvre  du  monde  créé  qui  est  l'hom- 
me ;  parler  la  langue  de  ces  maîtres  divins, 
qui  ont  couvert  la  nature  d'un  manteau  de 
splendeur,  et  dont  les  œuvres  constituent 
la  tradition  de  la  sculpture,  là  se  résume  le 
double  travail  du  statuaire  vraiment  digne  de 
sa  vocation. 

Un  jour  de  l'année  1541, quelques  centaines 
de  ducats  disparurent  de  l'appartement  de 
Rosso.  L'impétueux  artiste  accusa  de  ce  vol 
son  ami,  le  peintre  florentin  Francesco  Pelle- 
grino.  On  soumit  l'inculpé  à  la  question.  Peu 
après,  son  innocence  fut  reconnue,  et  Rosso 
s'empoisonna  de  désespoir,  à  quarante-cinq 
ans. 

Nul  obstacle  ne  s'opposait  plus  au  retour  de 


10  LA    SCULPTURE   FRANÇAISE 

Primatice.  Il  revint  en  d543.  Un  nouveau  rival 
Tattendait  :  Benvenuto  Gellini.        * 

Tout  le  monde  a  lu  le  récit  de  cette  scène 
fameuse  qui  eut  pour  théâtre  la  grande  galerie 
de  Fontainebleau,  et  pour  témoins  François  P'', 
la  duchesse  d'Etampes,  le  dauphin,  Marguerite 
de  Navarre,  quelques  seigneurs  de  la  cour, 
Gellini,  Ascanio  et  Primatice.  Celui-ci  avait 
rapporté  d'Italie  près  de  cent  cinquante  figures 
antiques.  Des  bronzes  de  V Apollon  du  Belvé- 
dère, du  Laocoon,  de  la  nymphe  dite  Cléo- 
pàtre,  de  la  Vénus  de  Médicis  et  de  V Hercule 
Commode,  fondus  à  Fontainebleau  sur  les 
moulages  obtenus  à  Rome,  devaient  être  sou- 
mis à  l'appréciation  du  Roi.  En  face  de  ces 
antiques  fut  placé  le  Jupiter  en  argent  portant 
d'une  main  le  globe,  et  dans  l'autre  un  foudre. 
Gellini  venait  d'achever  cet  ouvrage. 

Séduit  parle  talent  de  l'artiste,  et  sans  doute 
aussi  par  divers  artifices  dont  avait  usé  Ben- 
venuto, le  Roi  donna  la  préférence  à  sa  statue. 
Les  courtisans  firent  de  même.  Vainement  la 
duchesse  d'Etampes  voulut-elle  en  appeler  d'un 
pareil  verdict. 

"  —  Eu  vérité,  dit-elle,  on  serait  tenté  de 
croire    que    vous  n'avez    point    d'yeux.    N'^ 


AVANT   LE   XVII°    SIECLE  11 

voyez-vous  donc  pas  ces  figures  antiques? 
C'est  en  elle  que  réside  la  perfection  de  l'art  et 
non  dans  ces  puérilités  modernes.  » 

«  —  A  ces  mots,  écrit  Cellini,  le  Roi,  suivi  de 
son  entourage,  s'avança  et  jeta  un  coup  d"œil 
sur  les  autres  statues  qui  étaient  éclairées 
den  bas,  ce  qui  leur  était  fort  préjudiciable. 

«  —  Celui  qui  a  voulu  nuire  à  Benvenuto, 
dit  alors  le  Roi,  lui  a  au  contraire  rendu  un 
signalé  service  ;  car,  de  la  comparaison  de  ces 
admirables  figures  avec  la  sienne,  il  ressort 
que  cette  dernière  est  infiniment  plus  belle  et 
plus  merveilleuse.  Il  faut  donc  tenir  Benve- 
nuto  en  haute  estime,  puisque  ses  ouvrages 
non-seulement  égalent  mais  surpassent  ceux 
des  anciens  ^ 

Sans  doute,  nous  pouvons  croire  que  Benve- 
mito  Cellini,  en  consignant  cette  aventure,  n'a 
pas  dû  atténuer  les  éloges  que  lui  adressa 
le  Roi.  La  nature  vaniteuse  de  l'artiste  est  con- 
nue. Mais  le  fait  subsiste.  Il  montre  quelle  dut 
être  la  vos-ue  de  l'école  de  Fontainebleau,  et 
en  quel  honneur  était  tenu  sous  François  1°"^ 
le  style  gallo-florentin. 

^  Benvenuto  Cellini,  Œuvres  complètes,  Paris, 
Paulin.  1847,  2  vol.  in-12,  t.  II.  p.  34,  42,  43. 


i2  LA    SCULPTURE   FRANÇAISE 

Cependant,  un  maître  que  n'avaient  pas  for- 
mé Rosso  ou  Primatice,  Jean  Goujon  se  char- 
gea de  répondre  par  ses  ouvrages  à  Tengoue- 
ment  irréfléchi  de  la  cour  et  des  grands  pour 
les  Italiens.  Non  moins  élégant  que  Primatice, 
Jean  Goujon  sut  être  naturel,  expressif,  et, 
dans  les  profils  comme  dans  le  méplat  de  ses 
bas-reliefs,  ce  merveilleux  sculpteur  fait  son- 
ger aux  Grecs.  La  nature  et  Tantique  l'inspi- 
rent mutuellement.  S'il  cède, dans  une  certaine 
mesure,  au  goût  de  ses  contemporains,  lors- 
qu'il pose  un  personnage,  il  demeure  supé- 
rieur aux  artistes  de  sa  génération  par  un 
modelé  sobre,  pur  et  vivant. 

Germain  Pilon  le  suivra  de  près.  Les  statues 
de  François  P'  et  de  Henri  //révèlent  l'habileté 
de  ce  maître,  assez  personnel  pour  secouer  à 
ses  heures  le  joug  de  Primatice. 

Barthélémy  Prieur,  esprit  moins  original, 
appartient  sans  conteste  à  l'école  de  Fontaine- 
bleau dont  il  marque  le  déclin,  mais  en  retour 
Nicolas  Bachelier  à  Toulouse,  Boudon  à  Or- 
léans, Richierà  Saint-Mihiel,  Gentil  à  Troyes, 
et  d'autres  encore  ont  su  préserver  leur  ciseau 
de  tout  contact  avec  Primatice.  Plusieurs  ont 
vu  ritalie,  et  le  nom  de  Michel-Ange  hante  vi- 


AVANT   LE   XVir    SIECLE  13 

siblementleur  mémoire.  N'importe,  ces  maîtres 
ontleur  génie  propre,  ils  relèvent  l'art  français 
dont  ils  sont  les  vrais  représentants.  La  chaîne 
un  instant  rompue  est  renouée.  Jean  Texier, 
Michel  Colombe  ont  des  descendants  à  Tou- 
louse, en  Lorraine,  en  Champagne  et  sur  les 
bords  de  la  Loire. 

La  tradition  nationale,  ressaisie  par  des 
mains  françaises,  se  transmit  avec  des  alterna- 
tive de  progrès  et  de  décadence  jusqu'à  Simon 
Guillain  et  à  Jacques  Sarazin. 

Elèves  du  même  maître,  Guillain  le  père, 
surnommé  Cambray,  ces  deux  artistes  se  ren- 
dirent à  Rome  où  Sarazin  fut  tellement  frappé 
par  les  œuvres  de  Michel-Ange,  que  durant 
toute  sa  vie,  dit  Caylus,  il  se  fît  gloire  du  titre 
de  disciple  du  Florentin.  Mais  pendant  qu'ils 
séjournaient  en  Italie,  Sarazin  se  lia  avec  le 
Dominiquin  qui  travaillait  alors  aux  peintures 
de  San-Andrea-Della-Valle.  De  son  côté, 
■  Guillain,  non  moins  admirateur  que  son  com- 
patriote du  génie  de  Michel-Ange,  gravait,  en- 
tre deux  statues,  les  compositions  d'Annibal 
Carrache  et  de  TAlbane. 

De  retour  en  France,  les  deux  maîtres  qui 
représentent  la  sculpture  au   début  du  dix- 


U  LA    SCULPTURE   FRANÇAISE 

septième  siècle  firent  preuve  d'une  science  de 
composition,  d'une  puissance  de  modelé,  d'une 
largeur  de  style  vraiment  remarquables. 

Sarazin  se  plaisait  à  rappeler  la  forte  nour- 
riture qu'il  devait  aux  maîtres  italiens,  mais  ses 
Cariatides  du  Louvre,  de  même  que  les  Cxp- 
tifs  de  Simon  Guillain  sont  des  œuvres  d'un 
caractère  absolument  original.  La  grâce  des 
Cariatides  de  Sarazin  permet  de  les  comparer 
à  certaines  œuvres  de  Jean  Goujon. 

C'est  à  l'école  de  Sarazin  que  se  forma  Le- 
rambert,  le  maître  de  Goyzevox.  Girardon  son 
émule,  reçut  les  principes  de  Guillain  par  l'en- 
tremise d'Anguier. 

Ainsi  se  résume,  dans  ses  lignes  essentielles, 
le  tableau  de  la  sculpture  française  antérieure- 
ment à  Goyzevox.  La  filiation  de  nos  statuai- 
res peut  être  constatée.  La  race  se  perpétue 
avec  honneur  chez  ses  maîtres  d'œuvre  en 
quête  de  savoir,  de  talent,  de  prééminence  et 
surtout  d'individualité.  Les  sculpteurs  français 
n'imitent  pas  volontiers.  S'il  advient  qu'ils 
marchent  pour  un  jour  dans  le  sentier  d'autrui, 
c'est  qu'ils  se  sont  pénétrés  des  procédés  d'un 
maître  étranger.  Les  ressources  de  leur  génie, 
l'habileté   qu'ils  apportent  dans  le   travail  du 


AVANT   LE   XVII^    SIECLE  15 

marbre  les'poussent,  à  de  certaines  époques,  à 
s'approprier,  en  se  jouant,  un  style,  une  mé- 
thode qui  ne  sont  pas  les  leurs.  Mais  le  tempé- 
rament reparaît,  la  race  n'a  rien  perdu  de  sa 
sève  originelle,  1  école  de  sa  doctrine,  et  la 
sculpture  française  rentre  dans  son  sillon 
qu'elle  poursuit. 

Coyzevox  apparut  à  une  heure  solennelle 
dans  Fhistoire  de  l'art.  Il  atteignait  à  l'âge 
d'homme  quand  Louis  XIV,  au  lendemain  de 
la  Fronde,  ayant  signé  la  paix  des  Pyrénées, 
inaugura  dans  le  faste  et  le  retentissement  un 
règne  que  devaient  rehausser  toutes  les 
gloires.  Encore  impressionné  par  des  souve- 
nirs de  trouble  et  d'anarchie,  le  Roi  méditait  de 
rendre  à  la  couronne  tout  le  prestige  dont  la 
Fronde  l'avait  dépouillée.  De  là,  cet  appareil 
somptueux,  l'étiquette,  le  luxe,  les  fêtes  au  mi- 
lieu desquels  voulut  vivre  Louis  XIV.  Bien  qu'il 
eût  passé  son  enfance  au  Palais-Royal,  il  n'a- 
vait pas  d'attrait  pour  Paris.  Or,  jaloux  de  sa 
puissance,  personnifiant  en  lui  seul  le  pouvoir 
souverain,  en  s'éloignant  de  Paris  il  transfé- 
rait le  siège  du  gouvernement.  Cette  aversion 
pour  la  capitale  décida  de  la  construction  de 
Versailles. 


16  LA   SCULPTURE  FRANÇAISE 

Un  homme  d'un  rare  mérite  devait  seconder 
Louis  XIV  dans  ses  somptueuses  entreprises. 
Colbert,  succédant  à  Fouquet  avec  le  titre  de 
contrôleur  général  des  finances,  devint  bientôt 
ministre  de  la  maison  du  Roi.  Les  Comptes  des 
Bâtiments  nous  révèlent  la  sollicitude  de  Col- 
bert pour  les  lettres  et  Tart.  L'Académie  de 
France  à  Rome,  Versailles,  Marly,  le  Louvre, 
les  Tuileries,  les  Invalides,  les  Gobelins  occu- 
pent tour  à  tour  cet  esprit  ordonné,  précis  et 
désintéressé  quand  la  gloire  de  la  France  est 
en  cause.  Mais,  des  créations  de  Colbert,  celle 
dont  nous  aurons  à  parler  davantage  dans  cet 
écrit,  c'est  Versailles. 

Louis  XIII  avait  élevé  dès  1624,  une  maison 
de  plaisance  à  Versailles.  Le  roi  n'y  résidait 
pas.  Son  château  était  à  Saint-Germain.  Lors- 
que Louis  XIV  eut  résolu  d'agrandir  Versailles 
et  d'en  faire  sa  résidence,  le  domaine,  aussi 
bien  que  le  palais,  durent  être  transformés. 
C'est  en  1663,  c'est-à-dire  à  l'avènement  de 
Colbert  au  poste  de  contrôleur  général,  que 
les  traVaux  commencèrent.  On  estime  qu'ils 
coûtèrent  au  Trésor  près  de  cinq  cents  mil- 
lions. 

L'art  tient  une  large  place  dans  ce  monu- 


AVANT   LE   XVII''    SIECLE  17 

ment,  et  de  même  que  Colbert  était  Tinstru- 
ment  de  la  pensée  royale,  Le  Brun  fut  l'inten- 
dant du  ministre. 

Le  Brun  n'était  pas  un  inconnu.  Guillain  et 
Sarazin  ayant  eu  la  pensée  de  grouper  quel- 
ques artistes  en  une  sorte  de  conférence  in- 
time, dont  le  but  était  de  mettre  en  commun 
les  principes,  les  lumières  de  chacun  dans  la 
pratique  de  son  art,  Le  Brun  avait  affermi  cette 
création  en  obtenant  des  lettres-patentes  qui 
la  constituaient  en  Académie  de  peinture  et  da 
sculpture.  L'un  des  Anciens  de  cette  Académie, 
Le  Brun,  dut  à  la  faveur  de  Colbert  d'être 
nommé  premier  peintre  du  Roi,  directeur  de 
la  manufacture  des  Gobelins,  et  d'exercer  pen- 
dant près  de  vingt  années  une  autorité  direc- 
trice sur  l'école  française. 

Encore  que  son  action  ne  s'étendit  qu'aux 
travaux  commandés  par  Colbert,  les  projeta 
aussi  grandioses  que  nombreux  du  ministre- 
de  la  maison  du  Roi  suffirent  pour  occuper  de 
1661  à  1683  la  plupart  des  artistes  en  renom. 
Le  Brun  fut  l'ordonnateur  de  toutes  choses. 
Peintres,  sculpteurs,  architectes,  tapissiers, 
orfèvres,  reçurent  de  lui  les  cartons  ou  les 
modèles  de  leurs  compositions.  D'une  fécon- 

2 


18  LA    SCULPTURE  FRANÇAISI-: 

dite  sans  exemple,  il  concevait  le  plan  d'un 
plafond,  d'une  tapisserie,  d'un  vase  non  moins 
-aisément  que  celui  d'une  fontaine,  d'un 
groupe,  de  trophées,  de  torchères  ou  de  gi- 
randoles. Les  bronzes,  les  mosaïques,  les  in- 
crustations de  toute  nature,  les  candélabres, 
et  jusqu'aux  serrures  élégamment  ciselées  des 
résidences  royales,  ont  été  dessinés  par  Le 
Brun.  Il  est  pendant  un  temps  le  seul  décora- 
teur des  demeures  opulentes  qui  s'élèvent. 

La  postérité  ne  le  lui  a  guère  pardonné. 

Cependant,  nul  artiste  au  dix-septième  siècle 
n'était  en  mesure  de  subvenir  à  des  obligations 
de  cette  importance.  Son  érudition,  sa  science 
du  mouvement,  l'entente  de  l'allégorie,  du 
costume^  des  attributs  qui  le  distinguaient, 
placent  Le  Brun  au  premier  rang  parmi  ses 
contemporains.  N'eût-il  peint  que  la  Clémence 
d' Alexandre  envers  la  famille  de  Dariv^^  il 
faudrait  encore  le  proclamer  un  maître.  D'autre 
part,  nous  devons  à  ses  hautes  fonctions  sous 
Golbert  cette  unité  surprenante  qui  frappe  les 
moins  attentifs  dans  la  décoration  de  Ver- 
sailles, des  Tuileries  ou  du  Louvre. 

Au  surplus,  la  part  décisive  qui  lui  revient 
dans  la  création  de   l'Académie  de  France  à 


AVANT   LE   XVII''    SIECLE  19 

Rome,  Tinstitution  des  conférences  sur  l'art 
au  sein  de  FAcadémie  de  peinture,  dont  il  est 
resté  en  fait  le  directeur  pendant  vingt-huit 
ans,  lui  avaient  concilié  l'estime  de  ses  pairs. 
La  subordination  consentie  dans  laquelle  ils 
vécurent  vis-à-vis  de  Le  Brun  ne  fut  pas  pour 
le  grand  nombre  un  sacrifice.  Pour  aucun  des 
vrais  artistes  de  ce  temps  elle  ne  fut  une  sé- 
rieuse entrave.  N'oublions  pas,  en  effet,  que 
les  auxiliaires  de  Le  Brun  se  sont  appelés 
Nicolas  Loir,  Noël  Goypel,  Gaspard  et  Bal- 
thasar  Marsy,  Girardon,  Goyzevox.  Collabora- 
teurs dociles,  capables  d'apprécier  le  bienfait 
d'une  direction  lorsqu'il  s'agit  de  concourir  à 
quelque  œuvre  commune,  ces  artistes  n'ont 
rien  perdu,  que  nous  sachions,  dans  la  disci- 
pline à  laquelle  les  ont  soumis  Colbert  et  Le 
Brun.  Goyzevox,  notamment,  dont  nous  allons 
retracer  la  vie,  est  une  preuve  de  cette  indé- 
pendance de  la  pensée  sans  laquelle  l'homme 
d'art  n'est  qu'un  praticien. 


ANTOINE   COYZEVOX 


LES  SCULPTURES  DE  SAVERNE 

1640-1677 

SOMMAIRE 

Antoine  Goyzevox,  fils  d'uu  menuisier.  —  (Drigiae  espagnole  des 
Goyzevox.  — Leur  nom.  —  Enfance  d'Antoine.  —  Le  menuisier  Gous- 
tou.  —  Franrois  Goustou,  le  fils,  sculpteur  habile.  —  Guillaume 
Coyz^îvox.  frère  d'Antoine,  aussi  sculpteur.  —  Antoine  sculpte  le 
bois.  —  (>  Vous  faites  un  cheval?  —  Je  ne  le  fais  pas,  je  le  décou- 
vre! »  —  Mariage  de  Glaudine  Goyzevox,  sœur  d'Antoine,  avec 
François  Goustou.  —  Antoine  vient  à  Paris.  —  Le  «  fameux  mon- 
sieur Lerambert.  »  —  Quels  furent  les  maîtres  de  Goyzevox  outre 
Lerambert?  —  Les  œuvres  de  Goyzevox  exécutées  à  cette  époque 
ne  sont  pas  connues. —  Mariage  d'Antoine  Goyzevox  avec  Margue- 
rite Quillerier,  nièce  de  Lerambert.  —  Goyzevox,  sculpteur  du  roi. 
—  Mort  de  Marguerite  Quillerier.  —  Le  maître  sculpte  un  morceau 
de  frise  au  palais  du  Louvre.  —  Il  se  rend  à  l'appel  du  cardinal 
François  Egou  de  Furstenberg.  évèque  de  Strasbourg.  —  Un  mot 
de  Fermelhuis.  —  Le  palais  de  Saverne.  —  Apollon  et  les  Muses.  — 
Trophées  et  statues.  —  Les  sculptures  de  Saverne  détruites.  —  Re- 
tour de  Goyzevox  à  Paris.  —  11  est  reçu  académicien  —  Goyzevox 
veut  se  fixer  à  Lyon.  —  Le  Brun  le  retient  à  Paris.  —  Mariage  de 
Goyzevox  avec  Glande  Bourdict.  —  Oii  a  lieu  son  mariage  ?  —  Il 
loge  aux  Gobeliûs.  —  Les  travaux  de  Versailles. 

Antoine  Goyzevox,  fils  d'un  menuisier   de 
Lyon,  naquit  dans  cette  ville  le  29  septembre 


22  ANTOINE   GOYZEVOX 

1640.  Son  père  habitait  la  paroisse  de  Saint- 
Nizier  K 

Le  docteur  Fermelhuis  qui  prononça  l'éloge 
du  statuaire  en  1720,  nous  apprend  que  Pierre 
Goyzevox,  le  père  d'Antoine,  était  originaire 
de  Madrid,  tandis  que  sa  mère,  Isabeau  Morel, 
était  lyonnaise  "".  Il  faut  le  croire,  Fermelhuis 
ayant  été  l'ami  du  sculpteur.  C'est  d'ailleurs  le 
seul  témoignage  autorisé  que  nous  possédions 
de  l'origine  espagnole  des  Goyzevox. 

Certains  biographes,  en  effet,  appuient  cette 
origine  sur  la  consonnance  du  nom  et  son 
orthographe  peu  commune  dans  notre  langue. 
Des  preuves  de  cet  ordre  seraient  spécieuses, 
car  c'est  Antoine  Coyzevox  qui  paraît  avoir 
modifié  l'orthographe  de  son  nom.  Pierre,  le 
menuisier  lyonnais,  signait  Quoyzeveau  ;  en 
1666,  le  statuaire  écrit  Quoyzeuaux.  En  1679, 
le  buste  de  Le  Brun  est  signé  Coyzevox.  A 
dater  de  cette  époque  le  nom  du  maître  ne 
varie  plus  ". 

'  Voyez  Acte  de  baptême  ci' A7itoine  Coyzevox.  Pièces 
justificatives.  Doc.  L 

-  Eloge  funèbre  de  M.  Coyzevox,  sculpteur  du  Roi, 
par  M.  Fermelhuis  (Paris,  1771,  in-12),  p.  4. 

^  Sur  l'acte  de  mariage  de  l'artiste  uous  lisons  en- 


LES    SCULPTURES  DE   SAVERNE  23 

Nous  savons  peu  de  chose  sur  l'enfance 
d'Antoine.  Toutefois,  il  est  permis  de  penser 
que  son  père  fut  son  premier  maître.  Au  xvii' 
siècle  il  n'était  pas  rare  de  rencontrer  des 
marbriers  sculpteurs  et  des  menuisiers  orne- 
manistes. Formelhuis  a  dit  dans  VÉloge  de 
Tartiste  :  «  Ses  jeux  furent  une  étude  si  solide 
des  principes  de  la  sculpture,  qu'à  l'âge  de  dix- 
sept  ans  il  fut  en  ëtat  de  quitter  le  lieu  de  sa 
naissance  et  de  venir  travailler  à  Paris  ^ 

Si  les  yeux  de  l'enfant  l'ont  porté  vers  l'art 
du  sculpteur,  c'est  sans  doute  que  des  modèles 
placés  sous  ses  regards  dans  l'atelier  paternel 
l'inclinaient  à  les  reproduire.  L'enfant  copie 
naturellement  ce  qu'il  voit. 

D'ailleurs,  Pierre  Goyzevox  n'était  pas  le 
seul  artisan  qui  fût  en  mesure  de  seconder  la 
vocation  d'Antoine.  Pierre  avait  pour  émule 
un  artiste  industriel,  menuisier  comme  lui^ 
nommé  Goustou.  L'un  des  fils  de  ce  Coustou, 
plus  âgé  qu'Antoine  Goyzevox,  demandera  la 

core  Coësevaus,  Coësuaux  et  sur  les  registres  de  Saiat- 
Germain-l'Auxerrois  :  Goyzeiiaux.  Ajoutons  que  si  la  dé- 
sinence coz  est  espagnole,  il  n'en  est  pas  de  même  de 
la  syllabe  vox. 
*  Éloge,  p.  4. 


24  ANTOINE   GOYZEVOX 

main  de  sa  sœur  aînée,  Claudine.  Les  deux 
familles  étaient  donc  en  relations.  Or,  le  mari 
de  Claudine,  François  Coustou,  père  des  sta- 
tuaires Nicolas  et  Guillaume,  était  lui-même 
un  sculpteur  sur  bois  d'un  réel  talent  K  On 
sait  qu'il  fut  le  premier  maître  de  ses  deux  fils 
et  qu'il  travailla  pour  le  Roi  -.  Coyzevox  lui 
dut  peut-être  quelques  leçons  lorsqu'il  habitait 
encore  sa  ville  natale. 

Un  frère  d'Antoine,  dont  la  date  de  naissance 
nous  est  inconnue,  prend  en  1677  la  qualifica- 
tion de  sculpteur  ^  Il  signe  Guillaume  Coi- 
zevaud.  Antoine  a  donc  vécu,  dès  son  extrême 
jeunesse,  dans  un  milieu  propice  à  sa  voca- 
tion. L'art  plastique  est  l'occupation  de  ses 
proches  et  de  ses  amis.  Ces  artisans  de  goût 
donnent  au  bois  qu'ils  travaillent  une  forme 
capricieuse  ou  sévère  ;  les  figurines,  les  meu- 
bles, les  boiseries  se  succèdent  sous  leurs 
ciseaux  déhés,  et  l'âme  de  l'enfant  qui  doit 
devenir  un  maître  ne  reçoit  du  dehors  selon 
toute  apparence  que  des  impressions  heureu- 

*  Dictionnaire  critique  de  biographie  et  d'histoire, 
par  A.  Jal  (Paris,  Pion,  1872,  ia-8),  p.  443. 
-  Jal,  Dictionnaire  critique,  p.  444. 
3  Id.,  p.  444. 


LES  SCULPTURES  DE  SAYERNE      25 

ses,  en  harmonie  avec  ses  propres  dons.  Sous 
ses  yeux  tout  parle  d'élégance,  d'adresse,  de 
parure.  L'art  décoratif  est,  pour  ainsi  dire, 
l'atmosphère  dans  laquelle  il  grandit. 

Un  jour,  on  le  surprit  lui-même  taillant  un 
morceau  de  bois.  —  «  Vous  faites  un  cheval, 
lui  dit  la  personne  qui  Tobservait  »?  —  «  Je  ne 
le  fais  pas,  je  le  découvre  »,  répondit  l'en- 
fant *. 

SiTanecdote  est  vraie,  cette  parole  de  Coy- 
zevox  décèle  un  génie  précoce.  Tel  mot  qui 
sur  d'autres  lèvres  serait  vide  ou  subtil,  a,  dans 
la  langue  de  l'artiste,  un  sens  juste  et  profond. 
Il  est  l'expression  d'une  nuance  que  discer- 
nent seuls  les  hommes  de  pensée. 

Promptement  supérieur  aux  ornemanistes 
qui  l'entouraient,  se  sentant  poussé  vers  le 
grand  art,  Antoine  Coyzevox  quitta  Lyon  et 
vint  à  Paris.  Il  avait  environ  dix-sept  ans.  Son 
départ  dut  avoir  heu  peu  après  le  mariage  de 
sa  sœur   Claudine  avec  François   Coustou  -. 

*  Coyzevox,  par  Edme-Fr.-Ant. -Marie  Miel,  Ency- 
clopédie des  gens  du  mo7ide,  t.  VII,  p.  ^  96-197. 

*  Les  registres  des  mariages  de  la  paroisse  de  Saint- 
Nizier  manquent  pour  la  période  qui  nous  occupe. 
Mais  il  n'en  est  pas  de  même  des  actes  de  baptême. 


26  ANTOINE   GOYZEVOX 

Lerambert,  élève  de  Vouet  et  de  Sarazin, 
jouissait  alors  d'un  véritable  renom.  Sculpteur 
du  Roi,  garde  des  marbres  de  Sa  Majesté,  et 
garde  du  magasin  des  antiques,  Louis  Leram- 
bert joignait  à  tous  ces  titres  du  savoir-vivre, 
de  l'esprit,  quelques  aptitudes  pour  la  poésie 
et  la  musique,  et  il  était,  en  outre,  un  danseur 
consommé.  Ses  succès  nombreux  et  variés 
appelaient  sur  lui  l'attention  des  grands.  Il 
avait  fait  les  bustes  de  Mazarin  et  de  Jabach, 
décoré  Thôtel  du  marquis  de  Dampierre  ;  il 
excellait  dans  les  figure S'  d'enfants.  Ami  de 
Le  Brun  et  de  Le  Nostre,  il  eut  sa  grande  part 
dans  les  travaux  de  Versailles  et  du  Louvre. 
Si,  à  1  époque  où  Goyzevox  arrive  à  Paris,  Le- 
rambert n'est  pas  encore  à  l'Académie  royale, 
c'est  qu'il  n'a  pas  pris  le  temps  d'y  songer.  Ar- 
tiste brillant,  d'un  caractère  digne  d'estime, 
sa  réputation  lui  survit,  et  Guillet  de  Saint- 

Nous  devons  à  robligeancc  de  M.  L.  Charvet.  architecte, 
inspecteur  de  l'enseignement  du  dessin  à  l.yon,de  pos- 
séder l'acte  de  baptême  de  Claudine  Co3'zevox.  On  le 
trouvera  aux.  Pièces  justificatives,  Ooc  II.  Née  le  lerfé- 
vrier  lt)38,  Claudine  fait  baptiser  son  premier  enfant, 
François  Coustou,  le  2.)  décembre  I6.")0.  Elle  a  donc  dû 
se  marier  en  165o  ou  au  commencement  de  1656.  c'est- 
à-dire  à  l'âge  de  dix-sept  ans  environ. 


LES    SCULPTURES   DE   SAVERNE  27 

Georges  écrivant  quelque  vingt  ans  après  la 
mort  de  son  modèle,  l'éloge  de  Lerambert, 
le  suppose  filleul  de  Louis  XIII,  tenu  sur  les 
fonts  par  Cinq-Mars.  Cette  fois,  ce  n'est  plus 
de  l'histoire  mais  de  la  légende  K  Quand 
Fermelhuis  parlera  de  lui,  nous  Tentendrons 
dire  :  «  le  fameux  M.  Lerambert.  » 

Nous  ignorons  si  Goyzevox  reçut  de  prime- 
abord  les  enseignements  de  ce  statuaire.  Nous 
savons  seulement  qu'il  eut  plusieurs  maîtres 
parmi  «  les  plus  célèbres  »  de  l'époque  '. 

Or,  l'école  de  sculpture  était  alors  floris- 
sante. Il  est  vrai,  Simon  Guillain  allait  s'étein- 
dre et  Coyzevox  eut  à  peine  le  temps  de  l'en- 
trevoir ;  son  ami  Jacques  Sarazin  n'avait  plus 

*  On  peut  consulter  à  ce  sujet  les  Mémoires  inédits 
sur  la  vie  et  les  ouvrages  des  membres  de  V Académie 
royale  de  peinture  et  de  sculpture,  publiés  par  MM.  L. 
Dnssieux,  E.  Soulié,  Ph.  de  Ghennevières,  Paul  Mantz, 
A.  de  Montaiglon  (Paris,  J.-B.  Dumoulin,  ISoi-,  2  vol. 
in-8)  tome  I,  p.  330,  et  Jal.,  Dictionnaire  critique,  p.  776. 
II  y  a  erreur  sur  le  fait,  de  môme  que  sur  la  date  de 
naissance  de  Lerambert,  telle  que  la  donne  Guillet  de 
Saint-Georges. 

-  C'est  Fermelhuis  qui  nous  l'apprend  par  ces  mots 
«  il  (Goyzevox)  fut  en  état  de  venir  travailler  à  Paris 
sous  la  conduite  du  fameux  M.  Lerambert  et  d'autres 
maîtres  qui  étaient  alors  les  plus  célèbres  dans  cet  arl.  » 
Éloge,  p.  4. 


28  ANTOINE    GOYZEYOX 

que  deux  ans  à  vivre,  mais  François  Anguier, 
Buyster,  Girardon,  Yan  Opstal,  Guérin,  Gas- 
pard de  Marsy,  Jaillot,  Buirette,  Magnier,  Le 
Hongre,  Regnaudin  formaient  une  pléiade 
d'artistes  sérieux,  convaincus,  dans  la  force 
du  talent.  C'est  assurément  auprès  d'eux  que 
le  sculpteur  lyonnais  chercha  des  maîtres, 
puis  s'attachant  à  Lerambert,  il  suivit  plus  spé- 
cialement ses  leçons. 

Aucune  trace  ne  subsiste  des  travaux  que 
dut  exécuter  Coyzevox  pendant  les  dix  années 
qu'il  passa  près  de  Lerambert.  Toutefois, 
deux  faits  semblent  prouvés  :  le  disciple  se  fit 
aimer  du  maître  et  il  acquit  de  la  réputation. 

Le  gage  de  l'entente  cordiale  et  de  l'atta- 
chement qui  rapprochèrent  ces  deux  hommes 
est  dans  le  mariage  que  contracta  Coyzevox  à 
quelque  temps  de  là. 

Lerambert  appartenait  à  une  nombreuse  fa- 
mille: son  père  avait  eu  dix  enfants.  L'aînée 
de  tous,  Charlotte  ',  était  devenue  la  femme 
du  peintre  Quillerier,  lorsqu'elle  n'avait  en- 
core que  seize  ans  '.  Noël   Quillerier  «  pein- 

'  Elle  était  née  le  18  avril  1615  sur  la  paroisse  de 
Saint-Germain-l'Auxerois,  à  Paris. 

*  Le  mariage  de  Noël  Quillerier  eut  lieu  le  27  jan- 
vier 1631. 


LES    SCULPTURES    DE    SAVERNE  20 

tre  et  valet  de  chambre  ordinaire  du  lloy  »  ' 
fut,  on  le  sait,  le  maître  de  Noël  Coypel.  C'est 
une  des  filles  de  Quillerier  que  demanda  Goy- 
zevox.  Leur  union  fut  célébrée  le  18  janvier 
1666.  Le  sculpteur  avait  alors  vingt-six  ans. 
La  nièce  de  Lerambert,  Marguerite  Quillerier, 
comptait  près  de  vingt-sept  ans  2. 

Comme  on  le  pense  bien,  les  proches  de  Coy- 
zevox  ne  purent  assister  à  son  mariage.  Lyon 
est  éloigné  de  Paris.  Le  voyage  eût  coûté 
cher.  Pierre  Goyzevox  et  François  Coustou 
n'étaient  pas  riches.  Personne  ne  vint.  Les 
signataires  au  registre  de  Saint-Germain-FAu- 
xerrois  sont  des  Lerambert  et  des  Quille- 
rier ^ 

Quelque  estime  que  méritât  l'artiste  lyon- 
nais, nous  pensons  qu'il  ne  fût  pas  entré  dans 
la  famille  de  son  maître  si  le  talent  n'avait  été 
chez  lui  égal  au  caractère.  Peut-être  s'était-il 
déjà  révélé  par  une  œuvre  de  mérite.  Le  tra- 

'  C'est  le  titre  qu'il  prend  sur  l'acte  de  baptême  de 
sa  fille  Marguerite  Quillerier. 

-  Elle  était  née  le  13  février  1H40.  Voyez  Jal,  Dic- 
tionnaire  critique,  p.  1027. 

■'  Voyez,  Acte  de  mariage  d'Antoine  Coyze- 
vox  avec  Marguerite  Quillerier,  Pièces  justificatives 
Doc.  111. 


30  ANTOINE   COYZEVOX 

vaii  du  marbre,  dans  lequel  il  excella  toujours, 
lui  valait  sans  doute  dès  cette  époque  de  sé- 
rieux succès.  Sur  ce  point,  l'histoire  n'a  rien 
dit,  et  en  face  des  bustes  nombreux  que  le 
statuaire  n'a  pas  datés,  nous  ne  savons  s'il  se- 
rait juste  d'en  rattacher  quelques-uns  à  Tan- 
née 1666.  Il  y  a  lieu  de  le  croire,  car  malgré 
sa  jeunesse,  l'artiste  reçut  cette  année  même 
le  titre  de  sculpteur  du  Roi.  Une  part  lui  était 
échue  dans  les  travaux  du  Louvre.  Or,  Le 
Brun  n'était  pas  à  court  de  sculpteurs.  L'Aca- 
démie royale  en  comptait  d'illustres.  Avant 
-d'appeler  un  jeune  homme  à  lutter  dadresse 
avec  eux,  il  fallait  que  ce  nouveau  venu  se  fût 
signalé. 

La  vie  s'ouvrait  radieuse  devant  notre  ar- 
tiste. La  gloire  l'avait  marqué  du  doigt.  Il  se 
sentait  honoré.  L'or  nécessaire  à  ce  fils  d'ou- 
vrier lui  était  versé  dans  la  mesure  de  son 
amour  du  beau.  De  plus,  il  avait  un  foyer. 

Hélas  I  ses  joies  furent  brèves.  Dieu  qui  lui 
réservait  de  longs  jours  le  grandit  par  l'é- 
preuve. Il  connut  la  douleur  à  l'âge  de  sa  vi- 
rilité. Assez  fort  pour  en  porter  le  poids  sans 
fléchir,  c'est  à  l'art  qu'il  demandera  le  calme 
de  la  pensée. 


LES    SCULPTURES   DE   SAVERNE  31 

Il  y  avait  moins  d'une  année  que  Margue- 
rite Quillerier  avait  épousé  Goyzevox  quand 
elle  mourut.  Etrange  coïncidence  !  Nous  qui, 
après  deux  siècles,  essayons  de  retracer  une 
vie  d'artiste,  nous  n'avons  d'autres  preuve  de 
rélévalion  du  statuaire  pendant  l'année  1666 
que  l'acte  de  décès  de  sa  femme.  Cette  pièce 
est  le  seul  document  où  se  trouve  consigné  le 
titre  de  sculpteur  du  Roi  à  la  suite  du  nom  de 
Goyzevox  '.  Ainsi  la  douleur  qui  est  le  fond 
de  toute  existence  humaine  laisse  de  son  pas- 
sage des  signes  plus  durables  que  le  succès, 
et  souvent  c'est  à  sa  lumière  que  Thistorien  se 
guide  dans  le  passé. 

Le  premier  soin  du  statuaire,  au  lendemain 
de  son  deuil,  fut  de  tenir  parole  à  Le  Brun.  On 
était  alors  au  début  de  Tannée  1667.  Goyzevox 

1  Voyez  Acte  de  décès  de  Marguerite  Quillerier, 
première  femme  d'Antoine  Goyzevox.  Pièces  justificati- 
ves. Doc.  IV.  —  Sur  cet  acte,  nous  trouvons,  au  sujet 
delà  défunte,  la  mention  «  prise  aux  Tuileries.  »  Nous 
nous  expliquons  difficilement  ces  paroles.  Goyzevox  ne 
pouvait  pas  occuper  dès  cette  époque  un  logement  dan> 
les  Bâtiments  du  Roi.  Mais  peut-être  demeurait-il  chez 
son  beau-père,  Noël  Quillerier,  logé  au  Louvre  depuis 
le  4  juillet  1631  ?  Ce  doit  être  en  tous  cas  au  Louvre 
que  sa  femme  est  décédée. 


32  ANTOINE   COYZEVOX 

s'acquitta  d'un  «  morceau  de  frise  »  qu'il  avait 
à  sculpter  au  palais  du  Louvre.  Il  fit  encore, 
lisons-nous  dans  les  Comiotes  des  Bâtiments^ 
divers  autres  ouvrages  de  sculpture  qui  lui 
furent  payés  cent-trente-cinq  livres  \  puis, 
sa  tâche  remplie,  l'artiste  ne  sollicita  pas  de 
nouvelles  commandes.  Il  s'exila  de  France  à 
l'appel  du  cardinal  François  Egon  de  Fursten- 
berg,  évêque  de  Strasbourg. 

Ce  prélat  faisait  élever  à  Saverne,  au  pied 
des  Vosges,  un  palais  somptueux.  Un  parc^ 
orné  de  grottes,  de  ruines,  de  pièces  d'eau, en- 
tourait cette  résidence  et  couvrait  tout  l'es- 
pace qui  la  séparait  de  la  forêt  de  la  Faisande- 
rie, distante  de  deux  kilomèU^es  2.  A  Tinté- 
rieur  du  château,  le  luxe  le  plus  magnifique. 

^  On  lit  dans  le  volume  des  Comptes  des  Bâti- 
ments sous  Colbert,  comprenant  la  période  I60i-lb80 
(le  seul  publié)  à  la  page  244  :  «  28  avril  :  à  Coyse- 
«  vaux,  pour  un  morceau  de  frise  qu'il  a  fait  au  Lou- 
«  vre,  et  autres  ouvrages  de  sculpture  pendant  l'année 
«  1667...  135. 1.»  Clarac  qui,  dans  le  Musée  de  sculpture 
antique  et  WMderne  (t.  I,  p.  074  et  683),  a  publié  des 
listes  très-étendues  des  artistes  qui  ont  travaillé  au 
Louvre  et  aux  Tuileries  ne  cite  pas  Co^^zevox.  C'est 
donc  un  oubli. 

-  Saverne  et  ses  environs  par  Ch.  G.  Klein.  Stras- 
bourg, G.  Silbermann,  1849,  in-8,  page  13. 


LES  SCULPTURES  DE  SAYERNE       33 

De  vastes  salles,  de  riches  galeries,  un  escalier 
d'honneur,  des  voûtes,  des  plafonds  atten- 
daient qu'un  décorateur  plein  de  hardiesse 
les  revêtît  de  ces  ornements  sans  lesquels 
l'architecture  est  froide  et  privée  d'éclat. 

Coyzevox  fut  l'un  de  ces  décorateurs.  Fer- 
melhuis  dit  expressément  que  l'artiste  n'avait 
que  vingt-sept  ans  quand  le  cardinal  de  Furs- 
tenberg,  «  par  une  distinction  honorable  », 
l'appela  au  château  de  Saverne.  «  Ce  fut  là, 
dit  le  même  historien,  que  produisant  ses  ou- 
vrages en  son  propre  nom,  on  commença  d'en 
compter  un  nombre  prodigieux,  quoique  peut- 
être  ils  n'égalassent  point  encore  ceux  qu'il 
avait  faits  à  Paris,  qui  passaient  pour  l'œuvre 
de  ses  maîtres,  qui  n'auraient  pas  voulu  les 
désavouer  \  »  Paroles  mystérieuses  dont  les 
réticences  laissent  entrevoir  bien  des  luttes. 
Peut-être  le  sculpteur  lyonnais  s'en  était-il 
allé  emportant  au  cœur  plus  d'une  blessure  I 

Affranchi  de  toute  servitude,  il  se  mit  à 
l'œuvre.  Il  se  sentait  fier  de  créer  librement 
des  compositions  savantes  ou  gracieuses,  au 
gré  de  son  imagination  fertile.    Bientôt    ses 

^  Éloge,  p.  5. 


34  ANTOINE   COYZEVOX 

ateliers  furent  peuplés  de  modèles  et  d'études. 
Une  voix  intérieure  lui  répétait  cette  devise  du 
gentilhomme  «  Fac  hene,  nominaris,  Fais 
bien,  tu  es  en  renom.  »  Et  le  cardinal  de 
Furstenberg,  loin  d'entraver  son  sculpteur, 
applaudissait  à  son  génie. 

C'est  dans  ces  conditions  que  Coyzevox 
exécuta  pour  la  grande  salle  du  palais  une 
corniche  circulaire  richement  ornée.  Au-des- 
sus, dans  le  plafond  de  cette  même  salle,  l'ar- 
tiste modela  en  stuc  une  figure  de  grandes 
proportions  représentant  Apollori  Musagète. 
Le  fils  de  Latone  avait  près  de  lui  Clio^  la  muse 
de  l'histoire,  Euterpe  qui  joue  de  la  double 
flûte,  Thalie  qui  inspire  Aristophane,  Melpo- 
mèïie  au  front  couronné  de  pampres,  Terpsi- 
chore  qui  tient  la  lyre,  Erato  la  muse  d'Ana- 
créon,  Polymnie  sérieuse  et  pensive,  Calliope, 
mère  de  l'épopée,  Uranie  qui  commande  aux 
astres. 

Autour  de  la  salle  d'honneur,  Coyzevox  dis- 
posa des  Termes  et  des  statues. 

L'escalier  principal  reçut  de  l'artiste  di- 
vers ornements  et  quatre  Trophées  gigantes- 
ques. 

Dans  le  parc,  huit  statues  colossales  et  vingt- 


LES    SCULPTURES   DE   SAVERNE  35 

quatre  Termes  en  pierre  de  grès  furent  sculp- 
tés par  Coyzevox  *. 

De  cet  ensemble  considérable,  signé  par  un 
seul  maître,  rien  n'est  parvenu  jusqu'à  nous. 
Le  palais  de  Saverne,  achevé  par  le  cardinal 
de  R.ohan  pendant  la  première  moitié  du  dix- 
huitième  siècle  devint  la  proie  des  flammes  en 
1780  2.  Les  sculptures  intérieures  furent  dé- 
truites. Treize  ans  plus  lard,  au  moment  où  le 
palais  se  relevait  de  ses  ruines  avec  l'or  du 
cardinal  de  Rohan-Guémené,  la  Révolution  fit 
disparaître  les  œuvres  d'art  accumulées  depuis 
plus  de  cent  ans  dans  ce  domaine  princier^ 

Coyzevox  avait  employé  quatre  années  à  la 
décoration  du  palais  de  Saverne.  Il  revint  à 
Paris  en   1671  ^   Une  grande  réputation  l'y 

1  Fermelhuis,  Éloge,  p.  5-6.  —Notice  sur  A.  Coy- 
zevox par  J.  Jurie  [Archives  historiques  du  départe- 
ment du  Rhône,  Lyon,  1825,  in-8°,  p.  221.)  —  Notice 
sur  Antoine  Coyzevox  par  J.  S.  P.  (Passeron)  {Revue  du 
Lyonnais,  août  1835,  p.  196-197.)  —  Mémoires  inéditSy 
etc.,  notice  anonyme,  t.  II,  p.  33. 

-  Klein,  Saverne,  p.  12. 

3  Cette  date  du  retour  de  Coyzevox  à  Paris  a  été 
contestée  par  Passeron  en  1835.  11  nous  a  été  facile  de 
relever  l'erreur  dans  laquelle  est  tombé  ce  biographe. 
Nous  avons  dû  signaler  en  même  temps  la  faute  inex- 
plicable commise  par  Gougenot  dans  un  mémoire  sur 


.-36  ANTOINE    COYZEVOX 

avait  précédé.  Le  talent  dont  il  venait  de  faire 
preuve  à  l'étranger  lui  était  compté  par  ses 
compatriotes.  Il  entrait  de  plain-pied  dans 
l'élite  des  sculpteurs.  Désormais  la  considéra- 
tion, l'aisance  lui  étaient  promises.  Il  marchait 
d^un  pas  assuré  vers  la  gloire  ^ 

Son  maître^  Lerambert,  était  mort,  mais  Le 
Brun  lui  restait;  Le  Brun,  Tami  de  Colbert  et 
de  Louis  XIV.  Goyzevox  ne  tarda  pas  à  mode- 
ler le  buste  de  Le  Brun.  Cette  attention  déli- 
cate rendit  plus  étroite  l'intimité  des  deux 
maîtres.  D'autre  part,  la  franchise  de  Goyze- 
vox, la  distinction  de  ses  manières,  un  carac- 
tère éo^al  et  de  srrande  douceur  lui  conciliaient 
naturellement  l'estime  ou  l'affection  de  ses 
pairs.  Miel  assure  que  le  roi  lui-même  honora 
le  sculpteur  de   sa  bienveillance  -.  L'Acadé- 

Le  Lorrain,  lu  devant  l'Académie  de  peinture  en  i761, 
Le  voyage  de  Goyzevox  à  Saverne,  daprès  cet  histo- 
rien n'aurait  eu  lieu  qu'en  1718  ou  1720,  c'est-à-dire  à 
l'époque  où  succombait  l'artiste,  âgé  de  quatre-vingts 
ans.  On  trouvera  aux  Pièces  justiCcatives,  Doe.  V,  la 
réfutation  de  ces  assertions  erronées. 

^  «  De  retour  en  France  en  iQli,  écrit  Fermelhuis, 
il  s'ouvrit  une  brillante  carrière  à  la  faveur  de  la  répu- 
tation qu'il  avait  acquise  chez  les  étrangers.  »  Éloge, 
p.  6. 

-  Encyclopédie  des  gens  du  motide,  t.  Vll,  p.  196-197. 


LES    SGUI.PTURES  DE   SAVERNE  37 

mie  ne  pouvait  exiger  davantage  de  Coyzevox, 
Il  y  entra  le  11  avril  1676. 

Mais  que  s'est-il  passé  ?  Avant  d'être  élu,  le 
nouvel  académicien  a  informé  ses  confrères 
qu'il  abandonnait  Paris.  Le  procès-verbal  de 
la  séance  où  il  est  admis  nous  révèle  ce  singu- 
lier dessein.  C'est  à  Lyon  que  le  statuaire  veut 
se  fixer. 

Quelle  hésitation  le  trouble  ?  A-t-il  peur  des 
hasards?  D'où  lui  viennent  ses  timidités?  Com- 
ment expliquer  ce  refus  de  la  renommée  à 
l'heure  où  il  peut  s'en  saisir  ?  Cependant  le 
registre  de  l'Académie  ne  permet  aucun  doute. 
Une  école  de  dessin  doit  s'ouvrir  à  Lyon  par 
les  soins  du  peintre  Blanchet.  Cet  artiste  a 
placé  sa  fondation  nouvelle  sous  le  patronage 
de  l'Académie  royale  de  Paris.  Sensibles  à  la 
déférence  que  leur  marque  Blanchet,  les  Aca- 
démiciens se  montrent  favorables  à  son  entre- 
prise, et  c'est  Coysevox  qui  sera  leur  manda- 
taire près  de  l'école  de  Lyon,  a  Le  sieur 
Coysevaux,  dit  le  texte  officiel,  qu'y  a  este 
resçeu  en  calité  d'académicien,  ayant  desclaré 
qu'il  estoit  resolust  de  s'estabhr  et  faire  sa 
résidance  en  la  ville  de  Lion,  l'Académie  l'a 
reçeu  et  nome  adjomt-professeur,  pour,   en 


38  ANTOINE   COYZEVOX 

cette  qualité,  porter  en  laditte  ville  copie  des 
lestres-patentes,  statuts  et  règlement  de  ladite 
Académie  et  faire  les  fonctions  qu'il  appar- 
tiendra, promettant  de  luy  aider  de  ses  ad  vis 
et  conseilles  en  toute  choses  \  » 

Neuf  mois  s'écoulent  et  l'artiste  n'a  pas 
changé  d'avis.  Le  procès-verbal  du  2  janvier 
en  fait  foi.  «  Ce  mesme  jour,  y  est-il  dit,  a  esté 
faict  lecture  de  la  commission  pour  l'esta- 
blissement  de  l'escolle  académique  en  la  ville 
de  Lion,  commestant  à  cest  esfect  monsieur 
Blanche t  et  Coyzevaux  pour  faire  tout  ce  qui 
sera  nesessaire  aud.  établissement.  L'Acadé- 
mie a  admis  mond.  s'  Goysevaux  en  la  qualité 
de  proffesseuret  a  signé  lad.  commission*.» 

Le  13  février  suivant,  Goyzevox  est  désigné 
«  desputéz  pour  Testablissement  de  l'Escolle 
académique  de  Lion  »  et  il  présente  une  lettre 


1  Voyez  Procès-verbal  de  l'Académie  de  peinture 
et  de  sculpture,  séance  du  \l  avril  1676,  réception 
d Antoine  Coyzevox.  Pièces  justificatives.  Doc.  VI. 

'  Procès-verbaux  de  r Académie  royale  de  peinture 
et  de  sculpture  (l6i-8-i793)  publiés  pour  la  Société  de 
l'Histoire  de  l'Art  français  par  M.  Anatole  de  Montaiglon 
(Paris,  Daur,  ia-S°,  en  cours  de  publication),  t.  II, 
p.  98. 


LES    SCULPTURES   DE   SAYERNE  30 

des  Lyonnais  que  le  secrétaire  appelle  «  Mes- 
sieurs ses  collègues  k  « 

Ainsi  l'intention  du  sculpteur  n'a  pas  varié. 
C'est  Lyon  qui  l'attire  et  il  va  s'y  rendre  au 
premier  jour.  Sa  carrière  qui  se  dessinait  à 
Paris  avec  tant  d'éclat  ne  le  retiendra  pas. 
Peut-être  est-il  séduit  par  l'exemple  de  Puget, 
demeuré  fidèle  à  la  Provence.  L'espoir  d'être 
chef  d'école  et  de  compter  des  disciples  au 
lieu  même  de  ses  débuts,  le  désir  de  se  rappro- 
cher de  son  père,  entrèrent-ils  pour  une  part 
décisive  dans  le  plan  du  statuaire?  Personne 
aujourd'hui  ne  le  sait.  Ce  qu'il  est  permis  de 
supposer,  c'est  qu'au  dernier  moment  Le  Brun, 
devenu  l'ami  de  Goyzevox,  lui  marqua  sa  place 
à  Paris.  D'autre  part,  le  voisinage  de  Girar- 
don,  Coypel,  Tortebat,  De  La  Fosse,  ses  col- 
lègues à  l'Académie,  dut  être  pour  l'homme 
qui  nous  est  connu  la  source  d'une  émulation 
sérieuse.  Mais  des  motifs  d'un  autre  ordre  in- 
fluèrent aussi  sur  la  détermination  de  Tartiste. 

Il  y  avait  déjà  onze  années  que  Coyzevox 
était  veuf.  Il  se  lassa  d'être  seul  et  vers  les 
derniers  mois  de  1677,11  demanda  la  main  d'une 
jeune  fille  nommée  Claude  Bourdict.  On  a  lieu 

*  Procès-verbaux,  t.  II,  p.  iOO. 


40  ANTOINE   GOYZEVOX 

de  penser  qu'elle  était  lyonnaise  k  Leur  ma- 
riage eut-il  lieu  à  Paris  ou  à  Lyon  ?  Ne  serait- 
ce  pas  le  refus  prolongé  de  Claude  Bourdict 
de  se  séparer  des  siens,  qui  pendant  si  long- 
temps aui^ait  tenu  le  statuaire  dans  l'hésitation 
sur  sa  résidence  définitive  ?  Aucune  pièce 
authentique,  relative  àl'union  de  Coyzevoxet  de 
Claude  Bourdict  n'est  connue  ■.  Quoiqu'il  en 
soit,  enlevé  par  son  mariage  à  des  perplexités 
qui  n'avaient  rien  de  raisonnable,  le  sculpteur 
ne  songea  plus  à  se  fixer  à  Lyon.  Le  Brun  lui 
fit  obtenir  un  logement  aux  Gobelins  ^  En 
même  temps,  Coyzevox  était  de  la  part  de  Col- 
bert  l'objet  d'une  attention  distinguée.  Les  tra- 
vaux considérables  qui  lui  furent  confiés  à 
Versailles  en  cette  même  année  1677,  attes- 
tent mieux  que  des  discours  l'estime  du  pre- 
mier ministre  pour  le  sculpteur. 

1  Voyez  Le  mariage  d'Antoine  Coyzevox  avec 
Claude  Bourdict.  Pièces  Justificatives,  Doc.  VII. 

'  Voyez  Pierre  Bourdict  ou  Bourdy.  Pièces  justi- 
ficatives, Doc.  VIII. 

3  On  conserve  à  la  Bibliothèque  nationale,  dépar- 
tement des  Estampes,  un  Plan  de  ihostel  royal  des 
Gobelins,  par  Sébastien  Le  Clerc  fils,  daté  de  1691. 
Mention  de  l'atelier  de  Coyzevox  est  faite  sur  ce  plan. 
L'artiste  travaillait  alors  dans  des  pièces  construites  en 
bordure  sur  la  rue  MoulYetard. 


II 

COYZEVOX   DEVANT    LA  NATURE 

1677-1686 

SOMMAIRE 

D'ArgenvilIe  et  la  Vierge  de  la  rue  du  Bàt-d'Argent.  —  Miel,  Auguis, 
Duseigneur  et  Passeron.  —  Une  découverte  de  M.  Cbarvet.  — 
L'abbé  d'Espilly.  —  La  statuette  de  madame  Dommartin.  —  Une 
date  restituée.  —  Description  de  la  Vierge  de  Coyzevos.  —  Sym- 
bolisme de  ce  marbre.  —  Goyzevos  appelle  auprès  de  lui  son  ne- 
veu Nicolas  Goustou.  —  Elisabeth  Gjustou,  sœur  de  Nicolas,  vient 
habiter  aux.  Gobelins.  —  Goyzevos  et  ses  cinq  enfants.  —  Les  tra- 
vaux du  maître  à  Versailles  et  à  Marly.  —  Le  Roi  lui  fait  une  pen- 
sion. —  L'étude  de  la  nature.  —  Le  buste  de  Le  Brun,  morceau  de 
réception  de  Goyzevox.  —  Bustes  de  Richelieu,  Bossuet,  Mazarin, 
Mignard.  —  Nombreux,  portraits  sculptés  par  Goyzevox.  —  Le 
maître  exécute  son  propre  buste. 

Rien  n'est  plus  tenace  que  l'erreur.  Dézallier 
d'Argenville,  dans  ses  Vies  des  fameux  sculp- 
teurs, écrites  seulement  en  1787,  s'exprime  en 
ces  termes  sur  Goyzevox  :  «  Un  de  ses  pre- 
m-iers  ouvrages  dans  sa  pairie  fut  une  statue 
de  la  sainte  Vierge  tenant  l'Enfant  Jésus,  et 
placée  dans  la  rue  du  Bât-d'Argent,  qui  regarde 
la  place  du  Plâtre.  A  Tâge  de  dix-sept  ans  il 


42  ANTOINE   GOYZEVOX 

fut  en  état  de  venir  à  Paris  travailler  sous 
Lerambert  *  ».  D'Argenville,  en  retraçant  les 
faits  dans  cet  ordre,  laisse  supposer  que  la 
statue  de  la  Vierge,  sculptée  par  Goyzevox 
pour  sa  ville  natale,  serait  antérieure  au  départ 
de  l'artiste  pour  Paris.  Nous  ne  savons  où 
d'Argenville  s'est  renseigne.  Il  indique  comme 
source  principale  de  la  notice  qu'il  consacre 
au  statuaire,  r^'/o^^  prononcé  par  Fermelhuis. 
Or,  celui-ci  ne  mentionne  pas  la  Vierge  de 
Lyon. 

Mais,  fondé  ou  non  dans  son  dire,  d'Argen- 
ville a  fait  autorité.  Tous  les  bio^rraphes  con- 
temporains  se  sont  occupés  de  cette  œuvre  de 
Coyzevox,  et  la  plupart  ont  supposé  qu'elle 
remontait  à  la  première  jeunesse  de  l'artiste. 
Miel,  Auguis,  Duseigneur,  et  d'autres  encore 
qui  n'avaient  pas  vu  la  statue,  n'ont  pas  mis  en 
doute  sa  date  d'exécution.  Duseigneur  va  plus 
loin.  L'bypothèse  ne  l'effraie  pas.  Il  suppose 
€oyzevox  à  peine  âgé  de  seize  ans  quand  il 
fit  la  statue  de  la  Vierge,  et,  pour  rendre  accep- 
table tant  de  précocité,  «ce  devait  être  ajoute- 

*  Vie  des  fameux  Architectes  et  sculpteurs,  depuis 
la  Renaissance  des  arts,  par  M.  D...  (Dézallier  d'Argen- 
ville) (Paris,  1787,  2  vol.  iD-8°t.  II,  p.  -235). 


COYZEVOX  DEVANT  LA  NATURE  43 

t-il,  une  de  ces  Vierges  en  pierre  ou  en  plâtre 
que  la  piété  érigeait  autrefois  à  l'entrée  des 
rues,  espérant  sauvegarder  ainsi  les  maisons 
contre  le  vol,  l'incendie  et  la  peste  ^  ».  Jurie, 
qui  est  lyonnais,  ne  se  trompe  pas  sur  l'œuvre. 
Il  en  apprécie  le  mérite  et  la  décrit  en  homme 
de  goût.  Mais  ce  qui  nous  surprend,  c'est  qu'a- 
près avoir  constaté  la  valeur  de  l'ouvrage,  il 
ajoute  :  «  Coyzevox  n'avait  pas  dix-sept  ans 
quand  ce  morceau  sortit  de  ses  mains  -.  » 

L'étude  de  Jurie  date  de  1825.  Dix  ans  plus 
tard^  Passeron  conçoit  des  doutes  sur  la  date 
de  la  Vierge.  «  Il  n'est  pas  bien  certain,  écrit- 
il,  que  Coyzevox  soit  venu  à  Paris  à  l'âge  de 
dix-sept  ans  après  avoir  fait,  comme  le  disent 
toutes  les  biographies,  la  statue  de  la  Sainte 
Vierge  tenant  l'Enfant-Jésus,  qu'on  voit  aujour- 
d'hui dans  l'une  des  chapelles  de  l'église  de 
Saint-Nizier  \  » 

Cette  appréhension  de  l'écrivain  lyonnais  à 
admettre  une  tradition  trop  générale  lui  fait 
honneur.  Elle  devait  être  le  point  de  départ 

*    Coyzevox  et  ses  ouvrages,    par  J.   Duseigneur^ 
{Revue  Universelle  des  Aj-ts,  tome  I,  p.  32). 
2  Jurie,  Notice,  p.  220-221. 
2  Passeron,  Notice,  p.  120. 


44  ANTOINE   COYZEYOX 

d'une  rectification  réclamée  par  Févidence. 
Depuis  1835,  époque  du  travail  de  Passeron, 
biographes  et  critiques  se  sont  divisés  en  deux 
groupes.  Selon  qu'ils  avaient  à  cœur  d'appro* 
fondir  la  vie  et  l'œuvre  du  statuaire,  ou  de  par- 
ler brièvement  du  prodigieux  talent  de  Goyze- 
vox,  on  les  a  vus  se  ranger  à  l'opinion  de 
Passeron  ou  de  Jurie  sur  la  Vie7^ge  de  Saint- 
Nizier. 

M.  Charvet,  architecte  lyonnais,  non  moins 
connu  par  ses  écrits  que  par  ses  travaux  d'ar- 
chitecture, devait  non-seulement  confirmer  le 
jugement  de  Passeron  en  l'appuyant  de  son 
propre  sentiment,  mais  encore  donner  une 
base  sérieuse  à  une  croyance  qui  ne  peut  plus 
être  contestée.  En  eff'et,  cet  historien  estimant 
que  la  Vierge  est  une  œuvre  faite  par  l'artiste 
au  temps  de  sa  maturité,  a  interrogé  sur  ce 
point  les  hommes  du  dernier  siècle.  Et  voici 
ce  que  lui  a  révélé  l'abbé  d'ExpiUy,  géographe 
distingué,  dont  les  ouvrages,  on  le  sait,  sont 
d'une  exactitude  remarquable.  «  La  statue  de 
la  Sainte  Vierge,  dit  d'Expilly,  placée  à  l'angle 
des  rues  Sirène  et  Bât-d'Argent,  est  du  fameux 
Aritoine  Coisevox  de  Lion.  Il  vint  exprés  pour 
placer  dans  ce  quartier  qui  l'avait  vu  naître  ce 


COYZEVOX  DEVANT  LA  NATURE      4o 

monument  dont  il  faisait  beaucoup  de  cas,  et 
au-dessous  duquel  il  grava  ces  quatre  lettres  : 
A,  C,  L,  F.  Antonius  Coisevox  Lugdunaeas 
fecit  K  » 

Ainsi,  d'après  d'Expilly,  heureusement  con- 
sulté par  M.  Charvet,  Coyzevox  serait  venu 
exprès  à  Lyon  placer  une  œuvre  de  choix  dont 
il  faisait  hommage  à  sa  ville.  Observons  qu'à 
l'époque  où  écrivait  d'Expilly,  cette  statue  oc- 
cupait encore  la  niche  pratiquée  dans  le  mur 
extérieur  de  la  maison  située  à  l'angle  des 
rues  Bât-d'Argent  et  Sirène  ^  Ce  n'est  qu'en 
1771  que  Pernon,  devenu  propriétaire  de  cette 
maison,  vendit  pour  la  somme  de  1600  livres, 
le  marbre  de  Coyzevox,  au  chapitre  de  Saint- 
Nizier  3.  H  y  a  lieu  de  penser  qu'à  défaut 
d'actes  écrits  sur  l'origine  de  l'œuvre,  la  tra- 
dition verbale  n'était  nas  alors  altérée.  On 


^  Jean-Joseph  abbé  d'Expilly,  Dictionnaire  géogra- 
phique, historique  et  politique  des  Gaules  et  de  la 
France,  Avignon,  1762-1770,  6  vol.  in-fol.,  t.  IV,  p.  282, 
1"  col. 

-  La  rue  Sirène  porte  aujourd'hui  le  nom  de  rue 
de  IHùtel  de  Ville. 

■^  L.  Charvet,  Inventaire  de  Véglise  de  Saint-Nizier 
«  Lyon,  Mss.  xVrchives  de  la  commission  de  l'Inven- 
taire général  des  richesses  d'art  de  la  France. 


46  ANTOINE   COYZEYOX 

conservait  avec  soin,  à  l'Hospice  de  la  Charité, 
l'esquisse  de  la  statue.  C'est  une  terre  cuite 
finement  modelée  que  l'on  peut  voir,  encore 
aujourd'hui,  aux  archives  de  l'Hospice.  L'ou- 
vrage était  donc  bien  connu,  et  les  sources 
d'information  étaient  diverses  lorsque  travail- 
lait d'Expilly. 

Il  est  vrai,  le  géographe  ne  donne  pas  la 
date  du  voyage  de  Coyzevox.  C'est  une  lacune. 
Mais  ce  que  nous  avons  dit  de  la  vie  du  sta- 
tuaire, le  peu  de  liberté  qui  lui  fut  laissé  par 
Lerambert  et  ses  autres  maîtres,  depuis  son 
arrivée  à  Paris  jusqu'à  son  départ  pour  Sa- 
verne,  son  séjour  de  quatre  années  chez  le 
cardinal  de  Furstenberg  nous  permettent  de 
croire  que  la  Vierge  fut  vraisemblablement 
sculptée  après  1671.  De  plus,  c'est  en  1676 
que  l'artiste  nous  est  apparu  préoccupé  de 
retourner  à  Lyon  comme  professeur.  L'année 
suivante,  il  épouse  Claude  Bourdict,  qui  selon 
toute  apparence  est  lyonnaise.  Peut-être  même 
est-ce  à  Lyon  que  s'est  marié  l'artiste.  Y  a-t-ii 
donc  témérité  à  chercher  la  date  de  la  statue 
de  Saint-Nizier  vers  l'époque  où  Coyzevox  est 
redevenu  lyonnais  de  cœur  et  de  pensée? 

Il  existe,  au  surplus,  àLyon,cliez  W"  Dom- 


COYZETOX   DEVANT  LA  NATURE  4r7 

martin,  une  statuette  en  plâtre,  moulée  en 
1828,  sur  une  esquisse  de  Coyzevox,  ayant  les 
mêmes  dimensions  que  la  terre  cuite  déposée 
à  l'Hospice  de  la  Charité.  Or,  ce  singulier  mou- 
lage, découvert  par  M.  Charvet,  et  bien  fait 
pour  nous  intriguer,  porte  à  sa  base  l'inscrip- 
tion Coyzevox  fecit  1676.  Ces  mots  n'existent 
pas  sur  l'esquisse  en  terre  cuite  de  l'hospice 
de  Lyon,  il  s'agit  donc  ici  d'une  seconde  es- 
quisse conservée  jusqu'en  1828,  qui  doit  exister 
encore,  et  celle-ci  est  datée  —  l'épreuve  mou- 
lée en  témoigne. 

Debout, vêtue  d'une  robe  aux  plis  abondants 
et  légers  sur  laquelle  passe  une  ample  drape- 
rie, la  Vierge  dirige  son  regard  vers  sa  gau- 
che. D'une  main,  elle  soutient  l'Enfant,  nu, 
debout  sur  un  tronc  d'arbre  placé  à  sa  droite. 
La  draperie  qui, de  l'épaule  droite  de  la  Vierge 
tombe  avec  élégance,  enveloppe  le  corps  et 
vient  flotter  sur  la  hanche  gauche,  est  habile- 
ment ramenée  vers  l'arbre  qu'elle  recouvre, 
afin  que  la  rude  écorce  de  ce  fût  naturel  n'of- 
fense pas  les  pieds  nus  de  l'Enfant.  De  la  main 
droite,  la  Vierge  soutient  le  bras  de  Jésus  et 
lui  apprend  à  bénir.  La  tête  souriante  de  l'En- 
fant se  penche  dans  un  mouvement  opposé  à 


48  A:nTOINE  goyzetox 

celui  de  sa  mère  pendant  que  ses  bras  se  sont 
ouverts,  et  la  paume  de  la  main  demeurée  libre 
pose  sans  effort  sur  le  cœur  de  la  Vierge. 

Des  critiques  sévères  regretteront  peut-être 
que  cette  œuvre  manque  d'unité.  Si  le  rhythme 
de  ce  marbre  délicat  est  d'une  cadence  ex- 
quise, il  semble  que  les  deux  personnages 
cèdent  à  une  impulsion  différente  i.  La  Vierge 
s'incline  vers  la  gauche,  tandis  que  le  geste 
de  l'Enfant,  comme  son  attitude,  sont  dans  la 
direction  contraire.  Ce  défaut,  sensible  peut- 
être  à  l'église  Saint-Nizier,  ne  l'était  pas  lors- 
que l'œuvre  décorait  la  maison  d'angle  des 
rues  Sirène  et  Bât-d'Argent. 

Il  est  aisé  de  s'en  rendre  compte.  La  niche 
pratiquée  sur  Tordre  de  Coyzevox  existe  tou- 
jours. Elle  exphque,  par  la  place  qu'elle  oc- 
cupe, les  exigences  décoratives  auxquelles 
l'artiste  ne  pouvait  impunément  se  soustraire. 
Il  fallait  que  de  quelque  côté  qu'on  l'aperçût, 
la  statue  satisfit  le  regard. 

L'élégance  du  costume,  le  voile  négligem- 

'  NoQs  ne  relevons  pas  ce  qu'il  y  a  d'erroné  dans 
l'hypothèse  de  Duseigneur,  quand  il  suppose  que  la 
Vierge  de  Coyzevox  était  en  pierre  ou  en  plâtre  (voyez 
plus  haut,  p.  43).  L'ouvrage  est  en  marbre. 


COYZEVOX  DEVANT  LA  NATURE      49 

ment  jeté  sur  les  cheveux  de  la  Vierge,  et  dont 
les  plis  flottent  derrière  la  nuque,  la  recherche 
de  la  chaussure  seront-ils  imputés  à  Goyzevox 
comme  autant  de  détails  peu  compatibles  avec 
la  sévérité  de  l'art  rehgieux?  Il  serait  excessif 
de  formuler  de  tels  reproches.  La  Vierge  de 
Saint-Nizier  n'a  rien  de  déplacé  dans  une 
église.  C'est  une  œuvre  pleine  de  convenance. 
Sans  nul  doute,  le  statuaire  Teût  comprise  au- 
trement si  tout  d'abord  elle  eût  dû  prendre 
place  sur  Tautel  de  la  collégiale.  Les  voiles 
flottants  sont  l'indice  que  la  Vierge  a  été  sculp- 
tée pour  être  en  plein  air.  De  même,  pouvons- 
nous  croire  que  l'artiste  a  voulu  répandre  sur 
ses  personnages  une  grâce  d'autant  plus  sai- 
sissante qu'ils  devaient  être  vus  par  des  pas- 
sants occupés  ou  distraits.  Telle  n'est  pas  la 
disposition  d'esprit  des  fidèles  qui  prient  dans 
un  temple. 

Ces  réserves  étant  faites,  il  nous  reste  à 
constater  l'aisance  du  mouvement,  la  justesse 
des  proportions,  la  beauté  des  formes,  le  mo- 
delé vigoureux  et  fin,  la  souplesse  du  marbre 
fouillé  par  un  ciseau  savant  et  distingué.  Mais 
plus  encore  que  la  grâce  de  l'ensemble,  le 
mouvement,  la  vie  imprimés  à  la  matière  avec 

4 


50  ANTOINE   GOYZEYOX 

tant  de  naturel,  ce  qui  nous  frappe  dans  la 
statue  de  Goyzevox,  c'est  rélévation  de  l'idée. 
Les  deux  figures  sont  d'un  maître  et  si  le  tra- 
vail n'est  pas  exempt  d'un  accent  profane, 
c'est  un  esprit  religieux  qui  a  conçu  l'ouvrage 
et  l'a  composé. 

Le  poème  de  l'éducation  du  Christ  par  les 
soins  de  la  Vierge  pouvait-il  être  résumé  plus 
éloquemment  que  ne  l'a  fait  le  statuaire  ?  La 
Vierge, qui  est  mansuétude  et  amour,  condense 
tous   ses   enseignements  dans   une  suprême 
leçon  :  elle  apprend  à  son  Fils  à  pardonner  et 
à  bénir.  Et  lui,  déployant  ses  bras  qu'il  éten- 
dra un  jour  sur  la  croix,  pose  sa  main  d'enfant 
sur  le  cœur  de  Marie,  comme  s'il  voulait  in- 
diquer le  rôle  de  médiatrice  que  la  doctrine 
catholique  salue  dans  la  Vierge  de  Nazareth. 
Cette  attitude  n'est-elle  pas  le  commentaire 
élevé  de  la  parole  du  moine   de  Clairvaux  :    ! 
«  Oportebat  mecUatricem  habere  apud  média-    \ 
torem.  »  Une  médiatrice  auprès   du  Fils    de    j 
Dieu   médiateur  1  Tant  de  concision  dans  les    ï 
termes  n'est  jamais  la  conséquence  du  hasard.    , 
La  pensée  est  à  l'origine  de  l'œuvre  dont  nous   { 
parlons,  et  malgré  des  fautes  que  rend  plus   ( 
frappantes    une   destination  toute    flatteuse, 


COYZEYOX  DEVANT  LA  NATURE      51 

mais  dont  Tartiste  ne  pouvait  soupçonner  les 
exigences,  la  Vierge  de  Saint-Nizier  s'impose 
par  une  haute  pensée  dont  elle  est  le  verbe 
éclatant  et  juste  i. 

Ce  qui  attache  à  la  mémoire  de  Coyzevox, 
ce  n'est  pas  moins  l'homme  que  l'artiste.  On 
se  souvient  du  mariage  de  sa  sœur  Claudine 
avec  le  menuisier  François  Coustou.  Jal  nous 
apprend  que  François  Coustou  eut  de  sa 
femme  i^lusieurs  enfants,  dont  quatre  seule- 
ment lui  sont  connus  2.   Les    registres    de 

1  Un  écrivain  lyonnais  dont  l'autorité  comme  cri- 
tique d'art  est  sérieuse,  André  Clapasson,  s'exprime 
ainsi  dans  la  Description  de  la  ville  de  Lyon  qu'il 
publia  en  1741,  (Lyon,  in-8°),  sous  le  pseudonyme  Paul 
Rivière  de  Brinais  :  «  Une  excellente  ligure  de  la  Vierge 
tenant  TEnfant-Jésus,  à  un  des  coins  de  la  petite  place 
du  Plâtre  (Lyon):  c'est  un  ouvrage  de  Coysevox,  qui 
n'a  peut-être  rien  fait  de  si  gracieux  ».  (p.  114.) 

-  Voici,  d'après  le  relevé  consciencieux  fait  sur  les 
registres  de  la  paroisse  de  Saint-Nizier,  par  M.L.  Char- 
vet,  la  liste  des  enfants  de  Claudine  Coyzevox  : 
1°  Françoise  Coustou,  née  le  25  décembre  1656  (pcir- 
rain,  Pierre  Coiseveau,  aïeul  de  l'enfant)  ;  2°  Nicolas, 
né  le  9  janvier  1658  ;  3*^  Léonore,  née  le  3  février  1671  ; 
!k°  Guillaume,  né  le  25  avril  1677,  ondoyé  le  1"  mai, 
baptisé  le  29  septembre  (parrain,  Guillaume  Coizevaud, 
sculpteur,  oncle  de  l'enfant)  ;  5°  Jean-François,  né  le 
10  janvier  1680,  et  6°  Elisabeth  dont  l'acte  de  baptême 


52  ANTOINE   COYZEVÛX 

Saint-Nizier  nous  permettent  de  nommer  cinq 
enfants  du  menuisier  lyonnais.  Or,  sur  ce 
nombre,  Elisabeth  Goustou,  qui  devint  la 
femme  du  sculpteur  Hulot,  n'étant  pas  com- 
prise, nous  pouvons  penser  que  Claudine 
Goyzevox  n'eut  pas  moins  de  six  enfants,  et 
les  ressources  de  François  Goustou  devaient 
à  peine  suffire  aux  besoins  de  sa  famille. 

Antoine  Goyzevox  lui  vint  en  aide.  De  nom- 
breux artistes  habitaient  comme  lui  aux  Gobe- 
lins.  On  sait  que  Le  Brun  y  avait  sa  demeure 
au  milieu  des  maîtres  d'œuvre  qu'il  dirigeait. 
Un  document  curieux  nous  est  resté  sur  cette 
«  Académie  »  de  peintres,  de  sculpteurs,  de 
tapissiers,  de  graveurs,  d'ébénistes,  groupés 
auprès  de  Le  Brun  et  toujours  prêts  à  le  se- 
conder. On  connaît  l'estampe  de  Sébastien  Le 
Clerc,  l'un  des  hôtes  des  Gobehns,  représen- 
tant la  Plantation  d'un  mai  devant  le  logis  du 
premier  peintre  du  Roi  ^ 

ne  se  retrouve  pas,  mais  qui,  devant  épouser  Guil- 
laume Huiot,  le  28  janvier  1685,  est  née  selon  toute 
vraisemblance  avant  sa  sœur  Lconore. 

*  Cette  planche,  gr.  in-folio  en  largeur,  appelée  le 
Mai  des  Gobelins,  est  trop  connue  pour  qu'il  soit  be- 
soin de  la  décrire. 


COYZEVOX  DEVA^■T  LA  NATURE      53 

Le  séjour  des  Gobelins  était  donc  une  rare 
fortune  pour  un  débutant.  Coyzevox  la  réser- 
vait à  son  neveu  Nicolas  Coustou.  Cousin  de 
Contamine  dit  que  le  jeune  Coustou  entra  chez 
son  oncle  à  l'âge  de  dix-huit  ans.  Peut-être  ne 
faut-il  pas  prendre  à  la  lettre  ce  détail  de  la 
vie  de  Coustou.  Né  en  1Ô58,  il  serait  venu  aux 
Gobelins  en  1676.  A  cette  date^nous  l'avons  vu, 
les  perplexités  de  Coyzevox  étaient  grandes. 
Il  songeait  à  retourner  à  Lyon.  Nous  pensons 
que  le  statuaire  ne  dut  appeler  son  neveu  au- 
près de  lui  qu'après  avoir  épousé  Claude 
Bourdict,  et  fixé  d'une  manière  irrévocable  son 
séjour  à  Paris. 

Elisabeth  Coustou,  sœur  de  Nicolas,  suivit 
son  frère  aux  Gobelins. 

Ce  ne  fut  pas  à  titre  d'élève  que  le  sculpteur 
prit  chez  lui  cette  jeune  fille. 

Le  rôle  de  disciple  était  réservé  par  Coyzevox 
à  Nicolas  Coustou.  Mais  en  se  chargeant 
d'Elisabeth,  Coyzevox  ne  laissait  plus  à  sa 
sœur  que  quatre  enfants.  Ainsi,  le  foyer  de 
Claudine  se  trouva  dépeuplé  sans  douleur.  La 
part  de  chacun  des  êtres  qui  l'habitait  devint 
moins  précaire.  Quant  aux  absents,  on  les  sa- 
vait en  sûreté.  Ils  avaient  retrouvé  aux  Gobe- 


54  ANTOINE   COYZEVOX 

lins,  raffection,  les  coutumes,  les  mœurs  qui 
leur  faisaient  aimer  le  toit  paternel.  Et  parfois, 
durant  les  soirs  d'hiver,  le  père  Goustou  et  sa 
femme  s'entretenaient  à  Lyon  du  mariage  de 
leur  fille  Elisabeth,  à  laquelle  Coyzevox  ne 
manquerait  pas  de  trouver  un  parti. 

Or,  pendant  que  le  sculpteur  se  dévouait 
dans  une  aussi  large  mesure  pour  ses  proches, 
cinq  enfants  lui  étaient  nés.  Il  leur  donna  les 
noms  de  Claude-Suzanne  s  Charles-Jacques  ", 
Anne -Virginie  ^  Pierre  "^  et  Claude  ^  Il 
nous  semble  voir  Coyzevox  à  sa  table  de  fa- 
mille, fixant  tour  à  tour  le  front  sérieux  de 
Claude  Bourdict,  la  beauté  souriante  de  sa 
nièce,  le  regard  enthousiaste  de  Nicolas 
Coustou,  et  les  têtes  blondes  de  ses  enfants. 
Ce  devait  être  un  repos  pour  le  statuaire  au  re- 
tour de  ses  rudes  journées  à  Versailles. 

En  ce  temps-là,  c'est-à-dire  de  1677  à  1685, 
Coyzevox  passa  de  longs  mois  à  Versailles. 


^  Née  le  7  novemi3re  i678,  morte  à  Tùge  de  cinq 
mois  et  demi  le  21  avril  1079. 

2  Né  le  11  avril  1680. 

3  Née  le  i 5  juillet  1682. 

*  Né  le  8  novembre  1683. 
^  Né  le  10  juin  168o. 


COYZEVOX  DEVANT  LA  NATURE      55 

Il  y  avait  installé  des  ateliers,  et,  en  outre, 
chaque  fois  que  l'exigeait  Mansart,  le  sculpteur 
gravissait  l'échafaud  dressé  devant  les  façades, 
et  là,  d'une  main  vaillante,  il  taillait  la  pierre 
vive. 

C'est  pendant  cette  période  que  furent  exé- 
cutés les  trophées  de  métal  et  les  niches  du 
grand  escalier,  la  cheminée  du  salon  du  Roi, 
les  sculptures  de  la  grande  galerie,  aujourd'hui 
appelée  la  galerie  des  Glaces,  celles  des  salons 
qui  la  terminent,  les  ornements  de  la  porte  du 
cabinet  des  curiosités,  la  figure  d'Apollon  do- 
minant la  façade  sur  le  parterre  d'eau,  les 
masques  de  la  Colonnade,  la  décoration  des 
quatre  pavillons  de  l'avant-cour,  les  groupes 
placés  à  l'entrée  du  château,  les  vases  du 
pourtour  de  la  pièce  d'eau  du  Dragon,  d'autres 
vases,  des  masques,  des  coquilles,  deux  grou- 
pes pour  le  petit  parc  et  enfin  le  modèle  du 
Neptime  destiné  aux  jardins  de  Marly. 

De  ces  immenses  travaux,  Goyzevox  fut 
l'artisan  principal.  Dans  Texécution  d'un  petit 
nombre,  il  eut  pour  collaborateurs  Tuby,  Caf- 
fiéri.  Prou,  Arcis,  Legeret,  Le  Comte,  Marsy, 
Girardon.  Ajoutons  que  Coyzevox  ne  reçut  pas 
moins  de  cinquante  mille  livres  pour  ses  hono- 


56  ANTOINE   GOYZEYOX 

raires,  et  à  dater  de  1683,  une  gratification 
annuelle  de  deux  cents  livres  lui  fut  acquise 
sur  l'état  des  «  officiers  qui  ont  gages  pour 
servir  généralement  dans  toutes  les  maisons 
royales  et  bâtiments  de  Sa  Majesté.  »  ^ 

Le  bois, le  plomb,  le  stuc  et  le  bronze  avaient 
été  successivement  mis  en  œuvre  par  le 
sculpteur,  pendant  qu'il  travaillait  à  Versailles  ; 
mais  ces  ouvrages  décoratifs  ne  l'avaient  pas 
distrait  de  sa  vocation.  La  nature  et  le  marbre 
appelaient  incessamment  son  ciseau.  Lanature 
parce  qu'elle  est  le  livre  éternellement  ouvert 

1  Tous  les  renseignements  relatifs  aux  travaux  de 
Coyzevox  pour  le  Roi  sont  tirés  des  Comptes  des  Bâti- 
ments conservés  aux  Archives  nationales.  Coyzevox 
travailla  sans  interruption  pour  la  Couronne  pendant 
quarante-trois  ans,  de  1677  à  1720.  Les  Comptes  des 
Bâtiments  pour  le  XVli<=  siècle  sont  publiés  seulement 
jusqu'à  l'année  1680,  il  restait  donc  à  compulser  les 
registres  manuscrits  de  1680  à  1720.  Nous  avons  cru 
devoir  entreprendre  ce  travail,  malgré  ses  difficultés 
et  sa  longueur.  Les  chiffres  et  les  dates  que  nous  don- 
nons dans  cette  biographie  de  Coyzevox,  sont  autant 
de  documents  nouveaux  de  la  plus  scrupuleuse  exac- 
titude. On  trouvera  d'ailleurs  dans  le  chapitre  consacré 
à  V Œuvre  du  Maître,  placé  à  la  suite  de  cette  histoire, 
la  transcription  iidèle  de  tous  les  articles  concernant 
Coyzevox,  que  renferment  les  registres  des  Bâti- 
ments. 


COYZEVOX  DEVANT  LA  NATURE  57 

et  révélateur,  le  marbre  parce  qu'il  demeure 
la  matière  de  choix  du  statuaire. 

Le  11  avril  1676, Coyzevox, reçu  académicien, 
s'était  proposé  d'exécuter  en  marbre  le  buste 
de  Le  Brun  ^  L'Académie  ayant  agréé  son 
offre,  il  tint  parole  le  28  janvier  1679. 

Ce  jour-là,  en  présence  de  Le  Brun, le  sculp- 
teur apporta  le  buste  du  premier  peintre  2. 
La  Compagnie  lui  en  fit  des  éloges  ^  C'était 

1  u  En  ceste  assemblée  le  sieur  Antoine  Coysevaux 
sculpteur  a  présanté  diverse  ouvrages  de  sculpture 
en  figures  et  portraictz  do  relief;  la  Compagnie,  en 
estant  très  satisfaicte  et  cognoissant  le  mérite  dudit 
sieur  Coysevaux,  l'a  resçeu  en  qualité  d'Académicien, 
sans  s'arrester  aux  formalité  ordinair,  et  a  preste  le 
serment,  l'Académie  luy  remettant  le  présant  pécunièr 
et  a  agréé  l'ofre  qu'il  a  faict  d'exécuter  en  marbre  le 
portraict  en  buste  qu'il  a  modelé  d'après  M.  Le  Brun  » 
{Procès-verbaux  de  V Académie  royale  de  peinture  et 
de  sculpture,  t.  II,  p.  79). 

2  Nous  lisons  dans  le  tome  II  des  Archives  de  Vart 
français,  p.  363,  que  Coyzevox  aurait  également  pré- 
senté à  l'Académie,  en  sa  séance  du  28  janvier  1679,  le 
buste  de  Colbert.  Les  académiciens  l'auraient  ensuite 
offert  au  Ministre.  Il  n'est  nullement  question  du 
buste  de  Colbert  au  procès-verbal  de  la  séance. 

^  «  Ce  jour,  l'Académie  assemblée  à  l'ordinaire, 
M.  Coèsveaux  a  présenté  à  l'Académie  le  portraict  de 
M.  Le  Brun,  qu'il  a  faict  en  marbre,  par  ordre  de 
l'Académie,  pour  estre  le  présent  de  sa  réception.  Toute 


58  ANTOINE   COYZEYOX 

justice.  Le  buste  est  au  Louvre,  nous  pouvons 
le  juger  i. 

Calme,  la  tête  droite,  couverte  cVune  abon- 
dante chevelure,  le  regard  légèrement  impé- 
ratif, le  front  vaste,  puissant,  nuancé  de  mé- 
lancolie, tel  est  Le  Brun.  Un  bouton  d'orfè- 
vrerie sert  à  fixer  la  chemise  au  collet  ;  une 
plaque  ornée  de  rubis  est  agrafée  sur  le  man- 
teau. Ces  quelques  accessoires  suffisent  à 
marquer  le  rang  du  personnage.  Toutefois  ils 
ne  font  pas  dévier  l'attention  :  le  visage  intel- 
ligent et  sévère  de  Le  Brun  concentre  tout 
l'intérêt. 

Qui  donc  a  parlé  du  regard  fixe  et  perçant 
de  Richelieu?  Aucun  peut-être  ne  Ta  mieux 
rendu  que  Coyzevox.  Les  cheveux  courts,  la 
moustache  et  la  royale  en  pointe,  le  camail 

la  compagnie  a  tesmoigné  très  d'être-satisfaicte  d'im 
présent  de  cette  importance,  Testiment  beaucoup,  tant 
pour  l'exélance  de  l'ouvrage  que  pour  la  dignité  du 
sujet,  et,  en  ceste  considération,  a  confirmé  sa  ré^ 
<îeption  en  icelle  et  dans  la  ciiarge  de  Professeur  en 
laquelle  il  a  esté  resçeu  pour  en  faire  la  fonction  à 
Paris,  après  avoir  faict  celle  d'Adjoint  dans  le  mois  de 
novembre  présédant  »  [Proch-verbaux^  t.  H,  p  142). 

^  N°  239,  catal.  de  M.  H.  Barbet  de  Jouy,  Sculptures 
des  temps  modernes  (édition  de  i873). 


COYZEYOX  DEVANT  LA  NATURE      59 

aux  plis  avares,  le  port  de  la  tête  qui  est  celle 
d'un  homme  impérieux  disent  éloquemment  la 
décision  violente,  familière  au  ministre  de 
Louis  XIII.  Des  joues  amaigries  sans  réa- 
lisme rappellent  la  santé  fragile  de  l'homme 
d'État.  Des  traits  déliés  et  fins  indiquent  l'ori- 
gine aristocratique  du  cardinal  K 

Très-différent  est  Bossuet.  Le  controver- 
siste  et  le  lutteur  seront  nommés  par  le  témoin 
le  plus  inattentif  en  présence  de  ce  masque 
robuste,  et  cependant  élevé,  de  cette  tète  lé- 
gèrement renversée  et  pour  ainsi  dire  sur  la 
défensive.  Une  lumière  égale  baigne  le  visage 
résolu  de  l'orateur  dont  le  merveileux  génie 
est  fait  de  justesse,  d'élévation,  d'ampleur  2. 

Nous  voici  devant  Mazarin.  Il  n'a  pas  la  dis- 
tinction de  Richelieu.  Les  joues  sont  pleines 
et  donnent  à  l'ensemble  de  la  face  je  ne  sais 
quoi  d'enveloppé.  Le  sourcil  a  la  mobilité  de 
l'impatience.  Mais  la  souplesse  et  la  sagacité 
sont  gravées  de  main  d'artiste  sur  chaque 
point  du  marbre  ^ 

1  Musée  du  Louvre,  N"  235,  catal.  de  M.  H.  Bai'bet 
de  Jouy,  Sculptures  des  temps  modernes. 
*'  Id.  xV237. 
^  Musée  du  Louvre,  sans  numéro. 


60  ANTOINE   COYZEVOX 

Quel  portrait  de  peintre  que  le  buste  de 
Mignard  î  Les  jeux  de  la  lumière  abondent  et 
se  succèdent  sans  violence  sur  cette  effigie 
savante.  La  recherche  dans  le  vêtement,  la 
chevelure  flottante  donnent  à  Timage  du  pein- 
tre sa  date  précise.  C'est  un  portrait  du  dix- 
septième  siècle.  Mignard  est-il  autre  chose 
qu'un  artiste  habile  qui  s'est  imprégné  de  son 
époque?  Chez  lui  le  savoir-faire  tint  lieu  de 
génie.  Il  a  fixé  le  goût  des  hommes  de  son 
temps,  il  ne  l'a  pas  épuré  et  il  ne  s'y  est  pas 
soustrait.  Coyzevox  semble  avoir  pris  à  tâche 
de  rester,  en  sculptant  la  tête  de  Mignard,  dans 
le  cadre  où  s'est  complu  son  modèle. 

Cependant  aucune  concession  n'est  faite 
par  le  sculpteur.  Les  lois  de  l'art  plastique  de- 
meurent respectées.  Il  aborde  la  nature  avec 
indépendance,  et,  si  l'empreinte  morale  de 
ses  modèles  le  préoccupe,  c'est  avec  retenue 
qu'il  imprime  l'accent  de  chacun  sur  son  mar- 
bre docile  ^ 

Un  maître  moins  expert  ne  se  fût  pas  affran- 
chi d'une  imitation  littérale  et  abaissée,  à  cette 
étude  serrée  de  la  nature,  Coyzevox  ignore  ce 

*  Musée  du  Louvre,  N°  240,  catal.  de  M.  H.  Barbet 
de  Jouy,  Sculptures  des  temps  modernes. 


COYZEVOX  DEVANT  LA  NATURE       61 

que  c'est  qu'imiter.  Il  voit  et  il  transpose.  La 
nature  Fémeut  et  le  pousse  à  parler  sa  langue. 
Il  s'attache  à  la  vérité  typique  sans  cependant 
généraliser  un  portrait  au  détriment  du  carac- 
tère individuel.  Chaleureux,  élevé,  dans  sa 
façon  d'interpréter  la  nature,  il  tempère  en 
quelque  sorte  sa  main,  et  jamais  son  ciseau 
ne  connaît  l'emphase. 

Ce  jugement,  nous  pourrions  l'appliquer  à 
la  plupart  de  ses  bustes  et  de  ses  statues  ico- 
niques.  Un  grand  nombre  ont  péri  sous  le 
marteau  révolutionnaire.  Si  nous  les  possé- 
dions tous,  on  ferait  un  musée  de  ces  por- 
traits !  Coyzevox  a  été  l'un  des  historiens  du 
grand  siècle  dans  le  marbre  et  le  bronze. 
Louis  XIV,  le  grand  Dauphin,  père  du  duc  de 
Bourgogne,  Marie-Thérèse  d'Autriche,  la  du- 
chesse de  Bourgogne,  Turenne,  Villars,  Vau- 
ban,  le  maréchal  de  Brissac,  Arnaud  d'Andil- 
ly,  Boileau,  le  président  de  Harlay,  les  chan- 
cehers  Boucherat  et  Le  Tellier,  Charles-Mau- 
rice Le  Telher,  archevêque  de  Reims,  les  car- 
dinaux de  Bouillon,  de  Noailles  et  de  Pohgnac, 
Robert  de  Cotte,  Le  Nostre,  Mansart,  Girar- 
don,  Gérard  Edehnck,  Gérard  Audran,  ont 
été  sculptés  par  Coyzevox. 


62  ANTOINE  GOTZEVOX 

Beaucoup  de  ces  ouvrages  ne  sont  pas  si- 
gnés. C'est  fortuitement  qu'un  chercheur,  de 
temps  à  autre,  retrouve  une  page  ignorée  du 
statuaire  habile  et  fécond.  M.  Courajod  a  eu 
cette  bonne  fortune  au  sujet  d'un  buste  de 
Condé.  Sans  nul  doute,  il  reste  à  découvrir  en- 
core. Manifestement,  l'œuvre  du  sculpteur 
ne  nous  est  pas  connu  dans  son  ensemble. 

Du  moins  la  pièce  la  plus  précieuse  est-elle 
au  Louvre.  C'est  le  buste  du  statuaire  par  lui- 
même  \  Qu'il  nous  soit  permis  de  le  dé- 
crire. Aussi  bien,  ce  portrait  vivant  donne  une 
netteté  plus  grande  à  la  physionomie  du  maî- 
tre que  nous  avons  pour  but  de  faire  revivre. 

A  côté  de  l'image  écrite,  voici  le  relief,  la 
grandeur,  la  personnalité,  le  génie.  Et  quelle 
main  pouvait  être  plus  apte  que  la  main  de 
l'artiste  à  modeler  son  image  authentique  ?  Il 
se  montre  à  nous  en  action  :  la  tête  fait  un 
mouvement  vers  l'épaule.  La  chemise  est  ou- 
verte ;  une  draperie  hâtivement  jetée  couvre 
la  poitrine.  L'homme  de  travail  est  tout  entier 
dans  ce  vêtement  sommaire.  Le  cou  est  d'un 

*  N»  238,  catal.  de  M.  H.  Barbet  de  Jouy,  Sculptures 
des  temps  modernes. 


COYZEVOX  LEVANT  LA  NATURE      63 

plébéien  ;  les  joues  sont  fortes.  En  retour,  il 
y  a  de  la  race  dans  l'ensemble  du  visage;  le 
nez  droit  et  fin,  la  bouche  petite,  l'ovale  du 
menton  sans  barbe,  ayant  au  centre  une  fos- 
sette; la  chevelure  abondante  et  bouclée,  le 
sourcil  régulier  dans  sa  courbe,  répandent  une 
distinction  sévère  sur  la  face  intelligente  et 
reposée  de  Goyzevox.  Le  front  empreint  de 
noblesse  est  d'un  homme  de  pensée.  Aucune 
ride  qui  atteste  l'effort.  Le  maître  est  vrai- 
ment en  possession  de  soi.  C'est  un  marbre 
auto-biographique,  naturel,  simple,  vrai,  qu'il 
a  laissé  de  lui. 

Cette  image  intime  est  d'un  grand  charme. 
Nous  lui  appliquerons  le  jugement  dans  le- 
quel Fermelhuis  résume  l'éloge  de  Coyzevox 
en  lui  empruntant  ses  propres  paroles.  Le 
maître,  dit-il,  entendait  être  «  noble  dans  les 
objets  qui  demandaient  de  la  dignité  et  fier 
dans  les  occasions  où  il  fallait  exprimer  la 
force  \  »  Apparemment  ces  grandes  facul- 
tés étaient  siennes,  car  elles  sont  écrites  avec 
un  art  élevé  sur  le  marbre  vigoureux,  grave  et 
sobre  du  statuaire. 

*  Fermelhuis,  Eloge,  p.  7. 


III 

COYZEVOX  EN  FACE  DE  L'ANTIQUE 
1686-1692 

SOMMAIRE 

Nicolas  Goustoa  remporte  le  premier  pris,  à  l'Acarlc^mie.  —  Dernière 
visite  de  Golbert  aux  académiciens.  —  Départ  de  Nicolas  Goustou 
pour  Rome.  —  Manage  d'Elisabeth  Goustou  avec  le  sculpteur  Guil- 
laume Hulot.  —  Tous  les  signataires  de  l'acte  de  mariage  de  la 
nièce  de  Goyzevox  sont  des  sculpteurs.  —  Le  génie  est-il  compati- 
ble avec  l'amitié  ?  —  Mot  de  Lacordaire.  —  Goyzevox  est  recherché 
par  ses  pairs.  —  Léonore  Goustou,  la  plus  jeune  des  nièces  de  Goy- 
zevox, est  appelée  par  lui  aux  Gobelins.  —  Le  maître  à  son  foyer. 

—  Le  neuvième  enfant,  —  Sculptures  à  Versailles,  à  Trianou,  aux 
Invalides.  —  L'antique  est  pour  le  statuaire  la  pierre  de  touche 
du  génie.  —  L'antique  veut  être  interprété,  non  transcrit.  —  Cas- 
tor et  Pollux.  —  La  Vénus  de  Médicis.  —  La  Symphe  à  la  Coquille. 

—  La  Vénus  pudique  —  En  quoi  la  Vénus  pudique  de  Goyzevox  est 
.  une    œuvre   essentiellement   originale.  —  Bustes   d'empereurs,  de 

capitaines,  d'orateurs  et  de  philosophes,  sculptés  d'après  l'antique, 
par  le  maître.  —  Le  buste  do  Coadé.  —  Goyzevox  et  Puget.  —  En- 
trevue des  deux  artistes.  —  Monument  de  Louis  XIV  ix  l'Hôtfll  de 
Ville  de  Paris.  —  Son  histoire.  —  Le  bronze  de  Goyzevox  est  le 
seul  vestige  qui  subsiste  encore  de  l'IIôtel  de  Ville  de  16S9.  —  Goy- 
zevox professeur.  —  Ses  fonctions  à  l'Académie.  —  François  Gous- 
tou, son  beau-frère,  porte  le  titre  de  sculpteur  du  Roi.  —  Nicolas 
Goustou,  neveu  du  maître,  épouse  Suzanne  Houasse.  —  Le  por- 
trait du  sculpteur,  par  François  Jouvenet.  —  Goyzevox,  adjoint  à 
recteur. 

Revenons  aux  Gobelins. 
Il  y  avait  fête  au  logis  de  Coj^zevoxle  5  sep- 
tembre 1682.  Ce  jour-là,  Nicolas  Goustou,  son 


COYZEYOX  EN  FACE  DE  L  ANTIQUE     65 

neveu,  avait  remporté  le  premier  prix  K  Mais 
l'Académie  s'était  interdit  de  faire  connaître 
officiellement  son  vote  aux  étudiants  avant  que 
Colbert  l'eût  honorée  de  sa  présence.  «  M.  Le 
Brun,  est-il  dit  au  procès-verbal,  a  esté  prié  de 
scavoir  de  Monseigneur  Colbert  le  temps  de 
sa  commodité  pour  députer  vers  lui  pour  lui 
demander  cette  grâce  -.  » 

Colbert  vint  le  10  octobre  ;  ce  devait  être  la 
dernière  fois  qu'il  distribuait  en  personne  les 
prix  de  l'Académie.  Une  médaille  d'or  et  deux 
cents  livres  furent  décernées  à  Nicolas  Cous- 
tou  qui  avait  pour  émule,  parmi  les  peintres, 
Hyacinthe  Rigaud.  Puis,  le  ministre,  ayant 
«  exorté  la  Compagnie  de  continuer  ses  soins 
pour,  la  perfection  de  ses  ouvrages,  afin  de  se 
rendre  digne  de  célébrer  la  gloire  du  Roy  et 
la  splandeur  de  la  France,  il  s'en  retourna,  et 
la  Compagnie  Talla  conduire  jusqu'à  son  car- 
rosse ^.  » 

^  «  Pour  la  sculpture,  Nicolas  Costou,  qui  a  falot 
le  bas-relief  marqué  F  a  esté  jugé  mériter  le  premier 
prix.  i>  [Procès-verbaux  de  V Académie  de  peinture  et 
de  sculpture,  séance  du  5  septembre  1682,  t.  II, 
p.  229). 

-  Ibidem. 

^  Procès-verbaux  de  V Académie  de  peinture  et  de 
sculpture,  i'U,  p.  233. 


66  ANTOINE   GOYZEVOX 

Cousin  de  Contamine  est  dans  Terreur  lors- 
qu'il dit  que  Nicolas  Coustou  travailla  chez 
Coyzevox  jusqu'à  la  fin  de  1683  \  Nous  li- 
sons en  effet  sur  les  registres  de  l'Académie, 
à  la  date  du  3  avril  de  cette  même  année  : 
«  Le  sieur  Costou,  eslève  de  l'Académie,  qui 
y  a  remporté  le  premier  prix  cette  année,  r^'est 
présenté  à  la  Compagnie  pour  prendre  congé 
d'elle  avant  son  départ  pour  Rome  où  il  doit 
aller  bientôt  -.  »  C'est  donc  vers  cette  épo- 
que que  le  maître  vit  partir  son  neveu  ^ 

D'autre  part,  Elisabeth,  la  sœur  de  Coustou, 
venue,  on  se  le  rappelle,  chez  son  oncle,  aux 
Gobelins,  quitta  le  28  janvier  1685  la  demeure 
hospitalière  de  Coyzevox  *.  Un  jeune  scul- 
pteur,   Guillaume   Hulot    avait    demandé   sa 

î  «  Il  vint  à  Paris  à  Tàge  de  18  ans,  et  acheva  de 
développer  ses  rares  talens  sous  ce  grand  maître 
(Coyzevox)  chez  qui  il  travailla  jusqu'à  la  fin  de  1683.  » 
Eloge  historique  de  31.  Coustou  ramé,  par  Cousin  de 
Contamine,  Paris,  1737,  in-12,  p.  4. 

-  Procès-verbaux  de  l'Académie  de  peinture  et  de 
sculpture,  \.  il,  p.  233. 

3  A.  Duvivier  dit  formellemeat  que  Coustou  partit 
pour  Rome  en  avril  1(383  [Archives  de  l'art  frayiçais^ 
t.  V,  p.  278). 

*  Voyez  Acte  de  mariage  d'Elisabeth  Coustou  avec 
Guillaume  Hulot.  Pièces  justificatives,  Doc.  XII. 


COYZEVOX  EN  FACE  DE  l'ANTIQUE  67 

main.  Hulot  demeurait  sans  doute  aux  Gobe- 
lins,  où  son  père  devait  travailler  pour  la  Cou- 
ronne. Lui-même  sculpta  le  marbre  et  le  bois 
à  Versailles,  à  Marly,  aux  Invalides.  Un  bas- 
relief  représentant  YHumilitê^  dans  une  des 
chapelles  des  Invalides,  une  Compagne  de 
Diane,  statue  en  marbre,  des  vases,  des  pilas- 
tres et  des  chapiteaux  à  Trianon,  sont  des 
œuvres  de  Hulot  \ 

Plusieurs  membres  de  sa  famille  tenaient 
comme  lui  le  ciseau.  Nicolas  et  Philippe  Hulot 
signèrent  à  son  mariage,  en  même  temps  que 
Pierre  Bourdict  et  Jean  Jolly,  également  sculp- 
teurs -. 

Ce  détail  a  son  intérêt.  Nous  y  trouvons  l'in- 
dice de  l'estime  singulière  qu'inspirait  Coyze- 
vox  à  ses  pairs.  Est-ce  à  dire  que  le  génie  ne 
soit  pas  compatible  avec  l'amitié  ?  Non  assu- 
rément. La  supériorité  de  l'esprit  ne  crée  pas 
fatalement  la  défiance  et  la  solitude.  Un  écri- 
vain de  ce  siècle,  le  Père  Lacordaire  a  bien 
dit  :  «  Rien  ne  serait  plus  affreux  que  la  gloire 

^  Comptes  des  Bâtiments  du  Roi  (Archives  natio- 
nales). Registres,  0^  N^**  2163,  2166,  2171,  2185,  2187, 
2189,2190  et  2191. 

'  Voyez  Jal,  Dictionnaire  critiquey  p.  444. 


68  ANTOINE  GOYZEYOX 

si  elle  mettait  obstacle  à  rafiection  i.  »  Mais 
encore  qu  un  penchant  naturel  incline  Tun  vers 
l'autre  deux  hommes  d'égal  mérite,  quels  que 
soient  les  liens  formés  à  l'heure  de  la  jeunesse, 
le  plus  souvent  ces  liens  se  resserrent  entre 
ceux  dont  les  existences  sont  parallèles  et  non 
pas  identiques.  Dans  le  monde  des  lettres  et 
des  arts,  on  voit  le  poète  rechercher  l'ora- 
teur ;  le  philosophe,  le  critique  ;  le  peintre, 
l'architecte  ;  le  statuaire,  le  musicien.  Ces 
choix  n'ont  rien  de  calculé  ;  ils  naissent  d'eux- 
mêmes  et  prennent  corps  à  mesure  que  l'hom- 
me avance  dans  la  vie.  L'instrument  ou  l'outil 
dont  se  servent  des  hommes  unis  ensemble 
par  un  attachement  réciproque  étant  différent, 
les  succès  de  l'un  sont  accueillis  par  Fautre 
sans  alarme.  La  distance  qui  les  sépare  dans 
leur  vie  pubKque,  dans  la  manifestation  de 
leur  génie  demeure  confuse  à  leurs  yeux. 
Jamais  la  critique  n'a  groupé  leurs  noms  sur 
une  même  page,  elle  n'a  pas  dit  lequel  des 
deux  est  le  maître,  lequel  est  le  disciple.  Ce 
sont  deux  étrangers  dont  la  langue,  le  milieu, 

^  Lettres  du  R.  P.  Lacordaire  à  des  jeunes  gens, 
recueillies  et  publiées  par  M.  l'abbù  Henry  Perreyve 
(Paris,  Charles  Douniol,  1863,  in-12,p.  13). 


COYZEVOX  EN  FACE  DE  L  ANTIQUE     6D 

les  préoccupations  n'ont  rien  de  semblable,  et 
lorsqu'ils  se  rencontrent  au  même  foyer,  la 
main  dans  la  main,  ils  paraissent  de  même 
taille.  Les  acclamations  du  dehors  ne  tiennent 
pas  leur  amour-propre  en  éveil.  Le  plus  grand 
ne  fait  pas  ombre. 

Moins  fréquente  est  l'affection  durable  de 
deux  peintres  ou  de  deux  sculpteurs.  Il  arrive 
que  Tami  se  transforme  en  émule  ;  l'émule  de- 
vient un  rival.  Ce  n'est  pas  cependant  que 
l'école  française  ne  nous  offre  des  exemples 
d'amitiés  célèbres.  Géricault  et  Gogniet,  Greuze 
et  Berthélemy,  Pigalle  et  Allegrain  sont  res- 
tés fidèles,  à  l'âge  d'homme,  aux  inclinations 
de  leur  jeunesse.  Il  y  a  deux  siècles,  les  colo- 
nies du  Louvre  et  des  Gobelins,  où  des  familles 
d'artistes  vivaient  sous  un  même  toit,  ont  ci- 
menté des  attachements  nombreux.  L'exenjple 
de  Coyzevox,  fils  et  frère  de  sculpteur,  marié 
à  la  sœur  d'un  sculpteur,  sculpteur  lui-même, 
accordant  sa  nièce  à  Guillaume  Hulot  qui  com- 
me lui  sculpte  le  marbre,  appelant  h  cette  fête 
de  famille  des  hommes  de  son  art,  n'est  peut- 
être  pas  une  exception.  Toutefois  le  témoi- 
gnage des  contemporains  sur  le  caractère 
élevé,  la  droiture,  la  douceur  de   Coyzevox 


70  ANTOINE  COYZEVOX 

semble  confirmé  par  ces  signatures  de  sta- 
tuaires si  multipliées  sur  Tacte  de  mariage 
d'Elisabeth  Goustou. 

Ni  François  Goustou,  ni  sa  femme  ne  parais- 
sent avoir  assisté  au  mariage  de  leur  fille  \ 
La  fortune  qui  plus  tard  se  montra  clémente 
envers  l'artiste  lyonnais  ne  lui  avait  pas  souri. 
Aussi,  Goyzevox  ne  voulut-il  pas  borner  ses 
bons  offices  aux  soins  qu'il  avait  donnés  à  sa 
nièce  Elisabeth.  La  plus  jeune  fille  de  Clau- 
dine, Léonore  Goustou,  née  le  3  février  1671, 
prit  la  place  de  sa  sœur  aux  Gobehns.  Le 
maître  se  chargea  de  son  avenir. 

L'année  même  du  mariage  de  sa  nièce,  le 
10  juin  1685,  Goyzevox  avait  vu  naître  son  cin- 
quième enfant.  Quatre  autres  naquirent  à  peu 


1  Nous  ne  comprenons  pas  que  Jal  en  constatant 
l'absence  de  Nicolas  Coustou  au  mariage  de  sa  sœur 
ait  écrit  :  t^  Il  parait  que  Nicolas  Coustou  n'était  pas 
encore  à  l'école  de  Goyzevox  en  janvier  i68o,  car  avec 
les  signatures  de je  ne  vois  pas  la  sienne.  »  (Dic- 
tionnaire critique).  Nicolas  Coustou,  on  l'a  vu,  était 
parti  pour  Rome  en  avril  1683  «  où  il  resta  trois  ans  » 
dit  Cousin  de  Contamine  {Eloge  hisloîic/ite  de  M.  Cous- 
tou l'aîné).  Donc  rien  de  plus  naturel  que  son  absence 
de  Paris  en  168o. 


GOYZEVOX  EN   P^ACE  DE  l'ANTIQUE  71 

de   distance  :    Jean-Baptiste  s  Marguerite  -, 
Nicolas  '  et  Suzanne  \ 

L'éducation  de  sa  nombreuse  famille  n'a  pas 
distrait  l'artiste  de  sa  tâche  quotidienne.  Pen- 


»  Né  le  16  novembre  1686. 

2  Née  le  1"  août  1688. 

8  Né  le  14  octobre  1689. 

''  Née  le  29  décembre  1691.  —  Suzanne  Coyzevox, 
9°  enfant  du  sculpteur,  est  morte  le  ii  mars  1764,  à 
rabba3-e  du  Pont-aux-Dames  (commune  de  Couilly, 
canton  de  Crécy-en-Brie)  où  elle  s'était  retirée  comme 
pensionnaire  après  avoir  été  mariée  à  Jean  Hébert, 
commissaire  des  guerres.  Le  jour  même  de  son  décès, 
C.  D.  Dubois  de  la  Palme,  lieutenant  du  bailliage  de 
Crécy,  posa  les  scellés  dans  la  chambre  occupée  par 
la  défunte,  <'.  au  premier  étage  extérieur  du  couvent, 
aj'antvue  sur  le  clos  et  à  droite  sur  une  petite  cour 
proche  la  cuisine.  ;>  -M™°  Gabrielle  de  la  Roche  de 
Fontenilles,  abbe3se,  remit  au  lieutenant  du  bailliage 
le  testament  olographe  de  Suzanne  Coyzevox,  qui  fut 
déposé  à  AP  Juvigny,  notaire.  Le  3  avril  1764,  Jean- 
Thomas  Sozille  du  Buha,  président  des  trésoriers  de 
France  à  Soissons,  marié  à  Adélaïde  Victoire  Lejeune 
du  Tillard,  seule  héritière  de  la  défunte,  son  aïeule 
maternelle,  ht  lever  les  scellés,  en  présence  de  Marie- 
Denise  Lequin,  veuve  de  Charles  Coyzevox  de  Bré- 
court, exécutrice  testamentaire.  (Voyez  Extrait  des 
minutes  de  Juvigny,  notaire  à  Crécy,  par  M.  Th. 
Lhuillier,  dans  la  Bévue  des  Sociétés  savantes,  sep- 
tième série,  t.  II,  p.  249-250). 


72  ANTOINE   GOYZEYOX 

dant  les  années  que  nous  essayons  de  racon- 
ter son  labeur  tient  du  prodige.  Il  est  à  la  fois 
à  Versailles,  à  Trianon,  aux  Invalides.  Ver- 
sailles lui  doit  des^  travaux  décoratifs  dans 
l'antichambre  du  roi,  des  masques  et  sept  bas- 
reliefs  à  la  Colonnade.  A  Trianon,  il  sculpte 
des  chapiteaux  d'ordres  ionique  et  composite. 
Ces  ouvrages  sont  en  marbre.  Aux  Invalides, 
le  fronton  du  portail  principal  de  l'église  et  les 
quatre  figures  qui  l'accompagnent  sont  exécu- 
tés en  pierre  par  Goyzevox.  Mais  ce  ne  sont 
pour  lui  que  des  œuvres  de  second  ordre.  Ce 
qui  l'occupe  à  mainte  reprise,  pendant  cinq 
années,  ce  sont  trois  statues  et  un  groupe 
d'après  l'antique  :  Castor  et  Pollux^  la  Nymj^lie 
à  la  Coquille^  la  Venus  de  Mcdicis  et  la  Vénus 
pudique. 

L'antique  est  pour  le  statuaire  la  pierre  de 
touche  du  génie  La  nature  reste  le  type,  mais 
les  anciens  nous  apprennent  à  bien  voir.  Toute 
sève  découle  de  la  nature.  Elle  est  le  foyer, 
l'inspiration,  la  vie.  D'autre  part,  les  anciens 
sont  les  maîtres.  Ce  sont  eux  qui  ont  écrit  la 
grammaire  de  Tart.  Ils  ont  posé  des  règles, 
laissé  des  exemples  auxquels  recourent  depuis 
trois  mille  ans  les  sculpteurs  de  toute  race,  et 


COYZEVOX  EN  FACE  DE   L*ANTIQUB  73 

aucun  ne  les  a  surpassés.  Il  n'existe  pas  un 
statuaire  que  les  marbres  antiques  n'aient 
séduit.  Mais  il  y  a  des  degrés  à  cette  séduction. 
Les  êtres  personnels,  doués  de  tempérament, 
capables  de  créer  eux-mêmes,  contemplent  les 
marbres  antiques  avec  recueillement. Pour  eux, 
ce  senties  chefs-d'œuvre,  la  tradition.  Ils  es- 
saient de  surprendre  quelques-uns  des  secrets 
de  Phidias  ou  de  Praxitèle,  sur  les  restes  ini- 
mitables du  Parthénon,  devant  la  Vénus  de 
Milo.  Mais  cette  étude  enchanteresse  ne  porte 
pas  atteinte  à  leur  liberté.  Ils  reviennent  spon- 
tanément à  la  nature.  Ils  s'interrogent  avec 
indépendance  et  sincérité.  Le  même  que  les 
poètes  modernes,  après  s'être  nourris  d'Ho- 
mère et  de  Sophocle,  se  préoccupent  d'écrire 
et  de  chanter  leurs  propres  douleurs  en  une 
langue  qu'ils  n'ont  apprise  nulle  part,  de  même 
l'artiste  qui  a  discipliné  sa  vision,  instruit  sa 
main,  élevé  son  esprit  en  face  des  divins  frag- 
ments que  la  Grèce  et  Rome  nous  ont  légués, 
n'est  pas  dispensé  de  se  consulter  soi-même. 
Tout  ce  qu'il  empruntera  d'autrui  ne  lui  sera 
pas  compté.  Il  n'y  a  de  durable,  de  respecté, 
que  l'œuvre  personnelle,  l'accent  vrai,  cons- 
ciencieux, ému  en  face  du  type  éternel,  la 


74  ANTOINE  GOYZETOX 

nature.  Si  donc  vous  vous  donnez  la  tâche  de 
suivre  les  anciens  dans  la  composition,  dans 
la  pose,  dans  le  modelé  d'une  figure,  il  y  aura 
péril  pour  votre  gloire  et  votre  individualité  à 
cette  transcription  littérale  d'un  chef-d'œuvre. 
Il  y  a  plus,  on  ne  touche  pas  impunément  au 
sublime.  Répéter  les  anciens,  c'est  les  trahir, 
c'est  se  trahir  soi-même.  Quiconque  ne  s'élève 
pas  au-dessus  du  créé,  quiconque  ne  fait  pas 
appel  à  ses  propres  facultés,  à  son  intelhgence 
pour  approcher  de  l'infini,  dans  la  mesure  où 
Dieu  permet  qu'il  grandisse,  celui-là  n'est  pas 
maître  ;  c'est  un  disciple.  Or,  telle  est  la  loi, 
les  disciples  exclusifs  de  l'antique  ne  sont  que 
d'inhabiles  plagiaires.  Fermer  ses  yeux  devant 
la  nature,  abdiquer  sur  le  seuil  de  l'Acropole, 
douter  de  son  époque,  de  son  être,  au  point 
de  ne  demander  au  marbre  que  des  réphques 
amoindries,  c'est  se  condamner  à  un  labeur 
vulgaire,  à  Finsuccès  dans  la  servitude. 

Ainsi  n'a  pas  fait  Coyzevox. 

Avons-nous  besoin  de  décrire  le  groupe  célè- 
bre des  fils  de  Jupiter  et  de  Léda,  Castor  et  Poh 
lux?  On  connaît  cet  ouvrage  qui,  de  la  collec- 
tion Ludovisi  a  passé  dans  celle  de  la  reine 
Christine,  et  enfin  au  musée  de  Madrid.  L'é- 


COYZEVOX  EN  FACE  DE  L  ANTIQUE     75 

phèbe  nonchalamment  appuyé  sur  l'épaule  de 
son  frère  qui,  à  l'aide  d'une  torche,  met  le  feu  à 
quelques  feuilles  mortes  déposées  sur  un  autel 
domestique,  est  présent  à  l'esprit  de  tous  ceux 
qu'intéresse  la  sculpture  antique.  Le  groupe 
des  Dioscures  est  d'une  grande  beauté. 

Plus  populaire  encîore  que  Castor^  et  PoUux 
est  l'image  de  la  Vé7ius  de  Méclicis.  Homère 
est  le  créateur  de  ce  chef-d'œuvre  que  Cléo- 
mène  a  sculpté.  «  La  déesse  des  amours,  dit 
le  poète,  vient  de  sortir  de  l'écume  de  la  mer 
où  elle  a  pris  naissance  ;  sa  beauté  virginale 
paraît  sur  le  rivage  enchanté  de  Cythère,  sans 
autre  voile  que  l'attitude  de  la  pudeur.  Si  sa 
chevelure  n'est  pas  flottante  sur  ses  épaules 
divines,  ce  sont  les  Heures  qui,  de  leurs  mains 
célestes,  viennent  de  l'arranger  »  K  Décou- 
verte à  Rome  au  xvi°  siècle,  restaurée  alors 
par  un  sculpteur  florentin,  elle  fut  placée  dans 
les  jardins  de  Médicis,  transportée  à  Florence 
au  xvii'^  siècle  d'où  elle  est  venue  au  Louvre 
pour  retourner  ensuite  à  Florence  après  quinze 
années  de  séjour  dans  notre  musée  nationaL 
Le  nom  de  son  auteur  nous  est  révélé  par  l'ins- 

1  Homère,  hymne  IV. 


''6  ANTOINE   GOYZEYOX 

cription  grecque  gravée  sur  la  plinthe.  Des 
formes  jeunes  et  exquises,  la  souplesse  de  la 
pose  ont  fait  admirer  la  Vénus  de  Médicis  à 
l'égard  des  marbres  les  plus  achevés. 

Coyzevox  a  respecté  la  composition  de  ces 
chefs-d'œuvre  dans  ses  répliques  éloquentes. 
La  sûreté  des  contours,  un  style  puissant  et 
large  distinguent  la  Nymphe  à  la  Coquille^ 
composée  par  Coj^zevox.  Le  marbre  original 
ne  doit  être  cherché  nulle  part.  Cette  œuvre 
est  une  imitation  de  plusieurs  antiques. 

La  Vénus  pudique^  s'il  faut  en  croire  Piga- 
niol  de  la  Force,  aurait  existé  à  son  époque 
dans  la  Vigne  Borghèse.  Cependant,  il  n'est 
pas  certain  que  le  marbre  de  Coyzevox  soit  la 
transcription  lîdèle  d'une  statue.  Fermelhuis 
autorise  le  doute  sur  ce  point.  «  Le  maître, 
dit-il,  avait  étudié  l'antique  pour  profiter  des 
découvertes  et  de  l'expérience  des  premiers 
maîtres  de  l'Art...  Il  a  tàchd  de  les  imiter  sans 
sortir  des  bornes  de  l'excellence  des  anciens 
monuments  que  les  temps  ont  respectés,  ni 
sans  les  altérer  ;  mais  il  a  essayé  de  suppléer 
en  les  copiant  à  ce  qu'il  a  cru  qui  manquait  à 
leur  perfection.  C'est  ce  que  Ton  peut  remar- 


GOYZEVOX  EN   FACE  DE   l'ANTIQUE  77 

quer  dans  Venus  accroupie  et  la  Nymjjhe  à 
la  Coquille  »  \ 

Faut-il  entendre  par  ces  lignes  que  Coyze- 
vox  aurait  simplement  modifié  le  caractère  du 
modelé,  corrigé  le  style,  interprété  l'esprit 
des  antiques  placés  sous  ses  yeux  sans  en 
altérer  la  composition?  Nous  avons  quelque 
peine  à  l'admettre.  En  effet,  les  Vénus  assises, 
d'origine  ancienne,  sont  nombreuses.  Le  Lou- 
vre. Rome  et  Florence  en  possèdent  qui  ne 
diffèrent  entre  elles  que  par  des  accessoires 
sans  importance,  ou  une  variante  légère  dans 
la  pose.  Aucune,  à  notre  connaissance,  n'est 
exactement  rappelée  par  le  marbre  de  Coyze- 
vox.  Au  surplus,  qu'importe  que  le  modèle  dont 
s'est  servi  l'artiste  français  ait  été  rigoureuse- 
ment traduit  ;  il  est  superflu  de  rechercher  si 
son  travail  renferme  quelque  détail  emprunté 
à  d'autres  statues  que  celle  dont  parle  Piga- 
niol. 

Un  point  subsiste  :  l'œuvre  de  Goyzevox 
cesse  d'être  une  copie,  c'est  une  œuvre  ori- 
ginale. 

Nue,  assise  dans   une  attitude  inquiète  et 

*  Eloge,  p.  11  et  12. 


78  ANTOINE   COYZEVOX 

confuse,  la  déesse  porte  son  regard  vers  sa 
droite.  D'une  main,  elle  s'apprête  à  se  faire 
un  voile  de  sa  chevelure  pendant  que  de  l'autre 
elle  retient  une  draperie.  A  sa  gauche  est  une 
tortue,  symbole  de  la  pudeur. 

Telle  est  la  description  succincte  qui  peut 
être  faite  de  ce  marbre,  mais  ces  mots  ne  suf- 
fisent pas  à  marquer  le  caractère  de  l'œuvre 
française.  Vénus,  sous  le  ciseau  de  Goyzevox 
n'a  rien  perdu  de  la  majesté  dont  les  Grecs 
savaient  fixer  l'accent  dans  le  regard,  le  port 
de  la  tête, la  réserve  du  geste,  le  modelé  sobre 
et  fin,  l'ampleur  des  contours.  Mais  les  Grecs 
avaient  pour  terme  l'idéal;  Goyzevox  incline 
plus  volontiers  vers  la  nature.  C'est  la  nature 
élevée,  choisie,  c'est  une  vérité  supérieure  et 
faite  de  lumière  qui  tourmente  son  ciseau,  ce 
n'est  pas  à  proprement  parler  l'idéal.  Déjà, 
sur  l'épiderme  de  Carrare  de  son  groupe  des 
Diosciires  et  de  la  Vénus  de  MccUcis  on  dis- 
tingue comme  des  lueurs  d'individualité.  L'ad- 
mirateur passionné  de  la  nature  se  trahit  à 
de  certains  détails  :  un  pU  de  la  chair,  une 
mèche  de  cheveux,  une  ligne,  un  point  furtif. 
Mais  la  Nymphe  à  la  Coquille,  et  plus  encore 
la  Vénus  pudique,  nous  montrent  Coyzevox 


GOYZEVOX   EN   FACE  DE  L'aNTIQUE  79 

revenant  à  la  nature  sans  ambages,  sans  timi- 
dité, par  le  ressort  vainement  comprimé  de 
son  tempérament  personnel.  L'imitation  lui 
pèse.  Il  a  besoin  de  se  rencontrer  face  à  face 
avec  lui-même.  Abdiquer  ne  lui  est  pas  possi- 
ble. La  nature  est  son  domaine,  il  y  rentre  en 
souverain.  Et  ne  croyez  pas  que  l'antique  ait 
été  privé  de  son  parfum  à  cette  retouche  sa- 
vante, je  devrais  dire  à  cette  refonte.  La  na- 
ture étant  Talphabet  de  tous  les  maîtres, 
Coyzevox  n'a  pas  amoindri  la  parure  de  la 
Vénus  pudique  en  jetant  sur  son  corps  fait  de 
-souplesse,  d'orgueil  offensé,  de  sévère  con- 
venance, le  vêtement  sublime  et  toujours  vrai 
que  porte  la  nature. 

Le  statuaire  en  agissant  de  la  sorte  a  été 
sincère,  ce  dont  il  faut  le  louer  ;  mais,  du 
même  coup,  il  est  demeuré  grand,  et  son  mar- 
bre est  éminemment  français.  Il  porte  ce  sceau 
de  vérité  qui  distingue  les  chefs-d'œuvre  de 
notre  école.  On  le  peut  considérer  comme 
un  modèle  de  premier  ordre  qui,  après  deux 
cents  ans,  n'a  pas  vieilh.  A  l'heure  où  nous 
écrivons,  au  moment  où  Técole  de  sculpture, 
après  des  vicissitudes  très-sensibles,  se  re- 
trempe aux    sources   du  vrai,   la   Vénus  de 


80  ANTOINE  COYZEYOX 

GoYzevox  est  interrogée  par  les  jeunes  artistes 
à  régal  des  œuvres  achevées  signées  des 
meilleurs  statuaires  de  ce  siècle. 

<Î>ÎAIAS  HAEOÎS  ((  Phidii;s  aux  habitants 
d'Elis  »  lisons-nous  sur  la  plinthe  de  la  statue. 
Cette  dédicace  révèle  l'estime  singuUère  de 
Phidias  pour  sa  Vénus,  On  n'a  pas  oublié 
que  les  Eléens  possédèrent  dans  le  temple 
d'Oiympie,  le  Jupiter  du  même  artiste,  aux 
pieds  duquel  se  lisait  cette  autre  inscription 
bien  connue  :  Phidias  fils  de  Charmidas  athé- 
nien m'a  fait  ^  Aucun  peuple,  dans  tout  le 
Péloponèse,  ne  fut  plus  riche  que  les  Eléens 
en  trophées  et  en  œuvres  d'art.  Alcamène 
sculptait  leurs  frontons  ;  Emilus  et  Doryclidas 
avaient  peuplé  leurs  temples.  Phidias  ne  pou- 
vait leur  offrir  que  des  chefs-d'œuvre. 

isotre  compatriote,  en  gravant  l'inscription 
du  sculpteur  d'Athènes  au-dessus  de  sa  propre 
signature    <r  A.  Coyzevox  1686  »  '    a-t-il   eu 


î    *EIAIA2  XAPMIAOY  YlOl    A0HNAIO2    M'EnOIHSE 

(Pausanias,  ch.  XX). 

-  C'est  bien  en  1686  que  fut  achevée  cette  statue, 
et  non  en  1696  comme  le  prétend  à  tort  Piganiol  de 
la  Force.  (Voyez  Nouvelle  description  des  châteaux  et 
Parcs  de  Versailles,  édition  de  !7ol,  t.  II,  p.  14).  Nous 


COYZEVOX   EN   FACE  DE  l'aXTIQUE  81 

conscience  du  mérite  de  sa  statue?  A-t-il  i)ensé 
que  ce  travail  résumait  ses  facultés  d'artiste  ? 
Ne  faut-il  voir  dans  <î>IAIAS  HAEOI^  qu'une 
locution  subtile  employée  par  Coyzevox  pour 
dédier  son  œuvre  à  ses  contemporains  ?  Nous 
rignorons.  Mais  ce  marbre,  ferme  et  robuste, 
aux  formes  châtiées,  à  l'attitude  fière,  de  noble 
aspect  et  de  grand  style,  la  Vénus  pudique,  en 
un  mot,  double  symbole  de  bienséance  et  de 
grâce,  n'est  pas  indigne  d'être  placée  au  pre- 
mier rang  dans  Toeuvre  du  maître  français. 

Les  Bioscures,  les  deux  Vénus  et  \di  Nymphe 
à  la  Coquille  ne  sont  pas  les  seuls  ouvrages 

en  avons  pour  preuve,  outre  la  date  gravée  sur  Le 
marbre,  les  Comptes  des  Bâtiments  du  Roi.  Yl.  Dus- 
sieux,  fautenr  justement  apprécié  de  Touvrage  la 
château  de  Versailles,  histoire  et  description  (Ver- 
sailles J  88 1,2  vol.  in-S»)  n'a  pas  suffisamment  compulsé 
ces  comptes.  Nous  lisons,  en  effet,  au  tome  II  de  son 
livre  p.  233).  «  On  descend  au  parterre  du  Nord  par 
un  degré  de  marbre  blanc  à  l'entrée  duquel  était  la. 
Vénus  à  la  tortue,  statue  en  marbre,  faite  à  Rome 
d'après  l'antique,  en  1686,  par  Coyzevox.  »  11  y  a  li 
une  erreur.  Coyzevox  ne  vit  probablement  jamais  Tlta-^ 
lie,  et  à  coup  sûr,  il  n'y  a  pas  sculpté  sa  statue  ea 
1686.  Les  Comptes  des  Bâtiments  en  font  foi,  c'est  à 
Paris  ou  à  Versailles  que  cette  figure  a  été  exécutée 
par  son  auteur. 

6 


82  ANTOINE   GOYZEVOX 

sculptés  par  Coyzevox  d'après  les  anciens. 
«  On  voit  dans  plusieurs  cours  de  l'Europe,  a 
dit  Fermelhuis,  un  nombre  considérable  de 
têtes  d'empereurs,  de  grands  capitaines,  d'ora- 
teurs et  de  philosophes,  copiées  d'après  l'anti- 
que, où  il  a  conservé  tant  de  fidélité,  que  Ton 
peut  se  consoler  de  n'en  avoir  pas  les  origi- 
naux »  K  Pourquoi  faut-il  que  ces  nombreux 
travaux  échappent  aux  investigations  de  la 
critique?  Mais,  depuis  deux  cents  ans,  les 
cours  de  l'Europe  ont  éprouvé  de  fréquentes 
secousses  ;  les  capitales  ont  changé  ;  plus  d'un 
trône  a  disparu.  Que  sont  devenus  les  bustes 
de  Coyzevox  au  milieu  de  ces  tempêtes  ? 

Il  est  un  portrait  de  capitaine  que  le  type  du 
personnage,  reconnaissable  entre  tous,  et  le 
travail  du  sculpteur  auraient  dû  préserver  de 
l'oubli.  Nous  voulons  parler  du  buste  de  Condè. 
Louis  II  de  Bourbon,  dit  le  Grand  Condé,  l'œil 
légèrement  hautain,  les  lèvres  dédaigneuses, 
dirige  avec  négligence  le  regard  vers  sa 
droite.  C'est  un  prince,  vainqueur  de  Rocroy. 
Sa  longue  chevelure  tombe  sur  ses  épaules. 
La  cuirasse  délicatement  ornée  de  fleurs  de  lis 

*  Eloge,  p.  3o. 


GOYZEVOX  EN   FACE   DE   l'aNTIQUE  83 

et  de  griffons  disparaît  sous  le  manteau.  Coy- 
zevox  a  interprété  ce  buste  d'une  façon  magis- 
trale avec  un  art  plein  de  retenue  et  de  sévé- 
rité. 

Cependant  cette  œuvre  admirable  s'est  per- 
due. Le  maître  en  a  été  dessaisi.  Le  mérite  du 
travail  étant  incontestable,  c'est  à  Guillain 
qu'on  l'attribua  longtemps.  Il  a  fallu  des  cir- 
constances imprévues,  les  hasards  heureux 
d'une  vente  d'autographes,  une  recherche 
attentive  de  M.  Courajod  pour  que  le  maître 
reconquît  son  œuvre.  Ce  bronze  est  de  Coyze- 
vox.  Sa  date  est  1688.  Est-ce  à  dire  que  l'artiste 
ait  attendu  jusqu'alors  pour  modeler  les  traits 
du  grand  Condé  ?Nous  avons  peine  aie  croire. 
Condé  meurt,  on  le  sait,  en  1686.  Le  bronze 
du  musée  du  Louvre  commandé  par  le  prince 
de  Gonti  pour  son  hôtel,  est  fondu  en  1688  \ 

*  Voyez  aux  archives  du  Musée  du  Louvre,  le  cata- 
logue d'une  vente  d'autographes  du  18  décembre  1867, 
par  les  soins  de  M.  Gabriel  Charavay.  A  cette  vente  a 
passé  un  mémoire  avec  neuf  grandes  lignes  autographes 
signées  par  Coyzevox,  trois  lignes  autographes  signées 
par  Mansart,  six  lignes  autographes  signées  par  Jou- 
venet,  et  les  signatures  du  prince  de  Conti  et  de  La 
Chapelle,  Paris,   12  mai  1680.   Cette   pièce  a  trait  au 

uste     de   feu    Mgr   le  prince   de  Condé,  fondu  en 


84  ANTOINE   GOYZEYOX 

mais  rien  n'atteste  qu'il  ne  soit  la  copie  d'un 
marbre  antérieur.  La  tête  cle  Condé,  traduite 
par  la  main  du  statuaire  avec  le  signe  de  la 
fierté,  de  la  jeunesse  et  de  l'intelligence  dut 
être  étudiée  par  son  auteur  devant  le  modèle 
vivant. 

C'est  à  cette  même  année  1688  que  se  rat- 
tache un  trait  de  la  vie  de  Coyzevox.  Puget^ 
son  contemporain,  homme  d'un  caractère  in- 
quiet, nature  constamment  irritée,  s'est  plaint 
d'avoir  eu  en  Coyzevox  un  détracteur  K 
Nous  ne  savons  où  Puget  à  puisé  la  preuve  de 
sa  plainte.  Des  propos  d'ateher,  à  supposer 
qu'ils  aient  existé,  sont  sans  valeur.  La  plus 
grande  critique  que  Coyzevox  ait  pu  faire  de 
Puget,  est  dans  sa  manière  d'entendre  la 
sculpture.  Les  deux  maîtres  no  sont  pas  du 
même  sang.  Tandis  que  Puget  s'est  instruit  en 

bronze  sous  la  conduite  de  M.  Mansart,  premier 
architecte  de  S.  31.  et  posé  dans  riiùtel  de  Con:i  par 
l'ordre  de  M.  de  La  Cliapelle,  intendant  de  Mgr  le 
prince  de  '  Conti,  par  Coyzevox,  sculpteur,  en  l'an- 
née iG8S.  Voyez  aussi  Chronique  des  A?'is  et  de  la 
curiosité,  année  1S77,  p.  84,  l'article  de  M.  Courajod. 

•  Cette  anecdote  est  racontée  par  Ducliesne  aine 
dans  une  note  de  VElo^je  historique  de  Pierre  Vuget^ 
par  Tcraud  (L.  D.).  Taris  ISC7,  in-S". 


COYZEVOX  EN   FACE  DE  l'aNTIQUE  85 

Italie,  aune  époque  de  décadence,  et  que  sa 
fougue  Ta  conduit  à  outrer  les  défauts  de  ses 
initiateurs,  Goyzevox,  sans  violence,  sans 
effort,  s'est  arrêté  devant  la  nature.  Il  a  dit 
avec  goût  et  simplement  ce  qu'il  voyait.  Et 
comme  une  parcelle  de  génie  lui  était  échue, 
son  œuvre  faite  de  clarté,  d'aisance,  de  grâce, 
a  l'ampleur  et  la  majesté  dont  les  hommes 
supérieurs  revêtent  ce  qu'ils  créent.  Cette  dif- 
férence de  tempérament  entre  Puget  et  Goyze- 
vox, avait  provoqué  chez  le  premier  une  sorte 
d'ombrage, d'émulation  jalouse. Chez  le  second, 
une  curiosité  pleine  de  respect  était  en  éveil. 
On  sait  que  le  projet  d'élever  à  Marseille  une 
statue  triomphale  de  Louis  XIV  occupa  Puget 
dès  Tannée  1685.  Mais  les  choses  traînèrent 
en  longueur.  Clérion  intrigua  et  fut  préféré  à 
l'auteur  de  Y Andi^omè de.  C est  alors  que  Puget 
quitta  Marseille,  résolu  à  plaider  sa  cause  à 
Paris.  Il  y  arriva  pendant  Tété  de  1688  et  y 
séjourna  plusieurs  mois.  L'inaction  ne  pouvait 
convenir  au  sculpteur  provençal.  Il  eut  bien- 
tôt un  atelier  dans  lequel  il  passait  de  longues 
heures.  Vainement  on  avait  essayé  de  lui  pré- 
senter quelques  confrères  :  il  refusa  toujours 
d'en  voir  aucun.  C'est  alors  que  Coyzevox  usa 


86  ANTOINE   GOYZEYOX 

de  stratagème.  Il  se  fit  conduire  à  Tatelier  de 
Puget  comme  un  simple  curieux.  Un  ami 
l'avait  introduit.  Puget  ne  se  doutait  pas  qu'il 
eût  devant  lui  l'auteur  de  la  Vénus  pudique .  La 
conversation  s'engagea.  Entre  de  tels  hommes 
elle  ne  pouvait  être  banale.  Dans  le  feu  de  la 
discussion,  Tami  des  deux  artistes  s'oublia  et 
nomma  Goyzevox.  L'imprudence  était  grande, 
car  Puget,  brusquant  Fentretien,  prit  aussitôt 
le  maître  par  les  épaules  et,  le  poussant  vers  la 
porte  :  «  Eh  quoi,  monsieur  Goyzevox,  dit-il, 
un  habile  homme  comme  vous  vient  voir  tra- 
vailler un  ignorant  comme  moi  I  \  >' 

Quelques  mois  avant  cette  rencontre  des 
deux  statuaires,  Louis  XIV  s'étant  rendu  à 
l'Hôtel  de  Ville  de  Paris,  avait  trouvé  suranné 
le  monument  en  marbre  de  Gilles   Guérin  2, 


^  Passeron,  Notice,  p.  129. 

-  La  plupart  des  historiens  attribuent  à  Sarazin  la 
statue  pédestre  de  Louis  XIV  terrassant  la  Fronde. C est 
une  erreur.  Guillet  de  Saint-Georges,  dans  le  mémoire 
historique  qu'il  lut  devant  l'Académie  le  7  juillet  1691 
sur  Gilles  Guérin,  et  Piganiol,  dans  sa  Description  de 
Paris,  disent  formellement  que  le  monument  remplacé 
par  l'œuvre  de  Goyzevox  était  de  Guérin.  (Voyez  Mé- 
moires inédits  sur  la  vie  et  les  ouvrages  des  membres 
de  C  Académie  royale  de  peinture  et  de  sculpture,  t.  I, 


GOYZEVOX  EN  FACE  DE  L  ANTIQUE      87 

dans  lequel  le  Roi  était  représenté  terrassant 
la  Fronde,  personnifiée  par  un  soldat  ren- 
versé, dont  les  armes  étaient  en  pièces  et  qui 
portait  un  rat  sur  le  cimier  de  son  casque.  La 
parole  du  Roi  était  un  ordre.  Les  échevins 
s'adressèrent  à  Goyzevox,  et,  en  1689,  la  sta- 
tue pédestre  de  Louis-le-Grand  remplaçait 
dans  la  cour  de  l'Hôtel  de  Ville  le  monument 
de  Guérin. 

Cet  ouvrage  est  en  bronze.  Debout,  vêtu  en 
triomphateur  romain,  le  roi  de  France  s'ap- 
puie d'une  main  sur  un  faisceau  d'armes  qui 
domine  un  trophée,  tandis  que  de  l'autre  il  fait 
un  geste  de  commandement. 

Deux  bas-reliefs  complétaient  l'ouvrage  de 
Goyzevox,  que  Piganiol  appelle  un  chef-d'œu- 
vre. L'un  de  ces  bas-reliefs  avait  trait  à  la 
piété  royale  envers  le  peuple  pendant  la  di- 
sette de  1662  ;  le  second  rappelait  l'acte 
fameux  de  la  révocation  de  FEdit  de  Nantes 
en  1685  \   Une  réphque  de  ce    travail    prit 

p.  264-265,  et  Piganiol,  Description  historique  de  la 
ville  de  Paris,  t.  IV,  p.  101. 

^  Piganiol  de  la  Force,  Description  historique  de 
la  ville  de  Paris,  (édition  de  1765^  Paris,  10  vol.  in-12, 
t.  IX,  p.  2o9). 


88  ANTOINE   COYZEYOX 

place  au  château  d'Issy  *.  Des  médaillons  re- 
présentant le  Prévôt  des  marchands  et  les 
échevins  de  Paris,  en  charge  lors  de  la  pose  de 
la  statue,  furent  également  sculptés  par  l'ar- 
tiste. 

Nous  ne  pourrions  dire  ce  que  sont  deve- 
nues ces  sculptures.  Quant  au  Louis  XIV,  son 
odyssée  est  vraiment  dramatique.  Compris  en 
1792,  au  nombre  des  monuments  féodaux 
qu'on  s'acharnait  à  détruire,  il  alla  se  perdre 
au  milieu  de  débris  de  toute  nature,  dans  les 
magasins  de  la  ville,  au  faubourg  du  Roule. 
On  ne  songea  guère  à  l'en  faire  sortir  qu'en 
1814.  Très-mutilé,  l'ouvrage  de  Govzevox 
exigea,  pour  être  réparé  et  remis  en  place, 
une  somme  de  18.820  francs.  Relevé  dans  la 
cour  de  l'Hôtel  de  Ville  à  la  fin  de  1814,  il 
allait  être  l'objet  d'une  inauguration  en  mars 
1815  ;  le  retour  de  l'île  d'Elbe  y  mit  obstacle. 
En  1848,  après  les  journées  de  Février,  on  eut 
la  prudence  d'entourer  ce  monument  de  hau- 
tes palissades  afin  de  le  dérober  aux  colères 
de   l'émeute  ".   L'incendie    de   mai  1871  vint 

^  Piganiol,  Description  de  Paris  t.  IX,  p.  259. 
-  Voyez   J.  Duseigneur,  Coyzevox  et  ses    ouvrages 
{Revue  Universelle  des  Arts,  t.  1,  p.  45). 


GOYZEVOX   EN   FACE   DE   LANTIOUE  89 

atteindre  de  nouveau  l'effigie  royale.  Cepen- 
dant les  dégradations  dont  elle  a  souffert  sont 
légères,  et  l'architecte  de  l'Hôtel  de  Ville,  AI. 
Ballu,  se  propose  de  la  relever  encore  sur  son 
piédestal,  érigé  cette  fois  sous  le  vestibule  de 
la  cour  Louis  XIV  ^ 

Ainsi,  de  l'édifice  du  dix-septième  siècle,  un 
seul  vestige  aurait  survécu,  c'est  un  bronze 
de  Coyzevox  '.  L'art,    non    moins  que  l'iiis- 

*  Nous  avons  dé'coiivert  au  département  des  ma- 
nuscrits de  la  bibliothèque  municipale  d'Angers  une 
note  curieuse,  écrite  sous  la  Restauration,  au  sujet  de 
la  statue  qui  nous  occupe.  Rédigée  à  Paris,  au  minis- 
tère de  l'Intérieur,  par  Ch.  J.  Lafolie,  conservateur  des 
monuments  publics,  cette  note  a  la  valeur  d'un  docu- 
ment officiel.  Nous  la  publions  aux  Pièces  justificatives. 
On  trouvera  également  une  lettre  de  M.  Ballu,  archi- 
tecte de  l'Hôtel  de  Ville,  membre  de  l'Institut,  datée  du 
5  octobre  1881,  concernant  le  même  ouvrage  de  Coyze- 
vox. Vo\^ez  Statue  pédestre  de  Louis  XIV  éri'jée  à 
VEùtel  de  Ville  de  Paris.  Pièces  justificatives,  Doc.  IX. 

-  On  sait  que  la  statue  de  Henri  IV  par  Pierre 
Biard,  qui  couronnait  la  porte  d'entrée  du  palais  mu- 
nicipal a  été  détruite  sous  la  Révolution.  Deux  figures 
en  haut-rehef,  placées  autrefois  au  revers  de  la  statue 
de  Henri  IV,et  également  attribuées  à  Biard,indiquaient 
une  inscription.  Ces  deux  ouvrages  ont  survécu  à  l'in- 
cendie de  lu7l,mais  ils  ne  pourront  être  replacés  dans 
le  nouvel  édifice.  M.  Ballu  se  propose  de  provoquer 
leur  transfert  à  l'Hùtel  Carnavalet. 


90  ANTOINE   COYZEYOX 

toire,  est  intéressé  à  sa  durée.  Piganiol  n*a 
pas  eu  tort  de  qualifier  ce  bronze  un  chef- 
d'œuvre.  Deux  siècles  ne  lai  ont  rien  enlevé 
de  son  mérite. 

Malgré  l'importance  et  le  nombre  de  ses 
travaux,  Tartiste  ne  se  croyait  pas  dispensé 
de  remplir  ses  devoire  envers  FAcadémie  de 
peinture  et  de  sculpture.  Investi  de  la  charge 
de  professeur  le  29  octobre  1678  \  il  fut  dé- 
signé le  30  août  1681  pour  exercer  renseigne- 
ment chaque  année  pendant  le  mois  de  sep- 
tembre ".  Un  adjoint  lui  fut  donné  sur  sa 
demande  quelques  années  plus  tard  %  mais 
Covzevox  n'en  continua  nas  moins  d'assister 
aux  séances  de  l'Académie. 

Membre  de  toutes  les  députations  otfîciel- 
les  \  il  est  au  miheu  de  ses  confrères  dans 
les  deux  circonstances  où  Pierre  Bourdict, 
que  nous  supposons  avec  grande  vraisem- 
blance le  frère  de  sa  femme,  obtient  le  troi- 
sième, puis  le  deuxième  prix  de  Piome  \ 


^  Procès-verbaux,  t.  II,  p.  138. 

-  IcL,  t.  II,  p.  19i. 

^  Id.,  t.  Il,  p.  307,  335,  3d8. 

*  Id.,  t.  II,  p.  254,  284,  etc.,  t.  III,  p.  73,  lOi. 

^  Pierre    Bourdict    ou  Bourdv  si   nous    admettons 


GOYZEVOX  EN  FACE  DE  L  ANTIQUE     91 

Nicolas  Goustou, neveu  de  Goyzevox,  reveau 
d'Italie  en  1686,  se  présenta  dès  l'année  suivante 
aux  suffrages  de  rAcadémie.  Onze  artistes  bri- 
guaient concurremment  avec  lui  le  même  hon- 
neur. Un  certain  nombre  d'académiciens,  choi- 
sis parmi  les  officiers,  acceptèrent  la  mission 
délicate  de  «  voir  travailler  les  aspirants.  » 
Goyzevox  fut  Tun  des  juges,  mais  en  raison 
des  liens  qui  l'attachent  à  Goustou,  il  se  fait 
nommer  avec  Vandermeulen  Texaminateur  du 
sculpteur  Joly,  pendant  que  de  Sève  le  jeune 
ex  Tuby  se  prononceront  sur  les  titres  de 
Goustou  ^  L'esquisse  de  celui-ci  fut  agréée. 
Il  avait  traité  sur  Tordre  de  Le  Brun  le  Réta- 
blissement de  la  santé  du  Roi.  Nous  ne  savons 
pour  quelle  cause  Goustou  mit  une  année  à 
exécuter  le  modèle  en  plâtre  de  son  bas-relief. 
Gette  lenteur  déplut,  et  comme  l'artiste  n'ap- 
porta pas  le  zèle  nécessaire  à  traduire  en  mar- 
bre  son  travail,  il   fut  rayé  de  la  liste  des 

rorihographe  du  secrétaire  de  l'Académie,  remporta  le 
3<=  prix  le  21  octobre  1684,  et  le  2«*  prix  le  3  septembre 
168o.  Le  6  octobre  de  la  même  année,  sur  le  vote  de 
l'Académie,  Goyzevox  étant  présent,  Bourdict  obtint 
d'aller  à  Rome  aux  frais  de  Sa  Majesté.  [Procès-ver- 
baux,i.  H,  p.  288,  306,  3iOj. 
'  Procès-verbaux j  t.  il,  p.  349,  331,  3o3. 


92  ANTOINE   COYZETOX 

agréés,  redevint  aspirant  et  n'entra  définitive- 
ment à  l'Académie  qu'en  1693  ^  Il  semble 
que  l'aspirant  de  la  veille  est  devenu  tout  à 
■coup  dédaigneux  à  l'endroit  de  l'Académie. 
Peut-être  place-t-il  la  protection  de  Coyzevox 
au-dessus  de  tout  autre  titre  ?  Est-ce  que  son 
père,  François  Goustou,  qui  habite  Lyon,  ne 
signe  pas  aujourd'hui  «Sculpteur  de  Sa  Ma- 
jesté »  2?  Apparemment  Coyzevox  a  obtenu 
de  Louvois  ou  de  Le  Brun  quelque  commande 
pour  son  beau-frère.  Nicolas  Goustou,  vivant  à 
Paris,  enthousiaste,  ancien  prix  de  Rome,  ne 
doute  pas  que  la  fortune  lui  soit  fidèle.  Sculp- 
teur ordinaire  des  Bâtiments  du  Roi  à  trente 
ans,  ses  succès  précoces  lui  donnent  foi  dans 
l'avenir.  Aussi  le  18  septembre  1690,  il  épouse 
Suzanne  Houasse,  fille  du  peintre  d'histoire  et 
académicien  3.  A  cette  date,  Glaudine  Goyze- 

^  Procès-verbaux,  t.  II,  p.  362,  370,  t.  III,  p.  î,  49, 
104,  121. 

-  Jal  a  publié  [Dictionnaire  critique,  p.  444)  un  acte 
de  baptême  daté  du  14  octobre  lo.su,  sur  lequel  Nicolas 
Goustou,  parrain,  se  qualifie  sculpteur  ordinaire  des 
bâtiments  du  Roy,  lils  de  François  Goustou,  sculpteur 
de  Sa  Majesté. 

"  Bien  que  n'étant  pas  académicien,  Nicolas  Gous- 
tou signe  sans  hésiter  sur  son  acte  de  mariage  «  sculp- 


COYZEVOX  EN  FACE  DE  L  ANTIQUE     93 

vox,  la  mère  de  Coustou,  est  veuve.  Elle  en- 
voie de  Lyon  son  consentement  et  ne  vient  pas 
à  Paris  pour  le  mariage  de  son  flls.  Serons- 
nous  téméraire  de  penser  que  des  relations 
cordiales  devaient  exister  entre  Houasse  et 
Coyzevox?  A  l'heure  où  se  préparait  l'alliance 
de  Nicolas  Coustou  avec  Suzanne  Houasse,  les 
deux  académiciens,  le  sculpteur  et  le  peintre  se 
rencontraient  peut-être  fréquemment  chez 
François  Jouvenet,  chargé  d'exécuter  leurs 
portraits  pour  son  «  morceau  de  réception  \  ^ 
Vers  le  même  temps,  le  Hongre  étant  mort, 
l'Académie  pria  Coyzevox  d'accepter  le  titre 
d'adjoint  à  recteur  -. 

teur  ordinaire  du  Roy,  en  son  académie  »  (Voyal  Jal, 
Dictionnaire  critique,  p.  444).  L'artiste  espérait  sans 
doute  que  les  portes  de  la  Compagnie  lui  seraient  pro- 
chainement ouvertes. 

^  Séance  du  29  octobre  1689.  —  Procès-verbaux, 
t.  III,  p.  18. 

-  Séance  du  20  avril  1690.  —  Procès-verbaux, 
t.  IILp.  36. 


IV 

ART  DÉCORATIF  —  MAUSOLÉES 

1692-1702 

SOMMAIRE 

Des  conditions  de  l'art  du  décor.  —  L'architecte  Lefuel  et  Carpeaux. 

—  Mot  de  M.  Charles  Garnier.  —  Coyzevos.  est  le  collaborateur 
de  Levau,  Dorbay,  Mansart,  Robert  de  Cotte.  —  Le  Brun  et  Mi- 
gnard  lui  fournissent  les  dessins  de  ses  compositions.  —  Sou- 
plesse de  génie  nécessaire  au  sculpteur  pour  traduire  une  pen- 
sée de  peintre.  —  L'escalier  des  Ambassadeurs  à  Versailles.  — 
Coyzevos.  sculpte  Louis  AlV  à  cheval  pour  le  salon   de  la  Guerre. 

—  La  grande  Galerie.  —  Le  salon  d'Apollon.  —  Les  statues  de 
la  Justice  et  de  la  Força  dans  la  Cour  de  marbre.  —  Le  groupe  de 
l'Aboniance  dans  la  Cour  des  Ministres.  —  La  France  triomphÀntc 
au  bosquet  de  l'Arc  de  triomphe.  —  Sculptures  de  la  Fontaine  de 
la  Gloire.  —  Génies,  Amours,  Nymphes  à  la  Colonnade.  —  Vise  du 
grand  Perron.  —  La  Dordogne  et  la  Garonne  au  Parterre  d'eau.  — 
Pilastres  et  boiseries  à  Triauoii.  —  Coj-zevos.  sculpte  Luit  groupes 
d'Enfants  et  un  Vase  à  la  Cascade  de  Marly.  —  Au  Tapis-Vert, 
le  Neptune  irrité  et  le  Triomphe  d'Amphitrite.  —  A  la  Demi-I.une, 
Flore  au  repos.  —  Le  maître  exécute  uue  statue  de  Fleuve  placée 
à  Sceaux.  —  Statue  de  Condé  pour  Chantilly.  —  Chemiu'?e  de 
l'hôtel  d'Autecour  à  Paris.  —  Statues  de  saint  Charl'magne,  saint 
Athanase,  saint  Grégoire  de  Nazianze  et  bas-relief  de  l'Ange  au.  cas- 
que, aux  Invalides.  —  Monument  de  Mazarin.  —  Mausolée  de  Col- 
bert  —  A  l'heure  où  Goyzevox  sculpte  cet  ouvrage,  sur  les  des- 
sins de  Le  Brun,  le  premier  peintre  est  en  défaveur  et  C'  Ibert 
était  mort  dis.racié.  —  Momiment  de  Le  Brun.  —  Tombeau  du 
comte  de  Furstenberg.  —  Coyzevox  partage  avec  Lcclcrc,  Tuty  et 
Verdier  la  direction  de  l'Académio  des  Gobelins.  —  Nicolas  Cous- 
tou  entre  à  l'Académie.  —  Vivien  et  Papelard  reçoivent  l'ordre 
de  faire  le  portrait  de  Goyzovox.  —  Le  saloa  de  1799.  —  Goyze- 
vox quitte  les  Gobelins  pour  occuper  un  logement  au  Louvre.  — 


ART  DECORATIF.    —   MAUSOLEES.  95 

Jean-Antoine,  Martial  et  Antoine-Jules  Coyzevos.  —  Léonore 
Coustou,  niàce  du  maître,  épouse  François- Alexis  Francin,  sculp- 
teur du  Roi.  —  Francin  à  Strasbourg.  —  Retour  à  Paria  de  la 
femme  de  Francin,  qui  vient  demeurer  au  Louvre  chez  Nicolas 
Coustou. 


Aa  point  où  nous  sommes  parvenu  dans 
notre  récit,  c'est-à-dire  vers  1693,1e  maître  est 
à  l'apogée  de  sa  gloire.  Honoré  de  la  confiance 
de  Louvois  et  de  Villacerf,  comme  il  avait  eu 
celle  de  Golbert  ;  compris  depuis  de  longues 
années  parmi  les  officiers  qui  sont  au  service 
du  Roi  ;  l'un  des  doyens  de  l'Académie,  Coyze- 
vox  est  en  outre  sans  rival  dans  l'exécution 
d'une  page  décorative.  Aussi,  les  galeries  et 
les  jardins  de  Versailles,  Marly,  Saint-Cloud, 
Chantilly,  Petit-Bourg,  les  Tuileries,  reçoivent- 
ils  de  cet  artiste  alerte  et  distingué  des  œuvres 
sans  nombre,  empreintes  de  grâce  et  de  no- 
blesse. Il  est  en  même  temps,  à  Paris  et  en 
province,  l'artisan  des  grands  mausolées.  Et 
soit  que  ses  marbres  se  dressent  dans  un 
parc,  dans  un  palais  ou  dans  un  temple,  ils  y 
sont  en  leur  lieu. 

L'art  du  décor  est  essentiellement  dépen- 
dant. L'architecture  le  gouverne  et  parfois 
elle  l'opprime.  On  serait  tenté  de  dire  de  l'ar- 
chitecte en  face  du  sculpteur  ou  du  peintre 


96  ANTOINE   GOYZEVOX 

chargé  de  parachever  son  œuvre,  un  maître 
tyrannique  et  presque  arbitraire.  Il  leur  me- 
sure l'espace,  il  leur  dispute  la  lumière.  L'art 
du  décor  est  le  complément,  il  est  la  parure 
d'un  édifice.  Or,  de  même  que  dans  les  œu- 
vres écrites,  l'auteur  est  plus  justement  satis- 
fait de  sa  pensée  que  des  détails  de  style  dont 
il  la  revêtira,  de  même  l'architecte  attache  peu 
de  valeur  au  décor.  C'est  le  monument  dans 
son  ordonnance  générale,  dans  la  pondération 
sévère  de  ses  plans  qui  l'occupe.  Quant  à  la 
sculpture  des  corniches  ou  des  frontons,  quant 
aux  dessus  de  portes,  aux  plafonds,  aux  vous- 
sures, l'architecte  les  conçoit  dans  une  gamme 
apaisée,  comme  le  compositeur  conçoit  Tac- 
compagnement  d'une  pensée  lyrique.  L'art  du 
décor,  aux  yeux  de  l'architecte,  est  un  art  se- 
condaire, fait  de  demi-teinte,  d'harmonie 
monotone. 

De  là,  l'éloignement  des  artistes  de  mérite 
pour  un  art  dont  l'allure  n'a  rien  de  libre  et 
qu'il  faut  soumettre  aux  exigences  les  plus  di- 
verses. On  connaîtle  mot  de  Lefuel  au  sculpteur 
Carpeaux.  Le  fronton  du  Pavillon  de  Flore  ve- 
nait d'être  mis  aux  points.  Lefuel  eut  peur  de 
ce  haut-relief  aux  puissantes  saiUies  dans  le- 


ART   DECORATIF.    —   MAUS0LP:ES  07 

quel  Carpeaux  avait  représenté  la  France  "por- 
tant la  lumière  et  protégeant  V Agriculture  et 
les  Sciences. 

«  —  Malheureux,  dit-il  au  statuaire,  vous 
percez  mon  mur  !  » 

Il  ne  fallut  rien  moins  que  l'intervention  du 
Souverain  pour  clore  le  débat  qui  s'était  élevé 
entre  Lefuel  et  Carpeaux.  Sans  Napoléon  III, 
le  fronton  du  Pavillon  de  Flore  eût  été  sa- 
crifié. 

Un  témoin  vivant,  M.  Charles  Garnier, 
qui  a  eu  le  courage  et  l'adresse  de  défen- 
dre Carpeaux  en  une  circonstance  fameuse, 
ne  dit-il  pas  que  cet  artiste  était  surnom- 
mé la    «  terreur    des    architectes?  »  * 

Carpeaux  ne  fait  pas  exception.  Quiconque 
veut  aborder  l'art  du  décor  avec  un  tempéra- 
ment personnel  doit  être  un  homme  supérieur. 
€oyzevox  en  fournit  la  preuve. 

Appelé  à  seconder  Levau,  Dorbay,  Mansart, 
Robert  de  Cotte,  il  est  pendant  trente  ans  leur 
auxiliaire.  Et  ce  qui  doit  lui  être  compté,  la 
plus  grande  part  des  travaux  exécutés  à  cette 


'  Voyez  Le  statuaire    J.  B.  Carpeaux,  par  Ernest 
•Chesneau,  Paris,  Quaotin,  1880,  in-S*»,  p.  110. 

7 


98  ANTOINE   GOYZEVOX 

époque  a  été  faite  sur  les  dessins  de  Le  Brun 
ou  de  Mignard. 

Peut-être  un  lecteur  distrait,  étranger  à  l'art, 
estimera-t-il  que  la  collaboration  de  ces  maîtres 
dut  être  chère  à  Goyzevox. 

Nous  en  doutons. 

La  paresse  de  l'esprit  n'est  pas  supposable 
chez  un  artiste  de  sa  valeur.  Il  montre  assez, 
lorsqu'il  se  ressaisit,  combien  sa  pensée  fer- 
tile est  vibrante.  Une  intelligence  jeune  etmâle 
le  distingue.  Il  n'est  donc  pas  douteux  que, 
laissé  libre  de  choisir  ses  sujets,  le  sculpteur 
se  fut  estimé  heureux  de  cette  prérogative. 

Rappelons-nous  que  Le  Brun, et  après  lui  Mi- 
gnard, quelque  fûtleur  talent,  usaient  de  crayons 
et  de  pinceaux.  Tout  ce  que  compose  le  peintre 
est  couleur,  de  même  que  la  conception  du 
sculpteur  est  relief.  L'unité  décorative  des 
maisons  royales  au  dix-septième  siècle  a  cer- 
tainement gagné  à  la  direction  d'un  seul.  Sous 
ce  rapport,  le  rôle  de  Le  Brun  n'a  pas  besoin  | 
d'être  défendu.  Mais  combien  de  fois  Goyzevox, 
Girardon,  les  frères  Marsy  ont-ils  dû  regretter 
d'avoir  à  modeler  des  compositions  imposées 
par  le  premier  peintre  !  Combien  de  fois  Tac- 
cent  pittoresque  les  a-t-il  gênés  !  La  sculpture 


ART   DÉCORATIF.  —  MAUSOLÉES  9& 

a  ses  lois.  Pour  un  statuaire,  les  enfreindre, 
c'est  se  condamner.  Or,  le  maître  dont  nous 
écrivons  la  vie  a  respecté  les  lois  essentielles 
de  son  art.  Traducteur  d'une  pensée  de  pein- 
tre, il  parle  une  langue  sculpturale.  Il  la  veut 
majestueuse,  éloquente  quand  l'occasion  l'y 
autorise,  mais  il  est  toujours  sobre  dans  ses 
élans. 

On  connaît  l'ancien  escalier  des  Ambassa- 
deurs au  château  de  Versailles,  détruit  en  1752. 
La  fontaine  du  premier  palier  avait  été  sculptée 
par  Tuby.  Le  buste  de  Louis  XIV  qui  la  sur- 
montait est  une  œuvre  de  Coyzevox.  La  tête  vit 
et  respire.  Elle  est  exempte  du  caractère  hau- 
tain, trop  souvent  gravé  sur  les  traits  de  ce 
roi.  Il  dirige  son  regard  calme  et  bienveillant 
vers  sa  droite.  Je  ne  sais  quoi  d'heureux  en- 
veloppe cette  image.  La  grande  chevelure  du 
souverain  déroule  ses  ondes  légères  sur  l'armu- 
re dont  elle  cache  en  partie  les  surfaces  rigides. 

Le  buste  était  au  centre  d'une  baie  simulée 
à  plein  cintre,  au  sommet  de  laquelle  avait  été 
modelé  en  demi  ronde-bosse  le  masque  radieux 
d'^po/Zo7i.  Des  jets  de  lumière  s'échappaient 
de  la  tête  du  Soleil.  Cet  ouvrage,  en  bronze, 
était  également  de  Coyzevox.  La  devise  royale 


\\ 


100  ANTOINE   COYZEVOX 

Nec  pluribus  impar.eX  la  couronne  dominaient 
cette  décoration  que  complétaient  des  guirlan- 
des de  lauriers, aux  courbes  élégantes,  et  dont 
les  extrémités  retombaient  comme  des  grappes 
le  long  de  la  paroi  de  marbre.  Ces  festons, 
Guillet  de  Saint-Georges  l'affirme  dans  l'éloge 
de  Le  Brun,  étaient  de  Coyzevox.  ' 

Deux  trophées  en  bronze  doré  décoraient  le 
mur  opposé  au  buste  de  Louis  XIV.  L'un  ren- 
fermait les  Armes  d'Hercule,  groupées  en  une 
panoplie  formidable  au  centre  de  laquelle  était 
la  massue  du  héros.  Les  Armes  de  Minerve 
composaient  le  second  trophée.  Une  cuirasse 
aux  fines  écailles,  sur  laquelle  s'attachait  la 
tunique  de  la  déesse,  répandait  sur  cette  com- 
position la  grâce  et  la  sérénité.  Les  mêmes 
festons  de  lauriers,  que  Coyzevox  avait  sculp- 
tés près  du  buste  royal,  déployaient  leurs  lignes 
onduleuses  et  puissantes  autour  de  ces  tro- 
phées. 

D'après  Guillet  de  Saint-Georges,  Tuby  aurait 
été  le  collaborateur  de  Coyzevox  dans  ce  tra- 
vail 2.  Une  inscription  relevée  sur  les  planches 

^  Mémoires  inédits,  sur  la  vie   et  les  ouvrages  des 
membres  de  V Académie  de  peinture,  t.  I,  p.  34. 
..  Ibidem. 


ART   DECORATIF.   —  MAUSOLEES  {Qi 

de  Suruguo,  qui  a  gravé  ces  sculptures  \  attri- 
bue les  deux  trophées  à  Coyzevox  ainsi  que 
récusson  portant  les  Armes  de  France  et  de 
Navarre^  placé  entre  les  trophées,  et  exécuté 
en  bronze  «  sur  les  desseins  de  Le  Brun.  »  -. 

Au  salon  de  la  Guerre,  un  important  bas-re- 
lief en  stuc  décore  la  cheminée.  Il  représente 
Louis  XIV  dans  une  sorte  de  triomphe.  A  che- 
val, foulant  aux  pieds  ses  ennemis  vaincus, 
il  a  pour  cortège  la  Victoire,  la  Valeur  et  la 
Renorarnèe.  L'Histoire  médite  le  récit  des 
grandes  actions  du  monarque. 

Non  loin  de  là,  dans  la  grande  Galerie  ,  des 
«  chûtes  de  trophées  de  bronze  doré  »,  pour 
nous  servir  d'un  mot  de  LaMartinière,  ornent 
les  grands  trumeaux.  La  corniche  du  pour- 
tour, très  richement  décorée,  comporte  vingt- 
trois  figures  (ï Enfants.  Tous  ces  travaux  sont 
de  Coyzevox. 

Au  salon  d'Apollon,  la  sculpture  décorative 

^  Catalogue  des  plarickes  gravées  composant  le 
fonds  de  la  Chalcographie  (Paris,  1881,in-8'>).  N"^  166S 
à  1671. 

-  Les  mots  «  sur  les  desseins  de  Charles  Le  Brun  >» 
soQt  gravés  au  bas  de  la  planche  de  Surugue  portant 
les  N°=»  1(569  à  1371  [Catal.  de  la  Chalcographie). 


102  ANTOINE   COYZEVOX 

est  presque  entièrement  l'œuvre  du  maître  ^ 
Sur  la  balustrade  de  la  Cour  de  marbre, 
deux  des  dix-huit  statues  qui  la  décorent  sont 
de  notre  artiste  :  la  Justice  tenant  la  balance 
et  Tépée,  et  la  Force  drapée  dans  la  dépouille 
d'un  lion,  soutenant  d'une  main  une  colonne 
pendant  que  l'autre  agite  une  branche  de 
chêne  -. 

Dans  la  Cour  d'entrée,  dite  autrefois  Cour 
des  Ministres,  un  groupe  de  Y  Abondance  est 
sculpté  par  Coyzevox.  VAhondance  pose  le 
pied  sur  une  gerbe  de  blé  ;  près  d'elle  un 
génie  presse  des  raisins,  un  autre  maintient 
immobile  sur  le  sol  une  figure  de  la  stéri- 
Tiiité  3. 

Les  jardins  sont  peuplés  d'œuvres  du  sta- 
tuaire. Le  bosquet  de  TArc  de  triomphe  com- 
portait à  l'origine  trois  fontaines.  La  fontaine 

^  L.  Dussieux,  Le  château  de  \'ersailLes,  t.  î,  p. 
155.  «  Les  ornements  de  stuc,  écrit  Dussieux,  en  par- 
lant de  ce  salon, ont  été  en  géniTal  exécutés  par  CaÊQéri. 
<t  la  sculpture  décorative  par  Coj'zevox.  »> 

-  Piganiol  de  la  Force,  Description  des  chôteaiu: 
et  parcs  de  Versailles  et  de  Marly  (Paris,  1751,  2  vol. 
in-i2,  t.  I,  p.  17  et  18). 

^  Notice  du  musée  de  Versailles,  par  End.  Soulié 
{Paris,  de  Mourgues,  ISoO,  3  vol.  in- 12,  t.  I.  p.  1). 


ART   DECORATIF.  —   MAUSOLEE^  103 

de  la  France  était  décorée  d'un  groupe  repré- 
sentant la  France  assise  sur  son  char  au  bas 
duquel  l'Espagne  et  l'Empire  sont  renversés. 
Ce  groupe  qui  subsiste  encore  est  en  plomb. 
La  figure  de  TEmpire  est  de  Goyzezox  ;  les 
deux  autres  appartiennent  à  Tuby. 

Toutes  les  sculptures  de  la  fontaine  de  la 
Gloire,  aujourd'hui  détruite,  avaient  été  faites 
par  le  maître  sur  les  dessins  Le  Brun.  La  fon- 
taine de  la  Victoire,  qui  complétait  cet  ensem- 
ble, était  Touvrage  de  Mazeline.  L'Arc  de 
triomphe,  comprenant  trois  portiques  de  fer 
doré  et  des  ornements  en  plomb  d'une  grande 
richesse,  avait  pour  auteurs  six  statuaires  au 
nombre  desquels  se  retrouve  Coyzevox.  Ce 
merveilleux  travail,  décrit  par  Blondel  et 
gravé  par  Thomassin,  a  été  détruit  en  1801, 
à  l'exception  du  groupe  de  la  France  tynoni- 
phante  '. 

Au  bosquet  de  la  Colonnade,  Tartiste  a  scul- 
pté plusieurs  bas-reliefs  représentant  des  Gé- 
nies^ des  Amoirrs  et  des  Nymphes  *. 


'  L.  Dussieux,    Le    château   de   Versailles,    t.    II, 
p.  239. 
2  Eud.  Soulié,  Notice  du   Musée  de  Versailles,  1. 111, 


101  ANTOINE   COYZEVOX 

Deux  Vases  de  sept  pieds  de  haut, en  marbre 
blanc,  décorent  les  angles  du  grand  Perron. 
«  Celui  qui  est  à  main  droite,  écrit  Piganiol, 
est  de  Goyzevox.  Son  bas-relief  représente  la 
Victoire  /^emportée  sur  les  Turcs  par  les 
secours  que  Sa  Majesté  envoya  en  Hongrie, 
en  1664,  et  la  soumission  que  l'Espagne  fît  à 
la  France  à  Toccasion  de  l'insulte  reçue  par 
le  comte  d'Estrade,  pendant  qu'il  était  à  Lon- 
dres en  qualité  d'ambassadeur  de  Sa  Ma- 
jesté^ .  » 

Au  Parterre  d'eau,  la  Dordogne  ayant  près 
d'elle  deux  urnes,  symbole  de  ses  deux 
affluents,  s'appuie  sur  un  Amour  ;  la  Garonne 
tient  un  gouvernail;  à  ses  pieds  est  un  Amour 
et  une  corne  d'abondance.  Le  maître  signe 
ces  deux  œuvres. 

Le  5  décembre  1694,  il  reçoit  le  solde  d'une 
somme  de  39,247  livres  15  s.  montant  des 
«  ouvrages  de  sculptures  qu'il  a  faits  pour  le 
Roy  et  posés  dans  les  jardins  de  Versailles  de- 
puis 1682  jusqu'à  ce  jour  '.  » 

p.  51 G  et  L.  Dussieux,  Le  chaleau  de  Versailles,  t.  II, 
p.  -263. 

'  Piganiol  de  la  Force,  Description  de  Versailles, 
t.  II,  p.  6  et  7. 

*  Comptes  des  Bâtiments  du  Roi.  —  Archives  natio- 
nales, Reg.  0*  2179. 


ART  DECORATIF.    —   MAUSOLÉES  105 

A  ïrianon,  le  marbre  du  Languedoc  des 
pilastres  et  des  chapiteaux,  de  môme  que  les 
boiseries  des  appartements  sont  en  partie 
sculptés  par  l'artiste  \ 

Les  jardins  de  la  Cascade  de  Marly  lui  doi- 
vent huit  groupes  (ÏEnfants  %  et  un  Vase 
qui,  à  lui  seul,  est  paye  850  livres  '\ 

A  l'un  des  bassins  du  Tapis-Vert,  il  sculpte 
Neptune  irrité  que  porte  un  cheval  marin  ;  un 
triton  sonnant  de  la  conque  accompagne  le 
dieu  des  mers.  Un  deuxième  groupe  décore 
un  autre  bassin  :  il  représente  le  Triomphe 
dAmphitrite^  escortée  d'enfants  qui  se  dis- 
putent un  poisson.  A  la  Demi-Lune,  les  sta- 
tues de  Flore  au  repos,  de  la  Nymphe  à  la 
Coquille  sont  signées    de    Coyzevox   '.     La 


*   L.  Dussieux,   Le    château    de    VersailleSy  t.   H, 
p.  319-320. 

-  Voyez  Inventaire  général  des  richesses  d'art  de  la 
France  (Paris,  Pion,  en  cours  de  publication)-.  Archives 
du  Musée  des  Monuments  français,  t.  I,  p.  o9. 

^  Comptes  des  Bâtiments  du  Roi.  —  Archives  na- 
tionales, Reg.  0»  2185,  -^IST,  2188.  2190.  Voyez  aussi 
à  la  fin  de  ce  travail,  Œuvre  du  Maître. 

^  Piganiol  de  la  Force,  Description  de  Versailles, 
t.  II,  p.  275. 


ANTOINE   GOYZEVOX  106 

Vénus  de  Mèdicis,  dont  nous  parlons  plus 
haut,  est  dans  la  Salle  verte  \ 

A  Sceaux,  une  statue  de  Fleuve  est  placée 
dans  une  niche  de  rocaille  -. 

A  Chantilly,  l'artiste  dresse  dans  le  parc  la 
statue  pédestre  de  Condé. 

A  Paris,  rue  du  Grand-Chantier,  le  statuaire 
décore  de  bas-reliefs  la  maison  d'un  fermier- 
général  \  Rue  de  Grenelle,  il  sculpte  pour  la 
somme  de  «  quatre  cent  dix-sept  livres  »  la 
cheminée  du  salon  de  «  Hyacinthe  d'Autecour, 
aumosnier  de  la  feue  Reyne,  abbé  de  Conque.» 
auquel  il  est  obhgé  d'intenter  un  procès  pour 
obtenir  paiement  \  Prior,  le  poète  anglais, 
secrétaire  d'ambassade  à  Paris,  emporte  dans 
sa  patrie  son  buste  par  Coyzevox  qui,  plus  tard, 
prendra  place  à  l'abbaye  de  Westminster  -. 

Ainsi,  cest  un  monde  de  statues,  de  bustes, 

'  Piganiol  de  la  Force,  Description  de  Versailles j  t.  Il, 
p.  283. 

-  Biographie  Michaud.  —  Article  Coyzevox,  par 
Auguis. 

^  Piganiol  de  la  Force,  Description  de  Paris,  t.  IV, 
p.  365. 

■'  Nouvelles  Archives  de  V  Art  français,  {■^\\\^,V-  ^^• 

^  Les  artistes  français  à  Vétranger,  par  L.  Dus- 
sieux.  Troisième  édition  (Paris,  1876,  in-8%  p.  272). 


ART   DKCOïxÂx jiF".   —    jimÂtj>.>OI^i>-crc>  ivi 

de  bas-reliefs  qui  chaque  jour  s'accroît  sous 
la  main  puissante  de  l'infatigable  sculpteur. 
Cependant,  nous  n'avons  pas  fini  d'énumérer 
les  œuvres  de  Coyzevox  créées  pendant  la  pé- 
riode de  sa  virilité. 

Nous  l'avons  vu  occupé  aux  décorations  du 
fronton  de  l'église  des  Invalides.  De  1693  à 
1702,  il  sculpte  pour  le  même  édifice,  la  sta- 
tue colossale,  en  marbre  blanc,  de  Saint  Char- 
lemag'ne  ^  les  figures  en  pierre  de  Saint 
Athanase  et  de  Saint  Grégoire  de  Nazianze  -, 
VAiige  au  casque  qui  surmonte  la  porte  de  la 
chapelle  de  Saint  Augustin  %  et  il  travaille 
aux  panneaux  des  voûtes  \ 

Mais  nous  n'avons  rien  dit  encore  des  mau- 
solées sculptés  par  le  maître. 

En  1692,1e  collège  des  Quatre-Nations  rece- 
vait le  riche  Tombeau  du  caj^dinal  Mazarin. 
Le  monument  est  au  Louvre.  11  est  presque  su- 
perflu de  le  décrire.  Qui  n'a  présente  à  l'esprit 
la  fiçrure  asrenouillée  du  ministre  de  Louis  XIV? 


-  Comptes  des  Bâtiments  du  Hoi,  Reg.  0'  2191,  2103, 
2195. 

-  Comptes  des  Bâtiments.  Reg.  0^  2lS7,  2189. 
'  Comptes  des  Bâtiments.  Reg.  0*  2193. 

•  Comptes  des  Bâtiments.  Reg.  0^  2177,2187,  2189. 


108  ANTOINE    COYZEVOX 

La  tête  est  nue  ;  une  main  pose  sur  le  cœur  : 
les  lèvres  vont  parler.  Le  costume  se  déve- 
loppe en  plis  abondants  et  sévères  sur  le  mar- 
bre noir  du  sarcophage  ;  derrière  le  cardinal, 
un  génie,  nu,  ailé,  demi  fléchissant  sous  le 
poids  d'un  faisceau,  écarte  avec  tristesse 
ce  signe  désormais  inutile  de  la  puissance  de 
Mazarin  ;  à  l'extrémité  du  tombeau,  la  barette 
cardinalice  et  le  manteau.  Ce  groupe  est  en 
marbre  blanc. 

Adossée  au  soubassement,  la  Prudence 
assise  a  sous  son  pied  le  globe.  Un  aviron  et 
un  miroir  autour  duquel  s'enroule  une  serpent 
lui  servent  d'attributs.  La  Fidélité  tient  les 
armes  de  France  et  la  couronne  ;  sous  les  plis 
de  sa  robe  un  chien  s'est  blotti.  Entre  ces  deux 
Vertus,  la  Paix  s'est  assise.  Elle  occupe  la 
place  d'honneur.  Elle  semble  garder  la  dé- 
pouille de  l'homme  d'Etat.  Ses  tempes  sont 
laurées.  Elle  tient  une  corne  d'abondance  et 
éteint  la  flamme  d'une  torche  sur  un  bouclier 
jeté  à  terre.  Ces  trois  figures  sont  en  bronze. 

Au  dessus  du  monument  primitif  étaient 
placées  deux  statues  de  marbre  servant  de  sup- 
ports aux  armoiries  de  Mazarin.  L'une  est  la 
Religion,  enveloppée  de  longs  voiles,  assise, 


ART  DECORATIF.  —  MAUSOLEES     109 

tenant  sur  ses  genoux  un  édicule  à  forme  de 
temple.  Elle  lève  les  yeux  vers  le  ciel.  La  cigo- 
gne symbolique  est  à  sa  droite.  L'autre  est  la 
Charité.  Un  cœur  enflammé  est  dans  sa  main 
et  son  regard  s'incline  vers  Tentant  nu  de  la 
misère,  qu'elle  entoure  de  son  bras  maternels 

La  plume  est  inhabile  à  rendre  l'aspect  et  le 
caractère  du  Tombeau  de  Mazarin.  L'équilibre 
des  lignes  et  des  plans,  la  cadence  des  grandes 
masses,  la  juste  opposition  des  marbres  et  du 
bronze,  l'alternance  du  nu  et  de  la  draperie,  le 
modelé  savant,  tour  à  tour  élégant  et  serré, 
toutes  les  ressources  de  l'art  plastique,  aux 
mains  d'an  maître,  sont  ici  déployées  avec  la 
mesure,  l'énergie,  le  goût  qui  distinguent  le 
génie. 

Le  Mausolée  de  Colhert  n'est  pas  moins 
heureux.  On  le  voit  dans  l'église  de  Saint-Eus- 
tache.  Piganiol  ne  craint  pas  d'écrire  que  ce 
monument  est  l'un  des  plus  beaux  de  France. 
Et  Piganiol  a  raison.  Le  ministre  est  à  genoux  : 
ses  yeux  étaient  fixés  sur  un  livre  de  prières 
que  tenait  un  ange  placé  devant  lui.  Le  marteau 

^  Voyez  dans  Pigauiol  de  la  Force,  Description  de 
Paris,  t.  VIII,  p.  223-224,  les  inscriptions  qui  complé- 
taient le  monument  de  Mazarin. 


110  A^'TOINE   GOYZEYOX 

révolutionnaire  a  brisé  cette  partie  du  monu- 
ment. V Abondance  et  la  Religion  veillent  sur 
la  cendre  illustre  de  l'homme  d^Etat. 

Le  Brun  avait  tracé  le  plan  et  donné  les  des- 
sins de  ce  tombeau,  que  Goyzevox  et  Tuby  ont 
sculpté  ensemble.  La  statue  de  Colbert  et  celle 
de  Y  Abondance  sont  l'œuvre  de  Goyzevox  \ 

On  n'a  pas  oublié  que  Colbert  et  Le  Brun 
avaient  été  les  protecteurs  de  l'artiste.  Il  leur 
était  redevable  de  ses  premiers  travaux  dans 
les  Bâtiments  du  Roi, prémices  de  sa  fortune  et 
de  sa  gloire.  Mais  Colbert  était  mort  disgracié. 
Louvois,  honoré  de  la  confiance  du  monarque, 
combattait  l'influence  de  Le  Brun.  Les  faveurs 
du  ministre  étaient  pour  Mignard.  Le  crédit  du 
premier  peintre  diminuait.  L'heure  était  proche 
où,  dépouillé  de  ses  fonctions  officielles,  iî 
s'exilerait  de  Paris.  Au  milieu  de  ce  conflit, 
Coyzevox  paraît  avoir  conquis  l'estime  de 
Louvois.  Nous  avons  dit  quels  travaux  impor- 

*  Coyzevox  était  depuis  longtemps  familiarisé  avec 
les  traits  de  Colbert.  Mous  voyons,  en  eflet,  par  les 
procès-verbaux  de  l'Académie,  que  le  24  avril  1677, 
Tartiste  avait  sculpté  un  buste  du  ministre.  Les  acadé- 
miciens le  trouvèrent  si  parfait  qu'ils  voulurent  l'ac- 
quérir de  leurs  deniers  afin  d'en  faire  hommage  à 
Colbert. 


ART  DÉCORATIF.  —  MAUSOLEES      111 

tants  lui  étaient  demandés  au  nom  du  Roi.  Mais 
la  peur  n'a  pas  de  prise  sur  une  âme  élevée. 
Colbert  est  mort,  Le  Brun  a  tracé  pour  lui  le 
plan  d'un  tombeau,  Coyzevox,  se  souvenant 
qu'il  est  l'obligé  de  Colbert,  sculpte  sans  hési- 
tation ce  monument. 

Dix  ans  plus  tard,  nous  le  trouverons  à  Saint- 
Nicolas  du  Chardonnet  donnant  à  Le  Brun  lui- 
même  le  suprême  témoignage  de  son  attache- 
ment. 

Un  jour  de  l'année  1683,  Le  Brun  avait  fait 
lire  à  TAcadémie  un  acte  de  concession  con- 
sentie par  le  curé  et  les  marguilliers  de  Saint- 
Nicolas  du  Chardonnet  (<  d'une  chapelle  dans 
Téghse  dudit  Saint -Nicolas  '  ».  Cette  con- 
cession n'avait  pas  été  solKcitée  par  le  premier 
peintre  dans  un  but  exclusivement  personnel  : 
il  souhaitait  que  la  chapelle  de  saint  Charles 
Borromée  devint  le  lieu  de  sépulture  des  aca- 
démiciens, et  le  jour  où  il  informa  ses  confrè- 
res de  son  projet,  il  les  pria  d'accepter  pour 
l'Académie  le  droit  qu'il  venait  d'acquérir.  Son 

^  Voir  Concession  d'une  chajjelle  dans  l'église  Saint- 
Nicolas  du  Chardonnet,  pour  servir  de  sépulture  aux 
membres  de  V Académie  royale  de  Peinture,  Pièces 
justificatives.  Doc.  X. 


H2  ANTOINE   COYZEVOX 

offre  fut  agréée.  Il  n'a  pas  dépendu  de  Le  Brun 
que  les  dynasties  de  nos  artistes  n'eussent  au 
milieu  de  Paris  une  sorte  de  Westminster  ou 
de  Saint-Denis. 

Ce  rêve  ne  s'est  pas  réalisé,  mais  Le  Brun 
et  sa  femme  Suzanne  Butay  ont  été  réunis 
après  leur  mort  sous  les  dalles  de  Saint-Nico- 
las, près  du  tombeau  que  le  peintre  avait  fait 
élever  à  sa  mère  par  le  sculpteur  Collignon. 
Le  buste  du  peintre  est  placé  au  pied  d'une 
pyramide.  Deux  cassolettes  sont  posées  de 
chaque  côté.  De  petits  Génies  dont  Tattitude  et 
les  traits  marquent  la  douleur,  tiennent  des 
flambeaux  renversés.  A  la  base  du  monument, 
la  Peinture  s'incline  attristée  ;  pendant  que  la 
Piété, ûère  des  vertus  et  des  fondations  charita- 
bles de  Le  Brun, lève  la  tête  et  fixele  regard  sur 
le  buste  dupeintre. Ici  encore,  Goyzevox  sait  être 
original.  L'ensemble  du  tombeau  est  d'une  har- 
monie remarquable.  Les  allégories  de  la  Pein- 
ture  et  de  la  Piété  sont  des  figures  achevées. 

A  Saint-Germain-des-Prés,  l'artiste  sculpte 
le  Tombeau  du  comte  Ferdinand  Egon  de 
Furstenherg ,  neveu  du  cardinal  de  ce  nom  \ 

^  Piganiol  de  la  Force,  Description  de  Paris,  t.  VIII, 
p.  56. 


ART  DÉCORATIF.  —  MAUSOLÉES     {{3 

et  la  statue  couchée,  en  marbre  blanc,  de 
Jacques  O'Rourske  Coitsen,  baron  de  Cour- 
champs '.  Aux  Jacobins,  il  porte  la  statue  de 
Créqui']  à  Saint-Roch,  le  buste  de  Le  Nostre. 
Nous  ne  pouvons  suivre  le  statuaire  dans 
tous  les  actes  de  son  existence  laborieuse. 
Pour  quiconque  sait  les  difficultés  et  les  len- 
teurs inséparables  des  travaux  de  sculpture, 
l'activité  du  maître  tient  du  prodige.  Il  semble 
que  sa  main  ait  eu  la  promptitude  de  la  pen- 
sée. A  nommer  cet  entassement  d'oeuvres 
signées  par  Coyzevox,  on  serait  tenté  de  croire 
qu'il  n'avait  qu'à  commander  pour  que  la  ma- 
tière, plus  malléable  que  la  glaise,  revêtît  sans 
retard  la  forme  qu'il  avait  rêvée. 


'  *  Musée    des  Monuments  français,   par    Alexandre 
Lenoir  (Paris,  1806,  6  vol.  in-8%  t.  V,  p.  69-70). 

'  C'est  avec  intention  que,  nous  appuyant  sur  le 
témoignage  de  Germain  Rrice,  nous  parlons  ici  de  la 
statue  du  maréchal  de  Créqui.  (Voyez  Description  nou- 
velle de  la  ville  de  Paris,  édition  de  1706,  t.  I,  p.  160). 
De  cette  statue,  il  ne  restait  qu'un  buste  avec  deux 
bras,  en  1806.  (Voyez  Musée  des  Mojiuments  français, 
t.  V,  p.  121).  Aujourd'hui  les  bras  ont  disparu  ;  le  buste 
est  à  l'église  Saint-Roch  à  Paris.  (Voyez  Inventaire 
général  des  œuvres  d'art  appartenant  à  la  ville  de 
Paris.  Edifices  religieux,  t.  I,  p.  lOi). 

8 


!i4  ANTOINE  GOYZEVOX 

On  ne  sera  pas  surpris,  après  ce  que  nous 
venons  de  raconter,  que  Louis  XIV  et  Louvois- 
aient  tenu  Coyzevox  en  haute  estime.  Elevé 
depuis  de  longues  années  déjà  au  rang  des 
((  officiers  qui  ont  gages  pour  servir  dans  les 
maisons  royales  »  il  reçoit  à  ce  titre,  nous 
l'avons  vu,  deux  cents  livres  par  an,  et  à  plu- 
sieurs reprises  ses  honoraires  sont  doublés*. 

Au  premier  janvier  1G94,  il  fut  désigné  en 
même  temps  que  Leclerc,  Tuby  et  Verdier, 
pour  ((  conduire  l'Académie  des  Gobelins,  po- 
ser le  modèle  et   instruire  les  estudians  '  ». 

Le  maître,  malgré  ces  travaux  considéra- 
bles, ne  cessait  pas  d'honorer  l'Académie  de 

•  Nous  croyons  intéressant  de  donner  ici  le  relevé 
des  sommes  perçues  par  Coyzevox  comme  officier  de 
la  Couronne  de  ^687  à  J702.  Ces  chiffres  ont  été  puisés 
dans  les  Comptes  des  Bâtiments  du  Roi  et  sont  abso- 
lument inédits.  Année  1687;  400  liv.  (Reg.  0',  2159 
2,164)  1688  ;  200  liv.  rO»  2167)  1689;  200  1.(0'  2170)  1690  ; 
200  1.  (0^  2172)  1691  ;  200  1.  (G*  2173)  1692  ;  2001.  (0'  2176) 
1693;  2001.  (0*  2178)  1694;  200  1.  (0»  2180)  1696;  400 
1.  (0^  2182,  2184)  1698  ;  200  1.  (0^  2186)  1699;  400  1.  (0' 
2188,2190)1700;  2001.(0'  2192)  1702;  400  l.(0«  2194.2196). 

-  Cette  fonction  nous  a  été  révélée  par  les  Comptes 
des  Bâtiments  duBoi,  Reg.  G'  2181, folio  123, verso.  Coy- 
zevox recul  pour  le  premier  semestre  i69i  la  somme  de. 
cent  cinquante  livres. 


ART  DECORATIF.  —  MAUSOLEES.     Ha 

peinture  de  sa  présence.  Nicolas  Goustou,  son 
neveu,  que  Louvois  lui  avait  donné  pour  colla- 
borateur, fut  reçu  académicien  le  29  août  1693. 
Le  récipiendaire  prêta  sernient  entre  les  naains 
de  Goypel,  recteur  en  exercice,  mais  Goyze- 
vox,  adjoint  à  recteur,  assista  Goypel  en  cette 
circonstance.  L'année  suivante,  il  reçu  le 
titre  de  recteur  \ 

Ses  confrères  le  chargent  avec  Poerson  de 
porter  leurs  compliments  de  condoléance  au 
sculpteur  Girardon  à  l'occasion  de  la  mort  de 
Gatherine  Duchemin,  sa  femme,  peintre  de 
fleurs  et  académicienne  2.  Enfin  TAcadémie 
impose  au  peintre  Vivien,  pour  morceau  de  ré- 
ception, les  portraits  au  pastel  de  Goyzevox  et 
de  Girardon  ^  ;  à  Jacques  Papelard,  ceux  de 
Goyzevox  et  de  Bon  Boulogne  %  pendant  que 

*  Voyez  Procès-verbaux  de  V Académie  de  pein- 
ture, séances  des  25  septembre,  30  octobre  et  29  dé- 
cembre 1694.  Cette  charge  lui  est  de  nouveau  confiée  à 
maintes  reprises  de  1696  à  1702. 

-  Voyez  Procès-verbaux  de  l'AcadémiCf  séance 
du  27  septembre  1698. 

^  Procès-verbaux  de  L'Académie^  séance  du  o  juil- 
let 1698. 

^  Procès-verbaux  de  l'Académie,  séance  du  30  juil- 
let 170L 


116  ANTOINE   COYZEVOX 

François  Joiivenet  est  élu  sur  «  le  talent  des 
portraits  »  du  maître  et  de  Houasse  qu'il  pré- 
sente à  la  Compagnie   le  25  juin  1701.  ^ 

Le  statuaire  avait  pris  part  au  Salon  de  1699. 
Le  buste  en  bronze  de  Louis  X/F,  ceux  de 
Marie-Thérèse,  du  Grrand  DoAiphm,  et  un 
Portrait  de  femme  avaient  rappelé  son  nom 
aux  visiteurs  de  la  seconde  exposition  fran- 
çaise, ouverte  dans  la  grande  Galerie  du  Lou- 
vre, du  2  au  22  septembre. 

Il  y  avait  alors  un  peu  plus  d'une  année  que 
Coyzevox,  quittant  la  colonie  des  Gobelins, 
avait  obtenu  un  logement  au  Louvre.  Le  bre- 
vet qui  lui  accorde  cette  faveur  est  daté  de 
Versailles  le  27  avril  1698  ^  Les  Illustres,  — 
c'est  ainsi  que  Germain  Brice  désigne  les  ar- 
tistes «  logés  sous  la  grande  Gallerie  »  —  les 
Illustres  qui  avaient  précédé  Coyzevox  dans 
son  logement  étaient  :  Bourgeois,  Lherminot 
et  Baudet  ^ 

^  Voyez  dans  les  Proces-verbaux  de  l'Académie  y 
oelui  de  cette  séance,  h  laquelle  assiste  Coyzevox. 

-  Vo3^ez  Brevet  de  Logement  sous  la  grande  Galerie 
du  Louvre  accordé  à  Antoine  Coyzevox.  —  Pièces 
justificatives.  Doc.  XI. 

'  Bourgeois  avait   pris  possession  de  ce  logement 


ART   DECORATIF.    —   MAUSOLEES.  117 

Le  maître  ne  dut  pas  se  séparer  sans  regret 
des  Gobelins.  A  la  vérité,  Le  Brun,  qui  Ty 
avait  appelé  vingt  ans  auparavant,  était  mort, 
et  plusieurs  des  amis  de  Coyzevox  avaient 
suivi  le  peintre  dans  la  tombe,  mais  notre  ar- 
tiste pouvait-il  oublier  que  ses  plus  belles  an- 
nées s'étaient  écoulées  aux  Gobelins  ?  Naguère 
encore  trois  enfants  étaient  nés  à  son  foyer,. 
Jean-Antoine  »,  Martial  -  et  Antoine-Jules  ^ 
Celui-ci  mourut  âgé  de  quelques  mois. On  se  sou- 
vient que  Claude-Suzanne,  l'aînée  des  enfants 
de  Coyzevox  était  également  morte  très-jeune. 
En  prenant  possession  de  son  logement  au 
Louvre,  l'artiste  était  entouré  de  dix  enfants. 

Quant  à  la  nièce  du  statuaire,  Léonore 
Goustou,  que  le  maître  avait  prise  dans  sa  mai- 
son, il  l'avait  mariée  avec  un  artiste  de  la  co- 
lonie des  Gobelins,  François-Alexis  Francin, 
sculpteur  du  Roi.  Cette  union  datait  du  12  jan- 

eu  1608,  Lherminot  en  1663,  Etienne  Baudet  en  1694. 
(Voyez  Nouvelles  archives  de  Vart  français,  année 
1873,  p.  127). 

'  Né  le  24  mars  1693. 

-  Né  le  H  novembre  1694. 

'  Né  en  1695,  mort  le  9  mars  1696.  C'est  donc  à  tort 
que  Jal  lui  accorde  deux  ans  de  vie.  II  vécut  moins  d'un 
an.  (Vo3'ez  Dictionnaire  critique,  p.  451). 


il8  ANTOINE   GOYZEVOX 

vier  1693  \  A  peine  marié,  Francin,  emme- 
nant sa  jeune  femme,  alla  s'établir  à  Stras- 
bourg. Pendant  ce  temps,  Nicolas  Coustou 
obtint  de  rejoindre  Goyzevox  aux  galeries  du 
Louvre  -^  et,  peu  après,  la  femme  de  Francin 
revint  à  Paris  avec  trois  enfants.  Son  mari, 
retenu  peut-être  par  son  travail,  continuant  de 
vivre  à  Strasbourg,  elle  alla  demeurer  chez 
Coustou  ^ 

Ainsi,  les  proches  de  Goyzevox  ne  cessaient 
de  graviter  autour  de  lui.  L'homme  serviable 
et  recherché  des  siens  n'est-il  pas  trahi  par 
cette  assiduité  qui  l'honore  ? 

^  Voyez  Acte  de  mariage  de  Léonore  Coustou,  nièce 
de  Coyzevox  avec  François-Alexis  Francin.  Pièces  jus- 
tificatives. Doc.  XIII. 

-  Nicolas  Coustou  vint  demeurer  au  Louvre  le  \  k 
juin  1703. 

^  .Nous  avons  la  preuve  du  séjour  prolongé  de 
Francin  à  Strasbourg  par  l'acte  de  décès  de  sa  fille 
-Marguerite.  Cette  enfant  étant  morte  à  Paris  le  23  sep- 
tembre 1710,  elle  fut  inscrite  sur  son  acte  d'inhumation 
«  fille  du  sieur  François  Francin,  sculpteur  à  Stras- 
hourc  (sic).  (Voyez  Jal,  Dictionnaire  critique,  p.  609). 


FIGURES    EQUESTRES 

1702-1712 

SOMMAIRE 

Le  monument  de  Louis  XIV  commandé   par  les   Etats    de  Bretagne. 

—  Son    histoire.  —  Une    lettre    de    Coyzevox.    —    Description    du 
monument.  —  Coyzevox.  animalier.  —  Les  Chevaux  ailés  de  Marly. 

—  Le  marbre  sous  le  ciseau  de  Coyzevox.  —  Mot  de  Mariette.    — 
«  Ces  deux,  groupes  ont  esté  faits  en  deux  ans.  »    —  Témoignage 
de  Fermelhuis  sur  le  soin  qu'apportait  Coyzevox  dans  l'étude    du 
cheval,' —  •<  Il  était  docile  avec  beaucoup  de  lumières.  »  —  Coyzevox 
élu  directeur  de  l'Académie.  —  La  légende  d'Hercule.  —  Les  mor- 
ceaux de  réception  de  Nicolas  Bertin,  Sarrabat,  Jacques  Gazes,  De 
Fer.  —  Le  portrait  de    Lerambert.  —  Pierre  Drevet   et  Jean    Au- 
dran,    agréés    par   l'Académie.   —    Guillaume    Coustou,  neveu    de 
Coyzevox,  reçu  académicien   sous  son  directorat,    —  Le  salon    de 
1704.  —  Le    portrait    de    Coyzevox    par    Rigaud.  —  Comment   fut 
exécuté  par  le  maîtae  le  buste  de  Marie  Serre,  mère  de  Rigaud.  — 
Description  de  cet  ouvrage.    —  Buste  du  Duc  d'Aiitin.  —  Coyzevox 
frappé    d'apoplexie.  —   Il  se  rétablit.  —  Il  sculpte,  pour  l'abbaye 
de  Royaumout,  le  Tombeau  de  Henri  de  Lorraine,  comte  d'Harcoart. 
—  Monument  de  Nicolas  de    Bautru,  marquis   de    Vauhrun    pour    la 
chapelle  de  Serrant.  —  Monument  de  Mansart  à  Paris.—  Coyzevox  à 
Marly.  —  La  Seine  et  la  Marne  —  Hamadryadc  et  enfant  —  Flore  et 
l'Amour.  —  Berger  jouant  de  la  flûte.  —  Louis  XIV  dans  l'atelier  du 
maître.    —  Charle.s,    Pierre    et   Jean  Coyzevox.  —  L'artiste  sculpte 
le  Rhône  pour  les  jardins  de  Saint-Cloud.  —  La  statue  delà  Duchesse 
de  £ourgoyiie, commandée  par  le  Duc  d'Antin. 

Si  l'existence  de  Coyzevox  est  remplie  par 
un  labeur  sans  trêve  qui  semble  dépasser  par- 


120  ANTOINE   GOYZEYOX 

fois  les  forces  de  Thomme,  du  moins  Tartiste 
nous  est-il  apparu  depuis  trente  années,  com- 
blé de  travaux  et  d'honneurs.  Ses  succès  se 
renouvellent  à  chaque  œuvre  qu'il  achève.  Il 
est  le  sculpteur  de  la  Cour.  La  politique  ne  l'a 
pas  atteint.  Louvois,  Yillacerf  et  Mansart  ont 
pour  lui  les  mêmes  attentions  que  Colbert.  II 
est  vrai,  nous  n'avons  rien  dit  encore  de  la 
statue  triomphale  de  Louis  XIV  ordonnée  à 
Goyzevox  en  1685  par  les  États  de  Bretagne,  et 
qui  ne  devait  être  inaugurée  à  Rennes  qu'en 
1726,  c'est-à-dire  six  ans  après  la  mort  du 
statuaire.  Pendant  trente-cinq  années,  ce  mo- 
nument fut  pour  l'artiste  une  source  d'ennuis 
et  de  déceptions. 

Essayons  de  raconter  cette  histoire. 

Les  États  de  Bretagne  étant  assemblés  à 
Dinan,  Sébastien  de  Guémadeuc,  évêque  de 
Saint-Malo,  proposa  le  6  août  1685  que  la  sta- 
tue du  Roi  fut  érigée  dans  l'une  des  princi- 
pales villes  de  la  province.  Le  duc  de  la  Tré- 
moille  appuya  cette  motion  que  les  Etats  ac- 
cueillirent avec  empressement.  Aussitôt,  Louis 
XIV  fut  instruit  du  projet  par  une  lettre  du 
duc  de  Ghaulnes,  gouverneur  de  Bretagne.  Le 
duc  priait  le  Roi  do  désigner  la  ville  où  devait 


FIGURES   EQUESTRES  121 

être  placé  le  monument.  Le  Roi  fit  choix  de  la 
ville  de  Nantes,  «  tant  à  cause  du  pont  où  la 
statue  pourra  être  mise  avec  décence,  qu'à 
cause  de  l'abord  considérable  de  toutes  les 
nations  tant  par  terre  que  par  eau.  »  Ce  sont 
les  termes  de  la  lettre  royale  datée  de  Ver- 
sailles le  15  août  '. 

Un  marché  est  passé  devant  maître  Savalete, 
notaire  à  Paris,  le  9  juin  suivant'*  entre  les 
députez  des  États  de  la  cour  et  le  sieur  de 
Goyzevox.  »  Le  prix  du  travail  est  fixé  à  qua- 
tre-vingt dix  milles  livres  -. 

Quatre  ans  après,  la  statue  équestre  et  les 
bas-reliefs  sont  terminés.  Le  sculpteur  espère 
se  séparer  de  son  œuvre.  Mais  le  piédestal 
n'est  pas  construit. 

Deux  années  s'écoulent  avant  que  le  «  devis 
des  ouvrages  de  marbre  et  de  bronze  »  néces- 
saires à  la  décoration  du  piédestal  soit  dres- 
sé \  Pendant  ce  temps,  le   monument  de- 

'  Voyez  la  lettre  du  Roi  au  tome  V,  p.  316  de  la 
Commune  et  la  Milice  de  Nantes,  par  Camille  Melli- 
nel  (18-tl,in-8''j. 

*  Voyez  la  décision  prise  par  les  États  le  22  octobre 
1687.  Archives  de  l'art  français,  t.  V,  p.  227-228. 

^  Cette  pièce  porte  les  dates  des  21  et  23  mai  1692. 
Archives  de  l'art  français,  t.  V^  p.230-?.il. 


122  ANTOINE   GOYZEVOX 

meure  à  Paris  renfermé  dans  quelque  atelier, 
sous  la  garde  de  son  auteur.  Un  jour,  les  États 
passent  un  marché  avec  le  sieur  Reuzé,  voitu- 
rier  d'Orléans,  pour  le  transport  du  bronze. 
Ce  doit  être  l'indice  d'une  solution  prochaine. 
Vain  espoir.  Les  États  ne  donnent  pas  suite  à 
leurs  conventions,  et  le  31  octobre  1695,  ap- 
pelés à  statuer  sur  les  »  mémoires  et  préten- 
tions du  sieur  Gos vaux, sculpteur,  et  du  nommé 
Reuzé,  voiturier  d'Orléans,  »  ils  décident 
«  que  ledit  Gosvaux  sera  payé,  tant  pour  le 
passé  que  pour  l'advenir,  à  raison  de  trois 
cents  livres  par  an,  pour  dédommagement  du 
lieu  où  il  faict  garder  la  statue  équestre  du 
R.oy.  »  Quant  à  Reuzé,  son  marché  est  rompu 
moyennant  un  dédit  de  mille  livres  payées 
comptant  '. 

Il  faut  attendre  ensuite  dix-huit  ans,  pendant 
lesquels  Coyzevox  ne  put  rester  silencieux. 
Déjà,  en  1709,  fort  de  l'appui  du  Roi,  il  récla- 
mait aux  États  le  paiement  d'une  dette  qu'on 
avait  trop  tardé  à  lui  solder'.  Mais  c'est  seu- 

'  Voyez  Archives  de  l'art  français^  t.  V,  p.  230- 
241. 

-  Extrait  des  procès-verbaux  des  Délibérations  des 
Etats. 


FIGURES   ÉQUESTRES  12? 

lement  en  1713  que  les  pourparlers  furent  re- 
pris, touchant  le  transport  de  l'ouvrage.  Un 
mémoire  du  statuaire,  adressé  à  M.  de  Valin- 
cour,  donne  un  aperçu  des  dépenses  que  né- 
cessitera cette  opération.  La  même  pièce  nous 
apprend  en  outre  que  le  monument  doit  être 
érigé,  non  plus  à  Nantes,  mais  à  Rennes  '. 
L'artiste  aj-ant  demandé  que  Ton  préparât  le 
massif  de  maçonnerie  sur  lequel  sera  posée 
la  statue,  le  départ  de  Pœuvre  fut  de  nouveau 
retardé. 

Enfin,  en  1715,  quelques  semaines  avant  la 
mort  de  Louis  XIV,  son  image  triomphale  prit 
le  chemin  de  la  Bretagne.  Un  nouveau  docu- 
ment nous  informe  que  le  sculpteur  dut  «  faire 
faire  des  ouvertures  tant  dans  le  mur  de  son 
attelier  que  sur  la  couverture  et  charpente  qui 
est  sur  led.  ouvrage  »  pour  sortir  son  bronze 
colossal  *.   Il  parvint  à  Nantes,  par  la  Loire, 

^  A7'chives  de  l'Art  français,  t.  v.  p.  244. 

-  Voyez,  mémoire  pour  Antoine  Coyzevox  présenté 
à  nosseigneurs  les  députez  des  Etats  de  Bretagne. 
Archives  de  Vart  français,  t.  V,  p. 247.  Les  dimensions 
de  la  statue,  assise  sur  le  cheval,  mesurée  depuis  les 
pieds  jusqu'à  la  sommité  de  la  tête  étaient  de  onze 
pieds;  celles  du  cheval  depuis  les  pieds  jusqu'au  gar- 
rot, de  neuf  pieds  environ.  Le  piédestal  avait  douze 


1! 


124  ANTOINE   COYZEVOX 

le  26  octobre^  .  On  rendit  compte  à  Goyzevox 
de  rétat  dans  lequel  avaient  été  trouvées  les 
diverses  parties  dumonument.  Goyzevox  répon- 
dit le  26  décembre  par  la  lettre  suivante  que 
nous  publions  en  entier.  L'extrême  rareté  des 
autographes  du  maître,  à  défaut  des  renseigne- 
ments précis  que  contient  cette  pièce,  suffirait 
à  marquer  sa  place  dans  notre  écrit.  Datée  de 
Paris,  la  lettre  du  statuaire  fut  sans  doute 
adressée  au  procureur-général,  syndic  des 
États.  En  voici  le  texte  : 

«  Monsieur, 
u  J'ay  fait  faire  le  débarquement  de  la  statue 
équestre  du  roy  et  de  tout  ce  qui  en  dépend 
sur  le  quayde  la  Bource  à  Nantes,  comme  j'y 
estois  obligé. L'ouvrage  a  esté  conservé  et  livré 
sain  et  entier,  et  en  bon  estât,  malgré  les 
risques  de  l'embarquement  et  débarquement, 

pieds  de  longueur,  sept  de  largeur,  dix  de  hauteur.  Il 
était  revêtu  de  deux  bas-reliefs  enbron/e  de  sept  pieds 
de  longueur*  sur  quatre  pieds  quatre  pouces  de  hau- 
teur. Voyez  Mémoires  historiques  relatifs  à  la  fonte  et 
('i  l'élévation  de  la  statue  équestre  de  Henri  IV,  par 
Gh.  J.  Lalohe  (Paris,  lRi9,  in-8°,  p.  2o9-260). 

'  Voyez  Etat  des  marbres  et  bronzes  qui  composent 
la  figure  équestre  du  Roy,  lo)'s  de  C embarquement. 
Pièces  justilicative s.  Doc.  XIV. 


FIGURES   EQUESTRES  125 

comme  il  paroist  par  le  certificat  que  M.  de 
Laurencin  en  a  donné  et  dont  je  vous  envoyé 
cy  joint  une  copie.  Cependant  monsieur  de 
Montaran  m'a  fait  l'honneur  de  m'écrire  qu'il 
ne  pouvoit  pas  me  payer  les  mille  livres,  qui 
me  sont  deus  de  reste  sur  ce  marché,  sans  un 
ordre  de  nosseigneurs  les  Estats  de  Bretagne, 
et  la  raison  qu'il  m'en  donne  est  fondée  sur  ce 
que  monsieur  de  Laurencin  dans  le  certificat 
qu'il  m'a  donné  a  marqué  qu'il  y  avait  dix 
petites  écornures  dans  le  marbre  blanc  et  qu'il 
marque  même  estre  de  peu  de  conséquence  ; 
j'ay  recours  à  vous,  monsieur,  pour  vous  prier 
de  vouloir  bien  présenter  à  nosseigneurs  les 
Estats  de  Bretagne  la  requeste  cy  jointe  par 
laquelle  je  leur  demande  qu'ils  ayent  la  bonté 
d'ordonner  que  je  sois  payé  des  mille  livres 
qui  me  sont  deus.  J'espère,  monsieur,  que  vous 
voudrés  bien  me  rendre  ce  service  ;  quand  aux 
écornures  dont  M.  de  Laurencin  parle  dans  ce 
certificats,  ce  ne  sont  que  des  égrenures  de 
peu  de  conséquence,  comme  M.  de  Laurencin 
le  marque  luy  même,  et  je  puis  vous  assurer 
que,  lorsque  l'ouvrage  sera  mis  en  place,  ces 
égrenures  se  trouveront  en  dedans  du  massif 
ou  en  des  endroits  où  elles  ne  paroistront 


126  ANTOINE   COYZEVOX 

jamais,  et  d'ailleurs  c'est  si  peu  de  chose 
que  elles  ne  vont  pas  chacune  à  une  ligne  au 
plus.  C'est  étonnant  même,  monsieur,  que 
depuis  près  de  vingt  cinq  ans  que  j'ay  esté 
chargé  du  soin  de  conserver  cet  ouvrage,  et 
de  le  transporter  à  Nantes,  qu'il  y  soit  arrivé 
en  aussi  bon  estât.  Ainsy,  monsieur,  j'espère 
que  nosseigneurs  les  Estats  me  rendront  jus- 
tice si  vous  voulés  bien  leur  représenter  et 
appuyer  mes  raisons  ;  c'est  une  obligation 
nouvelle  que  je  vous  auray. 

((  Je  suis  avec  un  profond  respect,  monsieur, 
votre  très  humble  et  obéissant  serviteur, 

COYZEVOX.   » 

'(  Je  vous  prie,  monsieur,  d'avoir  la  bonté 
de  me  faire  un  mot  de  réponse.  Mon  adresse 
est  rue  du  Chantre,  près  le  Louvre. 

«  Pour  exécuter  vos  ordres  j'ay  fait  partir 
mes  gens  dans  le  temps  que  vous  me  le  mar- 
quattes,  et  ils  ont  esté  deux  mois  à  Nantes 
trop  tost,  ce  qui  m'a  cousté  beaucoup.  Si  vous 
aviés  la  bonté  de  le  représenter  à  nosseigneurs 
les  Estatsjedevrois  avoir  quelque  récompense 
pour  m'en  dédommager.  » 

Coyzevox  avait  soixante-quinze  ans  quand  il 


FIGURES   EQUESTRES  127 

écrivit  cette  lettre.  On  ne  paraît  pas  avoir  pris 
garde  à  son  grand  âge  pour  hâter  la  pose  de 
la  statue  et  l'en  faire  responsable.  Ce  n'est  que 
le  6  octobre  1720,  cinq  jours  avant  la  mort  du 
statuaire,  que  Mellier,  maire  de  Nantes,  provo- 
que une  délibération  tendant  à  ériger  à  Nantes 
la  «  statue  équestre  du  feu  roy  de  très-glo- 
rieuse mémoire  »  afin  «  qu'un  monument  aussi 
précieux  ne  reste  pas  davantage  enseveli  sous 
l'hangard  où  il  a  été  déposé  sur  le  port  au  vin 
de  cette  ville  '  ».  Démarches  tardives  et  inu- 
tiles. Saint-Malo  aélevéles  mêmes  prétentions 
que  Nantes.  Rennes  ne  veut  pas  se  dessaisir 
de  son  droit  sur  l'œuvre  de  Goyzevox.  Un 
incendie  dévaste  la  ville  de  Rennes  en  1721. 
On  relève  la  cité  sur  un  plan  nouveau  ;  la  place 
du  Palais  paraît  digne  de  la  statue  de  Louis 
XIV.  On  la  fait  sortir  de  son  «  hangar  »  en 
février  1726  et  on  l'érigé  le  6  juillet  '. 

En  costume  romain,  la  poitrine  couverte 
d'une  cuirasse  richement  ornée,  le  bâton  de 
commandement  dans  une  main,  Louis  XIV  à 

'  Extrait  des  registres  du  greffe  de  l'Hôtel  de  Ville 
de  Nantes. 

^  Archives  de  Vart  français,  t.  V_,  p.  256-260  pas- 
si7n. 


128  ANTOINE   GOYZEVOX 

cheval  tourne  le  regard  vers  sa  droite.  Une 
abondante  perruque  couvre  la  tête  et  tombe 
sur  le  manteau  du  triomphateur.  Ce  détail,  dont 
Coyzevox  ne  pouvait  s'affranchir,  n'est  pas 
heureux.  La  perruque  bouclée  est  en  dé- 
saccord avec  l'armure  ;  elle  est  sans  rapport 
avec  le  nu  des  bras  et  des  jambes.  La  perru- 
que est  un  accessoire  qui  ne  choque  pas  avec 
le  tricorne  orné  de  plumes  et  Thabit  de  velours 
ou  de  satin.  Rapprochée  du  costume  sévère 
des  anciens  capitaines,  si  tempérée  que  soit  la 
sévérité  d'un  tel  costume,  le  nombre  et  la  ri- 
chesse des  ornements,  la  perruque  déplaît. 
Mais  n'oubhons  pas  que  la  statue  de  Louis  XIV, 
héroïque  dans  la  pensée  de  ceux  qui  l'ordon- 
nent, est  l'image  d'un  prince  vivant,  le  plus 
connu  de  l'Europe.  A  ce  titre,  le  caractère 
iconique  s'impose  au  statuaire.  C'est  un  por- 
trait grandiose,  idéalisé,  resplendissant,  qu'il 
doit  modeler,  mais  c'est  avant  tout  un  portrait. 
Cette  condition  posée,  Coyzevox  a  traité  la  tête 
de  son  modèle  avec  le  talent  de  portraitiste 
dont  il  avait  donné  tant  de  preuves  éclatantes. 
Le  visage  —  tel  que  le  représente  Thomassin, 
qui  a  gravé  l'œuvre  du  sculpteur  —  est  d'une 
vérité  remarquable.  Quant  à  la   cuirasse,  au 


FIGURES   EQUESTRES  \29 

manteau,  à  la  selle  du  cheval,  ornée  de  houp- 
pes et  de  glands  entre  lesquels  alternent  le 
masque  du  soleil  et  la  fleur  de  lys,  l'artiste  s'est 
joué  de  la  glaise  et  du  bronze  en  reproduisant 
ces  objets.  Pas  plus  que  la  perruque  adroite- 
ment fouillée  ne  pesait  sur  la  tête  du  monarque, 
le  manteau  n'alourdit  les  épaules.  Il  flotte  avec 
la  légèreté  de  l'étoff'e  derrière  le  cavalier,  mais 
Coyzevox  a  pris  soin  d'en  contenir  les  plis  afin 
que  leur  développement  fût  sans  préjudice 
pour  le  cheval.  Avec  une  entente  moins  ha- 
bile de  la  composition,  Tartiste  eût  laissé  le 
manteau  tomber  comme  une  sorte  de  housse 
sur  la  croupe  de  l'animal.  Au  contraire,  la 
croupe  est  entièrement  découverte  ;  de  même, 
la  selle  courte  et  étroite  laisse  visible  le  flanc 
de  la  bête.  Dans  cette  partie  du  travail,  Coyze- 
vox a  droit  aux  plus  grands  éloges.  La  force 
et  la  souplesse  distinguent  le  cheval  sorti  de 
ses  mains.  L'allure  est  puissante  et  apaisée.  La 
courbe  du  garrot,  la  saillie  de  l'os  frontal,  la 
mobilité  des  narines,  les  veines  légèrement 
gonflées  de  Tavant-bras,  du  ventre  et  des  cuis- 
ses, les  lignes  onduleuses  et  fermes  qui  de 
l'oreille  se  déroulent  jusqu'à  la  croupe,  les 
crins  abondants  et  soyeux  révèlent  chez  l'ar- 
tiste un  animalier  de  premier  ordre.  9 


130  ANTOINE   COYZEVOX 

Deux  bas-reliefs  complétaient  le  monument. 
Dans  le  premier,  placé  sur  la  face  latérale 
droite  du  piédestal,  le  sculpteur  a  représenté 
la  France  assise  sur  le  char  de  Neptime,  traîné 
par  des  Tritons  et  parcourant  les  mers.  Un  tri- 
dent lui  tient  lieu  de  sceptre,  et  des  Génies,  les 
ailes  déployées,  s'apprêtent  à  poser  des  cou- 
ronnes sur  sa  tête.  Le  second  bas-relief,  c'est 
Coyzevox  lui-même  qui  l'a  dit,  représente  «  le 
Roy,  assis  sur  son  trône  dans  la  galerie  de 
Versailles,  où  il  reçoit  les  Siamois,  Indiens  et 
Chinois,  lesquels  sont  tous  envoyez  par  les 
costes  de  Bretagne  \  »  C'est  le  1"  septem- 
bre 1686  que  l'ambassade  de  Siam  fut  reçue 
par  Louis  XIV.  a  Les  portraits  ressemblants  de 
tous  les  seigneurs  de  la  cour  et  des  ministres 
qui  accompagnaient  le  Roy,  écrit  Fermelhuis, 
témoignent  combien  cette  audience  dut  parai- 

*  Ai'chives  de  V art  français,  t.  V,  p.  234.—  Passeron 
pai'ait  ne  pas  s'être  douté  que  Coyzevox  a  représenté 
dans  ce  bas-relief  l'audience  du  roi  de  Siam.  (Voyez 
p.  126  de  la  Revue  du  Lyonnais  de  {^"io,  Notice  sur  An- 
toine Coyzevox).  L'auteur  du  livret  du  Musée  de  Rennes 
omet  également  cet  important  détail  dans  la  désigna- 
tion du  bronze  conservé  au  Musée.  (Voyez  Catalogue 
du  Musée  de  laville  de  Rennes  —  Rennes,  1 871 ,  in-12.  — 
p.  o7). 


FIGURES   ÉQUESTRES  131 

tre  auguste  à  tous  ces  étrangers  dont  les  rois 
ne  se  communiquent  pas  même  à  leurs  sujets, 
et  celuy  du  sculpteur  est  une  preuve  que  par  sa 
présence  il  eut  occasion  de  remarquer  toutes 
les  circonstances  de  cette  célèbre  assemblée, 
parmi  lesquelles  on  en  peut  observer  une  sin- 
gulière :  c'est  la  représentation  d'un  tableau 
qui  était  dans  la  salle,  où  l'on  voit  le  Mariage 
de  Louis  XIÏ  avec  Anne  de  Bretagne,  qui  fit 
passer  cette  province  sous  la  domination  de 
la  France  *.  » 

Fermelhuis  omet  de  dire  que  la  scène  mo- 
delée par  l'artiste  comporte,  indépendamment 
de  l'ambassade  siamoise,  les  députés  de  la  Bre- 
tagne présentant  à  Louis  XIV  le  projet  de 
statue  équestre  dont  Mansart  et  Goyzevox  dé- 
roulent le  plan  sous  ses  yeux  '. 

Ces  bas-reliefs  encastrés  dans  le  piédestal 
de  la  statue  ont  survécu  à  la  destruction  du 
monument.  On  les  voit  aujourd'hui  au  Musée 
de  Rennes.  Leur  exécution  brillante,  le  choix 
et  le  fini  des  détails  sont  appréciés  de  tous  les 
critiques. 

'  Eloge,  p.  14. 

2  Voyez  Méinoires  historiques  relatifs  à  la  statue  de 
Henri  /F,  par  Gh.  J.  Lafolie,  p.  260. 


l^i  ANTOINE   COYZEVOX 

Est-il  besoin  de  rappeler  que  le  bronze  de  la 
place  du  Palais  subit  en  1792  le  sort  de  toutes 
les  statues  royales  ?  La  figure  de  Louis  XIV, 
enlevée  la  première,  fut  reléguée  dans  l'église 
de  Saint- Germain  de  Rennes  '.  Le  cheval, 
dont  la  valeur  plastique  avait  peut-être  frappé 
quelques  esprits,  fut  conservé  sur  son  pié- 
destal comme  un  symbole  de  liberté.  Mais  de 
jeunes  Lorientais,  revenant  de  la  fête  de  la 
Fédération,  ameutèrent  la  populace  contre  ce 
débris  de  monument.  Peu  après,  une  pétition 
populaire  demandait  que  le  bronze  de  Coyze- 
vox  disparût  et  fût  converti  en  canons.  A  l'ar- 
rivée de  Carrier  dans  la  ville  de  Rennes,  le 
cheval  et  la  statue  furent  brisés  *. 

Le  sculpteur  s'était  manifesté  comme  ani- 
malier dans  une  autre  occasion.  On  connaît  le 
Mercure  et  la  Renommée  montés  sur  des  che- 

*  Le  monument  n'avait  pas  été  fondu  d'un  seul  jet, 
comme  l'ont  avancé  certains  historiens.  Nous  en  avons 
!a  preuve  dans  «  l'état  des  marbres  et  bronzes  qui  com- 
posent la  figure  équestre  du  Roy  »  cité  plus  haut.  Trois 
bateaux  avaient  servi  au  transport  de  Paris  à  Nantes  : 
la  statue  de  Louis  XIV  était  dans  l'un  et  le  cheval  dans 
un  autre. 

^  Voyez  Mémoires  histo7iques  relatifs  à  la  statue  de 
Henri  IV  ^dx  Ch.  J.  Lafolie,  p.  260. 


FIGURES    EQUESTRES  13^ 

vaux  ailés.  Ces  deux  œuvres  décorent  rentrée 
du  jardin  des  Tuileries  sur  la  place  de  la  Con- 
corde. 

Assise  sur  un  cheval  emporté,  la  Renommée 
a  les  jambes  repliées  sur  le  flanc  gauche  de  sa 
monture.  Sa  tête  est  laurée.  Une  branche  de 
laurier  dans  la  main  gauche,  elle  tient  de  l'autre 
la  trompette  des  batailles,  dont  elle  sonne  en 
se  retournant  comme  le  ferait  un  hérault  d'ar- 
mes pour  entraîner  au  combat.  Une  tunique 
légère  couvre  la  déesse.  La  poitrine  et  les 
jambes  en  partie  découvertes  donnent  à  cette 
messagère  alerte  la  légèreté  des  amazones 
antiques.  Une  chaîne  disposée  comme  un  bau- 
drier fixe  une  draperie  flottante  sur  Tépaule 
droite.  Un  tronc  de  palmier  entouré  d'armes 
sert  de  support  au  cheval. 

Monté  sur  Pégase,  Mercure,  nu,  les  pieds 
chaussés  detalonnières,  a  dans  une  main  la 
bride  de  l'animal.  Sur  son  petase  ailé  sont 
sculptés  un  béher  et  une  étoile.  Une  écharpe 
retenue  sur  l'épaule  flotte  derrière  le  dieu 
qui,  le  bras  levé,  tient  au-dessus  de  la  tête  de 
son  cheval  un  caducée,  symbole  rassurant  de 
la  prospérité  publique.  Des  outils  et  des  armes- 
finement  travaillés,  emblèmes  de  l'industrie 


134  ANTOINE   COYZEVOX 

nationale,  disposés  en  trophée  autour  d'un 
tronc  d'arbre,  servent  de  point  d'appui. 

La  paix  et  la  guerre,  également  glorieuses 
sous  le  règne  de  Louis  XIV,  sont  rappelées 
avec  art  dans  l'un  et  l'autre  de  ces  groupes. 
L'allure  des  deux  chevaux  est  la  même,  mais 
celui  de  la  Renommée  n'a  pas  de  rênes,  il  vole 
en  liberté  :  ainsi  Coyzevox  a-t-il  adroitement 
figuré  les  hasards  de  la  guerre.  Pégase,  au 
contraire,  est  dompté  ;  Mercure  le  maintient  et 
le  guide.  La  paix,  le  travail,  la  richesse  redou- 
tent les  surprises  '. 

Dire  le  mouvement,  la  vie,  le  naturel,  le 
style  de  ces  deux  groupes  est  une  tâche  su- 
perflue. Le  maître,  en  les  sculptant,  s'est  joué 
de  la  matière.  La  hardiesse  des  lignes,  l'élan 
des  personnages  enlèvent  toute  pesanteur  au 
marbre.  Les  coursiers  fantastiques  que  mon- 
tent la  Renommée  et  Mercure  ont  à  peine  dé- 
ployé leurs  ailes,  et  cependant  ils  paraissent 
impondérables.  Ce  sont  des  êtres  aériens.  S'ils 
ont  posé  le  pied  sur  notre  sol,  ils  n'ont  voulu 
sans  doute  que  donner  aux  hommes  la  vision 
tangible  et  momentanée  de  leur  vol  divin. 

^  Ce  groupe,  reproduit  en  bronze,  est  conservé  à  la 
Grune  Gewolbe  à  Dresde. 


FIGURES   KQUESTRES  135 

«  Chacun  de  ces  groupes  est  d'un  seul  bloc 
de  marbre  de  douze  pieds  de  haut,  sans  qu'on 
ait  été  obligé  d'y  rien  ajouter,  non  pas  même 
pour  la  trompette  de  la  Renommée  qui  a  été 
épargnée  avec  une  attention  infinie  '.  »  C'est 
Piganiol  qui  donne  ce  détail.  De  son  côté, 
Mariette  est  tout  à  l'éloge  :  «  C'est  un  miracle 
pour  le  travail  du  marbre,  dit-il.  C'était  la  par- 
tie de  Coyzevox  ^  » 

Exécutés  pour  les  jardins  de  Marly,  ces 
groupes  furent  placés  à  l'extrémité  des  Nap- 
pes. La  pose  de  la  Renommée  eut  lieu  en  pré- 
sence du  Roi  le  2  août  1702,  et  six  jours  après, 
le  monarque  présidait  à  la  pose  du  Mer- 
cure ^.  Le  7  janvier  1719,  ils  furent  trans- 
portés à  Paris  \ 

Les  Comptes  des  Bâtiments  nous  révèlent 
que  Coyzevox  reçut  pour  ces  ouvrages  38,450 

*  Piganiol  de  la  Force,  Description  de  Pa7ns,  t.  II, 
p. 383. 

-  Abecedario  de  P.  J.  Mariette  publié  par  MM.  de 
Chennevières  et  A.  de  MoQtaiglon  (Paris,  Damoulin 
4862,  6  vol.  in-8)  t.  II,  p.  37. 

■^  L.  Dussieux,  Le  château  de  Versailles^  t.  II,  p. 
38o. 

*  Piganiol  de  la  Force,  Description  de  PaHs,  t.  Il, 
p.  383. 


136  ANTOINE   COYZEVOX 

livres  '.  Lui-même  a  pris  soin  de  nous  ap- 
prendre combien  de  temps  il  mit  à  son  travail. 
Sur  la  plinthe  du  Mercure,  près  du  millésime 
1702  est  gravé  :  (<  Ces  deux  groupes  ont  esté 
faits  en  deux  ans  ». 

Cette  inscription  n'a  pas,  comme  on  pour- 
rait le  penser,  le  caractère  d'un  défi.  Si  nous 
en  croyons  certains  mots  de  Fermelhuis,  il  ne 
faudrait  voir  dans  cette  phrase  qu'une  sorte 
d'excuse.  «  Soit  que  Timagination  de  Coyzevox, 
écrit  son  biographe,  fatiguée  par  l'assiduité 
d'un  travail  si  rapide  n'y  vit  plus  les  beautés 
qu'on  y  découvre  au  premier  coup  d'œil,  soit 
qu'il  craignît  de  n'avoir  pas  eu  assez  de  loisir 
pour  étudier  un  si  grand  ouvrage,  il  ne  fut 
point   content  jusqu'à  ce  qu'il  eût  donné  de 

'  Voici  le  décompte  de  cette  somme,  tel  que  nous 
le  relevons  sur  les  Compter  des  Bâtiments.  Registre  0', 
2193,  le  30  janvier  1701  ;  1000  1.  ;  le  7  mars  :  1500  1.  ; 
du  24  avril  au  27  novembre  :  quinze  paiements  de 
750  1.  chacun,  soit  11250  1.  —  Registre  0',  2195,  dd  11 
décembre  1701  au  26  mars  1702,  six  paiements  de  7501. 
chacun,  soit  4500  1.  ;  du  19  avril  au  17  décembre  1702, 
treize  paiements,  savoir  huit  de  1050  1.,  trois  de  10001., 
deux  de  500  l,  soit  12400  1.  —  Registre  0',  2201,  du 
18  janvier  au  21  septembre  1703,  quatre  paiements, 
savoir:  deux  de  3000  1  ,  un  de  1000  l.,  un  de  800  1., 
soit  7800  livres. 


FIGURES   EQUESTRES  137 

nouveaux  soins  à  composer  les  quatre  grou- 
pes posés  aux  deux  bouts  de  la  Rivière  de 
Marly  '  )> . 

Cette  conscience  de  l'artiste  ne  nous  étonne 
pas.  Coyzevox  avait  soixante-deux  ans  quand 
il  exécuta  ces  deux  ouvrages.  Mansart  le  pres- 
sait. Chaque  semaine,  Louis  XIV  venait  à  Marly 
et  ordonnait  quelque  embellissement.  Il  fallait 
se  hâter.  Un  monde  d'artistes  exécutait  les  or- 
dres de  Mansart.  Coyzevox  dut  souffrir  de  tant 
d'impatience.  L'art  vit  de  recueillement.  Quoi- 
qu'il en  soit,  la  main  du  statuaire  a  secondé  sa 
pensée.  Ses  groupes  improvisés  ont  le  style, 
l'aspect,  la  valeur  des  œuvres  lentement 
mûries. 

Au  surplus,  c'est  de  longue  date  que  le  maî- 
tre s'était  rendu  familières  les  proportions  du 
cheval.  L'application  qu'il  avait  mise  à  étudier 
cet  animal  impétueux  et  fier  plaçait  notre  ar- 
tiste au  premier  rang  lorsqu'il  s'agissait  de 
statues  équestres.  Le  seul  témoin  de  sa  vie 
que  nous  puissions  interroger  est  explicite  sur 
ce  point.  Parlant  du  monument  de  Rennes,. 
«  On  reconnaîtra,  dit-il,  les  soins  assidus  qu'il 

'  Eloge,  p,  4. 


138  ANTOINE  GOYZEVOX 

prenait  pour  découvrir  les  beautez  de  la  nature 
dans  les  prodigieuses  études  qu'il  lit  pour  la 
figure  en  bronze  du  roy  Louis  XIV  qui  lui  fut 
ordonnée  en  1686  par  les  États  de  Bretagne.  Il 
eut  attention  non-seulement  de  se  faire  ame- 
ner seize  ou  dix-sept  des  plus  beaux  chevaux 
des  écuries  du  roy  pour  réunir  dans  le  sien 
les  beautés  qui  se  trouvaient  dispersées  entre 
eux;  mais  plusieurs  des  plus  habiles  écuyers 
m'ont  rendu  témoignage  qu'il  les  avoit  consul- 
tés maintes  fois  pour  profiter  de  leurs  avis, 
tant  sur  les  plus  beaux  mouvements  des  che- 
vaux que  sur  les  attitudes  les  plus  nobles  de 
ceux  qui  les  montent,  car  il  étoit  docile  avec 
beaucoup  de  lumières.  Il  poussa  encore  plus 
loin  cette  étude  par  la  dissection  de  plusieurs 
parties  de  chevaux  pour  y  développer  les  res- 
sorts des  os  et  des  muscles,  afin  de  ne  rien 
produire  qui  ne  fut  fondé  sur  des  principes 
certains  *.  » 

Ces  grandes  recherches  dans  le  domaine  de 
la  nature,  Goyzevox  a  su  les  apphquer  en  hom- 
me supérieur.  Un  statuaire  de  notre  temps  a 
dit  d'un  de  ses  devanciers  :  «  Rude  a  aimé  la 

*  Fermelhuis,  Eloge,  p.  12-13. 


FIGURES   EQUESTRES  139 

nature  autant  qu'on  puisse    Taimer  et  il  l'a 

connue  en  savant  et  en  artiste il  voyait 

plusieurs  choses  dans  son  modèle  :  le  modèle 
lui-même,  son  sujet  et  son  art'  ».  Nous  ne 
pourrions  mieux  dire  de  Coyzevox  :  le  modèle 
est  pour  lui  l'alphabet  dont  il  épèle  chaque 
lettre  ;  son  sujet  empHt  sa  pensée  et  l'enivre  ; 
son  art  est  la  règle  dans  laquelle  il  se  meut 
avec  la  discipline  et  le  goût  qui  sont  la  lumière 
du  génie. 

Quelques  jours  avant  la  pose  de  la  Renom- 
mée dans  les  jardins  de  Marly,  l'Académie,  en 
sa  séance  du  24  juillet  1702,  avait  élu  Goj'ze- 
vox  Directeur,  à  la  place  de  Charles  de  La 
Fosse  ^  Le  maître  remplit  cette  charge  jus- 
qu'au 30  juin  1705,  où  Jean  Jouvenet  lui  suc- 
céda \  Durant  cette  période,  il  prit  part  à  tous 
les  actes  de  l'Académie. 

*  Le  Salon  de  1881,  par  M.  Eugène  Guillaume, 
membre  de  l'Institut,  Revue  des  Deux  Mondes^  livrai- 
son du  1er  juin  1881,  p.  677. 

-  «  Il  fut  eslu  )'  dit  le  procès-verbal  «  à  la  pluralité 
des  voix  ». 

^  Voyez  les  registres  inédits  des  Procèe-Yerbaux 
de  VAcadéinie  de  Peinture  conservés  à  l'Ecole  des 
Beaux-Arts,  la  publication  de  ces  précieux  manuscrits 
étant  actuellement  arrêtée  à  l'année  I70i.  La  charge 


140  ANTOINE   COYZEVOX 

L'une  de  ses  prérogatives  étant  d'indiquer 
aux  candidats  le  sujet  de  leur  morceau  de  ré- 
ception, il  emprunta  de  préférence  ses  ta- 
bleaux à  la  légende  d'Hercule,  comme  si  l'ex- 
pression de  la  force  lui  eût  semblé  une  sauve- 
garde pour  notre  école. 

Avait-il  le  pressentiment  du  siècle  de  Wat- 
teau? 

A  Nicolas  Bertin,  il  demande  un  Prométhée 
délivré  par  Hercule  \  à  Sarrabat,  Hercule 
délivrant  Hé siojie'*- ,  à  Jacques  Cazes,  Z^  Cora- 
bat  d'Hercule  et  d'Achéloils  \  au  sculpteur 
De  Fer,  Hercide  e?ichamant  Cerbère  *.  Il 
dictera  de  même  la  composition  que  doivent 
exécuter  Van  Schuppen  ",  Pierre  Saint- 
Yves  s  Du  Lin  ',  Gaspard  Du  Change  ».  Il 


de  Directeur  avait 

été  continuée  à  Coyzevox  le  14  juil- 

let  1704. 

*  Voyez  séances 

du  30  décembre  1702    et    du  28 

avril  1703. 

2                  id. 

30  décembre  1702  et  31  mars  1703. 

3                id. 

30  décembre  1702  et  28  juillet  1703. 

*                id. 

5  mai  1703. 

=                id. 

26  janvier  1704. 

6                 id. 

30  août  1704. 

T                 id. 

27  septembre  1704. 

«                id. 

même  date^ 

FIGURES  EQUESTRES  141 

reçoit  le  serment  de  Poirier  ',  Jean-Louis 
Lemoyne  ,  son  élève  - ,  Henri  Favannes  ' , 
Etienne  Regnault  \  et  Antoine  Monnoyer  ■>. 
Nicolas  Belle  s'étant  présenté  pour  être  reçu 
académicien  sur  les  portraits  de  Mazeline  et 
de  De  Troy,  l'Académie  par  une  attention  qui 
ne  dut  pas  échapper  à  Goyzevox,  demande  à 
Belle  de  peindre  le  portrait  de  Lerambert  ^ 
Pierre  Brevet  et  Jean  Audran,  deux  Lyonnais, 
sont  agréés  par  l'Académie  sous  le  directorat 
de  leur  compatriote  '.  Le  morceau  de  récep- 
tion d'Audran  sera  le  portrait  de  Goyzevox  ». 
Son  neveu  et  son  élève  Guillaume  Goustou, 
plus  jeune  de  vingt  ans  que  Nicolas  Goustou, 
est  reçu  académicien  sur  la  présentation  d'un 
ouvrage  de  ronde-bosse  représentant  ^'^rcw/^ 
sur  le  bûcher.  Guillaume  Goustou  prête  le  ser- 

^  Voyez   séance   du  31  mars  1703. 
id.  30  juin  1703. 

3  id.  23  août  1704. 

id.  !«'  septembre  1704. 

-  id.  25  octobre  1704. 

«  id.  14  août  1703. 

''  id.  28  décembre   1703  et  27  sep- 

tembre 1704. 

*  11  le  présenta  le  30  juin  1708  et  non  en  1709 
comme  il  est  dit  par  erreur  dans  les  Mémoires  inédits 
des  Académiciens f  t.  Il,  p.  183. 


142  ANTOINE   COYZEVOX 

ment  d'usage  entre  les  mains  de  Coyzevox  k 
Non  content  de  donner  ses  soins  à  FAcadé- 
mie  royale,  il  fait  preuve  d'une  réelle  sollici- 
tude envers  les  écoles  académiques  de  la  pro- 
vince. C'est  ainsi  qu'en  deux  occasions  nous 
le  voyons  prendre  en  mains  les  intérêts  de 
l'école  de  Bordeaux  -. 

Pendant  que  le  maître  la  présidait,  l'Acadé- 
mie eut  à  organiser  le  salon  de  1704.  Six  bustes 
furent  exposés  par  le  Directeur.  Ils  représen- 
taient Condé,  Turenne,  Vauban,  Robert  de 
Cotte,  le  chevalier  delà  Vallière  et  madame  de 
la  Ravois  '\ 

Nous  venons  de  dire  que  Jean  Audran  fut 
reçu  à  l'Académie  sur  la  gravure  du  portrait 
de  Coyzevox.  L'original,  peint  par  Rigaud^ 
date  de  1702  K  Une  étroite  amitié  unissait  les 


'  Voyez  séances  des  3  mars  1703  et  2o  octobre  170k 

-  Voyez  Coyzevox  et  i Académie  de  Bordeaux, 
Pièces  justificatives.  Doc.  XVI. 

^  Voyez  Liste  des  tableaux  et  des  ouvrages  de 
sculpture  exposez  dans  la  grande  gallerie  du  Louvre 
par  Messieurs  les  peiyitres  et  sculpteurs  de  V Académie- 
royale  en  la  présente  année  1704  (Paris, 170*  in-l-2)p.UL 

•^  Ln  portrait  de  Coyzevox,  peint  par  Rigaud,  mais 
qui  n'est  pas  le  môme  que  celui  grave  par  Audran,  a 
figuré  à  l'Exposition  des  Portraits  nationaux  au  Tro* 


FIGURES   EQUESTRES  U3 

deux  artistes.  L'historien  de  Rigaud  nous  l'ap- 
prend. Ayant  raconté  le  voyage  que  fit  le 
peintre  en  1695  pour  se  rendre  en  Roussillon, 
le  biographe  anonyme  qui  est  peut-être  Rigaud 
lui-même,  ajoute  «qu'une  des  principales  vues 
de  l'artiste  dans  ce  voyage  était  de  peindre  et 
de  remporter  l'image  de  sa  mère.  Son  dessein 
était  de  faire  exécuter  ce  portrait  en  marbre  ; 
c'est  pourquoi  il  la  peignit  en  trois  différentes 
vues  :  l'une  de  face,  l'autre  en  profil  et  la  troi- 
sième à  trois  quarts,  afin  que  M.  Goyzevox,son 
ami,  un  des  plus  habiles  sculpteurs  de  France, 
qui  devait  faire  en  marbre  ce  portrait,  eût  plus 
de  facilité  à  le  perfectionner  '.  » 

De  pareils  documents  aux  mains  du  maître 
lui  permirent  de  suppléer  à  l'étude  de  la  nature. 
On  connaît  le  buste  de  Marie  Serre,  dont  la  tête 
est  enveloppée  d'un  mouchoir,  à  la  manière 
des  femmes  du  peuple.  Cette  coiffure  sévère, 
sans  ornements,    ayant    l'aspect   d'un  voile 

cadéro  en  <878.  Il  provient  de  la  collection  de  M.  Mar- 
cille  père,  et  appartient  à  M.  Eudoxe  Marcille.  Voyez 
notre  Notice  historique  et  analytique  des  Portraits 
nationaux  y  n°  305. 

^  Notice  sur  Hyacinthe  Rigaud,  Mémoires  inédits 
des  Académiciens  y  t.  II,  p.  117. 


144  ANTOINE   GOYZEVOX 

répand  sur  le  visage  robuste  de  la  mère  de 
Rigaud  une  teinte  de  tristesse.  Coyzevox  a-t-il 
voulu  rapD^ler  le  veuvage  précoce  de  son 
modèle?  Quoiqu'il  en  soit,  les  traits  mâles  de 
Marie  Serre  respirent  le  calme  et  la  bonté. 
C'est  un  portrait  vivant  et  de  noble  aspect. 

L'œuvre  est  au  Louvre  ^.  Elle  porte  à  sa 
base  l'inscription  Marie  Serre^  mère  de  Hya- 
cinthe Rigaud^  fait  par  Coyzevox  en  1708. 
Rigaud  conserva  longtemps  ce  buste  dans  son 
cabinet,  et  l'offrit  ensuite  à  l'Académie  ". 
Pierre  Brevet  l'a  gravé  ^ 

Peu  après  avoir  sculpté  le  portrait  de  Marie 
Serre,  le  maître  ayant  du  se  rendre  avec  Jean 
Jouvenet^  Girardon  et  De  La  Fosse  près  du 
marquis  d'Antin  pour  le  prier  d'accepter  la 
protection  de  l'Académie  %  la  pensée  vint  à 
Coyzevox  de  modeler  le  portrait  du  protecteur. 
Il  en  informa  ses  collègues  le  4  août  1708,  et 

'  N°  241  du  catalogue  des  sculptures  des  temps  mo- 
dernes par  M.  H.  Barbet  de  Jouy,  édition  de  1873. 

2  Voyez  Procès- Ver  baux  de  UAcadémiej  séance  du 
22  août  i744  et  Archives  de  l'art  français  y  t.  IV,  p. 
28-29. 

^  Mémoires  inédits  des  Académiciens^  t.  II,  p.  17. 

*  Voyez  Procès-Verbaux  de  l Académie j  séance  du 
13  juin  1708. 


FIGURES  EQUESTRES  145 

rAcadémie  revenant  sur  sa  résolution  de  con- 
fier au  sieur  Charpentier  le  buste  de  monsei- 
gneur d'Antin  destiné  à  «  la  salle  d'assemblée» 
décida  que  Goyzevox  serait  chargé  de  faire  cet 
ouvrage.  L'artiste  ne  tarda  pas  à  tenir  parole. 
On  ignore  ce  qu'est  devenu  son  marbre  ^ 

Ces  légers  travaux  n'avaient  pas  détourné 
le  statuaire  des  oeuvres  de  longue  haleine. 
Encore  qu'une  attaque  d'apoplexie,  que  son 
médecin  Fermeilhuis  déclare  avoir  été  vio- 
lente %  eût  dû  lui  commander  le  repos,  il 
exécute  pour  l'abbaye  de  Roj^aumont  le  tom- 
beau de  Henri  deLorrame,  corate  d' Har courte 
plus  populaire  sous  le  nom  de  Cadet  à  la  Perle. 
Le  comte,  drapé  dans  son  manteau  militaire, 
était  représenté  mourant  entre  les  bras  de  la 
Victoire.  Les  deux  figures,  hautes  de  six 
pieds,  étaient  en  marbre  blanc  ;  une  draperie 
de  même  marbre  débordait  sur  le  mausolée, 
toute  parsemée  de  croix  de  Lorraine,  et  soute- 
nue par  des  Génies  et  des  aigles  couronnés. 
Un  bas-relief  en  bronze,  représentant  la  Prise 
de  Turin^  décorait  le  soubassement.  Ce  re- 

^  Procès-Verbaux  de  VAcadcmiey  séance    des    28 
juillet  et  4  août  1708. 
=•  Eloge,  p.  32. 

10 


446  ANTOINE   GOYZEVOX 

marquable  ouvrage,  aujourd'hui  perdu,  fut 
achevé  en  1711.  Le  marché  passé  par  Coyzevox 
avec  Louis  de  Lorraine,  fils  du  comte  d'Har- 
court,  a  été  retrouvé.  II  porte  la  date  du  16  no- 
vembre 1704.  Les  honoraires  de  Tartiste 
chargé  de  fournir  les  marbres  sont  portés  sur 
cette  pièce  à  dix-huit  mille  livres  ^ 

Un  tombeau  moins  célèbre  que  possède 
l'Anjou,  est  celui  de  Nicolas  de  Bautru,  mar- 
quis de  Yaubrun,  lieutenant-général  des  ar- 
mées du  Roi,  gouverneur  de  Philippeville  et 
de  l'Alsace.  Atteint  mortellement  au  terrible 
combat  d'Altenheim,  il  succomba  le  jour  même 
à  l'âge  de  quarante-deux  ans.  En  1705,  sa 
veuve  lui  fit  élever  un  riche  mausolée  dans  la 
chapelle  de  Serrant.  Ce  fut  à  Coyzevox  qu'elle 
en  voulut  confier  l'exécution. 

Demi-couché  sur  un  faisceau  d'armes,  tenant 
encore  à  la  main  le  bâton  de  commandement, 
Yaubrun  se  sent  défaillir.  A  ses  pieds,  sa  veuve 
éplorée  le  contemple.  Les  genoux  de  la  jeune 
femme  reposent  sur  un  coussin  ,  un  voile  de 
deuil  couvre  sa  tête  ;  sa  robe  aux  larges  plis 

-  Voyez  Marché  passé  entre  Antoine  Coyzevox  et 
Louis  de  Lorraine,  comte  d' H ar court ,  pour  le  tombeau, 
de  son  père.  Pièces  justificatives.  Doc.  XV. 


FIGURES    EQUESTRES  147 

laisse  les  bras  découverts.  De  la  main  droite, 
la  marquise  de  Vaubrun  sèche  ses  larmes.  Au- 
dessus  du  groupe,  la  Victoire  plane  dans  les 
airs,  tenant  un  trophée  d'armes  et  une  cou- 
ronne. Ces  figures  sont  en  marbre.  Sur  le 
soubassement  du  mausolée,  un  bas-rehef  en 
plomb  doré  rappelle  le  passage  héroïque  du 
pont  d'Altenheim  par  les  Français  sous  la  con- 
duite de  De  Lorges,  vainqueur  des  Impériaux, 
trois  jours  après  la  mort  tragique  de  Tu- 
renne  '.  Ce  bas-relief  a  la  vigueur  d'un  ta- 
bleau. Les  peintres  de  batailles  pourraient  y 
chercher    un  modèle.  Mais  l'œuvre  exquise 

^  M.  Célestin  Port,  dans  la  notice  qu'il  consacre  à 
Nicolas  de  Bautru,  marquis  de  Vaubrun,  s'exprime 
ainsi  :  «  Blessé  à  mort  au  combat  d'Altenheim^  il  garda 
le  commandement  de  l'armée,  décida  la  victoire  et  re- 
Tint  mourir  en  Alsace,  le  i"  août,  âgé  de  42  ans.  >» 
[Dictionnaif^e  historique  de  Maine-et-Loire,  t.  1"  p. 
236.)  Ce  récit  manque  d'exactitude.  C'est  bien  le  l^*^ 
août  que  succomba  Vaubrun,  mais  il  fut  tué  en  pleine 
bataille,  sur  le  champ  d'Altenheim.  On  lit  en  effet  dans 
V Histoire  de  Turenne  par  M.  L.  Armagnac  :  «  Le  mar- 
quis de  Vaubrun  que  sa  blessure  au  pied  empochait  de 
se  tenir  à  cheval,  se  fit  attacher  sur  sa  selle,  et  s'élança 
à  la  charge,  à  la  tête  de  ses  escadrons.  Il  fut  tué  d'une 
balle  dans  la  tête.  >  Voyez  Histoire  de  Henri  de  la 
Tour  d^ Auvergne,  vicomte  de  Turenne,  par  L.  Aemagnac, 
Tours,  Marne,  1879,  gr.  in-8,  p.  329. 


148  ANTOINE  COYZEVOX      ' 

dans  cet  ensemble,  c'est  la  figure  douloureuse 
de  Madame  de  Vaubrun.  Son  deuil  est  inter- 
prété de  main  de  maître  :  la  pose,  les  drape- 
ries, l'expression,  tout  dans  cette  image  parle 
d'angoisse.  Pocquet  de  Livonnière,  un  chroni- 
queur angevin,  a  eu  raison  d'écrire  :  «ce  chef- 
d'œuvre  vaut  qu'on  s'écarte  de  dix  lieues  pour 
le  venir  voir.  '  » 

Jules-Hardouin  Mansart,  architecte  et  surin- 
tendant des  Bâtiments,  avait  construit  la  cha- 
pelle de  Serrant  dans  laquelle  le  monument 
de  Goyzevox  prit  place  en  1705.  Trois  ans 
après,  Mansart  mourait  à  Marly.  Son  monu- 
ment sculpté  par  le  maître  fut  aussitôt  érigé 
dans  l'église  de  Saint-Paul  à  Paris  ^ 

L'artiste  dut  revenir  souvent  àMarly  pendant 
les  premières  années  du  dix-huitième  siècle.  Ce 
n'est  pas  sans  droit  sur  le  ciseau  du  maître 
que  Louis  XIV  l'avait  porté  en  1703  pour  une 
pension  annuelle  de  quatre  mille  livres,  avec 
Je  titre  de  sculpteur  ordinaire  du  Roi  \  Cette 

*  Mss.  de  la  Bibliothèque  d'Angers,  n°  1168. 

-  Piganiol  de  la  Force,  Description  de  Paris,  t.  IV,  p. 
170-I7i. 

^  Ud  relevé  minutieux  des  Comptes  des  Bâtiments 
du  Roi  nous  permet  d'inscrire  sous  le  nom  de  Coyze- 


FIGURES  EQUESTRES  149 

somme  restait  distincte  des  gages  affectés  aux 
officiers  en  charge  dans  les  maisons  roya- 
les *.  Elle  ne  se  confondait  pas  davantage 
avec  les  honoraires  attachés  à  la  direction  de 
l'Académie  des  Gobelins  ^ 

Nous  avons  vu  Coyzevox  sévère  à  lui-même 
lorsqu'il  exécuta  le  Mercure  et  la  Renommée, 
se  promettre  de  parachever  lentement  les 
groupes  destinés  à  la  Rivière  de  Marly.  Le 
Neptune  irrité,  le  Triojnphe  cC Amjohitynte , 
la  Seine  et  la  Marne, \e\^  furent  les  sujets  que, 
traita  l'artiste.  Nous  avons  décrit  les  deux  pre- 

V5X,  les  sommes  qui  suivent,  payées  à  titre  de  pension. 
Registre  0^  2200,  du  5  septembre  1704  :  40001.  ;  0'  2204, 
du  4  février  1706  :  4000 1.;0»  2206,dul7  avril  1707  :  40001. 
du  !o  septembre  1709  :  2000  1.  ;  0^  2210,  du  1"  avriï 
1710  :  1000  1..  La  pension  des  années  1706  et  1707  se 
trouve  de  nouveau  comprise  dans  le  paiement  des 
sept  groupes  de  Marly  comme  on  le  verra  plus  loin. 

1  Ces  gages,  de  1703  à  1709  ont  été  payés  en  la 
forme  suivante.  Registre  0'  2198  du  30  décembre  1703: 
200  1.  ;  0^  2200,  du  31  décembre  1704  :  200  1.  ;  0^  2203, 
du  31  décembre  1705  :  200  1.  ;  0»  2204,  du  31  décembre 
1706  :  200  1.  ;  0»  2206,  du  31  décembre  1707  :  200  1.  , 
0»  2208,  du  2  mai  1709  :  200  1.  ;  0'  2209,  du  30  décem- 
bre 1709  :  200  livres. 

-  Ces  honoraires  ont  été  invariablement  de  300  1. 
par  an.  (Voyez  ks  Registres  0^  2199  fol.  186  ;  0'  2203 
fol.  177  ;  0»  2207  fol.  177. 


150  ANTOINE   COYZEVOX 

miers.  La  Seî?îe  était  représentée  sous  les 
traits  d'un  homme  tenant  un  aviron  ;  près  de 
lui,  un  enfant  indiquait  les  armes  royales. 
'L'allégorie  de  la  Marne  comportait  quatre  figu- 
res :  une  femme  et  trois  enfants.  L'un  d'eux 
tenait  une  urne  renversée,  le  second  des  rai- 
sins, et  le  dernier  s'apprêtait  à  répandre  Teau 
de  son  urne. 

Coyzevox  sculpta  encore  pour  Marly  VHa- 
madryade  et  V Enfant^  Flore  et  VArnour  re- 
cueillis au  jardin  des  Tuileries,  et  enfin  le 
Bef^ger  Jouant  de  la  flûte  qui  est  au  Musée  du 
Louvre.  Ces  trois  groupes  décoraient  la  ter- 
rasse du  château,  en  pendant  à  trois  ouvrages 
de  Nicolas  Goustou  '. 

Quoi  de  plus  aisé,  de  plus  naturel  et  de  plus 
sobre  que  le  Berger  nu,  assis  sur  un  tronc  d'ar- 
bre, le  front  couronné  de  pampres,  le  credemnon 
autour  des  tempes  et  sanébride  sur  les  genoux  I 
Comme  il  est  attentif  aux  sons  de  sa  flûte  traver- 
sière  que  ses  lèvres  à  peine  entrouvertes  efiieu- 
rent  sans  la  toucher  !  Ses  doigts  rustiques  posent 
avec  des  mouvements  calculés  sur  le  roseau 
phrygien.  Un  jeune  satyre,  à  jambes  de  bouc, 

Piganiol  de  la  Force,   Description    de    Versailles^ 
II,  p.  275-276. 


FIGURES   EQUESTRES  151 

s'est  approché  de  l'arbre  sur  lequel  est  assis  le 
Auteur,  pour  mieux  goûter  sans  doute  les  sons 
harmonieux  et  fuselés  du  pla^îaidos,  à  moins 
qu'il  ne  songe  malignement  à  dérober  le  bâton 
(lu  berger. 

Ce  marbre  porte  la  date  de  1709.  Est-ce  à 
Tépoque  où  Coyzevox  exécutait  son  Berger 
que  se  rattache  l'anecdote  citée  par  d'Argen- 
ville?  «Louis XIV  qui  honorait  notre  sculpteur 
de  sa  bienveillance  venait  très-souvent  le  voir 
travailler  sous  la  tente  dressée  dans  les  jardins 
de  Marly.  Il  eut  un  jour  la  bonté  de  lui  deman- 
der s'il  avait  un  fils  qui  suivît  sa  profession. 

«  Sire,  répondit  Coyzevox,  j'ai  plusieurs  en- 
fants, entre  autres  trois  garçons  qui  dépensent 
au  service  de  Votre  Majesté  ce  que  je  puis 
gagner  au  bout  de  mon  ciseau. 

«  Le  roi  lui  promit  de  les  avancer  »  K 

Les  trois  fils  dont  parle  ici  le  statuaire  sont 
Charles  Coyzevox  qui  porta  le  nom  de  Coyze- 
vox de  Brécourt  et  fut  capitaine  au  régiment 
de  Navarre,  et  chevalier  de  Saint-Louis. 

Pierre,  qui  devint  colonel  d'infanterie  et 
ingénieur  en  chef  au  service  du  roi  d'Espagne  ; 

*  Dézallierd'ArgeQ ville,  Vies  des  fameux  architectes 
et  sculpteurs,  t.  H,  p.  239. 


152  ANTOINE   COYZEVOX 

Jean,  capitaine  de  canonniers,  également  au 
service  du  roi  d'Espagne  en  1722  *.  Nous 
ignorons  à  quelle  date  Pierre  et  Jean  Coyze- 
vox,  engagés  d'abord  au  service  du  roi  de 
France,  passèrent  dans  l'armée  espagnole.  Est- 
ce  à  rappel  de  Philippe  Y  qu'ils  s'expatrièrent 
ainsi,  ou  bien  n'ont-ils  vu  dans  la  Péninsule 
que  le  berceau  de  leurs  ancêtres,  une  sorte 
de  première  patrie? 

Les  sept  groupes  que  Coyzevox  sculpta 
pour  Marly,  indépendamment  des  Chevaux 
ailés,  c'est-à-dire  Neptune^  Amphitrite,  la 
Seine ^  la  Marne ^  Flore ^  VHamadryade,  et  le 
Flûtew  furent  payés  à  l'artiste  soixante  trois 
mille  deux   cent  quarante  et  une  livres  ".   A 

*  Dictionnaire  critique^  p.  4o'2. 

-  Nous  trouvons  dans  les  Comptes  des  Bâtiments  du 
Roi,  Registre  0'  2221  loi.  94,  verso,  la  mention  sui- 
vante :  K  18  avril  1712.  Pour  avec  64.320  l.,à  lui  (Coyze- 
vox) ordonnancées  depuis  et  3'  compris  1703,  jusque 
et  y  compris  1710,  faire  le  prix  principal  de  71,2i-l  1. 
15  s.,  à  quoi  montent  tant  les  sept  groupes  de  Fleuves, 
Nymphes  et  Faunes  qu'il  a  fait  en  marbre  et  posés  en 
haut  et  au  bas  de  la  Rivière  de  Marly,  et  au  bas  du 
Fer  à  cheval  pendant  le  sus  dit  temps,  suivant  trois 
mémoires,  que  les  pensions  qui  lui  ont  été  accordées 
par  S.  M.  en  quahté  de  sculpteur  ordinaire  pendant 
1706  et  1707, à  raison  de  4000  l.par  an,  ci  :  6921  1.1  s.)» 


FIGURES   EQUESTRES  153 

Tépoque  où  ces  ouvrages  l'occupaient,  il  ache- 
vait de  sculpter  aux  Invalides  Saint  Charle- 
magne.  Ses  travaux  dans  ce  monument,  soldés 
en  1709,  furent  évalués  à  dix  mille  huit  cent 
quarante  Hvres  '. 

Un  groupe  représentant  le  Rhône  fut  exé- 
cuté vers  le  même  temps  pour  les  jardins  de 
Saint-Cloud.  Accoudé  sur  une  urne  renversée, 
assis  et  nu,  le  Rhône  s'appuie  de  la  main  gau- 
che sur  un  gouvernail.  A  ses  pieds,  un  Amour  a 
cueilli  des  plantes  fluviales. 

((  Qui  donc  a  sculpté  le  vaste  Océan  »  ?  s'é- 
crie Anacréon.  On  ne  saurait  dire  en  présence 
du  marbre  de  Coyzevox  :  qui  donc  a  sculpté  le 
fleuve? Toutes  les  réminiscences  surgissent 
d'elles-mêmes  dans  l'esprit  en  face  de  ce  dieu 
tranquille,  à  la  barbe  limoneuse,  qui,  des  jardins 
de  Saint-Cloud  est  venu  se  reposer  au  Louvre. 
Peut-être  Coyzevox  n'a-t-il  autant  caressé  cet 
ouvrage  que  parce  qu'il  était  une  allégorie  de 
son  fleuve  natal  ". 

^  Au  registre  0'  2209  des  Comptes  des  Bâtiments 
du  Roi,  fol.  100,  nous  lisons  :  «  Eglise  des  Invalides, 
!8  février  1709,  complément  de  10,840  1.  pour  sculp- 
ture, marbre  et  pierre  pour  ladite  église,  ci.  3890  1.  >» 

-Le  Rhône  est  signé  A.  COYZEVOX   iTOG.  11  n'est  pas 


154  ANTOINE   COYZEYOX 

Non  loin  du  Rhône,  la  duchesse  de  Bourgo- 
^7î^,  en  chasseresse,  passe  d'un  pied  rapide'. 
Le  croissant  de  Diane  orne  sa  chevelure.  Sa 
légère  tunique  laisse  à  nu  des  jambes  d'ama- 
zone, pendant  que  la  jeune  femme  relève  de 
la  main  gauche  une  mèche  de  son  opulente 
chevelure,  avec  un  geste  d'une  mondanité  de 
souveraine.  La  main  droite  caresse  un  lévrier. 
Un  carquois  résonne  sur  les  épaules.  C'est  un 
portrait  en  pied  sur  le  mode  antique.  Toute- 
fois, aucune  transaction  dans  le  style  ne  fait 
de  cette  œuvre  une  copie.  Marie-Adélaïde  de 
Savoie,  duchesse  de  Bourgogne,  si  soudaine- 
ment enlevée  à  Tâge  de  vingt-sept  ans,  le  12 
février  1712,  est  représentée  dans  l'éclat  de  sa 
jeunesse,  dans  la  personnalité  de  ses  traits. 
C'est  le  marquis  d'Aiitin,  ancien  menin  du  duc 
de  Bourgogne,  qui  a  demandé  ce  marbre  à 
Coyzevox  pour  en  orner  ses  jardins  de  Petit- 
Bourg.  L'adroit  courtisan  ne  s'est  pas  trompé 
sur  le  caractère  de  Thommage  qu'il  devait 
rendre.  Diane  est  à  la  fois  l'emblème  de  la 
grâce  et  des  mœurs  sévères.  La  noble  chasse- 
inscrit  au  catalogue  des  sculptures  des  temps  moder- 
nes, édition  de  1873. 
•  N»  233  du  Catalogue  (édition  de  1873). 


FIGURES   ÉQUESTRES  155 

resse  pose  à  peine  le  pied  sur  le  sol.  Son 
allure  a  des  ailes.  Et  comme  si  Tartiste  eût 
voulu  accentuer  la  valeur  iconique  de  cette 
page  décorative,  il  a  gravé  sur  le  socle  les 
deux  mots  «  ad  vivum  ».  Mesure  superflue. 
Personne  n'accusera  Coyzevox  d'avoir  imité 
les  anciens  en  sculptant  cette  œuvre.  Elle  a 
été  composée  et  exécutée  d'après  le  modèle, 
en  face  de  la  vie  :  chaque  pli  du  marbre 
latteste. 


VI 

MORT  DE  COYZEVOX.  -  SA  MÉMOIRE 

1712—1720 

S  O  :M  M  A I R  E 

Allo',1  est  chargé  par  l'Acadéinie  de  peindre  le  portrait  de  Goyzevos. 

—  Le  maître,  malgré  son  grand  âge,  prend  part  à  tous  les  actes  de 
l'Académie.  —  ^laladie  de  l'artiste.  —  Sa  prompte  guérison.  —  L'A- 
cadémie le  nomme  Chancelier.  —  Le  buste  de  Fermcihuis.  —  Parole 
(le  Coyzevox  citée  par  d'Argenville.  —  Buste  de  la  Duchesîe  de  Bour- 
gogne. —  L'artiste  sculpte,  à  soixante-treize  ans.  la  statue  de  Louis 
XIV  accompUsiant  le  vœu  de  Louis  XIIL — Histoire  de  ce  monument.— 
Bouchardon  est  chargé  d'une  statue  de  Louis  XIV  destinée  à  rempla- 
cer celle  exécutée  par  Goyzevox.  —  Le  Silence  et  la  Modestie  sculptés 
pour  la  chapelle  de  Versailles.  —  Le  buste  de  Louis  XV,  dernière 
œuvre  du  maître.  —  Le  sceau  du  duc  d'Antin,  protecteur  de  l'Aca 
demie.  —  Jugement  de  Fermelhuis  et  de  d'Argenville  sur  Goyze- 
vox. —  Dernière  maladie.  —  Résignation.  —  Paroles  chrétienne» 
du  maître  à  son  lit  de  mort.  —  Il  est  inhumé  à  Saint-Germain- 
l'Auxerrois.  —  Yan  Glève  lui  succède  dans  la  charge  de  Chan- 
celier. —  Nicolas  Goustou  est  élu  Recteur. —  Fermelhuis  prononce 
l'éloge  de  Goyzevox.  —  Son  buste  par  lui-même  est  offert  à  r.Vca- 
démie.  —  .Jean-.Jacques  Caffiéri  fait  hommage  d'un  buste 
sculpté  par  -Jean-Louis  Lemoyne.  —  L'Académie  des  Beaux-Arts. 
en  ISSO,  met  la  Vie  du  maître  au  concours.  —  Le  talent  de  Goyze- 
vox. —  Sincériti  dans  l'-^  travail.  —  Puget.  —  Girardon.  —  Goy- 
zevox. —  Caractère  éminemment  fram.-ais  du  talent  de  Goyzevox. 

—  Son  siècle  a  été  favorable  au  (b'veloppement  de  son  génie.  — 
A  aucune  époque,  l'Ettt  n'a  procuré,  en  France,  aux  sculpteurs, 
de  plus  belles  occasions  de  se  produire.  —  Michel-Ange  a  Jules  II  ; 
Goyzevox  a  Louis  XIV.  —  L'homme  intime,  chez  Goyzevox,  n'est 
pas  moins  grand  que  l'artist-*.  —  Les  statues  sont  fragiles,  les 
traits  de  l'àmo  sont  impérissables. 

L'Académie,  fière  de  posséder  un  maître  du 
caractère  de  notre  artiste,  ne  se  lassait  pas  de 


MORT   DE   GOYZEVOX.    —   SA   MEMOIRE      157 

riionorer  en  confiant  aux  agréés  le  soin  de 
fixer  ses  traits.  Le  26  juillet  1710,  elle  avait 
chargé  le  peintre  Allou  de  faire  les  portraits 
de  Goyzevox,  d'Antoine  Coj^el  et  de  Bon  Bou- 
logne. Allou  s'acquitta  de  sa  tâche  en  moins 
d'une  année  '.  C'était  la  cinquième  fois  que 
le  portrait  de  Goyzevox  était  exécuté  comme 
morceau  de  réception  2. 

Il  ne  paraît  pas  que  l'âge  ait  jamais  retenu  le 
statuaire  loin  de  ses  collègues.  En  1711,  il  ac- 
cepte de  se  joindre  à  des  commissaires  choi- 
sis pour  statuer  sur  un  litige  ^  Quatre  ans 
plus  tard,  il  fait  partie  de  la  députation  qui  doit 
aller  féhciter  Coypel  de  son  titre  de  premier 
peintre  du  Roi  *.  L'année  suivante,  en  1716, 
il  est  subitement  atteint  par  la  maladie,  et  ses 
collègues  jugent  son  mal  assez  grave  pour  de- 

*  Voyez  Procès-Verbaux  de  l' Académie j  séance  du 
27  juin  1711. 

-  On  a  vu  dans  les  pages  qui  précèdent  que 
François  Jous^enet,  Vivien,  Papelard  et  Audran  avaient 
dû  faire  le  portrait  du  maître  sur  l'ordre  de  l'Acadé- 
mie.  On  trouvera  d'ailleurs  une  Iconographie  de  Goy- 
zevox aux  pièces  justificatives,  Doc.  XVIII. 

"  Voyez  Procès-Verbaux  de  V Académie,  séance  du 
i7  juin  17H. 

^\oyez  Procès-Verbaux  de  V Académie,  séance  du 
Î6  octobre  1715. 


158  ANTOINE   COYZEYOX 

mander  à  Frémin  et  à  Meunier  de  l'aller  visi- 
ter au  nom  de  l'Académie  k  Sa  robuste 
constitution  triompha  rapidement  de  la  souf- 
france. Malade  en  octobre,  il  est  rétabli  en 
décembre,  et  l'Académie  le  nomme  Chance- 
Her^ 

Fermelhuis  était  son  médecin.  D'Argenville 
raconte  que  Coyzevox,  au  sortir  d'une  maladie 
aurait  dit  à  Fermelhuis  : 

<(  —  Vous  m'avez  rendu  la  vie  à  votre  ma- 
nière, je  veux  vous  immortaliser  à  la  mienne 
en  faisant  votre  buste  en  marbre  ». 

Et  d'Argenville  ajoute  :  «  Ce  portrait  passo 
pour  un  des  plus  parfaits  qu'il  ait  fait.  Il  avait 
coutume  de  l'appeler  l'ouvrage  de  l'amour  »  \ 

Le  buste  de  Fermelhuis  est  perdu.  Nous  ne 
savons  s'il  faut  en  chercher  la  date  en  1716, 
au  lendemain  de  la  maladie  du  maître.  La 
perfection  dont  parle  d'Argenville  ne  serait 
pas  incompatible  avec  le  grand  âge  du  sta* 


'  Voyez  Procès-Verbaux  de  i Académie,  séance  du 
24  octobre  1716. 

-  Voyez  Procès-Verbaux  de  V Académie,  séance  du 
19  décembre  1716. 

^  Vies  des  fameux  architectes  et  sculpteurs,  t.  II, 
p.  241. 


MORT   DE   COYZEVOX.    —   SA   MEMOIRE      159 

tuaire.  Il  tint  le  ciseau  plus  tard  encore,  et  la 
représentation  de  la  tête  humaine  est  la  partie 
de  son  art  dans  laquelle  il  semble  n'avoir  pas 
faibli. 

Non  content  d'avoir  exécuté  la  statue  de  la 
duchesse  de  Bourgogne  avec  les  attributs  de 
Diane  chasseresse,  il  avait  sculpté  son  buste 
en  1710.  Le  marbre  est  au  Musé  de  Versailles'. 
Il  n'a  pas  moins  de  mérite,  quant  à  la  res- 
semblance, que  la  statue  de  Petit-Bourg.  La 
mère  de  Louis  XV  revit  dans  ce  marbre  dis- 
cret et  reposé. 

Le  groupe  des  Dioscures  dont  nous  avons 
parlé  plus  haut,  ne  fut  complètement  terminé 
qu'en  1712  K 

L'année  suivante,  Coyzevox  commençait,  à 
soixante-treize  ans,  la  statue  de  Louis  XIV 
accor/iplissœnt  le  vœu  de  Louis  XIII.  Cette 
figure  était  destinée  à  TégUse  de  Notre-Dame 
de  Paris.  Elle  y  fut  placée  en  1715.  Piganiol 
décrivant  cette  basilique  s'exprime  ainsi  : 
«  Dans  les  baies  des  arcades  les  j^lus  proches 
de  l'autel  l'on  a  pratiqué  deux  piédestaux  de 

*  N°  2170  Notice  du  Musée  de  Versailles,  par  Eud. 
Soulié  ;  édition  de  i8o9. 

*  11  est  signé  A.  Coyzevox,  1712. 


160  ANTOINE  GOYZEVOX 

marbre  blanc,  chargés  des  armes  du  Roi. 
Celui  qui  est  du  côté  de  TEpitre  soutient  la 
statue  de  Louis  XIII,  à  genoux,  qui  offre  son 
vœu  et  sa  couronne  ;  et  du  côté  de  TÉvangile 
est  la  statue  du  roiLouis-le-Grand  qui  accom- 
plit ce  même  vœu.  La  statue  de  Louis  XIII  est 
de  Coustou  le  jeune  ;  et  celle  de  Louis-le- 
Grand  de  Goyzevox,  Ces  deux  statues  sont  de 
marbre  blanc  »  '. 

Ce  dut  être  une  joie  réelle  pour  notre 
artiste  de  se  voir  associer  le  plus  jeune  de 
ses  neveux,  Guillaume  Coustou,  dans  Texé- 
cution  de  ce  monument.  Le  maître  et  le  disci- 
ple entrant  en  lice  fut  un  spectacle  plein  d'in- 
térêt. Encore  que  la  statue  de  Louis  XIV  à 
genoux,  en  costume  royal,  soit  une  œuvre  de 
valeur,  Coustou  a  surpassé  Coyscvox.  Une 
habileté  plus  grande  se  révèle  dans  l'image 
de  Louis  XIII  offrant  à  la  Vierge  son  sceptre 
et  sa  couronne.  Ega.es  par  la  composition, 
les  deux  figures  témoignent  de  la  jeunesse 
disciplinée  de  l'un  des  artistes  et  d'une  cer- 
taine lassitude  chez  l'autre  sculpteur.  Le  rap- 
prochement de  leurs  ouvrages  ne  fut  pas  favo- 

^  Pigauiol  de  la   Force,  Description  de  Paiis,  t.  I, 
p.  327. 


MORT  DE   GOYZEYOX.    —    SA   MEMOIRE      161 

rable  au  vieux  maître.  On  a  rappelé  devant 
ce  marbre  le  mot  de  Longin  sur  Homère  : 
«Dans  sa  vieillesse,  c'est  un  soleil  qui  se  cou- 
che ;  il  garde  sa  grandeur,  mais  il  a  perdu  sa 
force.  »  Et  cependant,  de  nos  jours,  après  des 
vicissitudes  nombreuses,  l'architecte  Yiollet- 
le-Duc  ayant  replacé  dans  le  chœur  de  Notre- 
Dame  ces  marbres  royaux,  on  aime  à  les  re- 
voir en  leur  lieu.  Goyzevox,  pendant  sa  longue 
carrière,  s'est  montré  maintes  fois  plus  bril- 
lant, mais  pour  être  traitée  avec  sagesse,  sa 
statue  de  Louis  XIV  renferme  encore  des  dé- 
tails remarquables,  l'ongle  du  maître  est 
reconnaissable  à  de  certains  accents,  et  cette 
figure  offre  aux  sculpteurs  plus  d'une  le- 
çon. 

Peut-être,  au  surplus,  les  historiens  se  sont- 
ils  autorisés  des  déplacements  nombreux  subis 
par  la  statue  de  Goyzevox  pour  se  montrer  à 
son  endroit  d'une  excessive  réserve.  Dès  1733, 
le  duc  d'Antin,  directeur  des  Bâtiments,  inter- 
prète des  caprices  de  la  Cour,  chargea  Bou- 
chardon  de  sculpter  une  figure  de  Louis  XIV 
appelée  à  remplacer  le  marbre  de  Goyzevox. 
«  Bouchardon,  écrit  Gaylus,  n'en  a  fait  que  le 
modèle  en  grand  et  terminé.  Gomme  il  se  dis- 

li 


162  ANTOINE  COYZEVOX 

posait  à  l'exécuter  en  marbre,  Touvrage  fut 
suspendu  pour  des  raisons  que  j'ignore  et  n'a 
point  été  exécuté  dans  la  suite,  à  la  grande  sa- 
tisfaction de  Bouchardon  qui  n'y  travaillait  qu'à 
regret,  et  qui  fut  très  content  d'être  soulagé 
d'un  ouvrage  aussi  périlleux  )>  \  Nous  pou- 
vons ajouter,  en  nous  aidant  des  Comptes  des 
Bâtiments,  que  Bouchardon  reçut  en  1739  pour 
ce  modèle  «  en  terre  »  qu'il  avait  fait  six  ans 
auparavant,  un  premier  paiement  de  quatre 
mille  deux  cent  vingt  cinq  livres  %  et  en  1762 
une  somme  complémentaire  de  quinze  cents  li- 
vres 3,  ce  qui  permet  de  penser  que  le  projet 
du  duc  d'Antin  ne  dut  être  abandonné  qu'à 
cette  dernière  date. 

En  1792,1a  statue  de  Louis  XIV  fut  transfé- 
rée au  Musée  des  Monuments  français,  où 
Alexandre  Lenoir  lui  donna  place  dans  les 
salles  du  dix-huitième  siècle.  Cet  homme  de 
bien,  auquel  notre  école  est  redevable  de  la 
conservation  de  tant  d'œuvres  précieuses  pen- 
dant la  tourmente   révolutionnaire,    formule 

1  Vie  d'Edme  Bouchardon,  sculpteur  du  Roi,  parle 
comte  de  Caylus.  Paris,  1762,  in-12,  p.  37. 
^  Registre  0^  2239,  f.  31. 
3  Registre  0»  2258,  f.  359. 


MORT   DE   COYZETV^OX.    —    SA   MÉMOIRE      163 

une  singulière  critique  à  Fadresse  de  la 
statue  de  Coyzevox.  «  On  ne  sera  pas  sur- 
pris, dit-il,  de  voir  Louis  XITI  à  genoux,  mais 
poser  ainsi  le  grand  et  Timpérieux  Louis  XIV, 
paroit  un  contre-sens  »  ^  Lenoir  n'a  pas 
songé,  en  écrivant  ces  lignes,  que  c'est  du 
vivant  de  Louis  XIV  et  certainement  sur  son 
ordre,  que  sa  statue  fut  posée  à  genoux.  D'ail- 
leurs l'équilibre  des  plans  l'exigeait  ainsi  : 
l'image  de  Louis  xm  réclamait  un  pendant 
dont  l'attitude  fat  analogue  à  celle  justement 
adoptée  par  Coustou.  En  1816,  lors  de  la  dis- 
persion du  Musée  des  Petits-Augustins,  les 
deux  œuvres  rentrèrent  à  Notre-Dame.  Elles 
en  furent  enlevées  une  seconde  fois  en  1835 
et  transportées  dans  la  chapelle  du  château 
de  Versailles.  Sous  la  seconde  République, 
elles  furent  ramenées  au  Louvre,  dans  la  ga- 
lerie d'Angoulême.  Vers  1860,  elles  ont  repris 
leur  place  à  Notre-Dame. 

La  statue  de  Louis  XIV  fut  payée  huit  mille 
cent  livres.  Coyzevox  Tavait  achevée  le  2  octo- 
bre 1715  ^ 

*  Musée  des  Monuments  français,  t.  V,  p.  130. 

*  Voyez  Comptes  des  Bâtiments  du  Roi,  registre 
0»221o,  f.  9Î. 


164  ANTOINE   COYZEVOX 

Pendant  qu'il  travaillait  ce  marbre,  à  un  âge 
où  d'ordinaire  les  sculpteurs  délaissent  le  ci- 
seau, l'artiste  modela  deux  figures  sur  les- 
quelles nous  ne  possédons  aucun  renseigne- 
ment. Elles  représentaient  le  Silence  et  la 
Modesti-e.  Destinées  au  «  Salon  de  la  chapelle 
de  Versailles  »,  furent-elles  exécutées  en  mar- 
bre ou  en  bronze?  Nous  l'ignorons.  Les  Comp- 
tes des  Bâtiments  du  Roi  nous  apprennent 
seulement  que,  le  2  octobre  1715,  Goyzevox  re- 
çut sept  cent  quatre-vingts  livres  pour  les  mo- 
dèles de  ces  deux  statues  ^ 

La  dernière  œuvre  du  sculpteur  du  Roi  pa- 
raît avoir  été  le  buste  de  Louis  XV.  Le  jeune 
monarque  avait  six  ans  lorsque  le  maître 
sculpta  ses  traits  dans  le  marbre.  La  grâce  et 
la  fierté  distinguent  cette  image  enfantine,  que 
l'artiste  a  caressée  d'un  ciseau  délibéré.  Louis 
XV  est  vêtu  à  la  romaine,  et,  sur  le  socle  d'or 
qui  porte  le  buste,  un  bas-relief  représente 
une  Renomynée  sonnant  de  la  trompette  '. 
Emblème    dérisoire.  Le  successeur    de   Louis 

'  Voyez  Comptes  des  Bâtiments  du  Roi^  registre 
0'  2213,  f.  92. 

-  L'ouvrage  est  au  Musée  de  Versailles.  Il  porte  le 
n©  2171  du  catalogue  d'Eud.  Soulié,  édition  de  18o0. 


MORT   DE   GOYZEVOX.    —    SA   MÉMOIRE      165 

XIV  devait  démentir  par  son  règne  ce  glorieux 
présage.  Quoiqu'il  en  soit,  Touvrage  de  Goy- 
zevox  fut  sans  doute  accueilli  avec  faveur.  Le 
géographe  d'Expilly  signale  un  exemplaire  en 
bronze  de  ce  buste  dans  la  salle  du  Consulat 
de  l'Hôtel  de  Ville  de  Lyon  ^  Peut-être  le 
sculpteur  en  avait-il  fait  don  à  sa  ville  natale  ? 
Peut  être  aussi  ce  bronze  avait-il  été  envoyé 
par  le  Régent,  car  l'œuvre  du  statuaire,  si 
nous  en  jugeons  par  une  démarche  de  Coyze- 
vox  près  de  l'Académie,  reçut  une  sorte  de 
caractère  officiel.  Nous  lisons,  en  effet,  au 
procès-verbal  du  5  septembre  1716  :  «  M.  Goy- 
zevox  ayant  fait  le  portrait  du  Roi  régnant  et 
craignant  que  quelques  maîtres  sculpteurs 
n'en  moulassent  des  copies  pour  vendre  au 
public,  ce  qui  leur  est  expressément  défendu 
par  un  arrêt  du  Gonseil  du  21  juin  1676,  a  re- 
quis l'Académie  de  vouloir  l'enregistrer  afin 
de  se  servir  du  certificat  de  la  présente  déli- 
bération selon  qu'il  avisera  bon  estre  dans 
les  conjonctures  qui  pourront  arriver  »  '. 
G'est  encore  à  l'Académie  que  nous  rencon- 

*  Dictionnaire  géographique,  historique  et  politique 
des  Gaules  et  de  la  France,  t.  IV,  p.  281.  2°^"  col. 
-  Procès-verbaux  inédits  de  l'Académie. 


166  A^^TOINE   GOYZEVOX 

trons  Coyzevox  le  30  janvier  1717.  Récem- 
ment élu  chancelier,  il  reçut  ce  jour-là  le 
sceau  du  duc  d'An  tin  \  On  n'a  pas  oublié  que 
le  Directeur  des  Bâtiments  avait  été  nommé 
Protecteur  de  l'Académie,  et  le  chancelier, 
commis  à  la  garde  du  sceau,  signait  et  scellait 
tous  les  actes  de  la  Compagnie. 

A  dater  de  cetinstant,nous  cessons  de  suivre 
la  trace  du  statuaire.  On  a  dit  qu'il  travailla 
jusqu'à  quatre-vingts  ans  -.  Sa  verte  vieil- 
lesse n'aurait  pas  connu  le  poids  des  années. 
Cependant,  sur  les  Comptes  des  Bâtiments,  de 
1717  a  1720,  le  maître  n'est  plus  inscrit  qu'à 
titre  de  pensionnaire  du  Roi.  Toutes  Jonctions 
ont  cessé  pour  lui  à  l'Académie  des  Gobelins  ^ 

*  Proces-verbaux  inédits  de  V Académie. 

-  Mémoires  inédits  des  Académiciens,  t.  II,  p.  39. 

^  Nous  donnons  ici,  d'après  les  Comptes  des  Bâti- 
ments du  Roi,  le  relevé  des  pensions  et  des  gages  payés 
à  Coyzevox,  de  1711  jusqu'à  sa  movi.  Pension  de  sculp- 
teur ordinaire  du  Roi.  Registre  0',2211,  du  l^*"  août 
1711  :  lOtX)  liv.;  0',2212,du  1"  avril  1712:  1000  1.; 
OS2213,  du  30  décembre  1713  :  4000  1.;  0^2214,  du  30 
décembre  1714  :  4000  L;  O',221o,  du  3  janvier  1716  : 
4000  L;  0S2216,  du  30  décembre  1716  :  4000  1.;  0t,22l7 
(en  4  paiements  dans  l'année  1717)  :  4000  1.;  0',2218 
(année  1718,  4  p.):  40001.;  0',2219  (année  1719,  4  p.): 
40001.; 0', 2220, année  1720,  3  paiements  formant  3000  1., 


MORT   DE   GOYZEVOX.    —    SA   MEMOIRE       167 

«  Il  était,  a  dit  d'Argeii ville,  fort  généreux 
et  charitable,  assidu  aux  exercices  de  la  reli- 
gion et  exact  à  en  remplir  les  devoirs  K 
Fermelhuis  ajoute  :  «  Quoi  qu'il  considérât  son 
travail  ordinaire  comme  un  moyen  de  s'acquit- 
ter de  quelque  chose  envers  Dieu,  il  lui  de- 
mandait la  grâce  de  le  mieux  servir  que  ceux 
qui  n'étaient  capables  de  lui  donner  que  des 
récompenses  périssables  »  "  le  même  biogra- 
phe nous  apprend  qu'il  eût  à  supporter  de  du- 
res souffrances  pendant  près  d'une  année  '\ 
Sa  patience  ne  fut  pas  vaincue  par  l'épreuve. 
Il  accepta  la  douleur  comme  une  envoyée  de 
la  Providence.  Lorsqu'il   se  croyait    seul,  dit 

puis  le  31  déeembre  «  à  la  veuve  et  aux  héritiers  du  sieur 
Coyzevox,  depuis  le  1"  jusques  et  y  compris  le  10  octo- 
bre, jour  de  sou  décès,  111  1.  2  s,  2  d.  » —  Gages  d'of- 
ficiel' de  la  Couronne.  Sur  les  mêmes  registres,  à  la 
date  du  31  décembre  des  années  1711  à  1714  :  200  1.; 
le  3  janvier  1716  :  2001.;  le  30  décembre  1716  :  200  1.; 
les  31  décembre  1717  à  1719  :  2001.;  et  enfin  le  1"  avi-il 
1720  :  oO  1.;  le  !«' juillet  :  50  livres  ;  le  31  décembre  «  à 
la  veuve  et  aux  héritiers,  depuis  le  1^'"  juillet  jiisques 
et  y  compris  le  10  octobre,  jour  de  son  décès:  55  1., 
H  s.  1  d.  » 

'  Vies  des  fameux  architectes  et  sculpteurs,  t.  II, 
p.  241. 

-  Eloge,  p.  37. 

3  Eloge,  p.  38. 


168  ANTOINE   COYZEYOX 

encore  le  témoin  de  sa  vie,  on  le  surprenait 
murmurant  cette  prière  :  «  Quel  bonheur  pour 
un  pécheur  comme  moi,  Seigneur,  que  vous 
lui  accordiez  la  grâce  des  souffrances  pour  ex- 
pier une  partie  de  ses  égarements  par  un  faible 
sacrifice  !  Mais  j'ai  besoin  pour  vous  le  rendre 
agréable  d'une  grâce  victorieuse,  qui  est  celle 
de  la  patience  et  de  la  persévérance  ;  car  pour 
mes  douleurs  je  les  ai  méritées  comme  un  châ- 
timent qui  était  dû  à  mes  fautes  ;  mais  la  pa- 
tience que  j'implore  de  votre  bonté  est  une 
faveur  gratuite  que  je  n'ai  point  gagnée.  » 

C'est  avec  raison  que  son  biographe  évoque 
le  souvenir  des  patriarches  devant  ce  vieillard 
comblé  de  jours,  mourant,  confiant  et  con- 
solé, entouré  des  soins  pieux  de  sa  femme  et 
de  ses  enfants.  Aux  approches  de  la  mort, 
toute  pensée  de  gloire  s'évanouit  dans  l'àme 
de  Coyzevox.  A  l'un  de  ses  amis  qui  lui  rap- 
pelait son  talent  : 

—  (^  Si  j'en  ai  eu,  dit-il,  c'est  par  quelques 
lumières  qu'il  a  plu  à  Dieu  de  m'accorder 
comme  un  moyen  de  subsistance  ;  ce  vain  fan- 
tôme est  prêt  à  disparaître  aussi  bien  que  ma 
vie,  et  à  se  dissiper  comme  une  fumée.  »  *. 

*  Fermelhuis,  Eloge,  p.  39-40. 


MORT   DE  GOYZEVOX.    —   SA  MÉMOIRE      169 

Cet  homme  illustre  qui  avait  donné  le  triple 
exemple  de  l'honneur  domestique,  du  génie  et 
de  la  foi,  s'éteignit  le  10  octobre  1720,  à  une 
heure  de  l'après-midi'.  Ce  même  jour  il  avait 
reçu  le  Viatique  en  présence  de  ses  proches 
et  de  ses  amis.  Puis,  ses  douleurs  étant  deve- 
nues plus  vives,  on  s'empressa  de  le  secourir. 
Après  avoir  cherché  à  lui  donner  quelque  sou- 
lagement ,  on  lui  demanda  s'il  se  trouvait 
mieux. 

—  «  .Je  suis  bien,  mes  enfants,  répondit-il. 
J'entre  dans  la  paix  et  la  tranquillité  -.  » 

Ce  fut  la  dernière  parole  de  Coyzevox. 

Le  maître  était  mort  dans  sa  maison  de  la 
rue  du  Chantre  ^  Il  fut  inhumé  le  lendemain 
dans  l'église  de  Saint-Germain-l'Auxerrois,  où- 
reposait  déjcà  la  dépouille  de  nombreux  ar- 
tistes. Jacob,  le  joueur  de  luth;  Bocan,  le 
danseur;  Jacques  Stella,  d'origine  lyonnaise 
comme   Coyzevox  ;   Claudine   Stella,  fille  de 


'  Voyez  Acte  de  décès  d'Antoine  Coyzevox.  —  Pièces 
justificatives,  Doc.  XVII. 

-  Fermelhuis.  Eloge,  p.  41. 

3  Nous  avons  vu  que  dès  1713,  Coyzevox  avait  une 
habitation  dans  cette  rue,  sans  doute  concurremment 
avec  son  logement  du  Louvre. 


170  ANTOINE  GOYZEVOX 

Jacques  ;  Jean  Warin,  le  graveur  ;  Claude  Bal- 
lin  ,  l'orfèvre  ;  Claude  Mellan ,  Desjardins , 
Noël  Coypel ,  Antoine  Houasse,  Jacques  Sa- 
razin  avaient  leur  tombeau  à  Saint-Germain. 

Piganiol  ne  donne  pas  l'épitaphe  de  Coy- 
zevox. 

Officiellement  informée  du  décès  de  son 
chancelier,  dans  sa  séance  du  26  octobre,  l'A- 
cadémie élut  à  sa  place  le  sculpteur  Van  Clève. 
Le  même  jour,  elle  décernait  le  titre  de  Rec- 
teur à  Nicolas  Coustou,  neveu  du  maître  i. 
Le  1"  février  1721,  Fermelhuis  donna  lecture 
de  V Eloge  si  souvent  rappelé  dans  ces  pages. 
La  Compagnie,  heureuse  de  cet  Éloge,  voulut 
l'entendre  lire  une  deuxième  fois  %  et  la  pu- 
blication de  récrit  de  Fermelhuis  fut  ré- 
solue ^ 

^  Procès-verbaux  inédits  de  V Académie. 
-  Procès-verbal  delà  séance  du  l^r  mars  1721, 
•^  Procès-verbal  de  la  séance  du  30  mai  1721.  — 
Quelques  semaines  auparavant,  un  témoignage  d'un 
autre  genre  avait  été  donné  par  le  Roi  à  la  famille  du 
maitre.  Nous  lisons,  en  effet,  dans  les  Comptes  des 
Bâtiments  du  Roi,  registre  0*  2221,  1er  avril  1721  : 
«  Coyzevox  de  Brécourt.  Pension  qui  lui  a  été  accordée 
tant  en  considération  des  anciens  services  du  feu  sieur 
Coyzevox,  son  père,  sculpteur  du  Roi,  que  des  siens, 
pendant  les  trois  premiers  mois  de  la  présente  année. 


MORT   DE   GOYZEVOX.    —    SA   MEMOIRE      \li 

Un  demi-siècle  plus  tard,  le  buste  du  sta- 
tuaire, sculpté  de  sa  main,  était  offert  à  l'Aca- 
démie par  le  petit- neveu  du  modèle.  Jean- 
Jacques  Caffiéri,  possesseur  d'un  second  por- 
trait, dû  au  ciseau  de  Jean-Louis  Lemoyne, 
élève  de  Coyzevox,  fît  hommage  aux  Acadé- 
miciens de  ce  marbre  précieux  \  En  1880, 
l'Académie  des  Beaux-Arts  voulant  honorer 
l'art  français,  a  mis  au  concours  la  Vie  du 
maître. 

Dans  la  fièvre  de  son  labeur,  l'artiste  s'ima- 
gine parfois  que  l'œuvre  qu'il  va  modeler  sera 
la  gardienne  de  son  nom.  Telle  fut  peut-être 
l'illusion  de  Coj^zevox.  Il  ne  pouvait  prévoir 
les  ruines  qui  se  préparaient. 

A  un  siècle  de  date,  de  ses  marbres  et  de 
ses  bronzes,  la  meilleure  part  avait  disparu. 

L'œuvre  s'efface,  mais  le  nom  survit. 

C'est  le  nom  qui  tôt  ou  tard  témoigne  d'une 
grande  pensée.  Il  est  le  symbole  durable  et 

à  raison  de  1,00')  L,  par  an,  à  condition  que  la  dame 
veuve  sa  mère  en  jouira  sa  vie  durant,  sur  les  quit- 
tances ou  procuration  dudit  sieur  de  Brécourt, 
ci...    230  1.  » 

^  Voyez  ^Procès-verbaux  inédits  de  C  Académie  y 
séance  du  7  juillet  1781. 


172  ANTOINE   GOYZEYOX 

raj'onnant.  Dans  le  nom  se  résument  les  sta- 
tues de  Praxitèle.  Ainsi  en  sera-t-il  un  jour 
pour  nos  maîtres  plus  modernes,  pour  nos 
contemporains.  Qu'importe,  après  tout?  Si  le 
nom  de  Praxitèle  est  assez  brillant  pour  sup- 
pléer l'éclat  de  son  chef-d'œuvre  détruit,  la 
Vénus  de  Gnide,  la  gloire  de  Tartiste  n'a  pas 
souffert.  Sans  vouloir  rapprocher  deux  noms 
que  le  temps,  la  race,  le  génie  font  absolu- 
ment distincts,  nous  pouvons  dire  que  celui 
de  Covzevox  domine  dès  maintenant  son  œuvre 
dans  une  large  mesure.  Rappeler  ce  seul  nom, 
c'est  évoquer  le  t3'pe  d'un  sculpteur  dont  le 
ciseau  fut  éminemment  français.  Gomment 
s'est  effectué  ce  prodige?  Quelle  vertu  peut 
faire  d'un  nom  d'homme,  inconnu  la  veille, 
discuté  peut-être  par  des  rivaux,  le  symbole  à 
jamais  accepté  d'une  intelligence  supérieure, 
d'une  personnalité  réelle  ? 

La  sincérité  dans  le  travail. 

Covzevox  a  vécu  à  une  époque  féconde  en 
sculpteurs.  Le  comparer  à  ses  émules  et  lui 
assigner  le  premier  rang  serait  une  marque 
de  partialité.  Puget  et  Girardon,  ne  l'oublions 
pas,  étaient  contemporains  de  notre  artiste.  Il 
y  eut  même,  à  Versailles,  une  circonstance 


MORT   DE   GOYZEVOX.    —    SA   MEMOIRE      173 

fameuse  où  ces  trois  sculpteurs  parurent  asso- 
ciés dans  un  honneur  égal,  comme  les  chefs 
véritables  de  Tecole  française.  Puget  avait 
envoyé  le  Milon.  Louis  XIV,  avec  le  tact  de 
Souverain  qui  le  distinguait,  voulut  que  le 
groupe  du 3/i7o/i, fut  solennellement  découvert 
en  présence  de  la  Cour.  Or,  trois  artistes 
avaient  pris  place  près  du  Roi,  pendant  que 
François  Puget,  fils  du  statuaire,  faisait  ouvrir 
la  caisse  qui  renfermait  le  groupe  sculpté  par 
son  père.  Ces  trois  artistes  étaient  Le  Brun, 
Girardon  et  Goyzevox. 

Entre  tous,  Puget  est  le  plus  populaire.  Il 
éclipse  les  artistes  de  son  temps.  Ceux  qui 
n'ont  rien  appris  de  Thistoire  de  l'art  connais- 
sent le  nom  de  Puget.  Sa  muse  tragique  l'a  fait 
immortel.  Personne  n'a  fouillé  le  marbre  avec 
plus  d'angoisse,  de  violence,  de  passion  que 
ne  l'a  fait  l'auteur  du  Milon.  La  pierre  hurle 
et  crie  sous  sa  main  crispée.  On  serait  tenté 
de  s'assurer  si  des  lambeaux  de  chair  ne  se 
détachent  pas  du  corps  de  ses  statues.  Et  dans 
sa  fougue,  dans  ses  convulsions,  dans  ses 
emportements,  Puget  a  de  la  noblesse.  C'est 
donc  un  maître.  Sans  doute.  Mais  c'est  un 
maître  dangereux.  Une  éducation  négligée,  un 


174  ANTOINE   COYZEYOX 

goût  obscurci  sont  à  rorigine  de  sa  vie  d'ar- 
tiste. La  forme,  qui  est  le  verbe  du  sculpteur, 
est  presque  dédaignée  par  lui.  De  la  méthode, 
Puget  n'en  a  pas.  La  nature  dans  l'harmonie 
de  ses  lignes  ne  Ta  pas  frappé.  Si  on  le  com- 
pare a  Clérion,  il  s'indigne  justement,  mais  il 
ajoute  :  "  Je  ne  puis  être  mis  en  parallèle 
qu'avec  les  cavaliers  l'Algarde  et  Bernin.  »  \ 
Il  ne  voit  pas  les  fautes  de  Bernin  î  L'emphase 
hante  sa  pensée.  Telle  est,  cependant,  l'élo- 
quence de  la  douleur  que  le  Milon  nous  émeut, 
mais  Puget  s'y  montre  incorrect  et  indisci- 
pliné, non  moins  peintre  que  sculpteur. 

Girardon  est  un  statuaire.  N'eût-il  fait  que 
le  Tombeau  de  Richelieu  et  les  Bains  d'A- 
pollo7î,  il  faudrait  lui  donner  place  parmi  les 
artistes  éminents  de  notre  école.  La  orrace  lui 
était  familière.  Apollon,  les  deux  Nymphes  à 
genoux  et  celle  qui  répand  des  parfums  sont 
des  figures  exquises,  d'une  exécution  bril- 
lante. La  statue  de  Richelieu  mourant  entre  les 
bras  de  la  Religion  est  comprise  avec  un  art 
plein  de  grandeur.  Mais  d'où  vient  que  la  fi- 
gure de  la  Science^  dans  le  monument  de  Ri- 

*  Voyez  Léon  Lagrange,  Pierre  Puget ,  p.  266. 


MORT   DE   COYZEVOX.    —    SA   MÉMOIRE      175 

chelieu,  rappelle  invinciblement  certain  person- 
nage d'un  tableau  de  Poussin?  C'est  apparem- 
ment que  le  sculpteur,  en  s'appropriant  ce 
détail,  n'a  pas  pris  le  soin  d'y  ajouter  quelque 
trait  de  son  invention.  Malgré  la  valeur  du 
style,  la  plupart  des  pages  décoratives  sculp- 
tées par  Girardon  gardent  un  aspect  pitto- 
resque. Le  Brun  les  avait-il  dessinées?  Le  fait 
est  probable,  mais  il  n'a  rien  qui  étonne.  Gi- 
rardon subit  comme  tant  d'autres  les  plans  et 
les  conceptions  du  premier  peintre.  Un  seul 
moyen  de  s'y  soustraire  lui  restait,  il  eût  dû 
créer  des  œuvres  personnelles  sur  le  thème 
qu'il  tenait  d'autrui.  Ailleurs,  Girardon  s'est 
trahi  par  la  rudesse  du  ciseau  de  ses  élèves. 
Le  travail  du  marbre  lui  pèse  à  certaines  heu- 
res ;  il  se  borne  à  concevoir  ses  ouvrages  que 
d'autres  viendront  sculpter  :  orateur  pares- 
seux, qui  laisse  à  de  moins  habiles  le  soin  de 
porter  la  parole  à  sa  place. 

Coyzevox  s'est  montré  plus  sincère.  Si  nous 
l'observons  comme  praticien,  nous  entendons 
Mariette  s'écrier  devant  les  Chevaux  ailés 
«  c'est  un  miracle  pour  le  travail  du  marbre. 
C'était  la  partie  de  Coyzevox  k  »  Est-il  besoin 

*  Abececlario,  t.  II,  p.  37. 


176  ANTOINE   GOYZEVOX 

d'un  autre  témoiana^-e  ?  les  Mémoires  inédits 
des  AcadémiciensvenÎQvmeïiX  une  notice  sur  le 
maître,  écrite  de  son  vivant,  en  1718.  Que  dit 
Tauteur  de  ce  mémoire?  «  Il  n'y  a  pas  eu  de 
statuaire  au  monde  plus  général,  d'un  plus 
grand  travail  et  qui  ait  produit  plus  de  mor- 
ceaux et  avec  plus  de  diligence  et  de  correc- 
tion, sans  être  astreint  par  ses  modèles.  Il 
taillait  lui-même  son  marbre,  le  finissait  et  se 
trouvait  par  sa  grande  capacité  en  état  de 
changer,  à  mesure  qu'il  travaillait,  l'attitude 
projetée  dans  ses  figures,  pour  jeter  dans  les 
parties  solides  les  fils  de  marbre  qui  se  décou- 
vraient, et  qui  auraient  passé  dans  les  parties 
saillantes  \  »  Encore  que  cette  dernière 
assertion  ne  puisse  être  prise  à  la  lettre  par 
ceux  qui  ont  quelque  expérience  des  travaux 
de  sculpture,  elle  montre  en  quelle  estime 
était  tenu  l'artiste  comme  sculpteur  en  marbre. 
Quant  au  caractère  de  généralité  accordé  au 
talent  de  Goyzevox  par  son  contemporain, 
nous  savons  qu'il  n'est  pas  usurpé.  L'art  reli- 
gieux, la  sculpture  d'histoire,  le  portrait,  les 


-  Mémoires  inédits  des  Académiciens,  t.  II,  p.  38- 
39. 


MORT  DE   GOYZEVOX.    —    SA    MÉMOIRE      177 

statues  équestres,  les  travaux  décoratifs,  Tor- 
nement  se  fondent  dans  son  oeuvre  avec  une 
surprenante  variété.  L'un  des  premiers,  il  a 
dédaigné  de  recourir  au  célèbre  moulage  du 
Cheval  de  Marc-Aurèle  apporté  de  Fontaine- 
bleau, et  placé  dans  le  Palais-Royal  pour  ser- 
vir de  type  aux  sculpteurs  et  aux  peintres. 
Le  type  que  choisit  Coyzevox,  lorsqu'il  prépare 
la  statue  équestre  de  Louis  XIV,  c'est  la  na- 
ture, et,  nous  Tavons  vu,  dix- sept  chevaux 
des  écuries  du  Roi,  montés  par  les  plus  habi- 
les écuyers,  servirent  de  modèles  au  cons- 
ciencieux artiste. 

Si  nous  l'observons  dans  ses  compositions, 
il  s'y  révèle  homme  de  pensée.  La  Vierge 
de  Saint-Nizier ,  les  tombeaux  des  ducs 
à'Hayxouvt  et  de  Vaubrun,  ses  innombrables 
bustes  où  il  n'est  pas  permis  de  supposer  l'in- 
tervention de  Le  Brun,  attestent  la  justesse  de 
ses  conceptions. 

Son  style  est  simple  et  grand.  On  ne  peut 
demander  à  Coyzevox  de  n'avoir  pas  subi  cer- 
taines exigences  qui  s'imposaient  à  son  épo- 
que. La  singuHère  préférence  donnée  au  cos- 
tume romain  dans  les  images  d'hommes  de 
guerre,  les  longues  perruques  dont  Louis  XIV 

12 


178  ANTOINE   GOYZEVOX 

avait  fait  sa  coiffure,  se  retrouvent  dans  l'œu- 
vre du  statuaire.  Elles  en  marquent  la  date. 
Mais  avec  quel  art  sont  traités  ces  lourds 
accessoires  !  Le  marbre  s'assouplit  sous  le 
ciseau  et  devient  léger. 

Toujours  impatient  d'imprimer  le  sceau  de 
son  individualité,  il  emprunte  à  l'antique  des 
modèles  qu'il  traduit  avec  une  liberté  toute 
originale.  Où  d'autres  n'ont  laissé  que  des 
travaux  décoratifs,  Coyzevox  a  laissé  des 
œuvres.  Son  culte  pour  la  vérité,  son  étude 
persévérante  de  la  nature,  le  respect  de  son 
art  qui  contient  sa  main  dans  une  interpréta- 
tion pleine  de  convenance  et  de  goût;  toutes 
ces  vertus  de  l'artiste,  le  maître  paraît  les 
avoir  pratiquées  sans  effort  et  à  un  degré  su- 
périeur. On  a  cru  l'honorer  en  l'appelant  le 
YanDyck  de  la  sculpture.  On  avait  ainsi  appelé 
Puget  le  Rubens  de  la  statuaire.  De  telles  qua- 
lifications sont  rarement  exactes.  Il  est  plus 
vrai  dire  de  Coyzevox  :  c'est  un  sculpteur. 

Ses  élèves  se  sont  appelés  Nicolas  et  Guil- 
laume Coustou,  Frémin,  qui  reçut  aussi  les 
leçons  de  Girardon,  Jean-Louis  Lemoyne,  père 
de  Jean-Daptiste,  sculpteur  comme  lui;  Jeani 
Thierry,  le  statuaire  du  roi  d'Espagne  ;  Jean 


MORT   DE    GOYZEVOX.    —   SA   MEMOIRE      179 

Coudray,  mort  à  Dresde  au  service  du  roi  de 
Prusse.  En  France,  comme  à  l'étranger,  les 
élèves  de  Coyzevox  ont  tenu  d'une  main  vail- 
lante le  drapeau  de  la  sculpture  à  l'époque  de 
Louis  XV,  trop  célèbre  par  la  corruption  du 
goût.  Notre  âge  devait  rappeler  de  cet  inter- 
règne de  l'art.  Après  s'être  orientée  vers  l'an- 
tique, l'école  française  est  revenue,  par  la 
pente  naturelle  de  l'esprit  national,  à  Tétude 
élevée  de  la  nature  et  à  l'art  iconique.  Or,  telle 
avait  été  l'occupation  constante  du  maître  dont 
nous  racontons  la  vie.  Il  ne  suffit  donc  pas  de 
dire  de  GoA'zevox  qu'il  fut  un  sculpteur  :  c'est 
un  sculpteur  français. 

A  la  vérité,  une  part  de  sa  gloire  revient  à 
son  siècle.  Golbert,  Louvois,  Mansart,  Le  Brun 
lui-même  en  furent  les  artisans.  Si  Coyzevox 
avait  vécu  de  notre  temps,  ses  marbres  seraient 
plus  rares.  Quelques  critiques  que  suggèrent 
les  tendances  de  l'école  sous  Louis  XIV,  nous 
demeurons  frappé  par  un  fait  :  à  aucune  épo- 
que, sous  aucun  règne,  TEtatn'a  procuré  chez 
nous  aux  sculpteurs  de  plus  belles  occasions 
de  se  produire.  De  toutes  parts  s'élevaient  au 
nom  du  monarque  de  splendides  résidences. 
Versailles,    Marly,   Trianon,   Saint-Cloud,  le 


180  ANTOINE   GOYZEYOX 

Louvre,  les  Invalides  offraient  à  ractivité  d'un 
monde  de  sculpteurs  des  salles  et  des  jardins. 
En  ce  temps-là,  Paris  et  ses  environs  rappe- 
laient la  Rome  de  Jules  II  et  de  Léon  X.  Or,  de 
même  qu'en  Italie  l'abaissement  des  fortunes 
dans  les  vieilles  familles  a  rapidement  amené 
la  décadence  de  l'art,  de  même  en  France  le 
désintéressement  prolongé  de  TEtat  à  Tendroit 
de  la  sculpture  serait  nécessairement  funeste 
à  cet  art.  Il  faut  à  la  sculpture  de  grandes 
pages,  de  vastes  entreprises,  des  conceptions 
magnifiques.Nous  n'examinerons  pas  silapein- 
ture  d'histoire  n'est  pas  dans  des  conditions 
identiques.  Cette  question  nous  entraînerait 
hors  de  notre  sujet.  D'ailleurs,  de  bons  esprits 
tendent  à  soustraire  les  peintres  à  toute  in- 
fluence de  l'Etat.  Soit.  Quant  aux  sculpteurs, 
ils  ne  peuvent  rien  attendre  du  public.  Michel- 
Ange  travailla  pour  les  Médicis  et  Jules  II, 
€oyzevox  eut  Louis  XIV.  Il  n'a  pas  connu  de 
Médicis.  Nous  souhaitons  aux  sculpteurs  de 
ce  temps,  qui  eux  non  plus  ne  peuvent  guère 
compter  sur  des  Médicis,  de  somptuôux  mo- 
numents, des  parcs,  des  avenues,  un  forum  à 
peupler  de  grandes  œuvres. 

L'avenir  de  la  sculpture  française  est  à  ce 
prix. 


MORT   DE  GOYZEVOX.    —   SA   MÉMOIRE      18! 

L'Etat,  gardien  des  gloires  nationales,  ne 
voudra  pas  laisser  en  péril  le  patrimoine  si 
vaillamment  conquis  par  nos  «  imagiers  »  de- 
puis dix  siècles. 

Et  maintenant,  pourrais-je  fermer  ces  pages 
sans  m'arrêter  devant  mon  modèle  observé  dans 
Tintimité  de  sa  vie  ?  L'art  grandit  l'homme 
parce  qu'il  est  l'exercice  des  plus  hautes  fa- 
cultés intellectuelles,  mais  en  retour  Thomme 
intègre,  doué  de  caractère,  capable  de  bonté, 
fidèle  à  de  saintes  convictions,  fait  honneur  à 
à  l'art.  «  Dans  l'étude  des  lettres,  dit  Fermel- 
huis,  il  ne  laissa  pas  avec  un  bon  sens  naturel 
de  cultiver  beaucoup  son  esprit,  et  d'acquérir 
des  manières  de  s'énoncer,  naïves,  polies  et 
spirituelles,  exemptes  de  toute  sorte  d'affecta- 
tion »  ^  Le  même  témoin  le  montre  encore 
«  joignant  à  son  habileté  connue,  une  justice 
admirable  envers  les  autres,  louant  le  bien 
partout  où  il  le  connaissait  :  poli,  agréable  et 
sûr  dans  la  société  »  ^  Nous  l'avons  surpris 
venant  en  aide  à  sa  sœur,  à  laquelle  il  prend 
quatre  de  ses  enfants  :  Nicolas   et  Guillaume 


*  Eloge f  p.  32 
^  Eloge,  p.  45. 


182  ANTOINE   GOYZEVOX 

Coustou  dont  il  a  fait  deux  maîtres,  Elisabeth 
et  Léonore  qu'il  a  mariées  près  de  lui.  Or, 
rhomme  qui  agissait  de  la  sorte  était  lui-même 
chargé  de  famille  ;  douze  enfants  lui  étaient 
nés.  Il  ne  paraît  pas  que  les  hasards  de  la  vie 
dans  de  telles  circonstances  aient  effrayé  ce 
fils  d'ouvrier.  Une  foi  vive  le  soutenait.  Sa 
mort  est  pleine  de  courage  et  de  simplicité. 
De  pareils  hommes  sont  rares.  L'école  qui  les 
connut  doit  en  êtrefière,  et  ce  serait  manquer, 
il  nous  semble,  à  la  vérité  que  de  taire  les 
vertus  intimes  qui  les  ont  fait  grands. 

Demanderons-nous  qu'on  élève  une  statue 
de  marbre  au  statuaire  ?  A  quoi  bon  ?  «  Ces 
sortes  d'images  sont  fragiles,  a  dit  Tacite,  en 
parlant  d'Agricola,  seuls  les  traits  de  l'âme 
sont  impérissables  »  '.  Puissions-nous  avoir 
ressaisi  quelques  traits  de  l'âme  de  Goyzevox. 
Chez  lui,  l'homme  vaut  l'artiste. 

*  Simulacra  vultus  imbecilla  ac  moi'talia  sunt  ; 
forma  mentia  xCema. 


ŒUVRE    SCULPTÉ 


D'ANTOINE    COYZEVOX 


ŒUVRE  DU  MAITRE 


PREMIÈRE    PARTIE 

mum  EXÉfXTÉs  ?m  les  batimems  du  roi 


1.   Frise.  (Année  1667). 

S.  Sculptures  diverses  (Année  1667). 

Les  Comptes  des  Bâtiments  du  Roi  portent  à  la 
date  du  28  avril  1668  un  paiement  de  135  1.  pour 
un  «  morceau  de  frise  et  autres  ouvrages  faits  en 
1667.  ))  Voyez  le  tome  publié  par  M.  Guiffrey. 
(Imprimerie  Nationale,  1881,  in-4),  p.  244. 

COATEAr  DE  VEBSAILL.ES 

1 1.  —  Sculptures  à  V intérieur  du  Château. 

3.  Ix)uis  Xrv  (Année  1678). 

Buste.—  Marbre.  —  H.  O'^QS. 

Ce  buste  est  l'objet  de  huit  paiements,  de  1678 


18G  ANTOINE   GOYZEYOX 

à  1685.  (Volume  publié  par  M.  Guiffrey,  p.  1111, 
1228,  el  Archives  Nationales,  Comptes  des  Bâti- 
ments du  Roi,  Registre  inédit,  0'  2154.) 

Nous  supposons  que  c'est  l'original  de  ce  buste 
qui  est  au  Musée  de  Versailles  (N°  789  du  cata- 
logue d'Eud.  Soulié).  Toutefois,  Goyzevox,  de 
l'aveu  de  ses  historiens,  a  fait  de  nombreux  por- 
traits de  Louis  XIV.  Un  buste  en  bronze  de  Louis 
XIV  par  Goyzevox,  a  été  présenté  à  l'Administra- 
tion des  Musées  du  Lou\Te,  par  M.  Normand,  le 
19  février  1863.  (Archives  du  Louvre). 

Le  2  octobre  1868,  le  roi  de  Bavière  a  obtenu 
l'autorisation  de  mouler  le  buste  placé  au  Musée 
de  Versailles  pour  en  conserver  l'épreuve.  (Mêmes 
archives). 

4.  Louis  Xrv. 

Buste.  —  Bronze. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  au  livret  du  salon 
de  1699,  p.  12. 

Goyzevox,  écrit  l'auteur  anonyme  de  la  notice 
qui  lui  est  consacrée  dans  les  Mémoires  inédits  des 
Académiciens,  a  plusieurs  fois  répété  le  buste  de 
Louis  XIV  (t.  II,  p.  37). 

5.  Louis  xrv. 

Bust«.  —  Bronze. 

Ge  buste,  dont  nous  ignorons  la  provenance,  a 
^t"é  proposé  par  M.  Bonneville  à  l'Administration 


ŒUVRE  DU   MAITRE  187 

des  Musées  du  Louvre,  le  25  mars  1854.  (Archives 
du  Louvre). 

e.  Louis  xrv. 

Buste.  —  Marbre. 

Un  buste  en  marbre,  de  Louis  XIV,  signé  de 
Coyzevox  et  daté  de  1690,  existait  entre  les  mains 
du  peintre  Hennequin  en  1807.  Il  provenait  de 
Versailles.  Alexandre  Lenoir  en  proposa  vaine- 
ment l'acquisition  au  Ministre  de  l'Intérieur  par  sa 
lettre  du  4  mai  1807.  (Voyez  Archives  du  Musée 
des  Monuments  français^  en  cours  de  publication 
par  les  soins  de  la  Commission  de  l'Inventaire  des 
Richesses  d'art). 

T.  Louis  XIV. 

Bas-relief.  —  Marbre.  —  Forme  ovale. 

H.  0-^,68.  L.  0'^,54. 

Cet  ouvrage  est  au  Musée  du  Louvre  (N*  242 
du  catalogue  de  M.  H.  Barbet  de  Jouy).  Il  a  figuré 
au  Musée  des  Monuments  français  N**  262. 

8.  Marie-Thérèse  (Année  1678). 
Buste. 

Cet  ouvrage,  est  l'objet  des  mêmes  paiements 
que  celui  inscrit  au  N°  3. 

9.  Marie-Ttiérèse. 
Buste.  —  Marbre. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  au  livret  du  salon 
de  1699,  p.  12. 


188  ANTOINE   GOYZEYOX 

10.  Marie-Thérèse. 

Bas-relief.  —  Marbre.  —  Forme  ovale. 

H.  0^61.  L.  0°^,54. 

Cet  ouvrage,  après  avoir  passé  au  Musée  des 
Monuments  français,  N°  262,  est  au  Musée  du  Lou- 
vre. (N''  243  du  catalogue  de  M.  H.  Barbet  de 
Jouy). 

11.  lue  Q-rand-Daupiiin  (Année  1678). 
Buste.  —  Marbre.  —H.  0",63- 

Get  ouvrage  est  l'objet  des  mêmes  paiements 
que  les  N°"  3  et  8. 

Peut-être  avons-nous  F  original  de  ce  buste  dans 
celui  qui  est  au  Musée  de  Versailles,  (N°  2044  du 
catalogue  d'Eud.  Soulié).  Go  qui  nous  empêche  de 
nous  prononcer,  c'est  que  Goyzevox  a  sculpté 
plusieurs  fois  le  portrait  du  Grand-Dauphin. 

IS.  Le  Qr and-Dauph i n ♦ 

Buste.  —  Marbre. 

Get  ouvrage  est  signalé  au  livret  du  salon  de 
1699,  p.  12. 

13-16.  Louis  XV. 

Quatre  bustes.  —  Marbre. 

L'un  de  ces  bustes  est  au  Musée  de  Versailles, 
(N°  2171  du  catalogue  d'Eud.  Soulié). 

Voyez  sur  cet  ouvrage  le  procès-verbal  de  l'Aca- 
démie, séance  du  5  septembre  1716,  et  le  Diclion- 
naire  d'Expilly,  t.  IV,  p.  281.  2^  col. 


ŒUATIE   DU   MAITRE  189 

«  Coyzevox  a  fait  du  roi  Louis  XV  quatre  bustes, 
où  il  représente  son  modèle  à  des  âges  différents.» 
{Mémoires  inédits  des  Académiciens,  t.  II.  p.  38). 
l»?.  Louis  XIV  (Années  1678  à  1686). 

Buste.  —  Marbre. 

18.  Masque  d'-A.pollon. 
Demi-ronde-bosse.  —  Bronze. 

19.  Guirlandes. 
Demi-rondes-bosse.  —  Bronze. 

âO.  Armes  d'Hercule. 

Trophée  demi-ronde-bosse.  —  Bronze  doré. 
31.  Armes  de  Minerve. 

Trophée  demi-ronde-bosse.  —  Bronze  doré. 

22.  Axmes  de  France  et  de  Navarre. 

Trophée  demi-ronde-bosse.  —  Bronzé  doré. 

33.  Masques. 

34.  Guirlande?. 

Demi-rondes-bosse.  —  Bronze  doré. 

Cette  décoration  fut  exécutée  pour  l'Escalier 
des  Ambassadeurs.  Elle  est  l'objet,  de  1678  à  1686 
de  dix  paiements  (Tome  publié  par  M.  Guiffrey,  p. 
1049  et  1156.  Registre  inédit  0'2152).  Ces  paie- 
ments intéressent  également  Tuby.  Il  est  donc  dif- 
ficile de  répartir  les  honoraires  de  chacun  de  ces 
artistes,  mais  les  œuvres  que  nous  msentionnons 


190  ANTOINE   COYZEVOX 

ici  ont  été  sculptées  par  Goyzevox.  Elles  représen- 
tent sa  part  de  travail  dans  la  décoration  de  TEsca- 
ier  des  Ambassadeurs.    (Voyez  Mémoires  inédiH 
des  Académiciens ,  t.  L  p.  34  . 

Ces  ouvrages  ont  été  gravés  par  Surugue  (n"*" 
1668  à  1671  du  catalogue  de  la  Chalcographie  du 
Musée  du  Louvre.  Une  gravure  de  l'ensemble, 
d'après  Surugue,  orne  le  tome  I,  (p.  299,)  de  l'ou- 
vrage de  L.  Dussieux,  le  château  de  Versailles.  On 
sait  que  PEscalier  des  Ambassadeurs  fut  détruit  en 
1750.   Eud.  Soulié,  t.  I,  p.  215). 

35-4*7.  Vingt-trois  figures  d'Enfants,  Tro- 
pliées   et  ornements   à  la  oorniclie    de   la 
grande  galerie  (années  1679  à  1682). 
Stuc. 

Ces  ouvrages  motivent  neuf  paiements  du  3  sep- 
tembre 1679  au  4  octobre  1682  (tome  publié  par 
M.  GuiîTrey  p.  1156,  1185,  1285,  et  Registres  iné- 
dits 0^2151,  2152).  Arcis,  Lecomte  et  Prou  sont 
compris  en  même  temps  que  Goyzevox  sur  plu- 
sieurs paiements. 

Voyez  aussi  le  catalogue  d'Eud.  Soulié,  t.  II,  p. 
157. 

48.  Ornements  de  la  corniche  du  salon  «  au 
bout  de  la  grande  galerie  »  (années  1680  à  1683). 
Stuc. 

49-57.  Neuf  Trophées,  pour  le  même  salon. 
Métal. 


ŒUVRE  DU   ^JAITRE  191 

Ces  travaux  sont  l'objet  de  seize  paiements,  de- 
puis le  6  mars  1G80,  jusqu'au  3  juillet  1683.  (Tome 
publié  par  M.Guiffrey,  p.  1285,  et  Registres  inédits 
0*2151,  2152^  2153).  Plusieurs  de  ces  paiements 
intéressent  en  même  temps  que  Goyzevox,  les 
sculpteurs  Tuby,  Prou,  Legeret  et  Gaffîéri. 

58.  Dessus  de  porte,  (année  1682). 

Bas-relief.  —  Plomb  et  étain. 
Ce  bas-relief  est  l'objet  d'un  à-compte  de  300  1. 
le  23  octobre  1682  (Registre  inédit  0*  2152). 

59.  Ix)uis  XIV  à  ctLeval  (année  1683). 

Bas-relief.  —  Stuc.  —  Forme  ovale. 

H.  3°'92,L.  3°'07. 

Ce  travail  est  l'objet  de  trois  paiements  formant 
ensemble  3.500  1.,  datés  des  14,  28  mars  et  18 
juillet  1683  (Registre  inédit  0*  2153). 

Cet  ouvrage  décore  la  cheminée  du  Salon  de  la 
Guerre,  (n**  2090  du  catalogue  d'Eud  Soulié).  Voyez 
sur  cet  ouvrage  Fermelhuis,  Eloge ^  p.  9. 

eo.  Ix)uis  XIV  à  clieval  (année  1715). 

Bas-relief.  —  Modèle  plâtre.  —  Forme  ovale. 

H.  3°»  92.  L.  3-07. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  en  ces  termes  au  re- 
gistre 0*  2115,  sous  la  date  du  16  février  1716  : 
«  Nouveau  modèle  d'un  grand  bas-relief  ovale 
représentant  le  roi  Louis  XIV  à  cheval  —  en  plâ- 


192  ANTOINE  GOYZEVOX 

tre,  —  pour  le  Salon  de  la  Guerre  du  château  de 
Versailles  en  1715.  .  .  .     1350  1.  ». 

61.  Plafond   du    Salon   situé  «  au  bout   de   la 

grande  galerie.  »  (année  1685). 

Bas-reliefs.  —  Plâtre. 

Les  «  ouvrages  de  sculpture  en  plâtre,  exécutés 
au  plafond  »  de  cet  appartement,  sont  l'objet  de 
deux  paiements,  ensemble,  7001.  les  22  juillet  et 
25  octobre  1685.  (Registre  inédit  0*  2157). 

63-63.    Deux    ^Siapiteaux  d'ordre    ionique 

dans  la  Salle  des  gardes  de  Sa  Majesté  (années 

1684-1687). 

Demi-ronde-bosse. 

Ces  travaux  sont  l'objet  de  cinq  à-comptes  de 
1684  à  1687.  (Registres  inédits  0' 2154,  2156, 
2163). 

64.  Le  Silence  (années  1712-4713). 

65.  La  Modestie  (années  1712-1713). 
Statues.  —  Modèles.  —  Terre. 

Les  modèles  de  ces  deux  figures,  destinées  au 
Salon  de  la  chapelle,  sont  l'objet  d'un  paiement  de 
780  1.  le  2  octobre  1715.  (Registre  inédit  0'  2215). 

§  IL  —  Sculptures  à  Vextérieur  du  château. 

66.  Figure  d'Apollon  «  pour  mettre  à  la  façade 
du  bâtiment  qui  regarde  Je  parterre  d'eau  ». 
(année  1679). 


ŒUVRE   DU   MAITRE  193 

Un  à-compte  de  200  1.  est  payé  sur  cette  figure 
le  24  septembre  1679.  (Tome  publié  par  M.  Guif- 
l'rey,  p.  1156). 

67.  Consoles  à  «  la  l'ace  de  la  cour  du  château  » 
{année  1680). 

Ces  ouvrages  sont  payés  à  l'artiste  1571  1.,  les 
7  juillet  et  10  novembre  1680.  (Tome  publié  par 
M.  Guiffrey,  p.  1185). 

68.  Sculptures  et  ornements  des  quatre 
I^avillons  de  l'avant-cour,  (années  1680  et 
1681). 

Bois  et  plomb. 

Ces  ouvrages  sont  Tobjet  de  sept  paiements  du 
15  décembre  1680  au  16  août  1681,  s'élevant  en- 
.semble  à  9,471  1.  (Tome  publié  par  M.  Guiffrey, 
p.  1185,  et  registre  inédit  0*  2151). 

69.  L'Abondance  (années  1680-1681). 
Groupe  de  Favant-cour.  —  Pierre. 

Ce  groupe  est  l'objet  de  trois  paiements,  les  2 
juin  1680,  23  lévrier  et  29  juin  1681.  (Tome  publié 
par  M.  Guifîrey,  p.  1185,  et  registre  inédit  0'  2151). 

Cet  ouvrage  est  placé  à  l'extrémité  de  la  balus- 
trade de  la  cour  de  Versailles  (Eud.  Soulié  t.  I,  p. 
1  et  2.)  Voyez  aussi  Piganiol  de  la  Force,  Descrip- 
tion de  Versailles,  t.  I,  p.  13. 

70.  La  Force. 

Statue.  —  Pierre.  —  H.  2^,66. 

13 


194  ANTOINE  GOYZEYOX 

Cet  ouvrage  fut  placé  dans  la  cour  de  Versail- 
les, le  long  de  la  balustrade  de  l'ancien  château. 

Voyez  Piganiol,  Description  de  Versailles,  t.  I, 
p.  17. 

•71.  La  Justice. 

Statue.  —  Pierre.  —  H.  2^,66. 
Cet  ouvrage  était  placé  dans  la  même  cour  que 
le  précédent.  (Piganiol,  t.  I,  p.  18). 

§  III.  —  Cours  et  Jardins. 

'7S-'74:.  Trois  Masques   et  Coquilles  pour  la 

Colonnade  (années  1683  à  1686). 

Du  13  .juin  1683  au  26  mai  1686,  quatre  paie- 
ments s'élevant  ensemble  à  850  1.  sont  faits  à  Coy- 
zevox  pour  ces  ouvrages.  Le  prix  des  trois  masques 
est  de  450  1.  (Registres  inédits  0'2153,  2156,  2150). 

"75-81.  Génies,  Amours,  Naïades,  Nym- 
pties  et  Sylvains  pour  la  Colonnade  (année> 
1686-1687). 

Sept  bas-reliefs. 

Trois  paiements  s'élevant  à  2800  1.  sont  faits 
sur  ces  ouvrages  les  6  octobre,  1"  décembre  1686 
et  2  mars  1687.  (Registres  inédits  0''  2159  et 
2163). 

Voyez,  au  sujet  de  ces  ouvrages,  le  catalogue 
d'Eud.  Soulié,  t.  III,  p.  516. 
83.  Termes  du  Petit  Parc  (restauration)  (année  1680). 


ŒUVRE   DU   MAITRE  195 

L'artiste  reçoit  800  1.  le  G  octobre  1680  sur  la 
restauration  de  ces  Termes,  (tome  publié  par  M. 
Guifîrey,  p.  1185). 

SS-S'l.  Deux  Vases  «    pour  le  pourtour  de  la 
pièce  d'eau  sous  le  Dragon  »  (année  1682). 
Un  paiement  de  300  1.  est  fait  sur  ces  ou\Tages 

le  16  décembre  1682  (Registre  inédit  0'2152). 

85.  Vases  de  métal  pour  le  Petit  Parc,  les  Fon* 
laines  de  l'Ile  et  la  pièce  d'eau  (années  1682- 
1688). 

L'artiste  reçoit  sur  ces  ouvrages  1000  1.  en  qua- 
tre paiements,  du  16  décembre  1682  au  9  mai, 
1683  (Registres  inédits  0i2152.  2153). 

86.  Fontaine  de  la  Gloire. 

Marbre. 

La  décoration  de  cette  fontaine,  dessinée  par  Le 
Brun,  était  l'œuvre  de  Goyzevox.  (Voyez  L.  Dus- 
sieux,  Le  Château  de  Versailles,  t.  II,  p.  238^  et 
Piganiol,  Description  de  Veî'sailles,  t.  II,  p.  198). 

8*7.  La  France  triompliante  écrasant  l'Es- 
pagne et  l'Empire. 

Groupe.  —  Plomb. 

Voyez  sur  cet  ouvrage,  dont  Goyzevox  a  sculpté 
la  figure  de  V Empire,  le  Château  de  Versailles,  par 
Dussieux,  t.  II,  p.  238,  Eud.  Soulié,  t.  III,  p. 
506,  ei  P.ganiol,  t,  II,  p.  196. 

Gravé  par  Thomassin,  pi.  129. 


i96  ANTOINE  COYZEVOX 

88.  Arc  de  triomptie. 

Plomb  doré. 

Goyzevox  a  partagé  avec  Tuby,  Mazeline,  Hou- 
zeau,  Legros  et  Masson,  la  décoration  de  ce  mo- 
nument. (Voyez  L.  Dussieux,  le  Château  de  Ver- 
satiles, t.  IL  p.  239). 

89.  Vénus  de  Médicis  (Années  1683  à  <686). 
Statue.  —  Marbre. 

90.  Nymplie  à  la  Coquille. 

Statue  demi-couchée.  —  Marbre. 

Ces  deux  ouvrages  sont  compris  dans  les  huit 
paiements  faits  du  26  décembre  1683  au  24  lévrier 
1686.  (Registres  inédits  0'  2153,  2154,  2156,  2159). 

D'autres  œuvres  se  trouvant  groupées  avec 
celles-ci,  nous  ne  pouvons  dire  à  quel  prix  s'éleva 
leur  commande.  Exécutée  à  Versailles,  la  Vénus 
de  Médicis  se  trouvait  placée  à  Marly  au  temps  de 
Piganiol.  (Voyez  sa  Description  de  Versailles,  t.  II, 
p.  283,  et  Description  de  Paris,  t.  IX,  p.  492\ 

L'original  est  au  Bassin  de  Latono,  dans  les 
jardins  de  Versailles.  (Catalogue  d'Eud.  Soulié, 
î.  111,  p.  508).  C'est  à  tort  que  Soulié  indique  l'an- 
tique d'après  lequel  cette  figure  aurait  été  faite 
comme  existant  au  Musée  du  Louvre.  L'œuvre  de 
Coyzevox  est  en  réalité  une  imitation  de  plusieurs 
antiques. 

Une  gravure  au  trait  sans  nom  d'auteur  existe 


ŒUVRE   DU   MAITRE  197 

d'après  la  iStfmphe  à  la  Coquille.  Simon  Thomassin 
l'a  également  gravée,  pi.  47;  et  Glarac  lui  a  donné 
place  dans  le  Musée  de  sfAilpture,  tome  IV,  pi.  754. 

La  iXymphe  à  la  Coquille  a  été  l'objet  d'une  répa- 
ration par  les  soins  de  M.  Séraphin  Denécheau,  le 
29  octobre  1878. 

L'œu\To  a  été  moulée  le  24  décembre  1880. 
(Archives  du  Louvre). 

Une  épreuve  de   cette  figure    a   été   offerte  par 
M.  A.  Giffard  au  Musée  d'Angers.  (Voyez  Unio-n  de 
l'Ouest,  du  4  mars  1882). 
91.  Vase  (Années  i68.3  à  1686). 

Marbre.  —  H.  2°^ ,50. 

Ce  travail  est  l'objet  de  huit  paiements,  du  4 
juillet  1683  au  8  juillet  1685.  (Registres  inédits 
0*  2153,  2154,  2156). 

Ce  Vase,  placé  sur  la  Terrasse,  côté  du  nord,  est 
décoré  de  bas-reliefs  représentant  la  Défaite  des 
Turks,  à  Saint-Gothard,  en  Hongrie,  et  la  Préémi- 
nence de  la  Fronce  reconnue  par  l'Espagne. 

Voyez  L.  Dussieux,  Le  Château  de   Versailles,  t. 
II,   p.  219  ;  Piganiol   de  la  Force,  Description  de 
Versailles,  t.  II,  p.  6. 
9â.  La  Garonne  (Année  1685). 

Groupe.  —  Bronze. 
93.  La  IDordogne. 

Groupe,  —  Bronze. 


198  ANTOINE   COYZEYOX 

Les  modèles  de  ces  deux  groupes  «  pour  le  petit 
Parc  »  sont  l'objet  de  quatre  paiements  s'élevant  à 
1200  ].,  les  18  février,  6  mai,  3  juin,  12  août  1685. 
(Registre  inédit  0^  2156). 

Ces  groupes,  fondus  par  les  Keller  en  1688,  ont 
été  gravés  par  Thomassin,  pi.  158  et  159. 

On  les  voit  à  Versailles,  au   Bassin  près  le  Par- 
terre d'eau.  (Voyez  catalogue  d'Eud.  Soulié,  t,  III,' 
p.  500). 

94.  Vénus  pudique  (Années  1685  à  <686}, 

Statue.  —  Marbre.  —  H.  1°^,30. 

Quatre  paiements  s' élevant  à  2500  1.  sont  faits 
sur  cette  œuvre,  du  15  avril  1685  au  18  septembre 
1686.  (Registres  inédits  0*  2156,  2163). 

L'original  est  au  Musée  du  Louvre.  (N°  234  bû 
du  catalogue  de  M.  H.  Barbet  de  Jouy). 

Le  marbre  est  signé  :  A.Goyzevox,  1686,  <i>IAlAC 
HAEOIC. 

Voyez,  sur  celte  figure,  Piganiol  de  la  Force, 
Description  de  Versailles,  t.  IL  p.  14,  et  Description 
de  Paris,  t.  IX,  p.  489. 

Un  bron2e  des  Keller  a  remplacé^  d*abord  au 
jardin  des  Tuileries,  puis  à  Versailles,  l'œuvre  de 
Goyzevox  entrée  au  Louvre,  le  26  septembre  1871. 
(Voyez  catalogue  d'Eud.  Soulié,  t.  III,  p.  503). 

Gravé  par  Simon  Thomassin,  N**  45,  et  dans  le 
Micsée  de  sculpture  de  Clarac,  (t.  IV,  pi.  629). 

Clarac  semble  s'être  mépris  sur  l'origine -de  cette 


ŒUVRE  DU   MAITRE  199 

œuvre  qu'il  classe  au  nombre  des  statues  antiques 
et  dont  il  donne  une  description  succincte  d'après 
le  bronze  des  Keller,  sans  nommer  ni  Coyzevox  ni 
ses  fondeurs.   {Musée  de  sculpture  texte,  t.  IV,  p. 

122). 

95.  Castor  et  Pollux  (Années  1685  à  1712). 
Groupe.  —  Marbre. 

Cinq  paiements,  faits  du  3  juin  1685  au  21  mars 
1688,  s'élevant  à  2600  1.  concernent  ce  groupe. 
(Registres  inédits  0^  2156,  2166). 

Cet  ouvrage  est  placé  dans  la  Demi-Lune  en 
avant  du  Tapis  vert. 

Il  est  signé  :  A.  Coyzevox,  1712. 

Voyez  le  catalogue  d'Eud.  Soulié,  t.  III,  p.  510, 
et  Piganiol,  Description  de  Paris,  t.  IX,  p.  493. 

Le  5  décembre  1694,  l'artiste  reçoit  pour  «  com- 
plément du  prix  de  39,247  1.  15  s.  à  quoi  montent 
les  ouvrages  de  sculptures  posés  dans  les  jardins 
de  Versailles  depuis  1682,  n  16^607  livres  15  sols. 
(Registre  inédit  0*  2179). 

CHATEAr  DE  TBIAIVOIV 

96.  Cliapiteau  de  colonne  isolée,  d'ordre  ioni- 
que, (années  1687-1688), 

Marbre . 

9*7-99.    Trois  ch.apiteax   pilastres    droits, 

d'ordre  ionique. 


500  ANTOINE   GOYZEYOX 

Marbre. 

100.  Cliapiteau  de  colonne  d'angle,  d'ordre 

ionique. 
Marbre. 

101.  Grand  cliapiteau  de  colonne,  d'ordre 
composite  «  pour  le  dessus  des  tables  des  tre- 
rueaux  (sic)  de  la  Galerie.  » 

Marbre. 

Ces  Chapiteaux  sont  T objet  de  cinq  paiements 
du  7  septembre  1687  au  4  juillet  1688,  s'élevant  h 
1,585  1.,  prix  du  travail.  (Registres  inédits  0^  2163, 
2166.  '^Voyez  L.  Dussieux,  Le  Château  de  Versailles, 
t.  II,  p.  320). 

CHATEAU  BE  MARI.Y 

JARDINS. 

lOS.  Vase  (Années  1697-1698). 

Marbre. 

Du  6  mai  1697  aux  9  mars  1698,  850  1.  sont 
payées  pour  ce  travail.  (Registres  inédits  0*  2185, 
2187;. 

103.  La  lienommée  (Années  1701-1702). 

Groupe,  —  Marbre. 
lO"^.  Mercure. 

Groupe.  —  Marbre. 

Ces  deux  groupes  furent  payés  40,000  1.  —  et  non 
38,450  1.  comme  nous  le   disons  plus  haut  à  la 


ŒUVRE   DU   MAITRE  20 i 

page  135.  —  Le  premier  paiement  date  du  30  jan- 
vier 1701,  et  le  dernier  du  21  septembre  1705. 
(Registres  inédits  0'  2193,  2195,  2197,  2201). 

Un  exemplaire  on  bronze  de  la  Renommée  est 
conservé  à  la  Griine,  Gewolbe  de  Dresde.  (Voyez 
L.  Dussieux,  Les  Artistes  français  à  l'étranger,  édi- 
tion de  1876,  p.  236). 

La  Renommée  fut  placée  en  présence  du  Roi  le 
2  août  1702,  et  le  Mercure  le  8  août  suivant.  Les 
deux  groupes  turent  apportés  au  Pont  tournant  des 
Tuileries,  le  7  janvier  1719.  Ils  décorent  aujour- 
d'hui l'entrée  du  jardin  sur  la  place  de  la  Concorde. 

Par  arrêté  ministériel  du  30  septembre  1872,  la 
restauration  du  Mercure  a  été  confiée  à  M.  J. 
Dubois,  moyennant  la  somme  de  4,000  Ir. 

On  peut  consulter  sur  ces  deux  groupes,  Piga- 
niol,  Descin'ption  de  Paris,  t.  II,  p.  383,  t.  IX,  p.  278, 
et  Description  de  Versailles,  t.  II,  p.  293. 

La  Renommée  et  le  Mercure  sont  gravés  dans  le 
Musée  de  sculpture  de  Glarac,  tom6  III,  p.  373. 

105.  Neptune  irrité  (Année  n03  à  1707). 
Groupe.  —  Marbre. 

106.  Triomplie  d'Ampliitrite. 
Groupe.  —  Marbre. 

107.  La  Seine. 
Groupe.  —  Marbre. 

108.  La  Marne. 
Groupe.  —  Marbre. 


•202  ANTOINE  GOYZEVOX 

Il  est  question  du  modèle  du  Scptune,  dès  le 
13  juin  1683  sur  le  Registre  inédit  0^  2153  oîi  est 
consigné  un  paiement  de  700  1.  Mais  c'est  seule- 
ment à  dater  du  1^""  août  1703  jusqu'au  11  septem- 
tembre  1707  qu'il  est  fait  mention  des  quatre 
groupes  de  la  «  Rivière  de  Marly.  »  Entre  ces 
deux  dates,  il  est  payé  à  l'artiste  18,300  1.  (Regis- 
tres inédits  0^  2197,  2199,  2203,  2205). 

Voyez  sur  ces  ouvrages, Piganiol,  Description  de 
Versailles j  t.  II,  p.  274. 

Ces  groupes  sont  moulés  par  Robert  en  1704, 
pour  la  somme  de  1,750  1.  (Registre  inédit  0*  2199). 

Le  Neptune  et  un  Fleuve  furent  enlevés  de  Marly 
pour  les  Musées,  le  17  juillet  1795.  (Archives  du 
Louvre). 

Le  21  vendémiaire  an  V  (12  octobre  1796). 
Alexandre  Lenoir  demande  au  Ministre  de  l'Inté- 
rieur à  retirer  de  Marly,  le  groupe  de  la  Seine 
pour  lui  donner  place  au  Musée  qu'il  dirige.  (Voyez 
Archives  du  Musée  des  Monument  français^  en  cours 
de  publication  par  les  soins  de  la  Commission  de 
l'Inventaire  des  Richesses  d'art  de  la  France,  t.  I, 
p.  59.) 

Le  Neptune  et  la  Seine  furent  accordés  à  la  ville 
de  Brest  par  le  ministre  de  l'Intérieur  le  14  germi- 
nal an  IX (4  avril  1801). Ils  décorent  le  cours  Dajot. 
Au  mois  de  septembre  suivant  le  ministre  accorda 


ŒUVRE   DU   MAITRE  203 

également  à  la   ville  de  Brest  V Ajnphitrite  qu\  fisi 
placée  dans  le  port  de  guerre,  sur  l'Esplanade. 

Voyez  Bulletin  de  la  Société  académique  de  Brest, 
3'  série,  t.  IV,  p.  385  à  392. 

109.  Un  Berger   et  un  petit   satyre   (Années 
1708  à  1712). 

Groupe.  —  Marbre.  H  1°,84. 

1 1 0.  Flore. 

Groupe.  —  Marbre. 

111.  Hamadryade. 

Groupe.  —  Marbre. 

Ces  trois  groupes  destinés,  ainsi  que  les  quatre 
précédents  à  la  décoration  de  la  a  Rivière  de  Marly,  » 
sont  l'objet  de  nombreux  paiements  du  4  mars 
1708  au  18  avril  1712.  (Registres  inédits  0*  2207, 
2209,  2210.)  Seul,  le  dernier  paiement  nous  inté- 
resse :  il  porte  que  la  somme  versée  est  le  com- 
plément des  71.241  1.  1  s.  «  prix  principal  à  quoi  se 
montent  les  sept  groupes  de  Fleuves,  Nymphes  et 
Faunes,  faits  en  marbre  et  posés  en  haut  et  au  bas 
de  la  Rivière  de  Marly,  et  au  bas  du  Fer  à  Cheval, 
pendant  le  sus  dit  temps.  » 

Le  Berger,  transporté  au  Jardin  des  Tuileries  au 
dernier  siècle,  fut  placé  au  Musée  du  Louvre,  le 
28  septembre  1870  (n*  234  du  catalogue  de  M.  H. 
Barbet  de  Jouy). 

Il  est  signé  :  A.  Goyzevox.  F.  1709. 


204  ANTOINE   GOYZEVOX 

Voyez  sur  les  trois  derniers  groupes  Piganiol, 
Description  de   Versailles,  t.  II,  p.  275. 

L.   Dussieux,   dans  son  ouvrage.  Le  Château   de 

Versailles,  t.  II,  p.  381,   indique  il  lori  un  Faune 

jouant  de  la  Fl>*'te,  et  un  Berger  et  un  petit  satyre 

comme  sculptés  par  Coyzevox.  C'est  la  même  œi\- 

vre  sous  deux  noms  difTérents. 

Le  Berger  nélà  gravé  au  trait  par  Lingée,  et  dans 
le  Musée  de  sculpture  do  Glarac,  par  Normand  père 
(pi.  381.)  Il  est  également  gravé  en  laillc  douce  par 
un  anonyme.  Enfin  il  a  été  lithographie. 

UHamadryade  est  gravée  au  trait  par  Normand 
dans  l'ouvrage  de  Clarac,  pi.  380. 

La  Flore  est  également  gravée  au  trait  par  le 
Tuè.mQ.  Musée  de  sculpture  de  Glarac,  (pi.  379). 

llS-119.    Huit   groupes    d'Enfants,    portant 
(Jps  cuvettes. 

Plomb. 

Dans  sa  lettre  au  Ministre  de  l'Intérieur  du  21 
vendémiaire  an  V,  (12  octobre  1796),  Alexandre 
Lenoir  demande  à  retirer  de  Marly  ces  ouvrages 
pour  les  transporter  au  Musée  qu'il  dirige  [Archives 
du  Musée  des  Monuments  français,  en  cours  de  pu- 
blication par  les  soins  de  la  Commission  de  l'In- 
ventaire des  Richesses  d'art  do  la  France,  t.  I,p.59). 

130.  Groupes. 

Plomb. 


ŒUVRE   DU   MAITRE  20o 

Par  sa  lettre  du  21  vendémiaire  an  V  (12  octo- 
bre 1796), Alexandre  Lenoir  demande  l'autorisation 
de  retirer  de  Marly  divers  ouvrages,  et  après  avoir 
mentionné  des  marbres  sculptés  par  Coyzevox  et 
Goustou  il  écrit  «  Dix-huit  groupes  de  différentes 
compositions  aussi  en  plomb,  par  les  mêmes  » 
[Archives  du  Musée  des  Monuments  français,  encours 
de  publication  par  les  soins  de  la  Commission  de 
l'Inventaire  des  Richesse  d'art  de  la  France,  t.  I, 
p.  59). 

Indépendamment  des  divers  paiements  que  nous 
venons  de  mentionner,  l'artiste  reçut  les  21  décem- 
bre 1698,  8  février,  19  avril,  6  septembre  1699,  et 
20  septembre  1708  (Registres  inédits  0^2187,  2188, 
2190,  2207),  la  somme  de  17.182  1.  pour  «  journées 
employées  à  faire  des  modèles  et  à  conduire  les 
sculpteurs  qui  ont  travaillé  aux  figures  et  vases  du 
Jardin  et  de  la  Cascade  de  Marly.  » 

CHATEAU  »E  sai.\t-cxoi;d. 

ISl.  Le  Rhône. 

Groupe.  —  Marbre. 

Cet  ouvrage,  sculpté  pour  les  jardins  de  Saint- 
Gloud,  est  aujourd'hui  au  musée  du  Louvre,  non 
catalogué. 

Il  est  signé  A.  Coyzevox  1706. 

Le  25  janvier  1874  la  restauration  de  ce  groupe 


206  ANTOINE   COYZEYOX 

a  été  confiée  par  arrêté  ministériel  à  M.  J.  Dubois, 
moyennant  une  somme  de  5000  fr. 

Nous  ne  savons  comment  expliquer  la  lettre 
cF Alexandre  Lenoir  en  date  du  21  vendémiaire 
an  V  (12  octobre  1796)  demandant  au  Ministre  de 
l'Intérieur  l'autorisation  de  retirer  de  Marly  les 
statues  du  Rhône  et  celle  de  la  Seine  pour  leur 
donner  place  au  Musée  qu'il  dirige.  (Voyez  Ar- 
chives du  Musée  des  monuments  français,  en  cours  de 
publication  par  les  soins  de  la  Commission  de  l'In- 
ventaire des  Richesses  d'art  de  la  France,  t.  1, 
p.  59).  Nous  devons  supposer  que  Goyzevox  a 
sculpté  deux  allégories  du  Rhône,  l'une  pour  Saint- 
Cloud  et  l'autre  pour  Marly. 

152.  Xja  Justice  i  année  1691). 
Statue.  —  Pierre. 

1 53.  La  Tempérance. 
Statue.  —  Pierre. 

1S4:.  La  Prudence. 

Statue.  —  Pierre. 
1 S5.  La  Force. 

Statue.  —  Pierre. 

Ces  statues  furent  payées  à  Tartiste  2400  1. 
(Voyez  Registres  inédits  0'  2171  et  2174,  du  23 
juillet  au  19  août  1691). 


ŒUVRE  DU   MAITRE  207 

Le  19  août  1691  les  «  modèles  de  cire  et  les 
moules  de  plâtre  »  de  ces  sculptures  sont  payés  à 
l'artiste  101  1.  (Registre  inédit  0^  2174). 

Ces  quatre  figures  sont  placées  sur  le  fronton  de 
l'église  au  devant  des  pilastres.  (Voyez  Germain 
Brice,  Description  de  Paris,  t.  II,  p.  334). 

1S6.  Saint  Athanase  (années  1698-1699). 
Statue.  —  Pierre. 

1  S*7.  Saint  Grégoire  de  TsTazianze. 

Statue.  —  Pierre. 

Ces  deux  œuvres  sont  l'objet  de  divers  paie- 
ments du  27  juillet  1698  au  l^i-mars  1699,  s'élevant 
ensemble  à  700  1.  (Registres  inédits,  0^  2187, 
2189). 

Ces  statues  sont  placées  à  la  hauteur  de  l'attique 
sur  la  façade  de  l'église. 

1S8.  Saint  Ciia-rlemagne  (années  1700  à  1706). 

Statue.  — Marbre.  —H.  3°».60. 

Du  11  avril  1700  au  7  février  1706,  cette  statue 
est  l'objet  de  nombreux  paiements  dont  le  total 
s'élève  à  5,500  1.  (Registres  inédits,  0^  2191,  2193- 
2197,  2199,  2203). 

Cette  statue  décore  la  façade  de  l'église.  Elle  a 
ligure  au  Musée  des  Monuments  français,  n°  210. 

Alexandre  Lenoir  fut  invité  par  Fouché  ministre 
de  la  Police  générale,  le  4  octobre  1809  à  rendre 
cette  statue  au  gouverneur  de  l'Hôtel  des  Invalides 


208  ANTOINE   COYZEVOX 

pour  la  décoration  du  portail.  (Voyez  ÀJ^chives  du 
Musée  des  Monuments  français,  en  cours  de  publi- 
cation par  les  soins  de  la  Commission  de  l'Inven- 
taire des  Richesses  d'art). 

(Voyez  aussi,  au  sujet  de  cette  statue^  Germain 
Brice,  Description  de  Paru,  t.  II,  p.  3Si). 

129.  Ange  au  Casque  (années  1700-1701). 

Bas-relief. 

Du  5  décembre  1700  au  27  mars  1701,  l'artiste 
reçoit  550  1.  sur  cet  ouvrage.  (Registres  inédits, 
0'  2191,2193). 

Cette  ligure  décore  le  tympan  de  la  porte  Saint- 
Augustin  sous  le  Dôme. 

130.  Sculptures  aux  quatre  panneaux  de 
l'une  des  voûtes  des  chapelles  (années  1693  a 
1G99). 

Ornements.  —  Pierre. 

Ces  travaux  laits  en  collaboration  de  Tuby,  Melo 
et  Jolly  furent  payés  2,100  1.  (Voyez  Registres 
médits  0'  2177  et  2189,  du  8  février  1693  au  21  juin 
1699). 

A  la  date  du  18  février  1700,  Coyzevox  reçoit 
3,890  1.  complément  du  prix  de  10,840  1.  pour  ses 
•<  sculptures  marbre  et  pierre  >-  à  la  dite  église. 
(Registre  inédit  0'  2209). 


ŒUVRE  DU   MAITRE  209 


église:   D£  .\oxbe>daiie. 

131.  Louis  XIV   offrant  le   voeu  de  X<ouis 

XIII   à  la  patronne  de  Paris   (années  1713  à 

1715). 

Statue  à  genoux.  —  Marbre. 

Six  paiements  sont  faits  sur  cette  œuvre,  du 
20  août  1713  au  20  octobre  1715.  Ils  montent  en- 
semble au  chiffre  de  8,100  1.,  prix  fixé  pour  cette 
figure.  (Registres  inédits,  0^  2213,  2214,  2215). 

Voyez,  au  cours  de  notre  étude,  l'histoire  de  ce 
monument  qui,  aujourd'hui,  est  replacé  dans  le 
chœur  de  Notre-Dame  de  Paris.  Consultez  aussi 
Inventaire  des  Richesses  dart  de  la  France,  Paris, 
monuments  religieux,  t.  I,  p.  388,  et  Piganiol  de 
la  Force,  Description  de  Paris,  t.  I,  p.  327. 

Alexandre  Lenoir  qui  avait  recueilli  celte  œuvre 
au  Musée  des  Petits-Augustins,  reçut  le  27  sep- 
tembre 1815  du  ministre  de  l'Intérieur,  l'ordre  de 
rendre  la  statue  de  Louis  XIV  au  Chapitre  de 
Notre-Dame  (Voyez  Archives  du  Musée  des  Monu- 
ments- français^  en  cours  de  publication,  par  les 
soins  de  la  Commission  de  l'Inventaire  des  Ri- 
chesses d'art  do  la  France). 


14 


210  ANTOINE   GOYZEVOX 

orvBAGES  EXÉcrTi:s  porB  i.a 

OIE    LEUR    DÉSIGNATION    INCOMPLÈTE    SUR    LES    COMPTES    L/ES 
BATIMENTS    DU    ROI    NE    PERMET    PAS    DE    CLASSER. 

13S-133.  Deux  Figures  (année  1679). 

Le  22  janvier  1679,  Goyzevox  reçoit  un  à-compte 
de  400  1.  sur  «  les  deux  figures  qu'il  fait.  )>  (Tome 
publié  par  M.  Guiffrey,  p.  1156). 

134:.  Ouvrages  divers  (année  1681). 

Nous  ignorons  ce  que  sont  ces  «  Ouvrages  di- 
vers »  objet  d'un  paiement  de  300  !._,  le  18  janvier 
1682,  reparties  entre  Tuby,  Prou,  Caffiéri,  Legros 
et  Goyzevox  (Registre  inédit  0'  2152). 

135.  Ouvrages  divers  (année  1681). 

Goyzevox  reçoit  le  16  juillet  1681  pour  «  parfait 
paiement  d'ouvrages  en  divers  endroits  exécutés 
en  1678  et  1679  )>  la  somme  de  720  I.  (Tome  pu- 
blié par  M.  Guiffrey.  p.  1185). 

136.  Ouvrages  divers  (année  1681). 
Paiement  de  600  1.,  le  20  juillet  1681,  à  compte 

sur  «divers  ouvrages  »  (Registre  inédit  0'  2151). 

137.  Modèle  de  bronze  (année  1683). 

Sur  le  registre  0'  2153  est  inscrit,  à  la  date  du 
4  juillet  1683,  un  paiement  de  200  1.  pour  «  le  mo- 
dèle de  bronze  ». 


ŒUVRE   DU   MAITRE  2H 

138-139.  Deux  Modèles  de  groupes  (année 
«68(3). 

Terre  et  cire. 

Les  24  mars  et  26  mai  1686,  les  «  deux  modèles 
de  gronpes  (]u'il  a  faits  en  terre  et  des  cires  qu'il 
répare  de  ses  modèles  à  l'Arsenal  pour  fondre  en 
bronze  n  sont  payés  2,800  1.  (Registre  inédit 
œ2159). 


DEUXIÈME   PARTIE 

OUVRAGES  EXÉCITÉS  EX  DEHORS  DES  RATIMEXTS  W  ROI 


MONUMENTS 


PALAIS     »E     SAVKBIWE 

140.  Termes  (année  1667  à  1(571). 
Rondes-bosses. 

Salle  d'honneur  du  palais  de  Saverne. 

141 .  Figures. 

Statues. 

Salle  d'honneur  du  palais  de  Saverne. 

Nous  ne  soranaes  pas  parvenu  à  connaître  le 
nombre  de  ces  Termes  et  de  ces  Figures.  Les  }fé- 
motres  inédits  des  Académiciens  (t.  II,  p.  33)  portent 
seulement  «  Plusieurs  Termes  et  autres  figures.» 

143.  .Apollon  Musagète  (années  1667  à  1671). 

143.  Clio. 

l^'l.  Suterpe. 


2U  ANTOINE   GOYZEVOX 

145.  Tlialie. 

146.  Melpomène. 
l-i"?.  Terpsicliore. 

148.  Erato. 

149.  Polymnie. 

150.  Calliope. 

151.  TJranie. 

Bas-reliefs.  —  Stuc. 

Exécutés  pour  le  plafond  de  la  salle  d'honneur 
du  palais  de  Saverne. 

152.  Corniclie  circulaire  (Années  <667  à  1571). 
Ornements.  —  Stuc. 

Salle  d'honneur  du  palais  de  Saverne. 

153- 1 56.  Quatre  Tropliées  (Années  1667  à  1671) 
Bas-Reliefs.  —  Proportions  colossales. 

15*7.  Ornements. 

Demi-ronde-bosse. 

Ces  quatre  Trophées  et  ces  Ornements  ont  été 
exécutés  pour  l'Escalier  principal  du  palais  de 
Saverne. 

158-165.  Huit  Figures  (.Années  1667  à  1671). 
Statues.  —  Proportions  colossales.  —  Pierre  de 

grès. 
Parc  du  palais  de  Saverne. 

166-189.  Vingt-quatre  Termes  (Année?  1667 
ù  1671). 


ŒUVRE   DU   MAITRE  2!5 

Rondes-bosses.  —  Proportions  colossales.  — 
Pierre  de  grès. 

Parc  du  palais  de  Saverne. 

On  peut  consulter  sur  la  part  de  Coyzevox  dans 
la  décoration  du  palais  de  Saverne,  Fermelhuis, 
Jurie,  Passeron,  Miel  et  les  Mémoires  inédits  des 
Académiciens. 

7iio:%x.ue::vt  du  roi  a  lhotël-de- 

190.  ix>uis  xrv. 

Statue.  —  Bronze. 

Erigée  à  rHôtel-de-Ville  de  Paris,  le  14  juillet 
1689,  à  la  place  d'une  statue  de  Gilles  Guérin,  re- 
présentant Louis  XIV  vainqueur  de  la  Fronde.  On 
trouvera  aux  pièces  justificatives,  Doc.  IX,  des 
détails  sur  cet  ouvrage  que  Lenoir  suppose  à  tort 
avoir  été  fondu.  (Voyez  Musée  des  Monuments  fran- 
çais, t.  V,  p.  117.  —  Voyez  aussi  Mémoires  inédits 
des  Académiciens,  t.  I,  p.  264.)  Cette  statue  a  été 
gravée  par  Pierre  Lepautre,  avec  des  médaillons 
et  cinquante  bas-reliels  représentant  les  exploits 
accomplis  par  Louis  XIV. 

191.  Louis  xrv. 

Statue. 

Une  réplique  de  la  statue  de  THôtel-de-Ville  de 
Paris  fut  placée  au  château  d'Ivry.  (Voyez  Piga- 
niol  de  la  Force,  Description  de  Paria,  t.  IV,  p.  98 


21B  ANTOINE   GOYZEVOX 

et  suiv.,  et  t.  IX,  p.  259.)  Nous  ignorons  quelle  en 
fut  la  matière. 

193.  Louis  XIV. 

Statuette.  —  Bronze.  — H.  0=^66. 

Cette  statuette  était  le  modèle  de  la  statue  qui 
précède. 

Elle  est  mentionnée  en  deux  endroits  par 
Alexandre  Lenoir  dans  les  Archives  du  Musée  des 
Monuments  français,  en  cours  de  publication  par 
les  soins  de  la  Commission  de  l'Inventaire  des 
Richesses  d'art  de  la  France.  Il  en  est  question  la 
première  fois  le  troisième  jour  complémentaire  de 
l'an  IV  (19  septembre  1796).  A  cette  date,  cette 
statuette  est  au  Dépôt  de  Nesle,  et  Lenoir  demande 
au  Ministre  de  l'Intérieur  l'autorisation  de  lui  don- 
ner place  dans  le  Musée  qu'il  dirige. 

La  seconde  mention  est  conçue  en  ces  termes  : 
«  Du  15  au  16  nivôse  an  VIII  (5  au  6  janvier  1800; 
il  a  été  dérobé  dans  la  salle  du  xvii«  siècle,  au 
Musée  des  Monuments  français,  une  petite  statue 
en  bronze  représentant  en  pied  Louis  XIV,  modèle 
qui  avait  été  fait  par  Coyzevox  pour  l'exécution  de 
la  statue  qui  ornait  la  cour  de  l'Hôtel-de-Ville  ». 

193.  La  Piété    royale    distribuant  du   pain 
pendant  la  disette  de  1 66S. 

Bas-relief.  —  Marbre. 


ŒUVRE   DU   MAITRE  2i7 

194.  La  Religion  triompliaiit  de  l'Hérésie. 

Bas-relief.  —  Marbre. 

Ces  deux  ouvrages  ornaient  le  piédestal  de  la 
statue  de  Louis  XIV,  érigée  à  l'Hôtel-de-Ville.  Ils 
sont  perdus.  Le  second  bas-relief  était  une  allégo- 
rie de  la  Révoi-ation  de  ï Edii  de  Nantes. 

1 95.  Henry  de  Fourcy,  comte  de  Chessy,  prévôt 
des  marchands  de  Paris.  (1626-1708). 

Médaillon.  —  Bronze. 

Nous  ignorons  où  se  trouve  l'original  que  Soulié 
suppose  à  tort  au  Musée  du  Louvre.  Un  plâtre, 
d'après  ce  médaillon,  qui  certainement  n'est  pas 
détruit,  existe  au  Musée  de  Versailles  (n°  1899  du 
catalogue).  L'original  a  fait  partie  du  piédestal  de 
la  statue  de  Louis  XIV,  érigée  à  l'Hôtel-de-Ville. 

196.  Les  Eclievins  de  Paris,  en  charge  en  1689. 
Médaillons.  —  Bronze. 

Exécutés  pour]'Hôtel-de-Ville. 

Voyez  Mémoires  inédits  des  Académiciens,  t.  Il, 
p.  36. 

Les  médaillons  des  Echevins  ont  dû  avoir  les 
mêmes  proportions  que  celui  de  Henri  de  Fourcy. 
prévôt  des  marchands,  dont  un  moulage  est  au 
Musée  de  Versailles. 

19*7.  Louis  XIV. 

Statue  équeslre.  —  Bronze.  —  H.  ô'^jôO. 


21  ë  ANTOINE   COYZEVOX 

Exécutée  pour  les  Etats  de  Bretagne  et  inaugu- 
rée à  Rennes  le  6  juillet  1726. 

Cette  statue  a  été  gravée  par  Simon  Thomassin 
en  1699.  Lors  de  la  tenue  des  États  de  Bretagne 
en  1695  les  jetons  frappés  en  mémoire  de  cette 
assemblée  reproduisirent  la  statue  équestre  du  Roi  b 
par  Goyzevox  (Archives  de  T Art  français,  iome  VI, 
p.  162V 

198.  Xja  France,  assise  sur  un  char,  traîne 
par  des  tritons,  parcourt  le  domaine  de 
Neptune. 

Bas-relieC.  —  Bronze.  —  H.  2*", 33.  —  L.  1",45. 

Exécuté  pour  les  Etals  de  Bretagne  et  placé  sur  la 
face  latérale  droite  du  piédestal  de  la  statue  éques- 
tre de  Louis  XIV. 

Ce  bas-relief,  sauvé  en  1792,  lors  de  la  destruc- 
tion du  monument ,  est  conservé  au  Musée  de 
Rennes  (N"  1  du  catalogue,  édition  de  1871). 

200.  -A.udience  donnée  aux  ^ambassadeurs 
du  roi  de  Siam  et  présentation  par  les 
députés  des  Ktats  de  Bretagne  à  Louis 
XIV,  des  plans  et  dessins  du  monument  à 
lui  élever. 

Bas-relief.  —  Bronze.  —  H.  2"^,  33.  —  L.  1°,  45. 

Exécuté  pour  les  États  de  Bretagne  et  placé  sur 
la  face  latérale  gauche  du  piédestal  de  la  statue 
équestre  de  Louis  XIV. 


ŒUVRE   DU   MAITRE  219 

Ce  bas-relief  est  conservé  au  musée  de  Rennes 
(N°2  du  catalogue^  édition  de  1871). 

Deux  inscriptions  complétaient  le  monument 
sculpté  par  Goyzevox.  En  voici  le  texte. 

Inscription  placée  sur  la  face  antérieure  du 
piédestal. 

LUDOVICO    MAGNO 

PIO,    FELICI,    SEMPER   AUGUSTO 

ARMORICA 

AMPLISSIMIS     PORTUBUS    ORNATA 

UTRIUSQUE   INDLï    COMMERCIO   DITATA 

ANNO    M.DC.LXXXV 

REGNI    XLMI 

VOVERAT 

ANNO    M.DCC.XXVI,    POST   OBITUM   XI, 

VIRTUTUM      BEXEFICIORUMQUE     MEMOR, 

COMMUNI  OMNIUM   ORDINUM    PLAUSU 

POSUIT 

Inscription  placée  sur  la  face  postérieure  du 
piédestal. 

EQUESTREM    HANC    STATUAM 

TOTIUS     ARMORICE     IMPENDIO 

CONFLATAM    ET    ORNATAM 

CIVITAS    RHEDONENSIS 

DE   PETUNIA 

AD    RESARCIENDAS 

URBIS     NUPER     INCENS.E     RUINA 

SIBI   A   COMITIIS   ATTRIBUTA 

ADVEHENDAM    ET    CQJLLOCANDAM 

eu  RAVIT 

Voyez  sur  cet   important  ouvrage   Archives   de 


220 


ANTOINE   GOTZEVOX 


l'Art  français,  t.  V,  p.  223  à  2Ô4,  et  Mémoires  iné- 
dits des  Académiciens,  t.  II,  p.  35-36. 

Il  existe  une  gravure  d'après  ua  dessin  de 
Huguet,  représentant  la  cérémonie  d'inaugura- 
tion. 

SOO.  Giulio  Mazarini,  dit  le  cardinal  Maza- 

rin  (i602-i661  ;,  et  un  Ange  tenant  un  faisceau, 

pièce  principale  des  armes  de  Mazarin  (année  1692). 
Groupe.  —  Marbre.  —  H.  1^^,60. 

La  statue  de  Mazarin  est  à  genoux.  L'Ange  te- 
nant le  faisceau  est  placé  derrière  le  cardinal. 
Sur  le  socle  est  gravé  :  A.  Coyzevox.  f.  i692. 
Ce  groupe  a  été  gravé  au  trait  par  Normand. 

201.  La  Fidélité  (année  1692). 

Statue.  —  Marbre.  —  H.  1^^,45. 
SOS.  La  Frudence  (année  1692). 

Statue.  —  Bronze.  —  H.  1^,42. 

Sur  l'aviron  qui  sert  d'attribut  à  cette  figure  est 
écrit  :  A.  Co^'zevox,  f.  1692. 

SOS.  La  Paix  (année  1692). 
Statue.  —  Bronze.  —  H.  1°^,47. 

S 0-4.  La  Religion  (année  1692'. 
Statue.  —Marbre.—  H.  1°,49. 
SOS.  La  Charité  (année  1692). 


ŒUVRE  DU  MAITRE  221 

Groupe.  —  Marbre.  —  H.  1"»,48. 

Elle  est  groupée  avec  un  enfant  nu  qu'elle  attire 
vers  elle. 

Ces  six  ouvrages  faisaient  partie  du  tombeau  du 
cardinal  Mazarin,  érigé  dans  la  chapelle  du  collège 
des  Quatre-Nations,  transféré  au  Musée  des  Mo- 
numents français,  puis  au  Musée  de  Versailles,  et 
enfin  au  Musée  du  Louvre  (n^'^  227  à  232  du  cata- 
logue de  M.  H.  Barbet  de  Jouy). 

Diverses  parties  du  tombeau  de  Mazarin  ne  sont 
entrées  au  Musée  des  Petits-Augustins  que  le 
11  brumaire  an  xiv.  Ce  sont  les  figures  de  la 
Religion  et  de  la  Charité,  ainsi  qu'une  inscription 
que  Lenoir  avait  inutilement  réclamées  dès  Tan 
II.  La  reprise  des  négociations  par  Tadministra- 
teur  du  Musée  des  Petits-Augustins  date  du  19 
fructidor  an  XIII  (6  septembre  1805).  Il  obtint 
gain  de  cause  de   11  brumaire  (2  novembre). 

(Voyez  Archiver  du  Musée  des  Monuments  fran- 
çais^ en  cours  de  publication  par  les  soins  de  la 
Commission  de  l'Inventaire  des  Richesses  d'art  de 
la  France.) 

La  statue  de  Mazarin,  celles  de  la  Prudence^  de 
la  Paix  et  de  la  Fidélité  sont  gravées  dans  le  Musée 
des  Monuments  français,  t.  V,  pi.  184, p.  84,  d'après 
un  dessin  de  Delafontaine.La  gravure  est  de  Guyot. 

Le  monument  tout  entier  a  été  gravé  par 
Olesczynski. 


222  ANTOINE  GOYZETOX 

MOmMËliT     UF.     COIiBCBT. 

20 6.     Jean-Baptiste    Colbert,    marquis    de 

Seignelay  (1G19-16S3). 

Statue.  —  Marbre.  H.  1^^,45. 

Colbert  est  représenté  à  genoux. 

Cette  statue  décore  le  tombeau  de  l'homme 
d'État  dans  la  chapelle  Saint-Louis-de-Gonzague 
de  Téglise  de  Saint-Eustache,  à  Paris. 

S07.  L'Abondance. 

Statue.—  Marbre.  —  H.  1"^,60. 

Elle  est  représentée  assise. 

Cette  statue  fait  partie  du  tombeau  de  Colbert 
dans  l'église  Saint-Eustache. 

La  statue  de  la  Fidélité  ainsi  que  celle  de  VAngp. 
qui,  avant  la  Révolution,  tenait  un  livre  ouvert 
devant  Colbert,  ont  été  sculptées  par  Tuby. 

Ce  tombeau  est  gravé  dans  le  Musée  des  Monu- 
ments français,  t.  V,  pi.  188,  n°  205,  p.  100. 

IIOIVIME^T    DE     VALBBr\. 

208.  Nicolas    de    Bautru,  marquis  dt>  Vaubrim, 
lieutenant-eénéral  des  armées   du   Roi   (163:^-1675),  et 
Marguerite-Thérèse  Bautru,  sa  i'emmp. 
Groupe.  —  Marbre. 

2 09.  JLia  Victoire. 

Haut- relief.  —  Marbre. 


ŒU^TIE  DU   MAITRE  223 

2lO.  lie  passage    du    Rhin  au   pont   d'Al- 
tenlieini. 

Bas-relief.  —  Plomb  doré. 

Les  inscriptions  qui  suivent  sont  gravées  sur  le 
soubassement  du  tombeau  : 

MEMORI^  SEMPITERN.î: 
NÏGOLAI  DE  BAUTRU  MARGHIONIS  DE  VAUBRUN 

REGIORLM   EXERCITUUM   LEGATI,   PHILIPPOPOLI.S, 

ET  ALSATI.E  PR^FECTI 

QUI   PACIS  ARTIBUS  CLARUS,  REBUS  BELLO  FORTITER  GESTIS  CLARIOR 

PRUDEXTIA   COMITATE,   .TUSTITIA,    PIETATE  CLARISSIMCS 

DEXIQUE  OCCISO  ULTPvA   PvHEXUM  TUREXXIO 

SUMMAM   RERUM   SUO  MARTI    COMMISSA>[,     GRAVI    LICET    VULNERE 

SAUCIUS     SUSTIXUIT       ET     REPRESSIS     AD     SCUTAKAM     FLUVIUM 

GERMANIS 
TRIOMPHALEM    GAI.LIS    IX     ALSATIAM     REDITUM    .SAXGUINE   SUO   SIG- 
NA VIT  CŒSUS  IX  ACIE  VICTOR  KALEX.    AUG.  AXXO.  SAL.  MDCLX.W 
,ETAT  XLll   MARGUARETA  THEREZA   DE  BAUTRU 
DIC   VIDUA    ET    M.«REXS,  HOC   DILECTO     ClXERl     MOXUMEXTUM     PC. 
ANXO  .S.ECUUl     XVIU     QUARTO  TOT  .SPES,   IMMATURA    MORTE 
PR.EREPTAS    UXA    SPE   SOLAXS   COMMUXIS   ,ETERXITATIS 


AVI   .SUB    UMBRA    QUIE.SCIT  CATHARIXA  XEPTIS  EX  FILIA  MAGDAi.EXA 

DE  BAUTRU  DE  VAUBRUX  FRAXCSICI  AXXIRALIS  DUCl.S  D'esTRÉES 

UXORE   OBllT   SEPTEXXIS   AXXO   MDCCUl 

Ce  monument  est  placé  dans  la  chapelle  du  châ- 
teau de  Serrant  (Maine-et-Loire),  Il  date  de  1705. 
La  chapelle  qui  le  renferme  a  été  construite  par 
Mansart.  Voyez,  au  cours  de  notre  étude,  la  des- 
cription détaillée  de  cet  ouvrage. 


224  ANTOINE   GOYZEVOX 

311.  Cliarles  Le  Brun  (1619-1699),    peintre  gra- 
veur et  architecte. 
Buste.  —  Marbre.  —  H.  0'^,55. 

213.  La  Peinture. 

Statue.  —  Marbre.  —  H.  1^,75. 
SIS.  Lia  Religion. 

Statue.  —  Marbre.  —  H.  l^'JS. 

Ce  buste  et  les  deux  figures  allégoriques  qui 
raccompagnent  forment  l'ornement  principal  du 
tombeau  de  Le  Brun  dans  l'église  de  Saint-Nicolas 
du  Ghardonnet.  Ce  monument  comporte  en  outre 
des  Génies  sculptés,  des  cassolettes,  une  pyra- 
mide, etc. 

Gravé  dans  le  Voyage  pittoresque  de  d'Argenville, 
p.  300,  et  dans  le  Musée  des  Monuments  français, 
t.  V,  pi.  187,  p.  98. 

214.  Jules  Hardouin.  Mansart  (1640-1708),  ar- 
chitecte, surintendant  des  Bâtiments  du  Roi. 
Médaillon.  —  Marbre. 

Cet  ouvrage  fut  placé  d'abord  à  l'église  de  Saint- 
Paul,  à  Paris,  au-dessus  de  l'épitaphe  de  Mansart. 
Il  fut  transféré  au  Musée  des  Monuments  français 
(N**  299,  t.  V,  p.  52  de  la  Description  de  ce  Musée). 


ŒUVRE   DU   MAITRE  225 

Voyez  au  sujet  de  ce  monument,  Piganiol,  iJescnp- 
iion  de  Paris,  t.  IV,  p.  170-171. 

IIO.^  LISENT  DE  L.E  lîOTRIC 

S 15.  André  Le  Nôtre  (1613-1700),  dessinateur  de 
jardins. 

Buste.  —  Marbre.  —H.  0'°,65. 

Ce  buste  a  été  sculpté  pour  le  monument  de  Le 
Nôtre,  érigé  dans  l'église  de  Saint-Roch,  (voyez  Pi- 
ganiol, Description  de  Paris,  t.  II,  p.  423-424)  ;  trans- 
féré au  Musée  des  Monuments  français  (n°  296,  Mu- 
sée des  Monuments  français,  t.  V,  p.  51),  il  a  été 
rendu  à  l'église  de  Saint-Roch  où  il  est  dans  la  Cha- 
pelle des  Monuments. 

Gourdel  (Julien-Jean)  a  fait  une  copie  en  marbre 
de  ce  buste  pour  le  Musée  de  Versailles  (n''793  du 
catalogue  d'Eud.  Soulié). 

110I%II11E.\T 

de:  \a\  i;uA:%€E:Lit:BE:  D'aliqre 

âl6.  Le  Génie  de  la  Religion. 

Statue  à  genoux. 

Cet  ouvrage  décorait  le  tombeau  de  la  femme  du 

chancelier  d'Aligre,  à  l'hôpital  de  la  Miséricorde, 

derrière  la  Pitié.  (Voyez  Germain  Brice,  Description 

de  Paris,  t.  I,  p.  113). 

15 


220  ANTOINE  GOYZEVOX 

g  1*7.  La  Justice  soutenant  le  médaillon  de 
François  d'Argouges,  premier  président  du  Par- 
lement de  Bretagne  {?  —  1691). 

Bas-relief.  --  Marbre.  —  H.  1°^,45. 

Ce  bas-relief,  placé  d'abord  dans  l'église  de  Saint- 
Paul,  à  Paris,  transféré  plus  lard  au  Musée  des 
Monuments  français  (n'^  527),  est  aujourd'hui  au 
Musée  de  Versailles  (n»  1898  du  catalogue  d'Eud. 
Soulié.) 

218.  François,  sire  de  Créqui,  marquis  de 
Marines  (1624-1687)  maréchal  de  France. 

Buste.  —  Marbre.  —  H.  0°^,80. 

Ce  buste  est  un  fragment  de  la  statue  du  mare» 
chai,  placée  sur  son  monument  dans  l'église  de* 
Jacobins.  Voyez  à  ce  sujet  Description  de  Paris^ 
par  Germain  Brice,  t.  I,  p.  160  ;  Dictionnaire  C7^i- 
/?'^wepar  Jal,  p.  457  ;  le  Musée  des  Momanents  fran- 
çais par  Alexandre  Lenoir,  t.  V,  p.  121  ;  Inventaire 
général  des  œuvres  d'art  appartenant  à  la  ville  de 
Paris,  édifices  religieux,  t.  I,  p.  164. 

Ce  buste  est  placé  aujourd'hui  dans  la  Chapelle 
des  MQHuments  de  l'église  de  Saint-Roch  à  Paris. 


ŒUVRE   DU   MAITRE  227 

iio:%x.me:\t  B£  U£.\bi  dhabcoibt 
a   boyavho:%t. 

219.  Henri  de  Lorraine,  comte  d'Karcourt, 
dit  le  cadet  à  la  Perle  (1601-1666). 

Groupe.  —  Marbre. 

Ce  groupe,  en  marbre  blanc,  représenlanLle  comte 
d'Harcourt  couronné  parlaVictoire,  se  détachait  sur 
une  draperie  de  marbre  semée  de  croix  de  Lorraine. 
Il  était  sur  un  tombeau  de  marbre  portor.  Vers  le 
sommet  du  monument  deux  génies  sonnaient  de  la 
trompette.  Au  fronton  des  aigles  couronnés  soute- 
naient les  armes  de  Henri  d'Harcourt. 

Commandé  par  le  fils  de  Henri  d'Harcourt,  com- 
mendataire  de  l'abbaye  de  Royaumont,  ce  monu- 
ment était  placé  dans  Tabbaye. 

Au-dessous  de  la  tombe,  sur  le  coussin  était 
écrit  :  A.  Coyzevox,  f.  1711. 

SSO.  T»rise  de  Turin. 

Bas-relief.  —  Plomb  doré. 

Ce  bas-relief  décorait  le  soubassement  du  monu- 
ment du  comte  d'Harcourt  à  l'abbaye  de  Royau- 
mont. 

Le  monument  est  gravé  par  Desmaisons,  sur  un 
dessin  de  G...  dans  les  Antiquités  Nationales  de 
MiUin,  t.  II,  art.  XI,  pi.  Il,  p.  5. 


223    .  ANTOINE   GOYZEVOX 

MO:^TMEXT    DES     BHARCOIBT     ]>.V.\S 
1/ÉCi^LISE  DES  FEtIIXA\TS  A  PARIS. 

SSl.  La  Victoire  présente  Henri  de  Lor- 
raine, comte  d'Harcourt  à  la  Religion. 

Bas-relief  doré. 

232.  Le  Temps  assis  sur  des  armures  tient 
un  livre  ouvert. 

Ronde-bosse. 

333.  L'Immortalité,  les  ailes  ouvertes,  s'é- 
lève emportant  le  médaillon  de  Cliarles 
d'Harcourt. 

Ronde-bosse. 

S24:.  Alplionse  de  Lorraine. 

Médaillon. 

Ce  médaillon  était  soutenu  par  un  Génie,  au  pied 
d'une  pyramide  de  marbre  bleu  turquin  surmon- 
tant le'  cénotaphe  de  Henri  d'Harcourt  et  de  ses 
fils,  Charles  et  Alphonse.  Les  figures  du  Temps  et 
de  V Immortalité  étaient  adossées  à  la  pyramide, 
terminée  par  une  sphère  sur  laquelle  posait  un 
aigle. 

Ce  monument  décorait  la  nef  de  l'église  des 
Feuillants  de  la  rue  Saint-Honoré. 

Il  est  gravé  dans  les  Antiquités  Nationales  de  Mil- 
in,art.  V,  pi.  H,  fig.  3,  p.  14. 


ŒUVRE  DU    MAITRE  229 

S35.  Jean-Baptiste  Lulli  (1633-1687).  Compo- 
siteur. 

Buste.  —  Bronze.  —  H.  0^,70. 

Ce  buste  fait  partie  du  monument  de  Lulli  dans 
la  chapelle  de  Saint-Jean  l'Évangéliste  de  l'église 
Notre-Dame-des-Victoires  à  Paris.  Les  autres 
sculptures  du  monument  sont  du  statuaire  Cotton. 

Il  est  gravé  dans  le  Musée  des  Monuments  fran- 
çais, t.  V,  pi.  189,  n"  202,  p.  102. 

.nO:\XllflQ:%T  de  JA€f|UE^   O'ROlR^ItLE 

coise:^. 

326.  Jacques  O'Rourske  Cousen,  baron  de 
Courcliainps. 

Statue  couchée.  —  Marbre. 

Cette  figure,  détruite  sous  la  Révolution,  était 
placée  dans  l'église  de  Saint-Germain-des-Prés.  On 
la  trouvera  signalée  dans  le  Musée  des  Monuments 
français,  t.  V,  p.  69-70. 

iUOliUMEllT  OE    EERDI\.\^D    DE 
FrB^TE:%BEaQ 

2S*7.  Ferdinand  Egon  de  Furstenberg  (1663- 
1696),  neveu  du  cardinal  de  ce  nom,  landgrave  de 
Furstenberg. 


230  ANTOINE   GOYZEVOX 

Statue.  —  stuc  doré. 

Cet  ouvrage  était  placé  avant  la  Révolution  dans 
l'église  de  Saint-Germain-des-Prés.  Piganiol  le 
signale  avec  de  grands  éloges.  (Voyez  Description 
de  Paris  l.  VIII,  p.  58-61). 

II 
STATUES 

:S28.  ÎTotre-Dame-des-G-râces  (année  1676). 

Statue.  —  Marbre.  —  H.  1^,90. 

Eglise  de  Saint-Nizier  à  Lyon,  transept  de 
droite,  chapelle  de  Notre-Dame-des-Grâces. 

Voyez  l'Inventaire  mss.  de  l'Église  de  Saint-Nizier 
par  M.  E.-L.-G.  Gharvet.  (Archives  de  la  Commis- 
sion de  l'Inventaire  des  Richesses  d'art  de  la 
France,  à  l'Administration  des  Beaux-Arts). 

â29.  JÎQ^otre-IDaine-des-Grrâces. 

Statuette.  —Terre  cuite.  —  H.  O'^jSO. 

Esquisse  de  la  statue  qui  précède.  Cette  esquisse 
est  conservée  aux  Archives  des  l'Hospice  de  la  Cha- 
rité à  Lyon. 

Voyez  Inventaire  mss.  de  l'Hospice  et  l'Église  de 
la  Charité  à  Lyon  par  M.  E.-L.-G.  Gharvet.  (Ar- 
chives de  la  Commission  de  l'Inventaire  des  Ri- 
chesses d'art  de  la  France,  h  l'Administration  des 
Beaux-Arts). 


ŒUVRE  DU   îkiAITRE  231 

330.  Notre-Dame-des-Grâces. 

Statuette.  —  Plâtre. 

Cette  figurine  n'est  qu'un  moulage,  mais  il  a  son 
importance.  Il  semblerait  d'abord  qu'il  a  dû  être 
obtenu  d'après  la  statuette  qui  précède.  «  Mais, 
d'autre  part,  ôcpit  très-justement  M.  Gharvet  auquel 
nous  sommes  redevable  des  précieuses  indications 
qui  suivent,  ce  plâtre  porte  par  derrière  qu'il  aurait 
été  moulé  en  1828.  Cependant  ce  n'est  pas  un  mou- 
lage banal  puisqu'on  n'y  trouve  pas  les  sutures 
d'un  moule  fait  avec  pièces  ajustées  ;  cela  semble 
plutôt  un  moulage  obtenu  à  moule  perdu,  sur  terre 
modelée.  Enfin,  la  netteté  des  creux  et  la  vigueur 
des  contours  marquent  un  original. 

«  Sur  la  base  on  lit  en  lettres  bâtardes  en  creux  : 
Coyzevox  fecit  1676.  La  hauteur  de  cette  statuette 
est  la  même  que  celle  de  la  terre  cuite  conservée  à 
la  Charité,  c'est-à-dire  de  0™,50.  Si  on  pouvait  les 
rapprocher  l'une  de  l'autre  on  trouverait  peut-être 
le  mot  de  l'énigme.  Mais  cela  est  impossible.  La 
Charité  ne  laisserait  pas  sortir  son  dépôt,  et  ma- 
dame Dommartin,  propriétaire  du  plâtre,  estjalouse 
de  ses  trésors. 

«  Quoiqu'il  en  soit,  la  date  1676  est  un  point  inté- 
ressant au  bénéfice  de  la  statuette  Dommartin  puis- 
qu'il n'y  a  pas  d'inscription  sur  celle  de  la  Charité.» 

331.  Marie-^delaïde  de  Savoie,  ducliesse 
de  Bourgogne  (1685-1712). 


232  ANTOINE   COYZEVOX 

Statue.  —  Marbre.  —  H.  l'^,95. 

Commandée  par  le  marquis  d'Antin,  cette  statue 
fut  placée  au  château  de  Petit-Bourg.  Elle  est 
aujourd'hui  au  Musée  du  Louvre  (n°  233  du  catalo- 
gue de  M.  H.  Barbet  de  Jouy). 

Sur  le  socle  au-dessous  du  pied  gauche  est 
gravé  :  A.  Goyzevox,  1710  .^d  vivvm. 

Par  une  coïncidence  bizarre, que  nous  ne  parve- 
nons pas  à  nous  expliquer,  Alexandre  Lenoir  de- 
mande, le  21  vendémiaire  an  V  (12  octobre  1796), 
à  retirer  de  Marly,  pour  la  transporter  au  Musée 
qu'il  dirige  «  une  Diane  en  marbre  »  qui  nous  pa- 
raît être  cette  statue.  Nous  ne  savons  à  quelle  épo- 
que elle  a  pu  être  enlevée  de  Petit-Bourg.  (Voyez 
Archives  du  Musée  des  Monuments  français^  en  cours 
de  publication,  par  les  soins  de  la  Commission  de 
l'Inventaire  des  Richesses  d'art  de  la  France  (t.  1, 
p.  59). 

Passeron  nous  apprend  qu'en  1721  ce  marbre 
était  encore  dans  le  château  du  duc  d'Antin. 
[Notice  sur  A.  Coyzevox,  Revue  du  Lyonnais,  1835, 
p.  126). 

Cette  statue  est  gravée  dans  le  Musée  de  sculpture 
de  Clarac,  (tome  III,  pi.  368,  G.)Au  cours  de  la  no- 
tice que  lui  consacre  Clarac,  cet  écrivain  nous  ap- 
prend que  l'œuvre  de  Goyzevox  a  décoré  Versailles 
jusqu'en  1850  {Musée  de  sculpture.  Texte,  t.  V,  p. 
324). 


OEUVRE   DU    MAITRE  233 

2 3 S.  Louis  II  de  Bourbon,  prince  de  Condé, 

dit  le  Qrand  Condé  (1621-1686\ 

Statue.  —  Marbre.  —  H.  2°^, 12. 

L'original  décorait  le  péristyle  du  château  de 
Chantilly  avant  la  Révolution.  Mutilé,  puis  re- 
trouvé chez  un  marbrier,  il  fut  acquis  par  le  prince 
de  Condé  et  replacé  à  Chantilly.  Un  plâtre,  pris 
sur  le  marbre,  est  au  Musée  de  Versailles  (n**  1335 
du  catalogue  d'Eud.  Soulié). 

233.  Fleuve  et  Enfant. 

Groupe.  —  Marbre. 

Cette  statue  est  mentionnée  par  Fermelhuis  dans 
\ Eloge  du  maître  et  par  tous  les  biographes  qui 
ont  parlé  de  Coyzevox. 

33^.  Centaure. 
235.  Centaure. 

Statues. 

P.-T.-N.  Hurtaut,  dans  son  Dictionnaire  histori- 
que de  la  Ville  de  Paris  et  de  ses  environs  y  (Paris 
1779,  4  vol.  in-S")  écrit  :  «  D'Argouges  conseiller 
d'Etat  et  chancelier  de  la  Reine,  acquit  la  baronnie 
du  Plessis-Pasté,  avec  ses  dépendances;  et  en 
1709,  il  la  vendit  à  C.-L.  Cadot  comte  de  Sebbe- 
ville,  qui  a  fait  placer  sur  les  deu.\  pihers  de 
l'avant-cour  du  château,  deux  Centaures  de  la 
façon  d'Antoine  Coyzevox.  n  (tome  IV,  p.  65)  — 
C'est  à  M.Victor  Advielle  que  nous  devons  d'avoir 
découvert  ce  détail  dans  l'ouvrage  de  Hurtaut. 


234  ANTOINE  GOYZEVOX 

336.  Diane. 

Statue. 

Cette  œuvre  est  signalée  dans  l'Inventaire  de  la 
Du  Barry  au  château  de  Louveciennes,  sous  le  n'^ 
54,  en  ces  termes  :  «  Une  Diane  un  peu  mutilée, 
par  Coi sevaux,.  située  dans  le  jardin  dudit  châ- 
teau ».  (Voyez  Gazette  des  Beaux-Arts,  2°  période, 
t.  V,  p.  135). 

III 
BUSTES 

537.  Antoine  Coyzevox. 

Buste.  —Marbre.  —  H.  0°^,67. 

L'original  est  au  Musée  du  Louvre  (n°  238  du 
catalogue  de  M.  H.  Barbet  de  Jouy).  Il  provient 
de  l'Académie  de  Peinture,  qui  l'avait  reçu  de 
Charles-Pierre  Coustou,  architecte,  petit-neveu  du 
modèle,  dans  sa  séance  du  6  septembre  1788  (Pro- 
cès-verbaux de  r Académie). 

Bosio  (Astyanax-Scaevola)  a  fait  une  copie  en 
marbre  de  ce  buste  qui  est  au  Musée  de  Versailles 
(n'^  796  du  catalogue  d'Eud.  Soulié). 

538.  Robert  Arnauld   d'Andilly   (1588-1674>, 
érudit  et  poète. 

Buste. 


ŒUVRE   DU   MAITRE  235 

Cet  ouvrage  est  mentionné  par  Fermelhuis  dans 
VÉloge  du  maître  (p.  32). 

239.  Jacques-Bénigne  Bossuet  (1627-1704), évo- 
que de  Meaux. 

Buste.  —  Marbre.  —  H.  0°^,78. 

L'original  est  au  Musée  du  Louvre  (n°  237  du 
catalogue  de  M.  H.  Barbet  de  Jouy). 

Il  a  fait  partie  du  Musée  des  Monuments  français 
(n**  311,  t.V,  p.  47,  de  la  Description  de  ce  Musée). 
Un  plâtre,  d'après  ce  buste,  avec  piédouche  réduit, 
mesurant  O^'jôO  est  au  Musée  de  Versailles  (n°  2853 
du  catalogue  d'Eud.  Soulié). 

240.  XjOuIs  Bouclierat  (1616-1699),  chancelier  de 
France. 

Buste. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  par  Fermelhuis  dans 
VÉloge  du  maître  (p.  32). 

24 1 .  Emmanuel-Théodore  de  la  Tour  d'Au- 
vergne, dit  le  cardinal  de  Bouillon  (1644- 
1715). 

Buste. 

Cet  ouvrage   est  signalé   par  Fermelhuis  dans 

X Éloge  du  maître  (p.  32). 

242.  Marie-Adélaïde  de  Savoie,  duchesse 
de  Bourgogne  (1685-1712). 

Buste.  —  Marbre.  —  H.  0°,50. 

Derrière  le  buste  est  gravé  :  A.  Goyzevox  ad 

VIVVM,  F.  1710. 


236  ANTOINE  COYZEVOX 

Musée  de  Versailles,  chambre  de  Louis  XIV, 
(n^  2170  du  catalogue  d'Eud.  Soulié). 

Voyez  L.  Dussieux,  Le  Château  de  Versailles,  t.  I, 
p.  244. 

243.  Cliaries  II  de  Cossé,  comte,  puis    duc 

de  Srissac  (  ?  —  i621),  maréchal  de  France. 

Buste.  —  Marbre. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  par  Alexandre  Lenoir 
dans  sa  lettre  au  Ministre  de  l'Intérieur,  en  date 
du  S""  jour  complémentaire  de  l'an  IV  (19  septembre 
1796).  Il  demande  à  retirer  du  Dépôt  de  Nesle,  rue 
de  Beaune,pour  le  placer  dans  la  salle  du  dix-sep- 
tième siècle  du  Musée  des  Monuments  français,  le 
buste  en  marbre  du  maréchal  de  Brissac.  (Voyez 
Aj'chives  du  musée  des  Monuments  français,  en 
cours  de  publication,  par  les  soins  de  la  Commis- 
sion de  l'Inventaire  des  Richesses  d'art  de  la  France, 
t.  I,  p.  57.) 

Alexandre  Lenoir  se  proposant  de  placer  ce 
buste  dans  la  salle  du  XVIP  siècle,  nous  suppo- 
sons qu'il  s'agit  bien  ici  de  Charles  II  de  Coss^, 
duc  de  Brissac,  mort  en  162i.  Coyzevox  aurait 
donc  sculpté  ce  buste  d'après  des  documents  et 
non  devant  le  modèle. 

S44.    Charles    d'Ailly  ,    duc    de    Chaulnes 

(  ?  —  1696),  gouverneur  £;-énéral  de  Bretagne. 

Buste. 


ŒUVRE   DU   MAITRE  237 

Cet  ouvrage  est  mentionné  par  Fermelhuis  dans 
y  Éloge  du  maître  (p.  32). 

24:5.  Jean-Baptiste  Colbert ,    marquis  de   Sei- 
gnelay. 

Buste.  —  Marbre.  ~  H.  0°^,70. 

Cet  ouvrage,  offert  au  modèle  par  l'Académie  de 
Peinture,  en  vertu  d'une  décision  prise  en  sa  séance 
du  4  janvier  1678,  est  aujourd'hui  au  Musée  de 
Versailles  (n°  225  du  catalogue  d'Eud.  Soulié).  Un 
plâtre,  d'après  ce  buste,  est  placé  dans  le  vestibule 
de  l'Escalier  de  marbre  du  palais  de  Versailles 
(no  790  du  catalogue). 

Voyez,  sur  l'offre  faite  à  Colbert  et  le  prix  de 
cette  œuvre  qui  fut  payée  quinze  cents  livres,  les 
procès-vorbaux  de  l'Académie  des  24  avril  1677, 
4  et  29  janvier,  26  février  et  5  mars  1678. 

11  y  a  erreur  au  sujet  de  ce  buste  dans  la  liste 
des  morceaux  de  réception  publiée  au  tome  II 
(p.  365)  des  Archives  de  VArt  français.  Il  ne  fut  pas 
offert  en  1679  ;  l'Académie  l'avait  acquis  de  l'ar- 
tiste l'année  précédente. 

Le  13  fructidor  an  X  (31  août  1802),  Alexandre 
Lenoir,  administrateur  du  musée  des  Monuments 
français,  écrit  à  Chaptal,  Ministre  de  l'Intérieur  : 
«  J'ai  l'honneur  de  vous  prévenir  qu'ayant  trouvé 
chez  le  C«"  Dumont,  sculpteur,  demeurant  Chaus- 
sée-dWntin,   trois  bustes   en  marbre  de  la  plus 


238  ANTOINE   COYZEVOX 

grande  beauté,  représentant  Colbert  par  Coyzevox, 
FéneIo7i  par  le  même  et  Nicolas  Boileau  par  Girar- 
don,  et  un  médaillon  aussi  de  marbre  représentant 
madame  de  Maintenon;  j'ai  cru  devoir  acquérir  ces 
monuments  précieux  pour  le  xvii'^  siècle.  )> 

Le  28  fructidor,  an  X  (15  septembre  1802)  le- 
Ministre  de  l'Intérieur,  Ghaptal,  écrit  à  Alexandre 
Lenoir  qu'il  approuve  l'acquisition  des  œuvres  dont 
il  a  soumis  le  projet  à  son  approbation.  (Voyez  Ar- 
chives du  Musée  des  Monuments  français,  en  cours 
de  publication  par  les  soins  de  la  Commission  de 
l'Inventaire  des  Richesses  d'art  de  la  France). 

Nous  ne  savons  si  ce  buste  est  le  même  que  ce- 
lui qui  se  trouve  au  musée  de  Versailles,  ou  si  c' en- 
est  une  réplique. 

S46.  Colbert. 

Buste.  —  Marbre. 

Ce  buste  existait  au  Ministère  des  Finances 
avant  l'incendie  de  1871.  Nous  n'avons  pu  nous 
assurer  s'il  avait  été  sauvé  du  désastre.  (Archives 
du  Louvre). 

S-i'?.    Louis     II     de     Bourbon,    prince    de 
Condé,  dit  le  Grand  Condé. 

Buste.  —  Marbre. 

Ce  buste  est  mentionné  par  Alexandre  Lenoir 
dans  sa  lettre  au  ministre  de  l'Intérieur,  en  date  du 
3*  jour  complémentaire  de  Tan  IV  (19  septembre 


ŒUVRE   DU   MAITRE  239 

1796).  A  cette  date,  le  buste  en  marbre  de  Condé, 
se  trouvait  fiu  Dépôt  de  Nesle,  rue  de  Beaune. 
(Voyez  Archives  du  Musée  des  Monuments  fran- 
çais, en  cours  de  publication  par  les  soins  de  la 
Commission  de  l'Inventaire  des  Richesses  d'art  de 
la  France,  t.  I,  p.  57). 

Les  mêmes  Archives  renferment  la  lettre  de  M. 
de  Vaublanc,  datée  du  8  mars  1816  par  laquelle  le 
ministre  de  l'Intérieur  donne  ordre  à  Alexandre 
Lenoir  de  rendre  le  buste  en  marbre  du  grand 
Condé,  par  Coyzevox,  à  S.  A.  Mgr.  le  prince  de 
Condé,  ce  buste  provenant  de  Chantilly. 

S4:8.  IL.e  G-rand  Condé. 

Buste.  —  Bronze.  —  H.  0°',59. 

Ce  buste  est  au  Musée  du  Louvre.  Inscrit  d'abord 
sur  les  catalogues  parmi  les  ouvrages  dont  les  au- 
teurs ne  sont  pas  connus,  il  a  été  restitué  à  Coyze- 
vox ^  la  suite  de  la  découverte  du  marché  passé 
entre  l'artiste  et  le  prince  de  Conti.  Ce  document, 
pubhé  par  M.  Courajod,  est  résumé  dans  notre 
étude  sur  le  maître. 

S49.  Le  G-rand  Condé. 

Buste. 

Un  buste  de  Condé  fut  exposé  au  Salon  de  1704. 
Nous  ignorons  s'il  s'agit  du  buste  en  marbre  ou  du 
buste  en  bronze  dont  nous  parlons  ci-dessus.  Peut- 
être  sommes-nous  en  présence  d'un  troisième  poiv 
trait  de  Condé  par  Coyzevox  ? 


240  ANTOINE   GOYZEVOX 

S50.  Robert  de  Cotte  (1657-1735),  architecte. 

Buste.  —  Marbre.  —  H.  0^,55. 

Nous  ignorons  où  se  trouve  l'original.  Une  copie 
en  plâtre  existe  au  Musée  de  Versailles  (n*  799  du 
catalogue  d'Eud.  Soulié). 

Un  buste  de  Robert  de  Cotte  a  figuré  au  Salon 
de  1704;  nous  supposons  qu'il  s'agit  du  marbre 
dont  nous  parlons  ici. 

351.  Grérard  Edelinck  (1640-1707),  graveur. 

Buste.  —  Terre  cuite. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  dans  les  Mémoires 
médits  des  Académiciens,  t.  II,  p.  58. 

35S.  Grérard  A.udran.  (1640-1691)  graveur. 

Buste. 

Ce  buste  ne  nous  est  connu  que  par  la  gravure 
qu'en  a  faite  Nicolas-Gabriel  Dupuis. 

353.    Jean-Baptiste    de    Fermelliuis    (1656- 

1731),  médecin,  ami  et  biographe  de  Coyzevox. 

Buste.  —  Marbre. 

Un  buste  de  Fermelhuis  par  Coyzevox  a  été  pro- 
posé par  M.  Barodes  à  l'Administration  du  Musée 
du  Louvre,  le  8  mars  1850  (Archives  du  Louvre). 

L'existence  du  buste  de  Fermelhuis  est  attestée 

par  Fermelhuis  lui-même   dans  X Éloge  du  maître 

{p.  32). 

S54.     Antoine     Coypel     (1661-1722),    peintre   «l 
graveur. 


ŒUVRE  DU   MAITRE  241 

Buste.  —  Marbre.  —  H.  O'^jôS. 

Tête  légèrement  tournée   vers  l'épaule  droite  ; 
perruque  ;  indication  de  vêtement. 

Coypel  est  représenté  dans  ce  buste  à  l'âge  de 
quarante-cinq  ou  cinquante  ans  environ,  ce  qui 
place  l'exécution  de  l'œuvre  vers  1706  ou  1711. 
Deux  morceaux  de  marbre  rapportés,  l'un  dans  le 
vêtement  du  côté  gauche,  l'autre  dans  la  perruque 
du  même  côté,  indiquent  que  ce  portrait,  sculpté 
dans  un  bloc  trop  petit,  peut  être  considéré  comme 
une  image  intime  offerte  par  un  ami  à  son  ami.  On 
sait  d'ailleurs  quelles  relations  d'amitié  existèrent 
entre  les  Coypel  et  Goyzevox.  Celui-ci  apposa  sa 
signature  sur  l'acte  de  mariage  de  l'un  des  Coy- 
pel. 

Le  buste  qui  nous  occupe  appartient  à  M.  Au- 
gustin Dumont,  statuaire,  membre  de  Tlnstitut.  Il 
est  toujours  resté  dans  sa  famille  qui  fut  alliée, 
comme  l'on  sait,  à  celle  des  Coypel,  dans  la  per- 
sonne de  François  Dumont,  sculpteur  du  roi,  le  21 
novembre  1712. 

255.  Acliille  III  de  Harlay,  comte  de 
Seaumont,  seigneur  de  Grosbois  (1639-1712j.  Prési- 
dent au  Parlement  de  Paris. 

Buste. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  par  Fermelhuis  dans 
l'Éloge  du  maître  (p.  32). 

16 


242  ANTOINE   GOYZEVOX 

S56.  CtLarles  Le  Brun. 

Buste.  —  Marbre.  —  H.  0^,65. 

Derrière  le  buste  est  écrit  :  C.  Le  Bbun,  pre- 
mier PEINTRE  DU  ROI  ET  CHANCELIER  DE  l' ACA- 
DÉMIE. A.  GoYZEVOx  FECiT  1679.  Par  ordre  de 
l'académie. 

Musée  du  Louvre  (n°  239,  catalogue  de  M.  H. 
Barbet  de  Jouy). 

Ce  buste  est  le  morceau  de  réception  de  Goyze- 
vox  à  l'Académie. (Voyez  les  procès-verbaux  des  11 
avril  1676  et  28  janvier  1679j. 

Bosio  (Astyanax-Sceevola)  a  reproduit  en  marbre 
le  buste  de  Le  Brun,  pour  le  Musée  de  Versailles 
(n<^  795  du  catalogue  d'Eud.  Soulié). 

Un  moulage  en  plâtre  de  ce  même  ouvrage 
existe  en  outre  au  Musée  de  Versailles,  vestibule 
de  l'Escalier  des  Princes  (n°  1672  du  catalogue). 

Voyez  sur  cet  ouvrage  Mémoires  inédits  des  Ara- 
démiciens,  t.  II,  p.  48. 

Le  11  décembre  1837,  le  buste  de  Le  Brun, 
sculpté  en  ivoire,  par  Jaillot,  d'après  Goyzevox,  a 
passé  à  la  vente  du  chevalier  Alexandre  Lenoir 
(n*'  188  du  catalogue  de  la  vente,  p.  22-23). 

357.  Charles-Maurice  Le  Tellier  (1642-1710), 

archevêque  de  Reims. 

Buste.  —  Marbre.  —  H.  0°^,75. 

Cet  ouvrage  est  à  la  bibliothèque  Sainte-Gene- 
viève à  Paris. 


ŒUVRE   DU   MAITRE  243 

Un  plâtre,  d'après  ce  buste,  est  au  Musée  de 
Versailles  (n^  2844  du  catalogue  d'Eud.  Soulié). 

358.  François-Micliel  I^e  Tellier,  marquis  de 

Louvois  (1639-1691),  homme  d'Etat. 

Buste. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  par  Fermelhuis  dans 
Y  Éloge  du  maître  (p.  32). 

S59.  Michel  Le  TelUer  (1603-1685),  chancelier  de 

de  France. 

Buste.  —  Marbre.  —H.  0"^,64. 

Un  plâtre  de  l'ouvrage  de  Coyzevox  est  au  Musée 
de  Versailles  (n**  2837  du  catalogue  d'Eud.  Soulié). 
C'est  par  erreur  que  Soulié  suppose  le  marbre  ori- 
ginal au  Musée  du  Louvre.  Nous  l'y  avons  inutile- 
ment cherché. 

Duseigneur  dit  que  Coyzevox  a  sculpté  quatre 
bustes  du  chancelier  Le  Tellier  [Revue  Universelle 
des  A-rts,  t.  I,  p.  46). 

360.  Jules  Hardouin-Mansart  (1646-1708)  ar- 
chitecte, surintendant  des  Bâtiments  du  roi. 

Buste. 

Cet  ou\Tage  est  mentionné  par  Fermelhuis  dans 
V Éloge  du  maître. 

S61.  Giulio  Mazarini,  dit  le  cardinal  Mazarin. 

Buste.  —  Marbre. 

Cet  ouvrage  est  au  Musée  du  Louvre,  non  cata- 
logué. 


244  .AJNTOINE   GOYZEVOX 

Une  reproduction  en  marbre  de  ce  buste,  a  été 
commandée  par  arrêté  du  17  février  1868,  moyen- 
nant la  somme  de  1000  fr.  à  M.  Bremond.  Elle  est 
placée  dans  la  galerie  Mazarine  de  la  Bibliothèque 
nationale. 

2Q3,  P»ierre  Mignard  (1610-1695),  peintre. 

Buste.  —  Marbre.  —  H.  0°^,78. 

L'original  est  au  Musée  du  Louvre  (N°  240  du 
catalogue  de  M.  H.  Barbet  de  Jouy). 

Un  plâtre,  d'après  ce  buste,  avec  piédouche  plus 
petit  est  au  Musée  de  Versailles  (N.  1673  du  cata- 
logue d'Eud.  Soulié). 

Grevenich  (François-Alfred)  a  sculpté  un  marbre 
d'après  l'original  de  Coyzevox  qui  est  également 
au  Musée  de  Versailles  (n°  819  du  catalogue).  Le 
piédouche  plus  petit  que  celui  du  Louvre  donne  à 
cette  copie  une  hauteur  de  O'^jôS. 

2Q3,  Cliarles  de  Sainte-Maure,  marquis,  puis 
duc  de  Montausier  (1610-1690),  gouverneur  du  Dau- 
phin. 

Buste. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  par  Fermelhuis  dans 
V Éloge  du  maître  (p.  32). 

S 64.  X.ouis--A.ntoine  de   Noailles  (1651-1729), 

cardinal. 

Buste.  —  Marbre.  —  H.  0^68. 

Un  plâtre  est  au  Musée  de  Versailles  (n"  2856 


ŒUVRE   DU  MAITRE  2i5 

du  catalogue  d'Eud.  Soulié).  Nous  ignorons  où  se 
trouve  le  marbre  signaîf?  par  Fermelhuis  dans 
VÉloge  du  maître  (p.  32). 

S65.  Melcliior  de  Polignac  (1661-1741),  cardinal. 

Buste. 

Cet  ouvrage  est  signalé  par  Fermelhuis  dans 
VÉloge  du  maître  (p.  32). 

S66.Matlilen  Prior  (1664-1721)^    poète  anglais  et 

diplomate. 

Buste.  —  Marbre. 

Cet  ouvrage,  exécuté  à  Paris,  lors  du  séjour  de 
Prior  dans  cette  capitale,  comme  secrétaire  de 
l'ambassade  d'Angleterre,  est  aujourd'hui  à  l'ab- 
baye de  Westminster,  sur  le  tombeau  du  poète. 
(Voyez  Les  Artistes  français  à  létranger,  par  Dus- 
sieux  p.  272,  édition  de  1876). 

SeT.  Jean  Racine  (1639-1699),  poète. 

Buste. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  par  Alexandre  Lenoir 
dans  le  Musée  des  monuments  français  (t.  V,  p.  51), 
où  il  porte  le  n°  295. 

368.  Madame  de  la  Ravois. 

Buste. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  au  livret  du  Salon  de 
1704  (p.  10). 

869.  A.rniand-Jean   Du   Plessis,    cardinal 
de  RiclieUeu  (1585-1642). 


246  ANTOINE   COYZEYOX 

Buste.  —  Marbre.  —  H.  0°^,84. 

L'original  est  au  Musée  du  Louvre  (n°  235  du 
catalogue  de  M.  H.  Barbet  de  Jouy).  Il  a  fait  partie 
du  Musée  des  Monuments  français  in*  276  de  la 
Description  de  ce  Musée). 

Un  plâtre,  pris  sur  l'original,  est  au  Musée  de 
Versailles  (n"  1875  du  catalogue  d'Eud.  Soulié). 

3*70 .  Marie  Serre,  mère  du  peintre  Rigaud. 

Buste.  —  Marbre.  —  H.  0'=,81. 

Cet  ouvrage  est  au  Musée  du  Louvre  (n°  241  du 
catalogue  de  M.  H.  Barbet  de  Jouy). 

Au-dessous  du  buste,  est  écrit  :  Marie  Serre, 
MÈRE  DE  Hyacinthe  Rig.wd  fait  par  Goyze- 
VOX  EN   1706. 

Voyez  au  sujet  de  ce  buste  les  sources  que  nous 
indiquons  au  cours  de  notre  étude  ainsi  que  le 
Musée  des  monuments  français,  t.  V,  n*^  297,  p.  51, 
et  le  procès-verbal  de  l'Académie  de  Peinture, 
séance  du  22  août  1744. 

Ce  buste  a  été  gravé  par  Pierre  Brevet. 

3*7 1 .  Henri  de  La  Tour  d'Auvergne,  vicomte 
de  Turenne  (1611-1675),  maréchal  de  France. 

Buste.  —  Marbre.  —H.  0°*,70. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  par  Alexandre  Lenoir 
dans  sa  lettre  au  ministre  de  l'Intérieur,  en  date 
du  3*^  jour  complémentaire  de  l'an  IV  (19  septem- 
bre 1796).  A  cette  date,  le  buste  de  Turenne  était 


ŒUVRE  DU   MAITRE  2i7 

au  Dépôt  de  Nesle,rue  de  Benune.  {\oYez\Archives 
du  Musée  des  Monuments  français,  en  cours  de  pu- 
blication par  les  soins  de  la  Commission  de  lln- 
ventaire  des  Richesses  d'art  de  la  France,  t.  I, 
p.  57).  Un  plâtre,  d'après  ce  buste,  est  au  Musée 
de  Versailles  (n°2047  du  catalogue  d'Eud.  Soulié). 
C'est  à  tort  que  Fauteur  de  ce  livret  suppose  le 
marbre  original  au  Musée  du  Louvre.  Il  ne  fait 
pas  partie  des  sculptures  modernes  cataloguées 
par  M.  H.  Barbet  de  Jouy. 

S'7S.  Turenne. 
Buste. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  au  livret  du  Salon  de 
1704  (p.  10).  Est-ce  le  même  portrait  que  celui 
dont  nous  venons  de  parler?  Nous  l'ignorons. 

3*73.  Le  Chevalier  de  la  Vallière. 

Buste. 

Cet  ouvrage  est  mentionné  au  livret  du  Salon  de 
1704  (p.  10). 

2*74,  Sébastien  Le  Prestre  de  Vauban. 

(1633-1707),  maréchal  de  France. 

Buste.  —  Marbre.  —  H.  0°^,74. 
Ce  buste  est  au  Musée  de  Versailles  (n*  1897  du 
catalogue  d'Eud.  Soulié). 
Ce  buste  est  signé  :  A.  Coyzevox  F. 

S 7 5.  Vauban. 

Buste. 


248  ANTOINE   COYZEVOX 

Un  buste  de  Vauban  a  figuré  au  Salon  de  1704. 
Est-ce  celui  dont  nous  venons  de  parler,  ou  un 
second  ouvrage  du  statuaire? 

S76.  Vauban. 

Baste.  —  Terre  cuite. 

Ce  buste,  inscrit  sur  le  catalogue  de  la  vente  de 
M.  de  La  Live  de  JuUy  (Paris,  1769,  in-12),  a  été 
adjugé  au  prix  de  31  livres,  le  5  mars  1770.  Il  est 
mentionné  en  ces  termes  :  «  Le  buste  de  M.  de 
Vauban,  de  grandeur  naturelle  :  H.  17  pouces,  sur 
un  piédouche  de  marbre  de  Flandre,  de  5  pouces 
6  lignes  et  un  pied  de  bois  noirci  de  4  pouces  6  li- 
gnes. Terre  cuite.  » 

S*?*?.  Claude-l-ouis -Hector,  duc  de  Villars 

(1653-1734),  maréchal  de  France. 

Buste. 

Cet  ouvrage  est  signalé  par  Fermelhuis  dans 
V Éloge  du  maître  (p.  32). 

STS.  I^ortrait  de  femme. 

Buste.  —  Marbre. 

Cet  ouvrage,  dont  le  sujet  ne  nous  est  pas 
connu,  est  mentionné  au  livret  du  Salon  de  1699 
(p.  12). 

S'?9.  Fersonnage  inconnu. 

Buste.  —  Marbre.  —  H.  0"»,88. 
Cet  ouvrage  est  au  Musée  du  Louvre  (n°  236  du 
catalogue  de  M.  H.  Barbet  de  Jouy). 


ŒUVRE   DU  MAITRE  249 

Il  avait  figuré  au  Musée  des  Monuments  français 
sous  le  nom  de  Fénelon  (N"  490,  t.  V,  p.  47  de  la 
Description  de  ce  Musée).  11  n'a  pas  paru  possible 
de  conserver  à  l'ouvrage  de  Coyzevox  l'attribution 
donnée  par  Alexandre  Lenoir.  Le  buste  est  le  por- 
trait d'un  prélat,  mais  son  nom  n'est  pas  connu. 

Voyez,  au  sujet  de  cette  œuvre, la  note  insérée  à 
la  suite  du  buste  de  Jean-Baptiste  Colbert,  n°  245 
de  ce  catalogue. 
S80-S83.  Quatre  Personnages  inconnus. 

Bustes.  —  Marbre. 

On  lit  sur  une  pièce  conservée  aux  Archives  du 
Louvre  : 

«Le  14  mai  1793,Langlier,  Le  Nariez  et  Gazard. 
commissaires  artistes  scientifiques,  ont  été  nom- 
més par  le  département  de  Seine-et-Oise,  accom- 
pagnés de  Râpe,  membre  et  commissaire  nommé 
par  le  Directoire  pour  saisir  les  objets  renfermés 
dans  le  château  du  Plessis-Pasté,  appartenant  à 
M"®  La  Rivière,  émigrée. 

«  Parmi  ces  objets  figurent  : 

«  4  bustes  en  marbre  blanc  de  Goyzevox.  » 

284:.  Empereurs. 

885.  Capitaines. 

886.  Orateurs. 
S87.  Fliilosopties. 

Bustes  (d'après  l'antique). 


2o0  ANTOINE   COYZEVOX 

«  Un  nombre  considérable  de  têtes  d'empereurs, 
de  grands  capitaines,  d'oratem^s  et  de  philosophes, 
écrit  Fermelhuis  dans  ï Éloge  du  maître  (p.  35)  est 
dispersé  dans  plusieurs  cours  de  TEurope.  » 

IV 

MÉ33AILLON 

288.  Edouard    Colbert,    marquis  de  Villa- 
cerf  (  ?  —  1699),  surintendant  des  bâtiments  du  Roi. 
Médaillon.  —  Marbre. 

Cet  ouvrage,  recueilli  par  Alexandre  Lenoir,  est 
mentionné  au  tome  V,  p.  50,  du  Musée  des  Monuments 
français. 

V 

TRA.VA.XJX    DÉCORA.TIFS 

289.  Compositions  inconnues. 

Bas-reliefs. 

Piganiol  de  la  Force  dans  la  Description  de  Paris 
(t.  IV,  p.  365)  écrit,  en  parlant  de  la  maison  de  feu 
Le  Juge,  fermier  général,  située  rue  du  Grand- 
Chantier,  au  coin  de  la  rue  des  Quatre-Fils.  «  on 
y  voit  plusieurs  bas-reliefs  de  Coyzevox.  » 

290.  Cheminée  (année  1693). 
Marbre. 


ŒUVRE   DU   MAITRE  251 

Cette  cheminée  fut  exécutée  pour  Hyacinthe 
d'Autecour,  aumosnier  de  la  feue  reyne,  abbé  de 
Conque,  en  sa  maison  de  la  rue  de  Grenelle,  à 
Paris.  » 

Voyez  dans  les  Nouvelles  Archives  de  CArt  fran- 
(jais,  t.  VIII  (1880),  p.  84,  une  pièce  du  procès 
auquel  donna  lieu  ce  travail. 

VI 

OUVRAGES    ATTRIBUÉS 
A.  COYZEVOX 

â91.  La  Vierge  et  l'Enfant  Jésus. 

Statue.  —  Marbre.  —  H.  1™,40. 

Cette  statue,  attribuée  à  Goyzevox  dans  Yla- 
ventaire  général  des  œuvres  d'art  appartenant  à  la 
ville  de  Paris  (Edifices  religieux,  t.  1,  p.  456)  est 
placée  dans  la  sacristie  de  l'église  de  Saint-Paul- 
Saint-Louis.  Elle  provient  de  l'ancienne  salle  des 
Antiques  au  Louvre. 

29S.  Vierge. 

Statue.  —  Marbre. 

Le  1"  brumaire  an  XI  (23  octobre  1802),  Alexan- 
dre Lenoir,  administrateur  du  Musée  des  Monu- 
ments français,  écrit  au  citoyen  Ledru ,  maire- 
adjoint  de  la  9^  mairie  du  département  de  la  Seine, 
que  le  Ministre  de  l'Intérieur  vient  de  l'autoriser  à 


252  ANTOINE   COYZEVOX 

mettre  à  sa  disposition  et  sur  récépissé,  entre 
autres  œuvres  «  une  Vierge  de  marbre  de  Coyze- 
vox.  »  En  marge  de  cette  lettre  on  lit  :  «  Ces  œuvres 
ont  été  remises  pour  l'église  des  ci-devant  Jésuites 
par  autorisation  ministérielle  du  28  vendémiaire 
an  XI,  »  signé  :  Ghaptal.  (Voyez  Archives  du  Musée 
des  Monuments  français,  en  cours  de  publication 
par  les  soins  de  la  Commission  de  l'Inventaire  des 
Richesses  d'art  de  la  France). 

L'église  des  Jésuites  dont  il  est  question  ici  était 
située  rue  du  Pot-de-Fer,  entre  les  rues  Honoré- 
Chevalier,  Mézières  et  Cassette.  (Voyez  Guide  des 
Amateurs  et  des  Étrangers  voyageurs  à  Paris,  par 
Thiéry.  Paris,  1787,  in-12,  p.  443). 

Nous  ne  pensons  pas  qu'il  y  ait  lieu  de  confondre 
cette  œuvre  avec  celle  qui  précède. 

S93.    I>a    Vierge    couronnée    par    l'Enfant 
Jésus. 

Bas-relief.  —  Marbre.  —  H.  0",48.  —  L.  0",40. 

JclI,  dans  une  note  inédite  que  nous  avons  sous 
les  yeux,  s'exprime  ainsi  : 

«  On  voit  dans  la  chapelle  de  la  Vierge  de  l'é- 
glise de  Sceaux,  un  bas-relief  en  marbre  blanc, 
représentant  la  Vierge  couronnée  par  l'Enfant 
Jésus.  Il  est  attribué  à  Coyzevox  et  fait  pnrtie  de 
l'ancien  autel  de  la  chapelle  de  Laurctte,  autre- 
fois placée  dans  le  jardin  des  Sulpiciens,  à  Issy.  » 

De  son  côté,  M.   V.  Adviolle,  auteur  d'une  His- 


ŒUVRE  DU   MAITRE  253 

toire  de  la  ville  de  Sceaux ^  nous  apprend  que  ce 
bas-relief,  en  forme  de  médaillon,  existe  toujours 
et  décore  le  devant  d'autel,  dans  la  chapelle  de  la 
Vierge. 

294,  Licorne  terrassant  un  IDragon. 

Groupe.  —  Pierre.  —  H.  lo^,50.  —  L.  1"^,60. 

S95.    Molosse  étranglant  un  Loup. 

Groupe.  —  Pierre.  —  H.  l'°,50.  —  L.  1^,60. 

Ces  groupes  surmontent  les  piédestaux  de  la 
première  grille  du  Château  de  Sceaux.  M.  V. 
Advielle  dans  son  Histoire  de  la  ville  de  Sceaux, 
publiée  en  1883,  s'exprime  ainsi  à  la  page  197  : 
«  La  muraille  qui  séparait  la  cour  du  château  de  la 
longue  avenue  existe  encore  ;  les  piliers  d'entrée 
sont  toujours  surmontés  des  groupes  en  pierre  de 
Coyzevox  qu'on  voit  figurer  dans  toutes  les  vues 
du  Château,  et  qui  furent  placés  là  au  temps  de 
Colbert.  »  Le  même  historien  nous  écrit  :  u  Je  me 
suis  assuré,  sur  votre  invitation,  que  les  groupes 
de  Sceaux  ne  sont  pas  signés,  mais  la  tradition 
qui  les  attribue  à  Coyzevox,  n'a  jamais  été  contes- 
tée. Ces  groupes  ont  été  gravés  par  Israël  Syl- 
vestre. B 

396.  A.ntoine  Cojrzevox. 

Buste.  —  Marbre.  —H.  O'^.ob. 
Cet  ouvrage  est  au  Musée  Molière  de  la  Comé- 
die française.  M.  Chabrol,  auteur  de  l'Inventaire 


254  ANTOINE   GOYZEYOX 

de  ce  monument,  signale  comme  erronée  l'ins- 
cription portée  au-dessous  de  ce  buste  et  d'après 
laquelle  il  faudrait  voir  dans  ce  marbre  le  portrait 
de  Luili,  alors  que.  d'après  M.  Chabrol,  le  buste 
en  question  représenterait  le  statuaire  lui-même. 
(Voyez  Inventaire  des  Richesses  d'art  de  la  France, 
Paris.  Monuments  civils,  tome  I,  p.  149). 
â9'7.  Jeaa-Baptiste   Poquelin,  dit   Molière 

(1622-1673)  poule. 

Médaillon.  —  Marbre.  —  De  forme  ovale. 

Ce  médaillon  qui  existe  au  Musée  Molière  de  la 
Comédie  française,  est  catalogué  comme  étant  un 
portrait  de  Regnard  ,  sans  nom  d'artiste  ,  par 
M.  Wilbrod  Chabrol,  dans  sa  monographie  du 
Théâtre-Français.  [Inventaire  des  Richesses  d'art, 
Paris,  Monuments  civils,  t.  I,  p.  137). 

M.  Georges  Monva],  dans  le  Moliériste  du  1"  no- 
vembre 1881,  p.  242,  s'appuyant  sur  un  texte  de 
Papillon  de  La  Ferté,  découvert  par  M.  Henri  d^ 
Chennevières,  estime  avec  raison  qu'il  faut  voir 
dans  ce  marbre,  non  l'image  de  Regnard.  mais 
celle  de  Molière.  Papillon  de  La  Ferté,  donateur 
de  l'œuvre,  qui  se  targue  dans  sa  lettre  d'offre  de 
sa  parenté  avec  Molière,  doit  être  certain  de  ce 
qu'il  avance,  mais  ce  donateur  oublie  de  nommer 
l'auteur  du  médaillon  dont  il  dote  la  Comédie,  et 
c'est  sans  preuve  aucune  qu'on  en  fait  honneur  à 
Coyzevox. 


ŒUVRE   DU   MAITRE  255 

S98.  A.poth.éose  de  Jupiter. 

Groupe.  —  Marbre  blanc.  —  H.  1°". 
Ce  groupe  a  figuré  à  la  vente  San  Donato,  du 
24  mars  1870. 

299.  Apotliéose  de  Junon. 

Groupe.  —  Marbre  blanc.  —  H.  1°". 

Ce  groupe,  faisant  pendant  au  précédent,  a  éga- 
lement figuré  à  la  vente  San  Donato. 

D'après  VA7'tiste ,  année  1870,  2*^  semestre, 
p.  133,  ces  groupes  auraient  été  vendus  41,000  l'r. 
à  la  baronne  douairière  James  de  Rothschild. 


PIÈGES 

JUSTIFICATIVES 


17 


PIECES  JUSTIFICATIVES 


DOCUMENT  I. 

Acte  de  baptême  d'Antoine  Coyzevox. 

«  Le  vingt-neuf  septembre  1640,  j'ay  baptisé  An- 
tboine  fils  à  Pierre  Quoyzeveau,  {sic)  maistre  me- 
nuisier, et  à  Ysabeau  Morel,  sa  famme,  [sic]  par- 
rain, sieur  Antboine  Biaise,  notaire  à  Lyon,  mar- 
raine Claudine  Bonardel,famme  à  Georges  Jomard, 
boucher  à  Saint-Just. 

((  Signé  Biaise,  P.  Benoîst,  vicaire.  » 
Extrait  des  Registres   de  la  paroisse  de  Saint- 
Nizier  à  Lyon. 

DOCUMENT  IL 

Acte  de  baptême  de  Claudine  Coyzevox 
mère  des  Constou. 

«  Ledit  jour  j'ay  baptisé  Claudine,  fille  à  Pierre 
Coiseveau,  M®  menuysier  et  de  Ysabeau  Morel, 
sa  femme  ;  parrain,  Girard  Sibrecq,  maistre  sculp- 
teur, marreine  Claude  Nicaud. 

«  Dimanche  1"  février  1638.  » 


260  ANTOINE   GOYZEVOX 

Extrait  des  Registres  de  la  paroisse  de  Saint-Ni- 
zier,  à  Lyon,  n°  25,  folio  717. 

DOCUMENT  III. 

Acte  de  mariage  d'Antoine  Coyzevox  avec 
Marguerite  Q,uillerier. 

18  janvier  1666. 

((  Antoine  Goësevau.x  (et  par  renvoi  Quayzeveaux) 
sculpteur,  fils  de  Pierre  Goesuaux,  M*^  menui- 
sier à  Lyon,  et  d'Elisabeth  Moret  (sic). 

«  D  vne  part  *  ; 
«  Et  Marguerite  Quillerier,  fille  de  Noël  Quille- 
rier,  peintre  ordinaire   du   Roy,  et    de  defluncte 
Charlotte  Lerambert, 

«  tous  deux  de  cette  paroisse  sur  le  quai  des  Tui- 
leries, mariés  en  présence  de  Noël  Quillerier,  père 
de  la  mariée,  du  sieur  Louis  Lerambert,  sculpteur 
et  garde  des  antiques  du  Roy,  oncle  de  la  mariée  et 
autres. 

<(  Signé  :     Antoine  Quoyzeuaux 
«  Quillerier 
«  Lescarmousier. 
<(  Pegault 
«  Lerambert  >) 

'  Eugène  Plot,  dans  son  relevé  du  Registre  de  Saint- 
Germain-l'Auxerrois,  écrit  Guillerier.  (Voyez  Etat  civil  de 
fjiu'lquci  Artistes  français,  Paris,  1873,  i  i-4,  p.  30). 


PIEGES   JUSTIFICATIVES  261 

Extrait  des  Registres  de  la  paroisse  de  Saint- 
Germain-l'Auxerrois  à  Paris,  relevé  par  Auguste 
Jal  (Dictionnaire  critique  p.  451.) 

DOCUMENT  IV. 

-A.cte    de    décès    de  Marguerite  duillerier 
première  femme  d'Antoine  Coyzevox. 

'<  Le  lundi  16  nouembre  1666,  conuoy  et  messe  de 
feiie  Marguerite  Quillerier,  femme  de  M.  Goyse- 
uaux,  sculpteur  du  Roy,  prise  aux  Tuileries. 

«  Receu,  26  livres.  » 

Extrait  des  Registres  de  la  paroisse  de  Saint- 
Germain-l'Auxerrois  à  Paris,  relevé  par  Auguste 
^dl  [Dictionnaire  critique,  p,  451). 

DOCUMENT  V. 

Coyzevox  à  Saverne 
Epoque  de  son  retour  en  France 

Coyzevox  revint  de  Saverne  en  1671.  Cette  date 
ne  peut  être  mise  en  doute. Elle  est  donnée  par  Fer- 
melhuis,etimplicitement  par  tous  les  biographes  qui 
ont  répété  que  Coyzevox  partit  pour  l'Allemagne  à 
vingt-sept  ans  et  en  revint  quatre  années  plus 
tard.  Passeron  est  le  seul  qui  se  soit  élevé  contre 
cette  chronologie. 

«  Il  paraît,  dit-il,  qu'on  s'est  aussi  trompé  en 


262  ANTOINE   GOYZEVOX 

disant  qu'à  l'âge  de  vingt-sept  ans  Goyzevox  avait 
été  choisi  par  le  cardinal  de  Furstenberg  pour 
l'exécution  des  ouvrages  de  sculpture  dont  il  vou- 
lait orner  son  palais  de  Saverne.  Elu  évêque  de 
Strasbourg  le  19  janvier  1663,  François  Egon  de 
Furstenberg  n'entreprit  de  faire  bâtir  ce  magnifique 
palais  qu'en  1674,  comme  on  peut  le  voir  au  tome 
II  de  V Histoire  de  V Alsace  par  le  Jésuite  Laguille, 
p.  242;  or,  à  cette  époque,  notre  artiste  était  âgé 
d'environ  34  ans,  et  son  talent  avait  acquis  alors 
un  très  haut  degré  de  maturité.  Le  séjour  de 
Goyzevox  à  Saverne  fut  de  quatre  ans. 

«  L'époque  du  retour  de  Goyzevox  à  Paris  doit 
donc  être  fixée  à  l'année  1678  où  le  grand  Golbert 
s'empressa  de  l'appeler  au  partage  des  nombreux 
travaux  distribués  à  tant  d'autres  habiles  artistes, 
toutes  les  fois  qu'il  s'agissait  de  faire  quelque 
chose  qui  fut  capable  d'éterniser  la  mémoire  de 
son  roi.  G'est  très  probablement  à  celte  même 
année  qu'il  convient  aussi  de  fixer  l'époque  de  son 
admission  à  l'Académie  royale  de  Peinture  et  de 
Sculpture  >  {Notice  sur  Antoine  CoyzevoXy  Revue 
du  Lyonnais,  août  1835,  p.  121-122). 

Lorsque  Passeron  a  écrit  ces  lignes  sur  la  foi 
d'un  historien  de  l'Alsace,  il  oubliait  que  Goyzevox 
de  retour  à  Paris,  fut  reçu  à  l'Académie  de  Pein- 
ture et  de  Sculpture  le  il  avril  1676,  ce  qui  n'eut 
pas  été  possible  si  l'artiste  eût  encore  habité  TAl- 


PIÈGES   JUSTIFICATIVES  263 

Jemagne.  Au  surplus,  la  base  de  l'argumenlation 
de  Passeron  n'a  rien  de  très-sérieux.  Laguille 
mentionne  en  un  mot  l'érection  du  palais  d  e  Sa- 
verne  sans  y  attacher  d'importance.  Il  se  peut 
qu'en  1674  les  travaux  aient  reçu  une  impulsion 
nouvelle  et  que  l'historien  de  l'Alsace  qui  publia 
son  livre  en  1727  n'ait  pas  été  parfaitement  ren- 
seigné sur  le  début  des  constructions  de  Saverne. 
Le  cardinal  de  Furstenberg,  élu  en  1663,  ne  dut  pas 
attendre  onze  années  pour  se  préparer  un  palais. 
Il  est  probable  au  contraire  que  le  prélat  s'occupa 
sans  tarder  de  cette  résidence  et  que  Laguille,  au 
lieu  de  1674  eût  dû  écrire  1664.  D'ailleurs,  le 
témoignage  de  Fermelhuis ,  en  ce  qui  touche 
Coyzevox,  nous  paraît  irréfutable. 

Coyzevox  alla-t-il  seul  à  Saverne  ?  Il  est  probable 
que  non.  Peut-être  un  des  frères  Anguier  fut-il  du 
voyage?  N'oublions  pas,  toutefois,  que  François 
Anguier  meurt  en  1669.  S'il  fut  le  compagnon  de 
Coyzevox,  il  ne  demeura  que  peu  de  temps  à 
Saverne.  Nous  n'aurions  pas  eu  l'idée  de  nommer 
Anguier  à  propos  du  château  de  Saverne,  si  Gou- 
genot,  dans  son  mémoire  sur  Le  Lorrain,  lu  le 
5  décembre  1761,  en  séance  de  l'Académie,  n'avait 
écrit  cette  phrase  :  «  Le  cardinal  de  Rohan  le  choi- 
sit (Le  Lorrain)  pour  embellir  son  palais  de  Saverne , 
conjointement  avec  MM.  Anguier,  Coyzevox  et 
Champagne   »  [Mémoires  inédits  sur  la    vie  et  les 


264  ANTOINE  COYZEVOX 

ouvrages  des  membres  de  l'Académie  royale  de  Pein- 
ture et  de  Sculpture,  t.  II,  p.  216),  Gougenot  com- 
met ici  une  erreur  surprenante.  Le  cardinal  de 
Rohan,  évêque  de  Strasbourg,  de  1704  à  1749. 
appela  Le  Lorrain  à  Saverne  postérieurement  à 
l'année  1717.  Or,  Coyzevox  avait  alors  près  de 
quatre-vingts  ans,  et  nous  avons  la  preuve  qu'il  ne 
quitta  pas  la  France  à  cette  époque  ;  Michel  An- 
guier  était  mort  depuis  1686,  Guillaume  son  frère, 
non  pas  sculpteur  mais  peintre,  était  mort  en  1708; 
Philippe  de  Champagne  en  1674,  et  son  neveu 
Jean-Baptiste  en  1688.  Gougenot  est  donc  dans 
l'erreur  sur  tous  les  points.  Les  compagnons  qu'il 
donne  à  Le  Lorrain  n'ont  rien  de  réel.  Quant  à 
l'aire  de  celui-ci  un  émule  de  Coyzevox  on  1667,  il 
n'y  faut  pas  songer,  Le  Lorrain  étant  né  en  1666. 
Si  donc  Gougenot  croit  savoir  que  l'un  des  Anguier 
ait  travaillé  à  Saverne,  il  se  peut  qu'il  ait  suivi 
Coyzevox  quand  celui-ci  se  rendit  à  l'appel  d'Egon 
de  Purstenberg. 

DOCUMENT  VI 

Réception  d'Antoine  Coyzevox  à  l'Académie 
royale  de  Peinture  et  de  Sculpture. 

Procès-verbal  de  la  séance  du  11  avril  1676. 
.  «  En  ceste   assemblée  le  sieur  Antoine  Coyse- 


PIECES   JUSTIFICATIVES  265 

vaux  sculpteur  a  présanté  diverse  ouvrages  de  sculp- 
ture en  figures  et  portraictz  de  relief;  la  Compa- 
gnie, en  estant  très  satisfaicte  et  cognoissant  le 
mérite  dud.  sieur  Coysevaux,  Fa  resçeu  en  qualité 
d'Académicien,  sans  s'arrester  aux  formalité  ordi- 
nair,  et  a  preste  le  serment,  l'Académie  luy  remet- 
tant le  présant  pécunièr  et  a  agréé  l'ofre  qu'il  a 
faict  d'exécuter  en  marbre  le  portraict  en  buste 
qu'il  a  modelé  d'après  monsieur  Le  Brun. 

«  Ce  mesme  jour  sur  ce  que  messieurLo  Brun  et 
Blanchard  ont  représenté  que  monsieur  Blanchet 
leurs  a  escrist  que  c'estant  abituéz  dans  la  ville  de 
Lion,  il  desiroit  establir  une  Académie  en  ladite 
ville,  pour  y  ensseigner  la  jeunesse  dans  les  artz 
de  peinture  et  de  sculpture  selon  les  ordonnance 
du  Roy  et  la  dicipline  de  l'Académie  Royalle,  la 
Compagnie,  recognoissant  que  cela  pouroist  estre 
util  et  advantageux  à  ceux  de  la  proffession,  à  ap- 
prouvé cette  pensée  et  a  bien  voulu  en  favoriser 
l'exécution  autant  qu'il  sera  en  son  pouvoir,  et 
pour  cest  esfect  le  sieur  Coysevaux,  quy  a  esté 
resçeu  en  calilé  d'Académiscien,  ayant  desclaré 
qu'il  estoist  résolust  de  s'establir  et  faire  sa  rési- 
dance  en  la  ville  de  Lion,  l'Académie  Ta  reçeu  et 
nomé  Adjoin-Proffesseur,  pour,  en  celte  qualité, 
porter  en  laditte  ville  coppie  des  lestres-patentes, 
statuts  et  règlement  de  ladite  Académie  et  faire  les 
fonctions  qu'il  appartiendra,  promettant  de  luy  ay- 


266  ANTOINE  COYZETOX 

der  de  ses  advis  et  conseilles  en  toute  choses;  et, 
afin  de  prévenir  l'abus  qui  pouroist  à  l'avenir  se 
glisser  par  la  facilité  des  réceptions  dans  les  autres 
Académie,  a  résolus  et  arresté  qu'elle  ne  recevra 
dans  ses  assemblées  et  ne  donnera  la  qualité  d'A- 
cadémicien à  aucune  personnes  quelconque  qui 
n'ait  subit  Texamen  et  satisfaict  à  tous  les  ordres 
establis  en  icelle,  exepté  toutefois  les  personnes  de 
mérittes  extraordinair  et  de  réputation  cognue, 
ausquels,  dans  quelqu'ocasion  de  voyage,  l'Acadé- 
mie pouroitpar  honneur  leurs  donner  séances  dans 
les  assemblées  et  les  y  convier  quand  elle  le  jugera 
à  propos.  » 

DOCUMENT  VII 

Le  mariage  d'A-ntoine  Coyzevox  avec 
Claude  Bourdict. 

«  Vers  1679,  écrit  Jal,  Coyzevox  épousa  une  de 
ses  compatriotes,  Claude  Bourdict,  sœur  de  Pierre 
Bourdict,  sculpteur  lyonnais,  employé  dans  les 
travaux  du  Roy  et  demeurant  aux  Gobelins  où 
Coyzevox  était  logé.  Je  n'ai  pu  voir  l'acte  de  ce 
second  mariage.  »  [Dictionnaire  critique,  p.  451). 

Ce  n'est  pas  vers  la  fin  de  1679  que  Coyzevox 
épousa  Claude  Bourdict,  mais  vraisemblablement 
en  1677,  ou  dans  les  premiers  mois  de  1678,  puis- 
que sa  fille  Claude-Suzanne  naquit  le  7  novembre 
1678. 


PIECES   JUSTIFICATIVES  267 

Le  môme  écrivain  a  supposé  que  Goyzevox  avait 
son  logement  aux  Gobelins  antérieurement  à.  son 
mariage.  Rien  ne  le  prouve.  S' appuyant  sur  cette 
hypothèse,  Jal  s'est  borné  à  chercher  dans  les  re- 
gistres de  la  paroisse  de  Saint-Hippolyte  l'acte  de 
mariage  de  notre  artiste.  Il  ne  l'a  pas  découvert. 
Nous  pensons  que  Jal  n'a  pas  eu  raison  de  s'en 
tenir  à  cette  paroisse.  Si  Claude  Bourdict  est  la 
compatriote  du  statuaire,  comme  on  le  pense, 
pourquoi  serait-elle  venue  contracter  mariage  dans 
la  paroisse  de  Goyzevox,  h  supposer  que  Saint- 
Hippolyte  fut  sa  paroisse  ?  Pourquoi  Tunion  des 
deux  Lyonnais  n'aurait-elle  pas  eu  lieu  à  Lyon  ?  A 
l'époque  qui  nous  occupe,  on  l'a  vu  dans  notre 
étude,  Goyzevox  est  invinciblement  attiré  vers  sa 
ville  natale.  Si  les  registres  des  paroisses  de  Lyon 
pouvaient  être  rétablis  pour  la  période  de  1671  à 
1678,  c'est  là,  nous  le  pensons,  qu'il  serait  prudent 
de  chercher  l'acte  de  mariage  de  Goyzevox  et  de 
Glaude  Bourdict. 

DOCUMENT  VIIL 

Fierre   Bourdict  ou   Bourdy 

D'après  Jal,  Pierre  Bourdict  serait  venu  de  Lyon 
à  Paris,  à  la  suite  de  Goyzevox  ou  des  Goustou. 
GeLte hypothèse  est  vraisemblable.  Mais, en  retour, 
elle  rend  peu  probable   la^  présence  de  cet  artiste 


268  ANTOINE   COYZEVOX 

aux  Gobelins  lors  du  mariage  de  sa  sœur  avec 
Goyzevox.  Jal  nous  semble  mal  fondé  à  prétendre 
que  Goyzevox  épousa  Claude  Bourdict,  sœur  de 
Pierre  Bourdict,  sculpteur  lyonnais  employé  dans 
les  travaux  du  Roy  et  «  demeurant  aux  Gobelins  où 
Coyzevox  était  logé.  » 

Les  Comptes  des  Bâtiments  du  Roi  ne  mentionnent 
pas  le  nom  de  Bourdict  antérieurement  à  1691.  C'est 
là,  selon  nous,  un  argument  décisif.  En  1685,  Pierre 
Bourdy  (sic)  obtient  une  seconde  médaille  au  con- 
cours du  prix  de  Rome.  Le  28  janvier  de  cette 
même  année,  Bourdy  signe  au  mariage  d'Elisabeth 
Coustou  et  de  Guillaume  Hulot.  Huit  ans  aupara- 
vant, la  marraine  de  Guillaume  Coustou,  baptisé  à 
Lyon,  le  29  novembre  1677,  était  une  «  Benoiste 
Bourdy»  qui  avait  signé  «  Benoicte Bourdict.  »  Il  y 
a  donc  des  relations  entre  les  Bourdict  et  les  Cous- 
tou à  Lyon,  à  l'époque  du  second  mariage  de 
Coyzevox.  D'autre  part,  Bourdict  et  Bourdy  sont 
les  variantes  d'un  même  nom.  Nous  avons  lieu  de 
conclure  que  Pierre  Bourdy,  beau-frère  de  Goyze- 
vox, fut  appelé  à  Paris  parle  maître  après  son  ma- 
riage. Bourdy  reçut  sans  doute  les  leçons  de  Coyze- 
vox. 11  obtint  en  1685  la  seconde  médaille  et  fut  em- 
ployé aux  travaux  des  Invalides  en  1691  (registre 
inédit  des  Comptes  des  Bâtiments  0'2174.)  Son  nom 
reparaît,  en  1707,  sur  les  Comptes  des  Bâtiments 
(registre  inédit,  0'  2205).  Et  c'est  à  lui  sans  doute 


PIEGES   JUSTIFICATIVES  269 

que  doit  être  attribuée  la  statue  de  Pallas,  placée 
à  l'hôtel  Soubise,  aujourd'hui  Palais  des  Archives 
nationales. 

DOCUMENT  IX 

Statue  pédestre  de  Louis  xrv,  érigée 
à  rilôtel-de- Ville  de  Paris. 

Note  de  M.  Ch.  J.  Lafolie,  conservateur  des  Monu- 
ments publics  de  Paris  (écrite  vers  1819). 

«  On  a  retrouvé  en  1814,  dans  le  magasin  de  la 
ville,  au  Roule,  au  milieu  de  plusieurs  débris  des 
monuments  abattus  en  1792,  la  statue  pédestre  de 
Louis  XIV.  Cette  statue,  l'un  des  chefs-d'œuvre  de 
Goizevox,  était,  avant  la  Révolution,  placée  dans  la 
cour  de  l'Hôtel-de-Villc,  en  face  l'entrée  principale. 
Elle  a  été  sortie  des  débris  considérablement 
mutilée. 

«  Le  préfet  de  la  Seine  ayantconçu  le  projet  de 
replacer  ce  monument  au  lieu  d'où  il  était  sorti 
depuis  vingt-cinq  ans,  en  écrivit  au  ministre  de 
l'Intérieur.  Le  ministre  s'empressa  de  seconder  les 
vues  du  préfet,  qui  fut  autorisé  à  faire  faire  les 
travaux  de  réparation  et  de  replacement. 

«  Cette  dépense  s'est  élevée,  d'après  vérification  et 
règlement  des  mémoires  à  la  somme  totale  de 
18,820  francs  qui  fut  payée,  d'après  l'autorisation 
spéciale  du  ministre,  sur  les  fonds  de  la  Ville  de 
Paris.  Les  travaux  de  rétablissement  et  de  replace- 


270  ANTOINE   COYZEVOX 

ment  furent  commencés  dans  les  premiers  mois  de 
1814,  et  la  statue  se  trouva  rétablie  à  la  fin  de  cette 
année. 

«  En  1815,  au  mois  de  février,  on  avait  eu  le  des- 
sein d'en  faire  l'inauguration  solennelle,  mais  les 
événements  du  20  mars  suivant  empêchèrent  ce 
projet  de  réussir,  et  depuis  on  n'est  plus  revenu 
sur  ce  parti. 

«  La  première  statue  qui  était  dans  la  cour  de 
l'Hôtel-de-Ville,  représentait  Louis  XIV  écrasant  la 
Fronde. 

a  Dans  une  visite  que  Louis  XIV  fit  à  l'Hôtel-de- 
Ville,  il  exprima  le  désir  que  cette  statue  fut  enle- 
vée. Elle  le  fut  quelque  temps  après,  et  se  trouve 
aujourd'hui  au  Dépôt  des  Petits- Augustins. 

«  On  lui  substitua  en  1689  la  statue  qui  a  été  réta- 
blie en  1814.  » 

(Bibliothèque  municipale  d'Angers,  mss.n°1038). 

Nous  trouvons,  d'autre  part,  dans  une  lettre  de 
M.  Ballu,  membre  de  l'Institut,  architecte  de 
l'Hôtel-de-Ville,  datée  du  5  octobre  1881,  les  ren- 
seignements qui  suivent  sur  l'œuvre  de  Goyzevox  : 

«  En  ce  qui  concerne  la  statue  de  Louis  XIV  par 
Coysevox,  cette  œuvre  remarquable,  aujourd'hui 
déposée  à  i'Hôtel-de-Ville,  a  été  préservée  de  l'in- 
cendie de  l'édifice  en  1871.  Elle  ne  donnera  lieu 
qu'à  de  très  légères  réparations  et  sera  replacée 
dans  le  vestibule  de  la  cour  Louis  XIV  »  (Archives 
de  l'Administration  des  Beaux-Arts). 


PIECES   JUSTIFICATIVES  271 

D'après  l'Artiste  (5°  série,  tome  IX,  p.  64)  cette 
statue  aurait  été  l'objet  d'un  déplacement  en  1852  ; 
on  l'aurait  alors  dressée  dans  la  courderHôtel-de- 
Ville  sur  un  piédestal  en  marbre  des  Pyrénées.  L«s 
restaurations  dont  parle  plus  hautLafolie,  seraient, 
d'après  l'auteur  de  l'article  publié  dans  r Artiste, 
l'œuvre  du  sculpteur  Dupasquier  et  du  fondeur 
Thomire. 

DOCUiMENT   X 

Concession  d'une  cliapelle  en  l'église  de 
Saint-Nicolas-du-Cliardonnet,  pour  servir 
de  sépulture  aux  membres  de  l'Académie 
royale  de    Peinture  et  de  Sculpture. 

Procès-verbal  de  la  séance  du  25  septembre  1683. 

«  M.  Le  Brun  a  ensuitle  faict  faire  lecture  à  la 
Compagnie  du  contract  de  concession  faicte  par  les 
curé  et  marguilliers  de  Saint-Nicolas-du-Chardon- 
neret  d'une  chapelle  dans  l'église  dud.  Saint-Nico- 
las, passé  par  devant  Carrié  et  D'Orléans, notaires, 
le  neufiesme  juin  1667,  par  lequel  contract  il  pa- 
roist  que  l'acquisition  qui  a  esté  faicte  par  mon  dit 
sieur  Le  Brun  de  ladite  chapelle,  a  esté  tant  pour 
luy  que  pour  l'Académie  à  perpétuité,  laquelle  lec- 
ture a  esté  faite  à  l'effet  de  sçavoir  si  la  Compagnie 
vouloit  accepter  la  donation,  que  M.  Le  Brun  luy 


272  ANTOINE   COYZEVOX 

en  faisoit.  Toute  rassemblée,  ayant  eu  cette  dona- 
tion très  agréable,  en  a  remercié  M.  Le  Brun  et  a 
ordonné  que  le  contract  seroit  transcript  sur  le 
registre  des  expéditions,  et  cependant  a  ordonné 
que  Ton  iroit  en  députation  l'en  remercié  chez 
luy. 

((  Le  contract  a  esté  transcript  sur  le  registre  deg 
expéditions,  ï°  dix,  verso.  » 

DOCUMENT  XI 

Brevet  de  logement  sous  la  G-rande  Galerie 
du  Louvre  accordé  à  Antoine  Coyze- 
vox. 

«  Aujourd'hui  vingt-sept  auril  mil  six  cens  quatre- 
vingt-dix-huit^  le  Boy  estant  à  Versailles,  bien  in- 
formé de  l'expéricjnoe  que  Antoine  Cozsmox  sculpteur 
s'est  acquise  dans  son  art  dont  il  a  donné  des 
preuues  par  les  ouvrages  qu'il  a  faits  pour  le  ser- 
vice de^Sa  Majesté  et  voulant  en  cette  considération 
le  traitterfauorablementjiSa  J/a;>s^elui  a  accordé  le 
logement  qu'occupoit  Etienne  Baudet,  graueur,  au- 
quel il  en  a  été  donné  un  autre,  pour  par  le  d.  Coisuox 
jouir  da  d.  logement  aux  mêmes  honneurs,  etc., 
etc.  Mande  et  ordonne  au  surintendant  et  ordonna- 
teur gé°3'  de  ses  Bâtimens,  arts  et  manufactures 
de  France,  de  mettre  le  d.  Coisuox  en  possession 
■du  d.  logement  et  l'en  faire  jouir  conformément  au 


PIEGES  JUSTIFICATR^S  273 

pnt  brcuet,  etc.,  signé  Louis,  et  plus  bas  Phely- 
peaux. 

«  Veu  par  nous,  coii"d'Estat,  surintendant,  etc. 

«  Fait  à  Paris,  le  cinquième  mai  MDC  quatre- 
vingt-dix-huit. 

«  Signé  Colbert  de  Villacerf,  » 

DOCUMENT  XII 

A.Qi,e  de  mariage  d'Elisabetli  Coustou,  nièce 
de  Coyzevox,  avec  G-uillaume  Hulot. 

«Le  26 janvier  1685,  Guillaume  Hulot,  sculp- 
teur, employé  par  le  Roi  aux  travaux  de  ses  bâ- 
timents, fils  de  deffunt  Jacques  Hulot,  maître 
sculpteur  à  Paris,  et  de  defTunte  Marguerite 
Toret. 

«  D'une  part  ; 

«  Et  Elisabeth  Coustou,  fille  de  François  Coustou, 
sculpteur  à  Paris  [sic]  S  et  de  dame  Claudine  Coy- 
zevox, 

«  D'autre  pari  ; 

«  Mariés  en  présence  de  Nicolas  Hulot  et  Phi- 
lippe Hulot,   sculpteurs,    frères   du  marié;   Jean 

*  Il  y  a  évidemment  ici  une  faute  typographique  ;  c'est 
«  à  Lyon  »  qu'il  faut  lire.  Jal  lui-même,  quelques  lignes 
plus  loin,  dans  l'article  où  se  trouve  relevé  cet  acte,  parle 
de  la  résidence  à  Lyon  de  François  Coustou. 

18 


274  ANTOINE   COYZEVOX 

JoUy,  Pierre  Bourdict,  tous  deux  aussi  sculp- 
teurs, amis  du  marié  ;  Antoine  Goyzevox,  sculp- 
teur du  Roy,  oncle  de  la  mariée.  » 

Extrait  des  Registres  de  la  paroisse  de  Saint- 
Hippolyte  à  Paris,  relevé  par  Auguste  Jal  {Diction- 
naire critique j  p.  693). 

DOCUMENT  XIII 

Acte  de  mariage  de  Léonore  Coustou, 
nièce  de  Coyzevox,  avec  François-Alexis 
Francin. 

((  Le  12  janvier  1Ô93,  François-Alexis  Francin, 
sculpteur,  né  à  Rennes,  de  Pierre  Francin,  mar- 
chand drapier,  et  de  Vincenle  Commère. 

«  D'une  part  ; 

a  Et  Eléonore  Coustou,  fille  de  défunt  Pierre- 
François  Coustou,  et  de  Claudine  Koiseuaux, 

u  D'autre  part; 

«  Mariés  en  présence  d'Antoine  Koiseuaux, 
sculpteur  ordinaire  du  Ptoi,  en  la  manui'ac- 
ture  des  Gobelins,  oncle  maternel  de  la  mariée, 
Nicolas  Couslou,  sculpt.  du  Roy,  frôre  de  la 
mariée,  Guillaume  Hulot,  sculpt.  ord"""  du  Roy. 
etc.  » 

Extrait  des  Registres  de  la  paroisse  de  Saint- 
Hippolytc  à  Paris,  relevé  par  Auguste  Jal  [Diction- 
naire critique,  p.  609.) 


PIECES   JUSTIFICATIVES  275 

DOCUMENT   XIV 

Monument  de  Louis  XIV  à  Hennés. 

£tat  des  marbres  et  bronzes  qui  composent 

la  figure  équestre  du  Hoi. 

«  Primo,  dans  un  bateau,  appartenant  à  Louis 
Goulon,ily  a  trente-cinq  pièces  de  marbres  taillés, 
servant  au  pied  d'estal  de  lad.  figure. 

«  Secondement  dans  un  autre  batteau  appartenant 
audit  Louis  Goulon,  il  y  a  trois  pièces  de  marbre 
taillés,  deux  grosses  pierres  dures  pour  le  dessus 
du  massif,  la  figure  du  roy,  et  deux  grands  bas- 
reliefs  de  bronze,  quatre  cartouches  de  bronze,  et 
huit  pièces  de  bronze,  servant  de  bordure  aux  bas- 
reliefs il  manque  sept  glands  à  la  housse  de  la 

scelle,  un  gland  aux  armes,  deux  feuilles  aux  car- 
touches qui  s'appliquent  séparément  et  que  ledit 
Coyzevox  fournira. 

«  Troisièmement,  dans  le  premier  batteau  de  An- 
toine Hyver  il  y  a  trente-deux  pièces  de  marbre 
taillés. 

«  Quatrièmement,  dans  le  second  batteau  dudit 
Antoine  Hyver  il  y  a  le  cheval  de  bronze,  trois  pièces 
de  marbres  taillés,  une  grande  quaisse  où  sont  les 
deux  tables  de  marbre  noir  pour  faire  les  inscrip- 
tions ;  plus,  dans  le  môme  batteau  dudit  Hyver,  il 


276  ANTOINE   COYZEYOX 

y  a  une  autre  quaisse  où  il  y  a  dedans  cent  vingt- 
six  pièces  de  bronze,  tant  crampons,  brides,  mors 
et  épée,  avec  la  chaîne  et  oupes. 

«■  Nous  soussignés  recognoissons  que  le  sieur 
Antoine  Coyzevox  nous  a  remis  et  livrés  les  ou- 
vrages cy-dessus,  et  nous  obligeons  solidairement 
H  les  rendre  au  même  estât  à  Nantes... 

«  En  foy  de  quoi  nous  avons  signé. 

€  Fait  triple,  sçavoir  un  pour  le  sieur  Antoine 
Coyzevox,  un  pour  Antoine  Hyver,  et  un  autre  pour 
Louis  Coulon,  et  le  présent  pour  estre  remis  à  nos- 
seigneurs les  Estats  de  Bretagne. 

«  A  Paris,  ce  onze  juillet  mil  sept  cent  quinze. 

«   COYZEVOX,    LOUIS  COULON, 
«    ANTOINE   HYVER. 

«  Pour  nosseigneurs  les  Estats  de  Bretagne.  )> 

DOCUMENT  XV 

Marclié  passé  en  ITO-i  entre  Antoine 
Coyzevox  et  Louis  de  Lorraine,  comte 
dllarcourt,  pour  le  tombeau  de  son  père. 

«  Led.  mausolée  sera  endossé  contre  un  des 
murs  de  la  chapelle  de  l'abbaye  de  Royaumont 

«  Seront  fait  4  consoUes  de  marbre  blanc  cha- 
cune de  3  p**  9  po.  de  haut  sur  environ  15  à 
18  po.  de  large  ornées  de  sculptures,  rouleaux 
et  enrichies  de  feuilles  d'acante  de  bronze  propre- 


\' 


PIECES   JUSTIFICATIVES  277 

ment  cizelé  et  reparé  d'or  avivé,  avec  vize  de 
bronze  dont  les  extrémitées  seront  aussi  dorées. 

«  Sera  fait  entre  lesd.  consolles  du  devant  un 
bas-relief  de  bronze  d'environ  5  p*^  de  long  sur 
2  p*^  8  po.  de  haut  oîi  sera  fait  une  des  prin- 
cipalles  actions  de  monseigneur  le  prince  d'Ar- 
court,  le  tout  modelé,  jette  en  bronze 

«  Sera  fait  le  tombeau,  les  extrémitées  de  marbre 
de  portor,  le  milieu  de  marbre  blanc  où  sera  les 
inscriptions  gravé  et  doré  d'or  à  huille 

«  Sera  fait  le  grouppe  de  figures  représentant 
S.  A.  Mgr  le  prince  d'Arcourt  qui  sera  couché  et 
appuyé  sur  les  bras  de  la  Renommée  lesd.  figures 
de  la  proportion  de  6  pieds  avec  des  trophées  à 
côté,  le  tout  de  marbre  blanc 

«  Sera  fait  les  deux  consolles  de  bronze  dorée 
qui  doivent  porter  le  dit  tombeau,  ornée  de  pattes, 
rouleaux,  teste  de  mort,  couronne  de  laurier,  com- 
me aussy,  sera  fait  les  trophées  d'armes  au  milieu 
dud.  tombeau  avec  un  casque,  bouclier,  espées 
mêlée  de  laurier 

«  Sera  fait  la  grande  draperie  qui  enveloppe  le 
mausolée  porté  par  deux  Renommées  qui  le  tienne 
d'une  maîn  pour  le  soutenir  et  de  l'autre  une  trom- 
pette comme  aussy  sera  fait  les  armoiries  finissant 
le  haut  du  mausolée;  le  tout  construit  de  stuc  de 
poudre  de  marbre  et  de  chaux 

u  Tous  lesquels  ouvrages  d'architecture,  sculp- 


278  ANTOINE  GOYZEVOX 

ture  de  marbre,  bronze,  pavé  de  liais,  seront  bien 
et  deuement  fait  et  parfait  suivant  l'art  par  le  sieur 
Coisevox,  sculpteur  des  bâtimens  du  Roy  le  tout 
conformément  au  modelle  en  petit  qui  en  a  été 
arresté  par  S.  A.  Mgr.  le  Grand. 

<(  ...Le  tout  moyennant  prix  et  somme  de  dix-huit 
mil  livres  qui  sera  payé  audit  sieur  Coisevox  par 
S.  A.  et  il  lui  sera  payé  tous  les  ans  quatre  mil 
livres  à  commencer  cette  année  pour  le  premier 
paiement 

«  Fait  à  Paris,  ce  seize  novembre  mil  sept  cens 
quatre. 

<(  Louis  de  Lorraine,  grand  escuyer  de  France, 

«  Goyzevox.  » 

DOCUMENT  XVI 
Coyzevox  et  l'Académie  de  Bordeaux. 

L 

Lettre  de  Guérin,  secrétaire  de  l'Académie 
royale  de  Peinture  et  Sculpture  de  Paris,  à  Mgr  de 
Labourdonnaye,  conseiller  du  Roi  en  ses  conseils, 
maître  des  requêtes  ordinaires  de  son  hôtel,  inten- 
dant de  la  généralité  de  Bordeaux,  écrite  de  Paris 
le  29  septembre  1704  : 

«  Monseigneur, 
«*  L'Académie  royalle  de  Peinture  et  de  Sculpture 
a  cru  que  vous  écouteriez  favorablement  la  très- 


PIEGES  JUSTIFICATIVES  279 

humble  prière  qu'elle  se  trouve  obligée  de  vous 
faire  en  faveur  de  l'École  académique  établie  à 
Bordeaux,  en  conséquence  des  lettres  patentes  du 
Roy,  et  elle  espère  que  vous  lui  ferez  la  justice  de 
la  protéger  contre  les  traitans,  qui  prétendent  la 
comprendre  dans  l'imposition  qui  est  faitte  sur  les 
corps  de  métiers.  Ceux  qui  composent  cette  École 
ont  écrit  à  la  Compagnie  que  vous  aviez  différé  à 
prononcer  sur  leurs  contestations,  jusqu'à  ce  que 
vous  eussiez  esté  mieux  informé  que  l'Académie 
n'est  point  comprise  dans  cette  taxe.  Elle  a  déjà 
envoyé  un  certificat  pour  justifier  de  ce  fait,  qui 
est  connu  de  tout  le  monde,  et  ce  qu'elle  prend  à 
présent  la  liberté  de  vous  demander,  Monseigneur, 
est  que  comme  ce  certificat  n'a  pas  paru  assez 
autentique,  d'avoir  la  bonté  de  faire  différer  les 
poursuites  jusqu'après  le  retour  du  Roy  de  Fon- 
tainebleau, pour  avoir  le  tems  de  prendre  des  me- 
sures pour  les  faire  cesser.  Sa  Majesté  n'ayant 
point  changé  de  sentiment  àTégard  de  l'Académie, 
qu'elle  honore  toujours  de  ses  grâces,  de  pensions 
et  d'un  appartement  dans  le  Louvre.  La  Compa- 
gnie est  persuadée  que  vous  lui  accorderez  ce 
qu  elle  attend  de  vostre  bonté,  avec  d'autant  plus 
de  confiance,  que  vous  savez  que  l'intention  du 
Roy  est  d'élever  en  France  les  arts  de  peinture  et 
de  sculpture  à  la  plus  haute  perfection  qu'il  est 
possible  et  que   Sa  Majesté  n'a  point   trouvé  de 


280  ANTOINE  GOYZEVOX 

meilleur  moyen  pour  y  réussir  que  l'establisse- 
ment  de  l'Académie.  Elle  a  fait  signer  ce  placet 
par  ses  principaux  officiers,  qui  ont  autant  de  res- 
pect que  d'estime  pour  votre  personne. 

«   GOYZEVOX,  GiRARDON,  COYPEL. 

«  Par  l'Académie  :  Guérin.  » 

Extrait  de  F  Histoire  des  Arts  à  Bordeaux ,  par 
M.  J.  Delpit  (Bordeaux^  G.  Gounouilhou,  1853, 
in-8°,  pag.  45-46). 

II. 

L'Académie  de  Bordeaux  avait  été  soutenue  par 
l'Académie  de  Paris  dans  sa  réclamation  au  sujet 
de  la  taxe  imposée  aux  corporations,  mais  le  30 
mars  1705,  Guérin  dut  l'informer  que  les  sollici- 
tations auprès  de  M.  Mansart  (Jules-Hardouin) 
n'ont  produit  aucun  résultat,  «  malgré  les  instances 
de  M.  CoyzevoXj  nouveau  directeur  de  r Académie  w. 

Voici  en  quels  termes  Guérin  écrit  à  M.  Lar- 
raidy,  secrétaire  de  l'École  académique  de  Bor- 
deaux : 

«  Monsieur, 

«  Aussitost  que  j'ayeu  receu  vos  deux  dernières 
lettres,  l'Académie  m'ordonna  d'en  escrire  à  M. 
Mansard,  et  de  luy  renouveler  les  instances  en 
vostre  faveur.  Je  luy  ay  mesmc  envoyé  vos  deux 


PIECES   JUSTIFICATIVES  281 

dernières  lettres,  et  que  dans  Tentretemps  de  l'une 
à  l'autre  il  ayt  encore  promis  h  M.  Goyzevox, 
nostre  directeur,  qui  eut  occasion  de  luy  parler, 
qu'il  songeoit  à  vostre  affaire  et  qu'il  donneroit  à 
l'Académie  la  satisfaction  qu'elle  attend  de  lui, 
jusqu'à  aujourd'hui  je  n'ay  rcceu  aucune  nouvelle. 
Comme  je  vous  fais  un  récit  fidèle  de  ce  qui  s'est 
passé,  vous  jugerez  de  l'embarras  de  la  Compagnie 
et  des  mesures  que  vous  croirez  le  plus  à  propos 
de  prendre  dans  de  pareilles  circonstances   .     .     . 


«    GuÉRIN. 

«  Ce  30  mars  1705.  » 

{Histoire  des  Arts  à  Bordeaux,  pag.  16  et  47.) 


DOCUMENT  XVII 
Acte  de  décès  d'Antoine  Coyzevox. 

«  Du  vendredy  onzième  octobre  1720,  Antoine 
Coyzevox,  sculpteur  ord"  du  Roy,  ancien  direc- 
teur, cheualier  et  recteur  de  son  Académie  de 
peint,  et  de  sculpt.,  époux  de  Claude  Bourdict, 
âgé  de  quatre-vingt-un  ans,  décédé  hyer  en  sa  mai- 
son, rue  du  Chantre,  à  vne  heure  après  midy,  a 
esté  inhumé  en  présence,  etc.  >♦ 

Extrait   des  Registres  de  la  paroisse  de  Saint- 


282  ANTOINE   GOYZEYOX 

Germain-l'Auxerrois,  relevé  par  Augusle  Jyl  [Dic- 
tionnaire critique,  p.  452.) 

DOCUMENT  XVIII. 
Iconograpliie    de    Coyzevox. 

1.  Coyzevox.  —  Buste.  —  Marbre.  —  Par  lui- 
même. 

Le  busle  de  Coyzevox  par  lui-même  est  au  Mu- 
sée du  Louvre.  (Voyez  plus  haut  clans  l'œuvre  du 
maître,  n.  237). 

2.  Coyzevox.  —  Buste.  —  Marbre.  —  Par   lui- 
même. 

Ce  buste  est  au  Musée  Molière,  à  la  Comédie- 
Française.  Toutefois  il  n'est  pas  très-certain  que  ce 
soit  un  portrait  du  maître.  Pendant  longtemps  on  a 
voulu  reconnaître  Lulli  dans  ce  marbre  très-habile- 
ment sculpté.  M.  Wilbrod  Chabrol  prétend  qu'il  faut 
y  voir  un  portrait  de  Coyzevox.  Cependant  l'œuvre 
diffère  quelque  peu  du  buste  conservé  au  Musée 
du  Louvre. 

3.  Coyzevox.  —  Bas-relief.  —  Bronze.  —  Par  lui- 
même. 

Le  maître  s'est  représenté  dans  l'un  des  bas-re- 
liefs du  monument  de  Louis  XIV  érigé  à  Rennes 
en  1726.  Il  assiste  avec  Hardouin-Mansart,  à  la 
réception  de  l'Ambassade  de  Siam.Ce  bas-reliel"esl 


PIEGES  JUSTIFICATIVES  283 

conservé  au  Musée  de  Rennes,  (n®  2  du  livrel,  édi- 
tion de  1871). 

4.  GoYZEvox.  —  Toile  ou  Pastel.  —  Par  Joseph 
Vivien. 

En  sa  séance  du  5  Juillet  1698,  F  Académie  de 
Peinture  et  de  Sculpture  charge  Vivien  d'exécuter 
le  portrait  de  Coyzevox,  pour  son  morceau  de  ré- 
ception {Procf's-verbaux  de  l'Académie). 

5.  Coyzevox.    —  Toile.   —   Par  François    Jou- 
venet. 

Ce  portrait  est  le  morceau  de  réception  du  pein- 
tre qui  l'a  présenté  le  25  Juin  1701.  [Proch-verhaux 
de  l'Académie  el  Archives  de  l'Art  français,  t.  II,  p. 
373). 

6.  Coyzevox.   —  Toile.    —   Par    Hyacinthe   Ri- 
gaud. 

Ce  tableau,  peint  en  1702,  a  été  gravé  par  Jean 
Audran  pour  son  morceau  de  réception,  présenté 
le  30  juin  1708.  {Procès'verbaux ,  de  r Académie). 
C'est  par  erreur  que  la  date  1709  est  indiquée  à  la 
suite  de  cette  œuvre  dans  les  Archives  de  lArt 
français,  (t.  II,  p.  183).  C'est  1708  qu'il  faut 
lire. 

7.  Coyzevox.  —    Toile.    —  Par  Hyacinlhe  Ri- 
gaud. 

Un  portrait  de  Coyzevox  par  Rigaud  appartient 


284  ANTOINE  COYZEVOX 

à  M.  Eudoxe  Marcille.  11  a  figuré  à  \ Exposition 
des  Portraits  Nationaux  en  1878  (n°  305  de  notre 
catalogue).  Ce  portrait  ne  nous  paraît  pas  être  le 
même  que  celui  gravé  par  Jean  Audran,  inscrit 
sous  le  n°  précédent. 

8.  CoYZEvox.  —  Toile.  —  Par  Gilles  Allou. 

Cet  artiste  ayant  reçu  l'ordre  de  peindre  le  por- 
trait de  Coyzevox  pour  son  morceau  de  réception 
(séance  du  26  juillet  1710)  s'acquitta  de  cette  tâche 
dans  l'année.  [Procès'verbaux  de  V Académie, 
séance  du  27  juin  1711). 

9.  Coyzevox.  —  Buste.  —  Marbre.  —  Par  Jean- 
Louis  Lemoyne. 

Ce  portrait  l'ut  offert  à  l'Académie  par  Jean-Jac- 
ques Cafûéri,  dans  sa  séance  du  7  juillet  1781  {Pro 
cbs-verhaux  de  V Académie). 

10.  Coyzevox.  —  Buste.  —  Marbre.  —  Par  J.-B. 
Lemoyne. 

Ce  buste  est  catalogué  par  Alexandre  Lenoir,  dans 
la  Description  du  Musée  des  Monuments  français, 
sous  le  n.  389  (p.  315,  édition  de  l'an  X  et  tome  V, 
p.  157,  édition  de  1806.)  Jurie,  dans  sa  notice  sur 
Coyzevox  [Archives  du  département  du  Rhône,  mai- 
octobre  1825,  p. 225)  demande  que  ce  buste  soit  ac- 
cordé au  Musée  de  Lyon.  Passeron,  en  1835,  for- 
mule le  même  vœu  {Revue  du  Lyonnais,  août  1835, 


PIEGES   JUSTIFICATIVES  285 

p.  130.)  Nous  ignorons  si  Alexandre  Lenoir  n'attri- 
bue pas  à  tort  ce  buste  à  J.-B.  Lemoyne,  et  si  ce 
n'est  pas  le  même  ouvrage  que  celui  qui  pré- 
cède, c'est-à-dire  le  marbre  sculpté  par  Jean-Louis 
Lemoyne. 

11.  CoYZEVOx.  —  Toile.  —  Par  Jean-Glaude  Bon- 
nefond . 

Ce  portrait,  commandé  en  1840  par  la  ville  de 
Lyon,  sur  les  fonds  légués  par  M.  Grognard  pour 
faire  exécuter  les  portraits  ou  bustes  des  Lyonnais 
célèbres,  est  conservé  au  Musée  de  Lyon  (n°  42 
de  la  Galerie  des  Peintres  lyonnais,  catalogue  de 
1877.) 

12.  CoYZEVox.  —  Toile.  —  Par  Emile  Lecomte. 
Exécuté  en  1855  pour  la  décoration  de  la  gale- 
rie d'Apollon,  au  Louvre,  ce  portrait  a  été  repro- 
duit en  tapisserie  des  Gobelins.   (Voyez  V Artiste, 
5"^"  série,  tome  XIV,  p.  112  bis). 

13.  GoYZEVOX.  —  Toile.  —    Par  Jacques    Pape- 
lard, 

L'Académie  de  Peinture  et  de  Sculpture  chargea 
dans  sa  séance  du  30  juillet  1701,  Jacques  Pape- 
lard, agréé,  de  peindre  le  portrait  de  Goyzevox. 
[Procès-verbaux  de  f  Académie.)  Papelard  ayant  été 
rayé  le  2  mars  1709  delà  liste  des  agréés  n*a  peut- 
être  pas  exécuté  l'ordre  de  l'Académie. 


TABLES 


TABLE   ALPHABÉTIQUE 


ABRÉVIATIONS  : 

A,  signifie  architecte  ;  B,  brodeur  ;  D,  dessinateur  ; 
F,  fondeur  ;  G,  graveur  ;  0,  Orfèvre  ;  P,  peintre  ; 
S,  sculpteur. 


Abondance. 

Abondance  (P),  statue,  i02, 
110,  193,  222. 

Académie  (Mémoires  inédits 
sur  la  vie  et  les  ouvrages 
des  membres  de  1'),  27, 
86,  100,  141,  143,  144, 
166,  176,  186,  189,  190, 
213,  215,  217,  220,  240, 
242. 

—  (Procès-verbaux  inédits 
de  F),  139,144,  145,  157, 
158,  165,  166,  170,  171, 
188,  234,  246,  264,  283, 
284. 

—  (Procès-verbaux  publiés, 
de  r  I,  38,  39,  57,  58,  65, 
66,  90,  91,  92,  93,  115, 
116,  140,  141,  142,  283, 
284,  285. 

Advielle  ^Victor),  233,  252, 

253. 
A^ricola,   182, 
Airard,  S.,  3. 
Albane  (I'),  P.,  13. 
Alcamène,  S.,  80. 
Algarde  (le  cavalier  1'),   S., 

174. 


—  Apollon. 

Aligre   (le    chancelier    d'), 
225. 

Aligre  (  la  chancelière  d'), 
monument,   225. 

Allegrain,  S.,  69. 

Allou  (Gilles),  P.,  157,284. 

Alphonse  de  Lorraine,  228. 

Amours,bas-rehefs,103,194. 

Andillv  (Robert  -  Arnauld 
d'),  buste,  61,  234,  235. 

Andromède,  groupe,  85. 

Ange,  statue,  222. 

Ange  au  casque  (1'),  bas- 
relief,  107,208. 

Ange  tenant  un  faisceau, 
statue,  220. 

Anguier,  S.,  14. 

Anc-uier  (François),  S.,  28, 
263. 

Anguier  (Guillaume),  P., 
264. 

Anguier  (Michel),  S.,  264. 

Anne  de  Bretagne,  131. 

Antin  (marquis,  puis  duc  d'), 
144,  145  154,  161,  162, 
166,  232,  —  Buste,  145. 

Apollon  (figure  d'),   192. 

19 


290 


ANTOINE  COYZEVOX 


Apollon.  — 

Apollon   du   Belvédère,  10. 

—  Musagète  34,  213,  214. 

—  Masque  (d'),  99,  189. 
Apothéose   de  Junon,  grou- 
pe, 255. 

—  de  Jupiter,  groupe,  253. 
Arc  de   triomphe   des  jar- 
dins de  Versailles,       196 

Archives  de  l'Art  français, 
121,  122,  123,  127,  130, 
144,218,  220,  237,  283. 

—  Nouvelles  Archives  de 
l'Art  français,  106,  117, 
251. 

Archives  du  Musée  des  'Mo- 
numents  français  fen  cours 
de  publication),  187,  202, 
204,  205,  206,  208,  209, 
216,  221,  232,  236,  238, 
239,  247,  252. 

Arcis,  S.,  53,190. 

Argenville  (Dézallier  d'),41, 
42,  151,  158.  167,  224. 

Argouges  (d'),  233,  —  Bas- 
relief,  226. 

Armagnac  (L.),  147. 

Armes  de  France  et  de  Na- 
varre, bas-relief,  101, 189. 

Armes  d'Hercule,  trophée, 
100,  189. 

Armes  de  Minerve,  trophée, 
100, 189. 

Ascanio,  S.,  10. 

Audience  donnée  aux  Am- 
bassadeurs du  roi  deSiam 
et  présentation  par  les 
députés  des  Etats  de  Bre- 
tagne à  Louis  XIV,  des 
plans  et  dessins  du  monu- 


Beaumont. 

ment  à  lui  élever,  bas-re- 
lief, 218,  219. 

Audran  (Gérard),  G.,  61, 
141,  142,  157,  240,283, 
284. 

Auguis,  42. 

Autecour  (  Hyacinthe  d*) , 
abbé  de  Conque,  106, 
251. 

Bachelier  (Nicolas),  S.,    12. 

Bains  d'Apollon  ,  groupe , 
174. 

Ballin  (Claude),  0.,  170. 

Ballu  (Théodore),  A.,  89,270. 

Barbet  de  Jouv  (H.),  58,59, 
60,  62,  144,  187,  188, 
198,  203,  221,  232,  234, 
235.  242,  244,  246,  247, 
248. 

Barodes,  240. 

Bâtiments  du  Roi  (Comptes 
des),  32,  56,  67,  81,  104, 
105,  107,  H4,  135,  136, 
148,  149,  152,  153,  162, 
163,  164,  166,  167,  170, 
185,  186,  189,  190,  191, 
192,  193,  194,  195,  196, 
197,  198,  199,  200,  201, 
202,  203,  205,  206,  207, 
208,  209,  210,211,  268. 

Baudet  'Etienne),  G.  116, 
117,272. 

Bautru,  marquis  de  Vau- 
brun  (Nicolas  de),  tom- 
beau, 146,  147,  148,  177, 

Bautru    (Marguerite  -  Thé- 
rèse), statue,  222,  223. 
Bavière  (le  roi  de).  186. 
Beaumont   (Achille  IH    de 


TABLE   ALPHABETIQUE 


29  i 


Belle.  — 

Harlay,  (comte  de) , buste, 
61,  2U. 

Belle(Nicolas),  P.,  141. 

Benoist  (P.).  2o9. 

Berger  et  un  petit   satvre 
(un),  groupe,  203,  204'. 

Berger  jouant  de  la  flûte, 
groupe,  loO,  151,  152. 

Bernin  (le  cavalier),  S.,  174. 

Berthélemv,  P.,  69. 

Bertin  (Aicolas),  P.,  140. 

Biard  (Pierre),  S.,  89. 

Biaise  (Anthoine),  2o9. 

Blanchard,  P.,  265. 

Blanchet,  P.,  37,  38,  265. 

Blondel,  A.,  103. 

Bocan,  169. 

Boileau  (Nicolas),  buste , 
238. 

Bon  Boulogne,  P., Mo,  157. 

Bonardel  (Claudine),  259. 

Bonnefond  (Jean- Claude), 
P.,  285. 

Bonneville,  186. 

Borghèse  (Vigne),  76. 

Bosio  (Astvanax-Scaevola), 
S.,  234,  242. 

Bossuet  (Jacques-Bénigne), 
buste.  59,  235. 

Boudon,  S.,  12. 

Bouchardon,  S.,  161,  162. 

Boucherat  (  le  chancelier 
Louis),  buste,  61,  235. 

Bouillon  (Emmanuel-Théo- 
dore de  la  Tour -d'Au- 
vergne ,  dit  le  cardinal 
de),  buste,  61,  235. 

Bourbon,  dit  le  Grand  Con- 


Captifs. 

dé,  (Louis  II   de),   voyez 

Condé. 
Bourdict   ou    Bourdv    (Be- 

noiste),  268. 
Bourdict  (Claude),  39,  40, 

46,  53,54,  266,267,268, 

281. 
Bourdict  ou  Bourdv  ''Pierre), 

S.,  40,  67,  90,'91,266à 

269,  274. 
Bourgeois,  116. 
Bourgogne  (duc  de), 61, 154. 
Bourgogne  (Marie-Adélaïde 

de  Savoie,   duchesse  de) 
statue,   154,  155,  231,  232. 

—  Buste,  6{,   159,  235, 

236. 
Bremond,  S.,  244. 
Brice  (Germain),  113,  116, 

207,  208,  225,  226. 
Brinais  (Paul,  Rivière  de), 

voyez  Ciapasson  (André). 
Brissac(Charles  II  de  Cossé, 

comte,puis  duc  de), buste, 

61,236. 
Buha  (Jean-Thomas  Sezille 

du),  71. 
Buirette,  S.,  28. 
Butav  (Suzanne),  112. 
Buyster.  S.,  28. 
Cadet  à  la  Perle,  voyez  Har- 

court. 
Cadot,  comte  de  Sebbeville 

(C.-N.),  233. 
Caffiéri  (Jean- Jacques),  S., 

55,  102,    171,  191,  210, 

284. 
Calliope, bas-relief,  34,214. 
Capitaines,  bustes,  249. 
Captifs  (les),  bas-reliefs,  14. 


292 


ANTOINE   COYZEYOX 


Cavriatides.  - 

Cariatides  ,    rondes-bosses, 

14. 
Carpeaux,  S.,  96,  97. 
Carrache  (Annibal),  P.,  13. 
Carrié,  271. 
Carrier,  132. 
Castor  et  PoUiix,   groupe, 

72,  74,  75.  199. 
Caylus  (comte  de),  13,  161. 
Cazes  (Jacques),  P.,  140. 
Cellini  ^^Benveauto),  S.,  0., 

6,  iO. 
Centaures,  statues,  233. 
Cinq- Mars,  27. 
Chabrol  (Wilbrod),  A.,  253, 

254,  282. 
Champac- rie  (Jean-Baptiste), 

P.,  26^4. 
Champas-ne    (Philippe  de), 

P.,  2Ô3,  264. 
Chapiteaux,  J92,  199.  200. 
Chaptal,  237,  238,  252. 
Charité  (la),    groupe,   109, 

220,  221. 
Charlemagne,  3. 
Charpentier,  S.,  145. 
Charvet  (E.-L.-G.),  A.  26, 

44,  4o,  47,  51,  230,  231. 
Chaulnes   (Charles  d'Ailly, 

duc  de),  120.   —    Buste, 

236. 
Cheminée,  250.  251. 
Chennevières(Ph.   de),  27, 

135. 
Chennevières     (Henri    de), 

254. 
Chesneau  (Ernest),  97. 
Chessy  f Henri    de    Fourcy, 
comte  de), médaillon,  2 1'^. 
Chevaux  ailés, groupes,  175. 


Contamine. 

Christine  (la  reine),  74. 

Clarac  (comte  del,  32,  197, 
198,  201,204,232. 

Clapasson  (André),  51. 

Clémence  d'Alexandre  en- 
vers la  famille  de  Darius, 
toile,  18. 

Cleomèno,  S.,  75. 

Cléopdtre  (la  nymphe  dite), 
statue,  10. 

Clérion,  S.,  85,  174. 

Clio,  bas -relief,  34,  213, 
214. 

Cogniet,  P.,  69. 

Colbert  (Jean-Baptiste)  .mar- 
quis de  Sei^rnelav  ,  16, 
17,  19.  36,  6o,  9o,  110, 
ill,  120.  179,  249,  250, 
253,  262,  273.  —  -Mau- 
solée, 109,110. —  Statue, 
222.  —  Buste,  o7,  237, 
238. 

CoUignon,  S.,  112. 

Colombe  (Michel),  S.,  4,  5, 
8,  13. 

Combat  d'Hercule  et  d'A- 
chéloiis,  toile,  140. 

Commère  (Vincente),  274. 

Compagne  de  Diane ,  sta- 
tue, 67. 

Compositions  inconnues  , 
250,  251. 

Condé,  (Louis  II  de  Bour- 
bon, prince  de  Cjndé,  dit 
le  Grand),  statue.  106,233. 
—  Bustes,  62,  82,  83,  84, 
142,  238,  239. 
Consoles,  193. 
Contamine  (Cousin  de),  53, 
66,  70. 


TABLE   ALPHABETIQUE 


293 


Conti.  - 

Conti   (prince  de),   83,  84, 

239. 
Coquilles,  19-4. 
Corniche  circulaire,  214. 
Cotte  (Robert  de),  A.,  97. 
—  Buste,  61,  142,240. 
Cotton,  S.,  229. 
CoudrayfJean),  S.,  178-179. 
Couion  (Louis).   275,276. 
Courajod    (Louis),    62,    83, 

84,  239. 
Coustou   (Charles- Pierre) , 

A.,  234. 
Coustou  (Elisabeth),  51,  52, 

o3,  o4,  66.  70,  182,  268, 

273,  274. 
Coustou   (Pierre -François), 

S., 23.  24,  2o,  29,  51,52, 

5K  70,  92,  273,  274. 
Coustou  (Françoise), 26,(où 

il  y  a  par  erreur  François 

au  lieu  de  Françoise),  51 . 
Coustou    (Guillaume),  S., 

24,01,141,  161,  163,178, 

181,182,268. 
Coustou  (Jean-François), ol 
Coustou  (Léonore),  51,  o2, 

70,  117,  118,  182,  274. 
Coustou  (Marguerite),     118 
Coustou  (Nicolas),  S.,  24, 5 1 , 

53,  54,  63,66,70,91,92, 

93,   Ho,    M8,    141,  150, 

170,  178,   181,  182,  205, 

274. 
Covpel   (Antoine),  P..  157, 

240,  241. 
Covpel(Noël),P.,l9,29,39, 

115,  170,  280. 
Coyzevox    (Anne-Virginie), 

54. 


Delpit. 

Covzevox  (Antoine -Jules), 
117. 

Coyzevox  de  Brécourt  (Char- 
les-Jacques), 54,  71,  151, 
170,  171. 

Coyzevox  (Claude).  54. 

Covzevox  (Claude-Suzanne), 
54,  117,  266. 

Covzevox  (Claudine),  24, 25, 
26,  51,  52,  53,54,  70,92, 
93,  259,  273,  274. 

Coyzevox  (Guillaume,  frère 
d'Antoine),  S  ,  24.  51. 

Coyzevox  (Guillaume),  fils 
d'Antoine,  51 . 

Covzevox  (Jean  -  Antoine), 
117,  152. 

Covzevox  (Jean  -  Baptiste), 
71,152. 

Coyzevox  (Marguerite),  71. 

Coyzevox  (Martial),  117. 

Coyzevox  (Nicolas),  71. 

Covzevox  (Pierre),  22,  23, 
29,51,  54,  151,  152,  259, 

^  260. 

Coyzevox  (Suzanne),  71. 

Créqui,  marquis  de  Mari- 
nes (François,  sire  de), 
monument,  84,  226.  — 
Buste,  statue,  113. 

Dampierre  (marquis  de),  26 

Défaite  des  Turks  à  Saint- 
Gothard,  en  Hongrie  (la), 
bas-relief,  197. 

De  Fer,  S.,  140. 

Delafontaine,  D.,22l. 

De  La  Fosse,  P.,  39,  139, 
144. 

De  Loreres,  147. 

Delpit(J.),  280. 


294 


ANTOINE   GOYZETOX 


!Denéclieau.  — 

Denécheau    (Séraphin),  S., 

197. 
Desjardins,  S.,  170. 
Desmaisons,  G.,  227. 
Dessus  de  porte,  191. 
De  Troy,  P.,  141. 
Diane,  statue,  232,  234. 
Dioscures  (les),  groupes,  7o, 

78,81,  lo9. 
Dominiquin,  P.,  13. 
Dommartin   (Mme),  46,  47, 

231. 
Donatello,  S.,  4,  7. 
Dorbav,  A.,  97. 
Dordùgne  (la),  groupe,  104, 

197,  198. 
D'Orléans,  notaire,  271. 
Doryclidas,  S.,   80. 
Drevet    (Pierre),    G.,   141. 

144,  246. 
Du  Barrv  (Mme),  234. 
Dubois  (J.),S.,201.  206. 
Dubois  de  la  Palme  (G.  D.), 

71. 
Du  Change  (Gaspard),  P., 

140. 
Ducherain    (Catherine),  P., 

115. 
Duchesne,  2,  84. 
Du  Lin,  P.,  140. 
Dumont(Edme),  S.,  237. 
Dumont     (Augustin),     S., 

241. 
Dumont  (François),  S.,  241. 
Dupasquier,  S.,  271. 
Duseigneur(J.),  S.,  42,43, 

48,  88,  243. 
Dupuis    (Nicolas -Gabriel), 

G. ,  240. 
Dussieux(L.),  27,81,  102, 


Fermelîiuis. 

103,  104,  lOo,  106,  135, 
190,  195,  196,  197,  200, 
201,  204,  236,  245, 

Duvivier  (A.),  66. 

Echevins  de  Paris  (les)  mé- 
daillons, 217. 

Edelinck  (Gérard),  G.,  61, 
buste,  240. 

Emeric-David,  4. 

Emilus,  S.,  80. 

Empereurs,  bustes,  249. 

Empire  (1'),  statue,  195. 

Enfants  (figures  d'),  rondes- 
bosses,  101,  190. —  Grou- 
pes 105,  204. 

Erato,  bas-relief,    34,  214. 

Estrade  (comte  d'),  104. 

Etampes  (duchesse  d'),  10. 

Eudes  de  Montreuil,  S.,  4. 

Euterpe,  bas-relief,  34,  213, 
214. 

Expillv  (l'abbé  Jean-Joseph 
d'),"  44,  45,  46,  165, 
188. 

Faune  jouant  de  la  flûte, 
204,  voyez  aussi  Berger 
et  petit  satyre. 

Favannes  (Henri),  P.,   141 . 

FéUbien,  2. 

Fénelon,  buste,      238,  239. 

Feraud,84. 

Fermelhuis  (le  docteur),  22, 
23,  27,  36,  42,  35,  63, 
76,  82,  130,  131,  136, 
137.  138,  145,  158,  167, 
168,  169,  170,  181,  191, 
215,  233,  235.  236,  241, 
243,  244,  245,  248,  250, 
261,  263.  —  Buste,  240. 


TABLE  ALPHABETIQUE 


295 


Fidélité.  —  G-uémadeuc. 


Fidélité  (la),  statue,  108, 
220,  221,  222. 

Figures,  statues,  210,  213, 
214. 

Fleuve,  statue,  106,  202. 

Fleuve  et  Enfant,  groupe, 
233. 

Floi-e,  statue,  203,  204. 

Flore  au  repos,  statue,  105. 

Flore  et  l'Amour,  groupe, 
150,  152. 

Flùteur  (le),  voyez  Berger  et 
petit  satyre. 

Fontaine  de  la  Gloire  dans 
les  jardins  de  Versailles, 
195. 

Fontenilles  (Mme  Gabrielle 
delà  Roche  de),  71. 

Force  (la),  statue,  102,  193, 
206,  207. 

Fouché,  207. 

Fouquet,  16. 

France  (la),  statue,  103. 

France  (la),  assise  sur  le 
char  de  Neptune,  bas-re- 
lief, 130. 

France  assise  sur  un  char, 
traîné  par  des  tritons  (la), 
bas-relief,  218. 

France  triomphante  écra- 
sant l'Espagne  et  l'Em- 
pire (la),  groupe,  195. 

France  triomphante  (la), 
groupe,  103. 

France  (la)  portant  la  lu- 
mière et  protégeant  l'A- 
griculture ôt  les  Sciences, 
haut-rehef,  97. 

Francin  (François-Alexis), 
S.,  117,  118,274. 


Francin  (Pierre),  274. 
François  P»",  6,   7,   10,   11, 

12. 
Frémin,  S.,  158,  178. 
Frise,  185. 

Furstenberg  (comte   Ferdi- 
nand Egon  de),  tombeau, 

112,  113,229,230. 
Furstenberg  (François  Egon, 

cardinal  de),  32,  33,  46, 

262,  263,  264. 
Garnier  (Charles),  A.,  97. 
Garonne   (la),  groupe,  104, 

197,  198. 
Gazard,  249. 
Génie  de  la  Religion  (le), 

statue,  225. 
Génies,     bas-reliefs,     103, 

194. 
Gentil,  S.,  12. 
Géricault,  P.,  69. 
Ghiberti,  S.,  4,  7. 
Giffard  (A.),  197. 
Girardon,   S.,  14,   19,    28, 

39,    55.    61,    98,     115, 

144,      172,      173,     174, 

175,    178,  238,  280. 
Gougenot,  35,  263,  264. 
Goujon  (Jean),  S.,  12,  14. 
Gourdel  (Julien -Jean),   S., 

225. 
Grand-Dauphin  (le),  buste, 

116,188. 
Grevenich  (Jean-François), 

S.,  244. 
Greuze,  P.,  69. 
Grognard,  285. 
Guémadeuc  (Sébastien  de), 

évèque    de    Saint- Malo, 

120. 


296 


ANTOINE    GOYZEVOX 


Guérin.  —  Jal. 


Guérin  (Gilles),  S.,  28,  86, 

21 0,  278,279,   280,  281. 
Guiffrey    (J.),     185,     186, 

189,    190,  191,  193,195, 

210. 
Guillain,  le  père,  surnommé 

Cambray,  S.,  13. 
Guillain  (Simon),  S.,  13, 1-4, 

17,  27,  83. 
Guillaume  (Eugène), S.,  139. 
Guillaume  de  Dijon,  S.,  3. 
Guillaume  de  Sens,  S.,  3, 
Guillerier.  Voyez  Quillerier. 
Guirlandes,     demi  -  rondes- 
bosses,  189. 
Guyot,  G..  221. 
Hamadrvade  et  TEnfant  (F), 

groupe,    150,    152,    203, 

204. 
Harcourt  (Henri  de  Lorraine, 

comte  d'),  tombeau,  145, 

146,  177,  227,  228,  276, 

277,  278. 
Harcourt  (Louis  de  Lorraine, 

comte  d'),  145,  276,  277, 

278. 
Harcourt    (monument    des 

d'),  228. 
Hardouin-Mansart   (Jules), 

A.,  55,  ôi,  83,   84,  97, 

120,  131,  137,  148,   179, 

223,  280.  —  Monument, 

224,  225.   —  Buste,  243. 
—  Bas-relief,  282. 

Harlay    (le   président   de), 

vovez  Beaumont. 
Hébert  (Jean),  71 . 
Hennequin,  P.,  187. 
Henri  II,  12. 
Henri  IV,  statue,  89. 


Hercule    Commode,  statue, 
10. 

Hercule  délivrant  Hésione, 
toile,   140. 

Hercule  enchaînant  Cerbère, . 
sculpture,  140. 

Hercule  sur  le  bûcher,ronde- 
bosse,  141. 

Histoire  (!'),  bas-relief,  101. 

Homère,  73,  75,  161. 

Houasse  (Antoine),  P.,  92, 
93,  116,  170,  196. 

Houasse  (Suzanne),  92,  93. 

Huguet,  D..  220. 

Hulot  (Guillaume).  S.,  52. 
66,  67,  69,  268,  273,  274. 

Hulot  (Jacques)  S.,  273. 

Hulot  (Nicolas),  S.,  67,  273. 

Hulot(Philippe),  S. ,67,273. 

Humilité  iV),  bas-relief,  67. 

Hurtaut,  233. 

Hyver  (Antoine),  275,  276. 

Immortalité  (r),les  ailes  ou- 
vertes, s'élève  emportant 
le  médaillon  de  Charles 
d'Harcourt,  ronde-bosse, 
228. 

Inconnus  (  Personnages) , 
bustes,  248,  249. 

Inventaire  général  des  ri- 
chesses d'art  de  laFrance, 
105,  209. 

Inventaire  général  des  œu- 
vres d'art  appartenant  à 
laVilledeParis,113,226, 
251,  254. 

Jabach,  26. 

Jacob,  169. 

Jaillot,  S.,  28,  242. 

Jal  (A.),  24,  29,51,67,70, 


TABLE  ALPHABETIQUE 


297 


Jean,  —  Léon. 


92,  93,  -117,  118,  152, 
226,  252,  261,  266,  267, 
268,  273,  274,  282. 

Jean  de  Chelles,  S.,  4. 

JolIv(Jean),  S.,67,  91,208, 
273,  274. 

Jomard  (Georges),  259. 

Jouvenet  (François),  P.,  93, 
116,  157,  283\ 

Jouvenet  (Jean), P., 83,  139, 
144. 

Jules  II  (le  pape),  180. 

Jully  (De  La  Live  de),  248. 

Jupiter,  statue,  10.  80. 

Jurie  (J.),  35,  43,  215,  284. 

Justice  (la),  statue,  102. 194, 
206,  207. 

Justice  soutenant  le  médail- 
lon de  François  d'Argou- 
ges  (la),  bas  relief,  226. 

Juvignv,  notaire,  71. 

Relier  (les),  F.,  198,  199. 

Klein  (Gh.-G.),  32,  35. 

Labourdonnaye  (Mgr.  de), 
278 

La  Chapelle  (de),  83,  84. 

Lacordaire  (le  Père),  67,68. 

La  Ferté  (Papillon  de),  254. 

Lafolie  (Ch.-J.),  89,  124, 
132,  269,  270,  271. 

La  Fosse  (Charles  de),  P., 
139. 

Laguille  (le  Jésuite),  262, 
263. 

La  Martinière,  101. 

Langlier,  249. 

Laocoon,  groupe.  10. 

La  Rivière  (M'"''),  249. 

Larraidy,  280. 

Laurencin  (de),  125. 


Le  Bouteiller,  S.,  4. 

Le  Brun  (Charles),  P.,  17, 
18,  19,  22,  26,  30,  31, 
36,  39,  40,  52,  57,  58, 
65.91,  92,  98,  100,  101, 
103,  110,  111,  112,  117, 
173,  175,  177,  179,  195, 
265,  271,  272.  —  Monu- 
ment 224.  —  Buste,  242, 
265. 

Le  Clerc,  fils  (Sébastien). 
G.,  40,  52. 

Le  Clerc,  114. 

Le  Comte,  S.,  55,190. 

Lecomte  (Emile),  P.,  285. 

Lefuel(H.  M.),  A.,06,  97. 

Ledru,  251. 

Leareret,  S.,  55,  191. 

Le^ros,  S.,  196,  210. 

Le^'Hongre,  S.,  28.  93. 

Lejeune  du  Tillard  (Adé- 
laïde-Victoire), 71. 

LeLorrain  (Robert). S., 263, 
264. 

Lemovne  (J.-B),  S.,  178, 
284". 

Lemovne  (Jean-Louis),  S., 
Ur,  170, 178,  284,  285. 

Le  Nariez,  249. 

Lenoir  (  Alexandre  ) ,  4  , 
113,  162,  163,  187,  202, 
205,  207,  209,  215,  216, 
221,  226,  229,  232,  235, 
236,  237,  238,  239,  242, 
245,  246,  249,  250,  251, 
284,  285. 

Le  Nôtre,  A.,  26,  97.— Mo- 
nument, 225.  —  Buste, 
61,  113. 

Léon  X  (le  pape),  180. 


298 


ANTOINE   GOYZEYOX 


Lepautre. 

Lepautre  (Pierre),  G.,  215. 

Lequin  (Marie-Denise),  71. 

Lerambert  (Charlotte),  260. 

Lerambert  (Louis),  S.,  14, 
26,  27,  28,  29,  36,  42,  46, 
141,  260. 

Lescarmousier,  260. 

Le  Tellier( Charles-Maurice) 
archevêque  de  Reims, 
buste,  61,242,  243. 

Le  Tellier  (Michel),  buste, 
61,243. 

Levau,  A.,  97. 

Lherminot,  B.,  116,  117. 

LhuilUer  (Th.),  71. 

Licorne  terrassant  un  Dra- 
gon, groupe,  2î)3. 

Lingée,  G.,  204. 

Livonnière  (Pocquet  de), 
148. 

Loir  (xMcoIas),  P.,  19. 

Long-in,  161. 

Louis  XII,  5,  131. 

Louis  XIII,  16,  27,  59.  — 
Statue,  160,  163. 

Louis  XIV,  2,  15,  16,  36, 
61,  86,  100,  134,  137, 
138,  148,  loi,  173,  177, 
180,  273.  —Statues,  85, 
86,87,88.89,  120,  à  132, 
159 à  163,209,  21Ô  à 219, 
269,  270,  271,  275,  276, 
282.  —  Bas-reliefs,  101, 
187,  191,  192.  — Bustes, 
99,  116,  185,  186,  187, 
189.  —  Statuette,  216. 

Louis  XV,  159.  —  Bustes, 
61,  164,  l6o,  188,  189. 

Louis-le-Gros,  5. 

Louvois    (François -Michel 


—  Mazarin. 

Le  TelUer,  marquis  de), 
92,  9o,  110,  115,  120, 
179.—  Buste,  -^43. 

LuUi  (Jean-Baptiste),  com- 
positeur, monument,  229, 
234,-82. 

Ludovisi  (collection),  74. 

Madeleine  pénitente  (la), 
statue,  7. 

Madrid  (musée  de),  74. 

Mao-nier,  S.,  28. 

jMai  des  Gobelins  ou  plan- 
tation d'un  mai,  erravure, 
56. 

Maintenon  [Mme  de),  mé- 
daillon, 238. 

Mansart  (A.),  voyez  Har- 
douin-Mansart. 

Mantz(Paul),  27. 

Marc-Aurèle,  statue,  177. 

Marcille  (Eudoxe),  143, 284. 

Marcille  père.  143. 

Marguerite  de  rs'avarre,  10. 

Marie-Thérèse  d'Autriche, 
61.  —  Buste,  116,  187, 
188. 

Mariette,  135,  175. 

Marne  (la),  groupe,  149, 
loO,  152,  201,202. 

Marsv  (les  frères).  S.,  19, 
55,"  98. 

Marsy  (Gaspard  de),  S.,  2.8. 

Martenne,  2. 

Masques.  Demi-rondes-bos- 
ses, 189,  194. 

Masson,  S.,  196. 

Mazarin  (le  cardinal),  26. — 
Monument,  107, 108,  109, 
220,  221.  —  Buste,  59, 
243,  244. 


TABLE  ALPHABETIQUE 


299 


Mazeline.  — 

Mazeline,  S.  103,  141,  196. 
Médicis  (les),  180. 
Mellier,  127. 
Mellinet  (Camille),  121. 
Melo,  S.,  208. 
Melpomène,  bas-relief,  34, 

214. 
Mercure,  groupe,  132,  133, 

134,   135,   136,  137,  138, 

200,201. 
Meunier  P.,  158. 
Michaud,  106. 
Michel-Ange,  S., P.,  12,13, 

180. 
Mignard,  P.,   98,    110.   — 

Buste,  60,  244. 
Miel    (Edme-Fr.-Ant. -Ma- 
rie), 25,  36,  42,  215. 
Millin(A.-L.),  4,  227,  228. 
Milon   de   Crotone,  statue, 

173,  174. 
Modestie  (la),  statue,  164, 

192. 
Modèles  de  statues,  210  — 

de  groupes,  211. 
Molière  (Jean-Baptiste  Po- 

quelin,    dit),    médaillon, 

254. 
Molosse  étranglant  un  loup, 

groupe,  253. 
Monnover  (Antoine),  P.  14I. 
Montaiglon  (A.  de),  27,  38, 

135. 
Montaran  (de),  125. 
Montausier     (  Charles     de 

Sainte-Maure ,    marquis, 

puis  duc  de),  buste,  244. 
Monval  (Georges),  254. 
Morel  ou  Moret  (Isabeau  ou 

Elisabeth),  22,  259,260. 


Feinture. 

Naïades,  bas-reliefs,  104. 

Napoléon  III,  97. 

Neptune,  statue,  55,  105, 
149,  152,  201,202. 

Nicaud  (Claude),  259, 

Noailles  (Louis-Antoine  de), 
cardinal,  buste,  61,244, 
245. 

Normand,  G.,  186,204,220. 

Notre-Dame-des-Grâces, sta- 
tue, il  à  51,  177,  230, 
231. 

Nymphe  h,  la  Coquille  (la), 
statue,  72,  76,  77,  78,  81, 
^  105,  196,  197. 

Nvmphes,  bas-reliefs,  103, 
'194. 

Odoranne,  S.,  3. 

Olesczynski,  G.,  221. 

Orateurs,  bustes,  249. 

Ornements,  bas-reliefs,  190, 
214. 

O'Rourske  Gousen  (Jac- 
ques ,  baron  de  Cour- 
champs),  statue,  113, 229. 

Paix  (la),  statue,  108,220, 
221. 

Papelard  (Jacques),  P.,  1 15, 
157,  285. 

Passage  du  Rhin  au  pont 
d'Altenheim  (le),  bas-re- 
lief, 223. 

Passeron(J.  S.),  35,  43,44, 
86,  2lo,  232,  261,  262, 
263,  284. 

Pausanias,  80. 

Pégase,  133,  134. 

Pegault,  260. 

Peinture  (la),  statue,  112, 
224. 


300 


ANTOINE   GOYZEVOX 


Pellegrino.  — 

Pellegrino  (FrariCesco),P.,9. 
Pernon,  45. 

Perreyve(  l'abbé  Henry), 68. 
Phelvpeaux,  273. 
Phidias,  S.,  73,  80. 
Philippe-Aiig-Liste,  3,  5. 
Philippe  V,  roi  d'Espagne, 

152. 
Philosophes,  bustes,  249. 
Piété  (la),  statue,  112. 
Piété  royale  distribuant  du 

pain    pendant  la    disette 

de   1662   (la),  bas-rehef, 

216,  217. 
Pigalle,  S.,  69. 
Pis^aniol  de  la  Force. 76, 80, 

86,  87.  88,  90,  102,  104. 

105,  106,   109.  112,  135, 

148,  150,    159,  160,  170, 

193  à  199,  201,202,204, 

209,  215,  225,  230,  250. 
Pilon  (Germain),  S.,  12. 
Piot  (Eugène),  260. 
Plafond,  bas-reliefs,  192. 
Poerson,  P.,  115. 
Polignac  (le  cardinal  de), 

buste.  61,  245. 
Poirier,  P.,  141. 
Polvranie,    bas-relief,     34, 

214. 
Port  (Célestin),  147. 
Portes  du  Baptistère  (les), 

bas-reliefs,  7. 
Portrait  de   femme,  buste. 

116,248. 
Poussin  (Nicolas),  P.,  175. 
Praxitèle,  S.,  73,  172. 
Prééminence  de  la  France 

reconnue   par    l'Espagne 

(la),  197. 


Rétablissement.    . 

Prieur  (Barthélémy),  S.,  12. 

Primatice,  P.,  S.,  A.,  6,  7, 
8,  10,  12. 

Prier  (]\Iathieu),  poète,  106. 
—  Buste,  245. 

Prise  de  Turin  (la),  bas- 
relief,  145,  227. 

Prométhée  délivré  par  Her- 
cule, toile,  140. 

Prou,  S.,  00,  190,  191,210. 

Prudence  (la),  statue,  108, 
206,  207,220.  221. 

Pueret  (François),  173. 

PuWt  (Pierre),  S.,  39,  84, 
85,  86,  173,  174,  178. 

Quillerier  (Marguerite),  29, 
31,  260. 

Quillerier  (Noël),  P.,  28, 29, 
31,  260. 

Racine  (Jean),  buste,  243. 

Râpe,  249. 

Ravois  (Mme  do  la)  buste, 
142,  245. 

Ravy,  S.,  4. 

Regnard  (Jean  -  François) , 
buste,  254. 

Regnaudin.  S,,  28. 

Regnauit  (Etienne),  P.,  141. 

Rehsrion  (la)  statue  108, 
110.220,  221,224. 

Rehgion  triomphant  de  l'Hé- 
résie (la),  bas  relief.,  217. 

Renommée  (la)  q-roupe,  133 
à  139,  200,  201.  —  Bas- 
rehefs,  101,277. 

Renommée  sonnant  de  la 
trompette,  bas-relief,  164. 

Rétablissement  de  la  santé 
du  Roi,  bas-relief,  91. 


TABLE  ALPHABETIQUE 


301 


Rliône.  — 

Rhône  (le)  groupe,  154,205, 
206. 

Robert,  mouleur,  202. 

Rohau-Guémené  (cardinal 
de),  35,  263. 

Romain  (Jules)  P.,  7. 

Rosso  P.,  G,  7,  8,  9,  12. 

Rothschild  (baronne  douai- 
rière, James  de),  255. 

Roi  (le)  assis  sur  son  trône 
dans  la  galerie  de  Ver- 
sailles, bas-relief,  130. 

Richeheu  (cardinal  de), 
tombeau,  174.  —  Buste, 
58,  59,  245,  246. 

Richier  (Ligier),  S.,  12. 

Rigaud  (Hyacinthe),  P.,  65, 
142,  143;    144,  246,  283. 

Rubens,  P.,  178. 

Rude,  S.,  139,  140. 

Sabine  de  Steinbach,  S.,  4. 

Saint  Athanase,  statue,  107, 
207. 

Saint-Charlemagne,  statue, 
107,  153,  207,  208. 

Saint-Georges  (Guillet  de) 
26,  27,  86,  100. 

Saint-Grégoire  de  Nazianze, 
statue,  107,  207. 

Saint-Romain  (de),  S,,  4. 

Saint-Yves  (Pierre),  P.,  140. 

San  Donato  (vente),  255. 

Sarrabat,  P.,  140. 

Sarazin  (Jacques),  S.,  13, 
14,  17,  26,  27,  86,  170. 

Sauvai,  2. 

Savalette,  notaire,  121. 

Science  (la),  statue.  174,175. 

Seine  (la),  groupe,  149, 150, 
152,  201,  202,  206. 


Triomplie. 

Serre   (Marie),  buste,   143, 

144,  246. 
Sève,  le  jeune  (de),  P.,  91. 
Sibrecq  (Girard),  S.,  259. 
Sigon,  S.,  3. 

Silence  fie),  statue, 164, 192. 
Soulié  (Eud),  27,  102,  103, 

104,  105,    159,  164,  186, 

188,  190,  191,  193,  194, 

195,  196,  198,    199,  217, 

225,  226,  233  à  237,  240, 

242  à  247. 
Stella  (Claudine),  P.,  169. 
Stella  (Jacques),  P.,  169. 
Surugue,  G.,  101,  190. 
Sylvain  s,  bas-reliefs,  194. 
Sylvestre  (Israël),  G.,  253. 
Tempérance    (la) ,     statue, 

206,  207. 
Temps   (le),   assis  sur   des 

armures,    tient  un    livre 

ouvert,  ronde-bosse,  228, 
Termes,  statues,  194,    195, 

213,  214,  215. 
Terpsichore,  bas-relief,  34, 

214. 
Texier  (Jean),  S.,  5,^3. 
Thahe,  bas-relief,  34,214. 
Thiérv,  252. 
Thierry  (Jean),  S.,  178. 
Thomassin  (Simon)  G.,  103, 

128,  195,   197,  198,218. 
Thomire,  F.,  271. 
Theudon  de  Chartres,  S.,  3. 
Toret  (Marguerite),  273. 
Tortebat,  P..  39. 
Tremoille  (duo  de  la),  120. 
Triomphe      d'Amphitrite, 

groupe.    105,    149,    152, 

201,  202,203. 


302 


ANTOINE   COYZEYOX 


Troph-ées. 

Trophées,  demi-ronde-bos- 
se  190  214. 

Tubv  (Baptiste).  S.,  55,  91, 
99,  100,  103,  MO,  114, 
189,  191,  196,  208,  210, 
222. 

Turenne  (Henri  de  la  Tour 
d'Auvergne,  vicomte  de), 
bustes.     61,    142,     147, 

246,  247. 
Tutilon.  S.,3. 

Uranie,  bas-relief,  34,  214. 
Valeur  (la),  101. 
Valincourt  (de),  123. 
Vallière  (le  chevalier  de  la), 

buste,  142,  247. 
Van  Clève,  S.,  170. 
Vandermeulen,  P.,  91. 
Van  Dvck,  P.,  178. 
VanOpstal,  S.,  28. 
Van  Schuppen,  P.,  140. 
Vasari,  P.,  8. 
Vases,  104, 105,  195,  197, 

200. 
Vauban  (Sébastien  Le  Pres- 

tre   de),  bustes,  61,  142, 

247,  248. 
Vaublanc  (de),  239. 
Vénus  de  Cnide,  statue,  172. 
Vénus  de  Alilo,  statue,  73. 


■  "Watt  eau. 

Vénus  de  Médicis,  statue, 
10,  72,  75,  76,  78,  106, 
196. 

Vénus  accroupie,  statue,  72, 
76,  77,  78,  79,  80,  81, 
198. 

Verdier,  P.,  114. 

Victoire  (la)  présente  Henri 
de  Lorraine  comte  d'Har- 
court  à  la  Religion,  bas- 
relief,  228. 

Victoire  remportée  sur  les 
Turcs,  bas-relief,  104. 

Victoire  (la),  bas-relief,  lOl, 
145,  222. 

Vierge, statue,  251,  252. 

Vierge  et  l'Enfant  Jésus  (la\ 
statue,  251. 

Vierge  couronnée  par  l'En- 
fant Jésus  (la)  bas-relief, 
252,  253. 

Villacerf,  95,  120. 

Villars  (Claude-Louis-Hec- 
tor, duc  de)  buste. 61, 248. 

Viollet-le-Duc,  A.,  101. 

Vivien  (Joseph),  P.,  115, 
157,  283. 

Vouet,  P.,  26. 

WarinfJean;,G.,  170. 

Watteau,  P.,  140. 


FIN    DE   LA   TABLE 


TABLE  DES  MATIÈRES 


Dédicace 

INTRODUCTION 

l'école   française    de   sculpture    avant  le   xvii*^   siècle. 

Nécessité  de  parler  des  devanciers  d'un  homme  supé- 
rieur. —  Nul  n'est  indépendant  de  sa  race  ou  de  son 
époque.  —  Services  rendus  à  l'histoire  de  l'art  par 
Sauvai,  Martenne,  Duchesne,  Félibien.  —  Airard, 
sculpteur  de  l'île  de  France,  au  vin^  siècle.  —  Tuti- 
lon,  Theudon  de  Chartres,  Guillaume  de  Dijon,  Odo- 
ranne,  Guillaume  de  Sens,  Sigon  de  Fougères, 
sculpteurs  français,  du  ixe  au  xii*  siècle.  —  Ecoles 
bourguignonne,  champenoise,  rhénane,  poitevine, 
languedocienne,  provençale,  angevine,  normande,  et 
de  l'Ile  de  France.  —  Millin,  Emeric  David  et 
Alexandre  Lenoir  ont  été  les  vrais  créateurs  de  l'his- 
toire de  l'art  en  France.  —  Les  maîtres  de  la  sculp- 
ture au  XII»  siècle  :  Jean  de  Chelles,  Eudes  de  Mon- 
treuil,  Sabine  de  Steinbach,  Ravy,  Le  Bouteiller,  de 
Saint-Romain.  —  L'étude  de  la  nature  caractérise 
la  sculpture  française  au  xiii*  siècle.  — Floraison 
de  la  sculpture  française  avec  Michel  Colombe  et 


304  ANTOINE   COYZEVOX 

Texier.  —  Souplesse  du  génie  national.  —  Atteinte 
portée  à  la  sculpture  par  le  groupe  gallo-florentin. — 
Primatice,  Rosso,  Cellini.  —  L'école  de  Fontaine- 
bleau. —  Son  style.  — Le  suicide  de  Rosso.  — 
Les  fontes  de  Primatice  défendues  par  la  duchesse 
d'Etampes.  —  Cellini  et  François  1er.  — Influence 
de  Fart  antique  sur  le  génie  français.  —  Jean  Gou- 
jon. —  Germain  Pilon.  —  Nicolas  Bachelier,  Bou- 
don,  Richier,  Gentil.  —  Retour  à  la  tradition  natio- 
nale. —  Simon  Guillain  et  Jacques  Sarazin.  — 
Anguier,  élève  de  Guillain^  forme  Girardon.  — 
Lerambert,  disciple  de  Sarazin,  est  le  maître  de 
Coyzevox.  —  Louis  XIV  et  Versailles.  —  Colbert. 
—  Charles  Le  Brun.  —  Son  talent,  sa  fécondité, son 
influence.  —  Le  mérite  de  ses  collaborateurs  est  la 
preuve  que  la  postérité  s'est  montrée  trop  sévère 
envers  Le  Brun.  —  La  discipline  n'exclut  pas  l'in- 
dépendance du  génie.  —  Nicolas  Loir,  Noël  Coypel, 
les  frères  Alarsy,  Girardon,  Coyzevox Page 

ANTOINE   COYZEVOX 
CHAPITRE   PRE.MIER 

LES    SCULPTURES    DE    SAVERXE 

(1G40-1677). 

Antoine  Coyzevox,  fils  d'un  menuisier.  —  Origine 
espagnole  des  Coyzevox.  —  Leur  nom.  —  Enfance 
dWntoine.  —  Le  menuisier  Coustou.  —  François 
Coustou,  le  fils,  sculpteur  habile.  —  Guillaume 
Coyzevox,  frère  d'Antoine,  aussi  sculpteur.  — An- 
toine sculpte  le  bois.  —  a  Vous  faites  un  cheval?  — 
Je  ne  le  fais  pas,  je  le  découvre  !  »  —  Mariage  de 
Claudine   Coyzevox,  sœur  d'Antoine,  avec  François 


TABLE  DES   MATIERES  305 

Coustou .  —  Antoine  vient  à  Paris .  —  Le  a  fameux 
monsieur  Leranibert.  »  —  Quels  furent  les  maîtres 
de  Coyzevox  outre  Lerarabert  ?  —  Les  œuvres  de 
Coyzevox  exécutées  à  cette  époque  ne  sont  pas  con- 
nues. -^  Mariage  d'Antoine  Coyzevox  avec  Margue- 
rite Quillerier,  nièce  de  Lerambert.  —  Coyzevox 
sculpteur  du  roi.  —  Mort  de  Marguerite  Quillerier. 

—  Le  maître  sculpte  un  morceau  de  frise  au  palais 
du  Louvre.  —  Il  se  rend  à  l'appel  du  cardinal  Fran- 
çois Egon   de  Furstenberg,  évoque  de  Strasbourg. 

—  Un  mot  de  Fermelhuis.  —  Le  palais  de  Saverne. 

—  Aj)ollon  et  les  Muses.  —  Trophées  et  statues.  — 
Les  sculptures  de  Saverne  détruites.  — Retour  de 
Coyzevox  à  Paris.  —  Il  est  reçu  académicien,  — 
Coyzevox  veut  se  fixer  à  Lyon.  —  Le  Brun  le  retient 
à  Paris.  —  Mariage  de  Coyzevox  avec  Claude  Bour- 
dict.  —  Où  a  lieu  son  mariage  ?  —  Il  loge  aux  Gobe- 
lins.  —  Les  travaux  de  Versailles Page    21 

CHAPITRE   II 

COYZEVOX  DEVAIT  LA  NATURE. 

(1677-1686). 

D'Argenville  et  la  Vierge  de  !a  rue  du  Bât-d'Argent.  — 
3Iiel,  Auguis,  Duseigneur  et  Passeron.  —  Une  dé- 
couverte de  M.  Charvet.  —  L'abbé  d'Expilly.  —  La 
statuette  de  madame  Dom.martin.  —  Une  date  resti- 
tuée. —  Description  de  la  Vierge  de  Coyzevox.  — 
Symbolisme  de  ce  marbre .  —  Coyzevox  appelle  au- 
près de  lui  son  neveu  Xicolas  Coustou.  —  Elisabeth 
Coustou,  sœur  de  Mcolas,  vient  liabiter  aux  Gobe- 
lins.  —  Coyzevox  et  ses  cinq  enfants.  —  Les  tra- 
vaux du  maître  à  Versailles  et  à  Mariy,,  —  Le  Roi 
lui  fait  une  pension.  —  L'étude  de  la  nature.  —  Le 

20 


306  ANTOINE   GOYZEVOX 

buste  de  Le  Brun,  morceau  de  réception  de  Coyze- 
vox.  —  Bustes  de  Richelieu,  Bossuet,  Mazarm,  Mi- 
gnard.  —  Nombreux  portraits  sculptés  par  Coyze- 
vox.  —  Le  maître  exécute  son  propre  buste.  Page  .     41 

CHAPITRE  III 

COYZEVOX    EN    FACE    DE    l'ANTIQUE. 

(1686-1692). 

Nicolas  Coustou  remporte  le  premier  prix  à  l'Acadé- 
mie.—  Dernière  visite  de  Colbert  aux  académiciens. 
Départ  de  Nicolas  Coustou  pour  Rome.  —  Mariage 
d'Elisabeth  Coustou  avec  le  sculpteur  Guillaume 
Hulot.  —  Tous  les  signataires  de  l'acte  de  mariage 
de  la  nièce  de  Coyzevox  sont  des   sculpteurs.  —  Le 

-  génie  est-il  compatible  avec  l'amitié  ?  —  Mot  de  La- 
cordaire.  —  Coyzevox  est  recherché  par  ses  pairs.. 
—  Léonore  Coustou,  la  plus  jeune  des  nièces  de  Coy- 
zevox, est  appelée  par  lui  aux  Gobehns.  —  Le 
maître  à  son  foyer. —  Le  neuvième  enfant.  —  Sculp- 
tures à  Versailles,  à  Trianon,  aux  Invalides.  — 
L'antique  est  pour  le  statuaire  la  pierre  de  touche 
du  génie. — L'antique  veut  être  interprété,  non  trans- 
crit. —  Castor  et  Pollux  —  La  Vénus  de  Médicis  — 
La  Nymphe  à  la  Coquille.  —  La  Venus  pudique  — 
En  quoi  la  Véfius  pudique  de  Coyzevox  est  une 
œuvre  essentiellement  originale.  — Bustes  d'empe- 
reurs, de  capitaines,  d'orateurs  et  de  philosophes, 
sculptés  d'après  l'antique,  par  le  maître.  — Le  buste 
de  Condé.  —  Coyzevox  et  Puget.  —  Entrevue  des 
deux  artistes. —  Monument  de  Louis  XIV  à  l'Hôtel  de 
Ville  de  Paris.  —  Son  histoire.  —  Le  bronze  de 
Coyzevox  est  le  seul  vestige  qui  subsiste  encore  de 


TABLE   DES   MATIERES  307 

l'Hôtel  de  Ville  de  1689.  —  Coyzevox  professeur.  — 
Ses  fonctions  à  l'Académie. —  François  Coustou,  son 
beau-frère,  porte  le  titre  de  sculpteur  du  Roi.  — 
Nicolas  Coustou,  neveu  du  maître,  épouse  Suzanne 
Houasse.  —  Le  portrait  du  sculpteur,  par  François 
Jouvenet.  —  Coyzevox,  adjoint  à  recteur.  Page.  .  »    64 

CHAPITRE  IV 

ART  DÉCORATIF  —  MAUSOLÉES 

(1692-1702). 

Des  conditions  de  l'art  du  décor.  —  L'architecte  Le- 
fuel  et  Carpeaux.  —  Mot  de  M.  Charles  Garnier.  — 
Coyzevox  est  le  collaborateur  de  Levau,  Dorbay, 
Mansart,  Robert  de  Cotte.  —  Le  Brun  et  Mignard 
lui  fournissent  les  dessins  de  ses  compositions.  — 
Souplesse  de  génie  nécessaire  au  sculpteur  pour  tra- 
duire une  pensée  de  peintre.  —  L'escalier  des  Am- 
bassadeurs à  Versailles.  —  Coyzevox  sculpte  Louis 
XIV  à  cheval  pour  le  salon  de  la  Guerre.  —  La. 
grande  Galerie.  —  Le  salon  d'Apollon.  —  Les  sta- 
tues de  la  Justice  et  de  la  Force  dans  la  Cour  de 
Karhrâ.  —  Le  groupe  de  V Abondance  dans  la  Cour 
des  Ministres. —  Ld.  France  triomphante  au  bosquet 
de  l'Arc  de  triomphe.  —  Sculptures  de  la  Fo?ïtaine 
de  la  Gloire.  —  Génies,  Amours,  Nymphes  à  la  Co- 
lonnade. —  Vase  du  grand  Perron. —  La  Dordogne  et 
la  Garonne  au  Parterre  d'eau.  —  Pilastres  et  boise- 
ries à  Trianon.  —  Coyzevox  sculpte  huit  groupes 
di^Enfants  et  un  Vase  à  la  Cascade  de  Marly.  —  Au 
Tapis- Vert,  le  Neptune  irrité  et  le  Triomphe  d'Am- 
phitrite.  —  A  la  Demi-Lune,  Flore  au  repos,  —  Le 
maître  exécute  une  statue  de  Fleuve  placée  à  Sceaux. 


308  ANTOINE   COYZEVOX 

—  Statue  de  Condé  pour  Chantilly.  —  Cheminée  de 
l'hôtel  d'Autecour  à  Paris. —  Statues  de  saint  CJiar- 
lemagne,  saint  Athanase,  saint  Grégoire  de  Nazianx-e 
et  bas-relief  de  VAnge  au  casque,  aux  Invalides.  — 
Monument  de  Maxarin.  —  Mausolée  de  Colbert. —  A 
l'heure  où  Coyzevox  sculpte  cet  ouvrage,  sur  les  des- 
sins de  Le  Brun,  le  premier  peintre  est  en  défaveur 
et  Colbert  était  mort  disgracié,  —  Monument  de  Le 
Brun.  —  Tombeau  du  comte  de  Furstenberg.  — 
Coyzevox  partage  avec  Leclerc,  Tiiby  et  Verdier  la 
direction  de  l'Académie  des  Gobelins.  —  Nicolas 
Coustou  entre  à  l'Académie.  —  Vivien  et  Papelard 
reçoivent  Tordre  de  faire  le  portrait  de  Coyzevox. — 
Le  salon  de  1799.  —  Coyzevox  quitte  les  Gobelins 
pour  occuper  un  logement  au  Louvre.  —  Jean-An- 
toine, ^lartial  et  Antoine-Jules  Coyzevox.  —  Léo- 
nore  Coustou,  nièce  du  maître,  épouse  François- 
Alexis  Francin,  sculpteur  du  Roi.  —  Francin  à 
Strasbourg. —  Retour  à  Paris  de  la  femme  de  Fran- 
cin, qui  vient  demeurer  au  Louvre  chez  Nicolas 
Coustou Page     04 

CHAPITRE  V 

FIGURES      ÉQUESTRES 
(1702-1712] 

Le  monument  de  Louis  XIV  commandé  par  les  Etats 
de  Bretagne.  —  Son  histoire.  —  Une  lettre  de 
Coyzevox.  —  Description  du  monument.  —  Coyze- 
vox animalier.  —  Les  Chevaux  ailés  de  Marly.  — 
Le  marbre  sous  le  ciseau  de  Coyzevox.  —  Mot  de 
Mariette.  —  «  Ces  deux  groupes  ont  esté  faits  en 
deux   ans.  »  —  Témoignage  de  Fermelhuis  sur  le 


TABLE  DES   MATIÈRES  309 

soin  qu'apportait  Coyzevox  dans  l'étude  du  cheval. 

—  «  Il  était  docile  avec  beaucoup  de  lumières.  »  — 
Coyzevox  élu  directeur  de  l'Académie. —  La  légende 
d'Hercule.  —  Les  morceaux  de  réception  de  Nicolas 
Bertin,  Sarrabat,  Jacques  Gazes,  De  Fer.  —  Le  por- 
trait de  Lerambert.  —  Pierre  Brevet  et  Jean  Au- 
dran,  agréés  par  l'Académie.  —  Guillaume  Coustou, 
neveu  de  Coyzevox,  reçu  académicien  sous  son  direc- 
torat.  —  Le  salon  de  1704.  —  Le  portrait  de  Coy- 
zevox par  Rigaud.  —  Comment  fut  exécuté  par  le 
maître  le  buste  de  Marie  Serre,  m-ère  de  Rigaud.  — 
Description  de  cet  ouvrage.  —  Buste  du  Duc  (V An- 
tin.  —  Coyzevox  frappé  d'apoplexie. —  Il  se  rétablit. 

—  Il  sculpte,  pour  TAbbaye  de  Royaumont,le  Tom- 
beau de  Henri  de  Lorraine,  comte  d'Ear court.  —  Mo- 
nument de  Nicolas  de  Bautru,  marquis  de  Vau- 
brun  pour  la  chapelle  de  Serrant.  —  Monument  de 
Mansart  à  Paris.  —  Coyzevox  à  Marly.  —  La  Seine 
et  la  Marne.  —  Eamadryade  et  enfant.  —  Flore  et 
l'Amour.  —  Berger  jouant  de  la  flûte.  —  Louis  XIV 
dans  l'atelier  du  maître.  —  Charles,  Pierre  et  Jean 
Coyzevox. —  L'artiste  sculpte  le  Rhône  pour  les  jar- 
dins de  Saint-Cloud.  —  La  statue  de  la  Duchesse  de 
Bourgogne,  commandée  parle  duc  d'Antin  .  .  Page  119 

CHAPITRE  VI 

MORT  DE  COYZEVOX.  —  SA  MÉMOIRE 

(1712-1720) 

Allou  est  chargé  par  l'Académie  de  peindre  le  portrait 
de  Coyzevox.  —  Le  maître,  malgré  son  grand  âge, 
prend  part  à  tous  les  actes  de  l'Académie.  —  Mala- 
die de  l'artiste.  —  Sa  prompte  guérison.  —  L'Aca- 


310  ANTOINE  COYZEVOX 

demie  le  aomme  Chancelier.  —  Le  buste  de  Fer- 
melhuis.  —  Parole  de  Coyzevox  citée  par  d'Argon- 
ville.  —  Buste  de  la  Duchesse  de  Bourgogne.  — 
L'artiste  sculpte  à  soixante-treize  ans,  la  statue  de- 
Louis  XIY accomplissant  le  vœu  de  Louis  XIII.  — 
Histoire  de  ce  monument.  —  Bouchardon  est 
chargé  d'une  statue  de  Louis  XIY  destinée  à  rem- 
placer celle  exécutée  par  Coyzevox.  —  Le  Silence 
et  la  Modestie  sculptés  pour  la  chapelle  de  Versailles. 

—  Le  buste  de  Louis  XV,  dernière  œuvre  du  maître. 

—  Le  sceau  du  duc  d'Antin,  protecteur  de  l'Acadé- 
mie. —  Jugement  de  Fermelhuis  et  de  d'Arg  en  ville 
sur  Covzevox.  —  Dernière  maladie. —  Résicrnation. 

—  Paroles  chrétiennes  du  maître  à  son  lit  de  mort. 

—  Il  est  inhumé  à  Saint-Germain-l'Auxerrois.  — 
Van  Ciève  lui  succède  dans  la  charge  de  Chancelier. 

—  Nicolas  Coustou,  est  élu  Recteur.  —  Fermelhuis 
prononce  l'éloge  de  Coyzevox.  —  Son  buste  par 
lui-même  est  offert  à  l'Académie.  —  Jean-Jacques 
Caffîéri  fait  hommage  d'un  buste  sculpté  par  Jean- 
Louis  Lemoyne.  —  L'Académie  des  Beaux-Arts,  en 
1880,  met  la  Vie  du  maître  au  concours.  —  Le 
talent  de  Coyzevox.  —  Sincérité  dans  le  travail.  — 
Puget.  —  Girardon.  —  Coyzevox.  —  Caractère 
éminemment  français  du  talent  de  Coyzevox.  —  Son 
siècle  a  été  favorable  au  développement  de  son 
génie.  — A  aucune  époque,  l'Etat  n'a  procuré,  en 
France,  aux  sculpteurs,  de  plus  belles  occasions  de 
se  produire.  —  Michel-Ange  à  Jules  II  ;  Coyzevox  à 
Louis  XIV.  —  L'homme  intime,  chez  Coyzevox,  n'est 
pas  moins  grand  que  l'artiste.  —  Les  statues  sont 
fragiles,  les  traits  de  l'âme  sont  impérissables.  Page.  156 


TABLE   DES   MATIERES  311 

ŒUVRE    DU    MAITRE 

PREMIÈRE    PARTIE. 

OUVRAGES    EXÉCUTÉS    POUR   LES    BATIMENTS    DU    ROI. 

Pages. 

Palais  da  Louvre 185 

Château  de  Versailles 185 

Château  de  Trianon <99 

Château  de  Marly 200 

Château  de  Saint-Cloud 205 

Église  de  l'Hôtel  des  Invalides 206 

Église  de  .\otre-Dame 209 

Ouvrages  exécutés  pour  la  Couronne  que  leur  dé- 
signation incomplète  sur  les  Comptes  des  Bâti- 
ments du  Roi  ne  permet  pas  de  classer 210 

DEUXIÈME  PARTIE. 
OUVRAGES  EXÉCUTÉS  EN  DEHORS  DES  BATIMENTS  DU  ROI, 

l.  —  Monuments 213 

IL  —  Statues 230 

m.  —  Bustes 234 

IV.  —  .Médaillon 250 

V.  —  Travaux  décoratifs 250 

VI.  —  Ouvrages  attribués  à  Coyzevox 251 

PIÈCES   JUSTIFICATIVES 

Document  I.  —  Acte  de  baptême  d'Antoine  Coy- 
zevox    259 

Doc.  II.  —  Acte  de  baptême  de  Claudine  Coyze- 
vox, mère  des  Coustou 259 

Doc.  III.  —  Acte  de  mariage  d'Antoine  Coyzevox 
avec  Marguerite  Quillerier 260 

Doc.  IV.  —  Acte  de  décès  de  Marguerite  Quille- 


312  ANTOINE   GOYZEVOX 

Pages 

rier,  première  femme.  d'Antoine  Coyzevox 261 

Doc.  V.  —  Coyzevox  à  Saverne.  Époque  de  son 
retour  en  France 261 

Doc.  VI.  —  Réception  d'Antoine  Coyzevox  à  l'A- 
cadémie royale  de  Peinture  et  de  Sculpture. . .  264 

Doc.  VII.  —  Le  mariage  dWntoine  Coyzevox  avec 

Claude  Bourdict 266 

Doc.  VIII.  —  Pierre  Bourdict  ou  Bourdy 267 

Doc.  IX.  —  Statue  pédestre  de  Louis  XIV,  érigée 
à  l'Hôtel  de  Ville  de  Paris 269 

Doc.  X.  —  Concession  d'une  chapelle  en  l'église 
de  Saint-Nicolas  du  Chardonnet,  pour  servir  de 
sépulture  aux  mem.bres  de  l'Académie  royale 
de  Peinture  et  de  Sculpture 271 

Doc,  XI.  —  Brevet  de  logement  sous  la  Grande 
Galerie  du  Lou\Te. accordé  à  Antoine  Coyzevox.  272 

Doc.  XII.  —  Acte  de  mariage  d'Elisabeth  Coustou, 

nièce  de  Coyzevox,  avec  Guillaume  Hulot. ....  273 

Doc.  XIII.  —  Acte  de  mariage  de  Léonore  Cous- 
tou, nièce  de  Coyzevox,  avec  François-Alexis 
Francin 274 

Doc.  XIV.  —  Monument  de  Louis  XIV  à  Rennes. 
État  des  marbres  et  bronzes  qui  composent  la 
figure  équestre  du  Roi 275 

Doc.  XV.  —  Marché  passé  en  1704  entre  Antoine 
Coyzevox  et  Louis  de  Lorraine,  comte  d'Har- 
court,  pour  le  tombeau  de  son  père 276 

Doc.  XVI.  —  Coyzevox  et  l'Académie  de  Bor- 
deaux    278 

Doc.  XVII. —  Acte  de  décès  d'Antoine  Coyzevox.  281 

Doc.  XVIII.  —  Iconographie  de  Coyzevox 282 

Table  alphabétique -89 

Laval.  —  Imp.  E.  Jamin,  rue  de  la  Pais,  41. 


Y/^- 


La  Bibliothèque 

Université  d'Ottawa 

Échéonce 


The  Library 

University  of  Ottawa 

Date   due 


ce  Ne     0553 

•C6J6    1883 


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333    06       13        09      02 


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